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301. (1667) Lettre sur la Comédie de l'Imposteur « Lettre sur la Comédie de l’Imposteur » pp. 1-124

Cela sert, disent-ils encore, à faire mieux voir l’emportement et l’entêtement du Père, qui peut rompre et rendre malheureuse une amitié si belle, née par ses ordres ; et l’injustice de la plupart des bienfaits que les Dévots reçoivent des Grands, qui tournent pour l’ordinaire au préjudice d’un tiers et qui font toujours tort à quelqu’un ; ce que les Panulphe pensent être rectifié par la considération seule de leur vertu prétendue, comme si l’iniquité devenait innocente dans leur personne. […] Et pour le faire avec ordre, il faut supposer, disent-ils, que le Théâtre est l’école de l’homme, dans laquelle les Poètes, qui étaient les Théologiens du paganisme, ont prétendu purger la volonté des passions par la Tragédie, et guérir l’entendement des opinions erronées par la Comédie : que pour arriver à ce but, ils ont cru que le plus sûr moyen était de proposer les exemples des vices qu’ils voulaient détruire ; s’imaginant, et avec raison, qu’il était plus à propos, pour rendre les hommes sages, de montrer ce qu’il leur fallait éviter, que ce qu’ils devaient imiter. […] Il fait lui dire plusieurs choses d’un ton et d’une force différente par les diverses personnes qui composent la compagnie, pour le faire répondre à toutes selon son but ; même pour le faire davantage parler, il le fait proposer et offrir une espèce de grâce, qui est un délai d’exécution, mais accompagné de circonstances plus choquantes que ne serait un ordre absolu. Enfin il sort, et à peine la Vieille s’est-elle écriée, « Je ne sais plus que dire, et suis toute ébaudie », et les autres ont-ils fait réflexion sur leur aventure, que Valère l’amant de Mariane entre et donne avis au mari, que « Panulphe par le moyen des papiers qu’il a entre les mains, l’a fait passer pour criminel d’État près du Prince ; qu’il sait cette nouvelle par l’Officier même qui a ordre de l’arrêter, lequel a bien voulu lui rendre ce service de l’en avertir ; que son carrosse est à la porte, avec mille louis, pour prendre la fuite ».

302. (1757) Article dixiéme. Sur les Spectacles [Dictionnaire apostolique] « Article dixiéme. Sur les Spectacles. » pp. 584-662

Ce qui est une preuve invincible que ces Peuples étoient persuadés que les hommes n’étoient point nés pour ces plaisirs ; car autrement, pourquoi noter ces personnes d’infâmie, si ce qu’elles font est selon l’ordre de la raison & de la nature ? […] Les Loix humaines sont établies, pour s’opposer à tout ce qui pourroit troubler l’ordre de la Société civile ; si elles tolérent cet abus, c’est qu’elles ne sauroient tout détruire. […] Ne devez-vous pas comprendre que les pertes spirituelles sont d’un ordre bien différent de celles qui touchent les sens ; qu’il faut n’avoir pas tout perdu pour pouvoir remarquer ce qu’on vient de perdre, & que le mal qui ne se fait pas sentir, n’en est que plus grand & plus dangereux ? […] le monde a-t-il rien nulle part de plus amusant pour l’esprit, par l’ordre & l’œconomie qui les soutient ? […] Est-ce un de ces Chrétiens de l’un & de l’autre sexe, qui vertueux sans affectation, pénétré de sa Foi, fait son unique affaire de se sanctifier par le recueillement, par la réception fréquente des Sacremens, par l’ordre qu’il établit dans sa famille ?

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