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224. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre I.  » pp. 3-35

Bossuet, qui avoit lui seul plus de religion, d’éloquence, de sublime que tous les Moliere, les Voltaire & les la Harpe du monde, y trouve les trois défauts opposés, la corruption, la boussonnerie, la grossiereté. […] Ce ne sont pas des abeilles qui volent sur les fleurs, ramassent le bon suc pour en composer le bon miel, ce sont des reptiles qui ne ramassent que la corruption, pour en infecter le public ; & il se trouve des medecins (les Censeurs) qui assurent que ce n’est pas du poison.

225. (1733) Dictionnaire des cas de conscience « Comédie. » pp. 765766-806

Les Pères ont condamné les Comédies, soit à cause de l’idolâtrie ou de l’impureté dont elles étaient remplies, soit par la raison générale qu’elles portent ordinairement à la corruption des bonnes mœurs, comme à exciter et à enflammer notablement les passions, quelque soin que l’on ait apporté de temps en temps pour en réformer les abus. […] Charles, suivant l’exemple et l’esprit des Pères de l’Eglise, a condamné la Comédie par des raisons particulières prises du côté des choses fort sales ou impies qui y étaient représentées, et encore par une raison générale tirée des circonstances qui dans la pratique en sont inséparables ; c’est à savoir, qu’elle porte à la corruption des mœurs. […] « Je ne sais, dit-il, s’il se peut trouver une plus grande corruption que celle qui se rencontre dans les Comédies ; car il y est fait mention de violemment de vierges, et d’amours de femmes débauchées ; et plus l’éloquence des Auteurs de ces fictions de crimes est forte, et plus les auditeurs en sont touchés et persuadés par la beauté du style ; leur mémoire retient plus facilement ces vers d’une belle cadence ; les histoires tragiques qui y sont représentées, leur mettent devant les yeux des parricides, des incestes, et d’autres crimes qui sont les sujet des Tragédies. […] Ce Jugement que l’Eglise a porté contre la Comédie, a paru si certain dans la Tradition, que les hérétiques mêmes l’ont reconnu, et en ont fait un point de discipline, dans le Livre de la Discipline des Eglises réformées en France, imprimé en l’année 1675. chap. 14. des Règlements, n. 28. « Il ne sera permis aux fidèles d’assister aux Comédies, vu que de tout temps cela a été défendu entre les Chrétiens, comme apportant corruption de bonnes mœurs. » Ce sont les paroles de ce Livre.

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