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163. (1760) Lettre à M. Fréron pp. 3-54

Gresset, dans laquelle cet auteur annonce au Public son abjuration du Théâtre. […] Le jeune Auteur lut sa pièce en tremblant, rien n’est plus naturel devant un pareil Juge, mais quelle dut être sa satisfaction, lorsqu’il entendit Mr. de Crébillon prononcer ces paroles ? […] L’auteur de l’ami des hommes a vu couper le poignet à une femme qui défendait son chaudron contre un Huissier des tailles. […] Je réponds à cela non pas comme l’Auteur du Tableau du sièclek que l’amour le seul amour est le principe universel. […] On pourrait même justifier jusqu’à un certain point les tableaux un peu libres que quelques uns de nos Auteurs se sont permis d’exécuter.

164. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre V. Que le Musicien doit seconder le Poète, & que le Poète doit s’entendre avec le Musicien. » pp. 292-296

Il serait à souhaiter que les Auteurs qui consacrent leurs veilles au nouveau Spectacle, ainsi que ceux qui travaillent pour l’Opéra-Sérieux, fussent à la fois Poètes & Musiciens ; ils composeraient avec plus d’art les paroles qu’ils destinent pour le chant ; ils sentiraient d’abord si elles se prêteront à la modulation, si elles ont la douceur ou la force nécessaire. […] Nous sommes privés de l’avantage dont ils jouissaient ; nos Drames lyriques nous en font assez appercevoir, malgré les éfforts du savant Compositeur : car enfin il module des paroles, il èxprime les passions de Personnages qui ne lui sont point si familiers qu’à l’Auteur qui s’en occupa long-tems avant de les mettre sur la Scène. […] Sa Pièce du Devin de Village doit nous faire toujours désirer qu’un Poème-Lyrique n’ait besoin que d’un seul Auteur : où trouvera-t-on un rapport plus parfait, une harmonie plus complette entre les paroles & le chant ?

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