I’ ay traité jusqu’icy des plaisirs qui appartiennent aux sens plus qu’à l’esprit ; parlons des plaisirs qui sont communs au corps, & à l’ame, & en premier lieu de la Comedie, qui est un des plus agreables divertissemens de ces deux parties dont nous sommes composez. […] Il n’est pas permis de voir, selon le sentiment de ce grand Personnage, ce que Dieu défend de faire ; on ne peut pas regarder avec innocence ce qu’on ne pourroit accomplir sans peché, & ces ordures ne pouvant sortir de la bouche, qu’elles ne soüillent & la langue, & l’ame, de quelle maniere entreront-elles par les yeux & par les oreilles sans infecter l’esprit, le cœur, & les sens mesmes qui leur accordent le passage ? […] Dignité de l’ame. […] Dieu est trop pur, Dieu aime trop la chasteté, & toutes les vertus, pour ne se pas separer d’avec une ame, qui ne considere ny les ordres, ny la satisfaction de son divin Espoux, puisqu’elle ne craint ny de luy desobeïr, ny d’estre répudiée.
L’homme plante, l’homme machine, histoire naturelle de l’ame, ils souleverent toutes les sectes en Hollande où tout est toléré, & ont fait sa fortune en Prusse. […] Il regarde Vénus comme la nature ou l’ame de la nature, regnant sur le ciel de Jupiter, sur la mer de Neptune, sur l’enfer de Pluton. […] Il faut s’identifier avec son rôle, en prendre fortement les motifs, les passions, les allures, se monter sur son ton ; par un enthousiasme artificiel qui donne du feu à tous ses mouvemens, ménager les nuances, préparer les transports, distribuer l’ame dans tous l’extérieur, qui la rendre à la fois, & naturelle, & supérieure à la nature. […] Est-il permis de donner un mauvais pli à son ame, d’autant plus facile & plus durable qu’on en contracte l’habitude par la répétition de ces actes même factices, comme par la répétition des actes réels ?