Ne chantons point de Lampsaque de & Caprée, ni de Crisis les lascives fureurs, ni de Flora les nocturnes horreurs ; qu’ici l’Amour épurant son systême, nud, mais décent, plaise à la pudeur mème ; que Vénus donne à Vesta des désirs. […] Cette vie ne plaisoit pas aux anglois, qui, depuis près d’un siecle, étoient dans les horreurs des guerres civiles & des changemens de religion.
Qui peut enfin compter le nombre des victimes qu’elle condamne à périr dans les horreurs d’une captivité d’autant plus dure, et d’autant plus étrange, que partout on affiche avec plus d’ostentation les douces vertus de la philanthropie. […] Là, dans les horreurs du plus pressant besoin, s’agite et se tourmente une mère infortunée. […] Mais ce n’est pas seulement contre les horreurs du besoin et de la misère, que l’orateur chrétien nous soutient et nous rassure. […] Quel respect et quelle vénération peut inspirer la religion, lorsque sur la scène, il n’entend professer sa doctrine que par l’organe odieux de l’hypocrisie27 ; qu’on ne lui présente les ministres de son culte que sous les livrées du fanatisme le plus atroce ; qu’enfin on n’y ouvre l’intérieur des maisons anciennement consacrées à la prière ou au repentir, que pour en faire sortir de l’horreur des cachots ténébreux, et sous le poids des fers, de pâles et tremblantes victimes de l’oppression ou de la barbarie1. […] Quand Melpomène et Thalie ne parleront plus que le langage des Muses, quand sous le voile heureux de l’allégorie, nos poètes ne nous montreront plus que le tableau réel des vertus, pour nous porter à les imiter, qu’ils démasqueront le vice et ses horreurs, pour nous empêcher de le commettre, c’est alors que le théâtre, vraiment utile à la société, sera réellement l’école des mœurs : c’est alors que nous irons sans danger puiser au théâtre des leçons d’éloquence, et que l’art dramatique méritera toute la considération à laquelle il a droit de prétendre, comme tous les autres arts qui ne nous ont été donnés que pour embellir les sentiers de la vie.