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392. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quinzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre II. Suite d’Elisabeth d’Angleterre. » pp. 33-82

I l parut dans le même temps sur la scène du monde une autre Actrice dont nous avons parlé, qui valoit bien Elisabeth ; c’étoit Catherine de Medicis. […] Cette Princesse se faisoit représenter un globe à la main comme l’Empereur, comme pour dire qu’elle gouverne le monde ; on le voit dans toutes les estampes. […] Elisabeth beaucoup moins puissante n’avoit que deux Royaumes, & point de Colonie, ce qui ne fait qu’un très-petit segment du globe ; tout le reste du monde ne connoissoit ni sa Souveraineté ni sa Papauté. […] Les Espagnols qui ne pouvoient déviner ni être avertis dans le nouveau monde de ce qui se passe en Angleterre, sont surpris sans défense dans la sécurité que donne la paix ; on pille, on ravage sans résistance ; Londres appelle des victoires & des conquêtes, ce qu’entre particulier on puniroit comme brigandage. […] Les circonstances singulières où elle se trouva de l’ébranlement de l’Europe, des guerres de Religion où elle entra, des mariages qu’elle refusa firent toute sa célébrité, & les Sectaires qu’elle protégea par intérêt ; tous ses éloges ; le reste du monde la méprisa, elle essuya de grands revers, eut de grandes foiblesses, fit de grandes fautes, commit de grands crimes ; elle étoit fourbe, dissimulée, parjure, sans foi, libertine, vaine, orgueilleuse, cruelle, emportée, avare & prodigue, sans Religion sans pudeur, sans probité ; elle établit par le fer & le feu une Religion scandalense & absurde.

393. (1671) La défense du traité du Prince de Conti pp. -

, de toute notre âme, de toutes nos forces, et plus que toutes les choses du monde. […] Ces paroles sorties de la bouche du plus grand, et du plus éclairé Roi du monde, suffiraient pour faire l’éloge entier de cet illustre Prince. […] Les sommes immenses que ce Prince a employées en œuvres de justice, de piété, et de charité, sont encore de plus grandes preuves de son détachement des biens de ce monde. […] Sur quoi je ne puis omettre une particularité qui fait voir combien l’esprit de ce Prince était éloigné des vanités du monde, et attaché à ses devoirs. […] C’est de là que les opinions fausses, que les erreurs fanatiques, et les superstitions ridicules se sont introduites dans le monde.

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