Sa mort mit fin à ses variations, à ses cruautés, à ses débauches. […] Ainsi se formoit en elle cette profonde dissimulation, qui donnoit le change aux plus fins, cette fécondité inépuisable de prétextes pour se débarrasser de tous ses engagemens, ce vernis insinuans de modération, de douceur, de politesse, qui faisoient recevoir ses refus & ses défaites, sans être offensé de sa discrétion dans ses galanteries. […] Ils avoient quelque chose de moins saillant & de plus fin au grand jour que dans l’ombre d’une salle. […] Il est certain que sur la fin de ses jours elle ne gardoit plus, comme dans la jeunesse, les loix de la bienséance.
Le fonds la piece est la Bataille d’Ivri, qu’on suppose gagnée sur la fin du jour, entre le dîné & le soupé ; la scène se passe le jour même dans un château voisin. […] Deux Maréchaux, d’Aumont & de Biron, ses généraux, déjeûnent, dînent & soupent avec lui, chantent des ariettes boufonnes en trio, comme de bons musiciens ; & à fin du repas, comme dans une guinguette, toute la table chante des chansons gaillardes, & finit par une danse ronde, où chacun entonne son couplet. […] Sans approuver ce tableau de Calot, du moins je vois une différence entre ces deux pieces : dans l’une, il est inconnu, déguisé, réfugié par hasard chez un paysan, après s’être égaré, il est naturel qu’il se familiarise avec ses hôtes : mais que, dans un jour de bataille, au milieu de ses guerriers, il s’occupe des puérilités d’une galanterie, chante des ariettes avec ses généraux, & fasse faire des rondes à la fin du repas, ne diroit-on pas qu’on a voulu dégrader & faire mépriser ce grand Roi, le travestissant en Tabarin, ou que l’auteur n’a aucune idées des bienséances ? […] Henri suivit celle que son Ministre, plus fin que lui, lui traçoit : l’abjuration & l’Edit de Nantes lui couterent aussi peu l’un que l’autre.