Les foiblesses que chacun reconnoist en soy semblent plus excusables dans la multitude des complices ; elles semblent legeres en comparaison de celles qui éclatent sur les theatres ; & on apprend mesme à les contenter par les adresses qu’on y remarque, & que leurs partisans veritables ou supposez mettent en usage pour arriver aux fins qu’ils se proposent. […] Il s’est trouvé dans mon peuple des impies qui tendoient des pieges aux ames comme des oiseleurs, les Prestres frappoient des mains pour applaudir, les Magistrats n’ont pas remedié à ces dangers publics, comme je l’avois commandé, que feray-je à la fin des temps ? […] La fin du plaisir est le commencement de la douleur, la glose ajoûte, eternelle.
Ces deux Comédiennes furent deux phénomènes d’un caractère bien différent : l’une étoit Italienne, l’autre Angloise, toutes deux artificieuses, mais la Florentine, selon le génie de sa nation, étoit plus fine, plus rusée, plus hypocrite. […] Toutes deux d’une vertu fort équivoque, pour ne pas dire sans mœurs ; mais la première à découvert, entretint un serrail pour offrir des maîtresses à tous ceux dont on avoit besoin ; la seconde en prude, avec une sorte de décence : aimons , disoit-elle, à la façon des Anges ; il est vrai que sur la fin de ses jours on l’humanisa. […] Fontenelle prétend que les malheurs des mariages de son père Henri VIII furent la cause secrète de ses refus ; il est vrai que tous les six eurent une fin déplorable ; trois de ses femmes périrent sur un échafaud, accusées d’adultère ; une livrée aux Chirurgiens, mourut de l’opération césarienne ; il fit un divorce éclatant avec la première, il en répudia une autre.