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11. (1752) Traité sur la poésie dramatique « Traité sur la poésie dramatique — CHAPITRE IX. Défauts que les Etrangers ont coutume de reprocher à notre Tragédie. » pp. 231-259

Dans les Scenes non rimées, ce n’est plus Corneille que nous croyons entendre. […] Notre Tragédie prit une vie conforme à l’air qu’on respiroit alors, & Corneille fit écrire des billets doux à Cesar dans le champ de Pharsale. […] N’imputons point à un Génie tel que Corneille l’amour de ce langage, ne l’imputons qu’à son siécle. […] La femme qui mérite ce grand Sacrifice, est cependant une femme très-peu estimable, & l’on peut remarquer que dans les Tragédies de Corneille toutes ces femmes adorées par leurs Amans, sont par les qualités de leur ame, des femmes très-communes : ce n’est que par la beauté que Cleopatre captive César, & qu’Emilie a tout empire sur Cinna. […] Dans les Piéces du successeur de Corneille, on ne trouve plus ces maximes ni ces exemples : l’Amour y est toujours soumis au devoir, ou malheureux & méprisable, quand il n’y est pas soumis.

12. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre II. Du Théâtre Moderne, & de celui des François. Celui-ci comparé au Théâtre Grec. » pp. 25-38

Corneille parut, tous les obstacles furent surmontés. […] Ces anciens Romains, à qui l’amour de la liberté & de la Patrie, inspiroit les actions les plus héroïques ; Horace, Pompée, Sertorius, sont au-dessus deux mêmes dans Corneille. […] Ce phénomène jetta la Cour, la Ville, & la Province dans une espèce de ravissement ; le nom de Corneille voloit de bouche en bouche. […] Le bon goût justifie leurs idées & leur zèle ; leurs Ouvrages, ainsi que ceux de Corneille & de Racine, passeront à la postérité.

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