/ 355
319. (1685) Dixiéme sermon. Troisiéme obstacle du salut. Les spectacles publiques [Pharaon reprouvé] « La volonté patiente de Dieu envers Pharaon rebelle. Dixiéme sermon. » pp. 286-325

je me laissois entraîner au plaisir des spectacles publiques, parce que je voyois le theatre toûjours rempli des images de mes secrettes miseres, & toûjours embrasé des feux de mon amour lascif. […] Ces Rois qui avoient été mis au rang des dieux, ces tyrans qui ont persecutez si cruellement l’Eglise, & tous ces sages de l’antiquité qui se sont attirez tant d’admirateurs & de disciples ; oüy, considerez-les ensevelis dans des flâmes, pleurans, gemissans, & brûlans sans esperance de voir jamais finir leur supplice, ny éteindre le feu.

320. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Huitième Lettre. De la même. » pp. 100-232

La simplicité noble sera toujours préférable au feu dérèglé : l’enthousiasme peut soutenir le mauvais Comédien, mais le parfait Imitateur ne s’y livre qu’avec sagesse, & suit toujours une idéalité sévère & réfléchie. […] Tous les Sujets qui ont quelque talent, veulent embrasser ce genre, comme le plus estimé, le plus facile & le plus lucratif : mais il les abâtardit, les accoutume à n’avoir ni ton à eux, ni l’expression du geste, ni le feu de l’action ; toujours guidés par la Musique, ils ne sentent que par elle ; dès qu’elle cesse de les animer, ils sont de glace. […] Ces jeunes-gens sont des Amans, à qui leur Maitresse, dans le premier feu, plaîrait sous des haillons : mais qu’elle ne néglige pourtant pas sa parure, si elle veut leur plaire longtemps.

/ 355