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505. (1781) Lettre à M. *** sur les Spectacles des Boulevards. Par M. Rousseau pp. 1-83

La morale Stoïcienne & la République de Platon, ne sont que des amusemens pour ceux qui ont peu d’expérience dans les affaires du monde. […] Mais quel attrait si puissant, si irrésistible, ont donc ces Boulevards, pour fixer l’attention & attirer ce concours prodigieux, cette foule incroyable de monde que l’on y voit ? […] Pour s’avancer dans ce monde, pour amasser du bien, il faut joindre à un esprit actif & entreprenant, un caractere ferme & laborieux, un cœur insensible à toute espece de séduction, incapable de se laisser amollir par la volupté. […] Ce n’est donc que le pur amour du libertinage, qui chaque jour y attire cette affluence de monde des deux sexes, qui se communiquent mutuellement la lepre de tous les vices dont ils sont infectés, & je crois avoir dit avec assez de raison dans ma Satyre….

506. (1647) Traité des théâtres pp. -

Combien que la pratique des premiers Chrétiens eût été telle, néanmoins comme le monde est alléchant, et les voluptés attrayantes, On en vit plusieurs d’eux, qui avec le temps, se relâchèrent, et ne firent point de difficulté de se rendre aux Théâtres. […] bx , qui a vécu sous Théodose le Grand, en a parlé ainsi à ses auditeurs. « Celui qui est en Christ comment peut-il se donner à ces vanités du monde, lesquelles J. […] Mais il vaudrait beaucoup mieux, fussent-ils mélancoliques au double, qu’ils écoutassent le Sage pour aller en la maison de Dieu plutôt que de se rendre en ces lieux de joie du monde, où ils ne peuvent assister sans se blesser l’âme, et préjudicier à leur conscience. […] Ce qui reste, c’est que tout ce qu’il y a de vrais fidèles, écoutent là-dessus, non pas la voix de leurs désirs, qui sont les partisans du monde, mais celle de la raison et de leur conscience, pour se retirer de ces lieux, où Dieu est offensé, le vice enseigné, l’Eglise scandalisée.

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