Il est absurde de faire chanter tout-à-coup des gens qui ne se sont servis que de la parole pendant tout le cours de l’action. […] Je crois seulement que le chant à côté de la parole paraît encore moins naturel que lorsqu’il marche seul. […] Les Acteurs n’auraient-ils pas plutôt èxprimés leurs pensées à l’aide de la parole, que par le moyen du chant ? […] Laissons à part tout amour pour la musique ; il ne s’agit point ici du Chant, mais de la perfection des paroles, qui seules composent un Poème. […] Il est vrai que si le chant approchait trop de la parole, il serait bientôt privé d’une partie de ses charmes.
Je ne vous annoncerai pas la divine parole, si je vous vois sans goût, sans estime, sans respect pour elle, & la foulant aux pieds. […] On n’a point de religion, on n’en a qu’en paroles. […] vous courez au théatre voir & entendre, & vous préférez aux actions & aux paroles honnêtes ce qu’il ne convient pas même de nommer. […] Paul nous défend les discours frivoles, les paroles de bouffonnerie ; mais c’est ce qui fait la matiere des divertissemens dramatiques ; & ce qui est le plus intolérable, c’est que si un Acteur prononce quelque parole impie ou licencieuse, c’est alors qu’on rit aux éclats, & qu’on est le plus satisfait. […] Les paroles, les habits, la parure, la démarche, les gestes, les intrigues, le style des pieces, tout y est plein du poison de l’impureté.
car les Mimes exposent un adultère, ou le montrent aux yeux ; et ces Histrions efféminés inspirent l'amour qu'ils représentent, et se revêtant de l'image de vos Dieux, ils font honneur au crime qu'ils leur imputent ; et vous font pleurer par des mouvements de tête, et les gestes qu'ils emploient pour exprimer une douleur imaginaire. » Où nous ne voyons pas une parole qui concerne le Poème Dramatique. […] interdit la Communion à ceux qui jouaient sur le Théâtre, il ne parle que des Histrions, et montre assez clairement qu'il n'entend par là que ces Bouffons infâmes que les paroles et les postures rendaient odieux à tous ceux qui conservaient les moindres restes de l'honnêteté. […] Il fait même trois sortes de censures contre le Théâtre ; et le nomme une chaire de pestilence, et l'école de la débauche ; mais ses paroles montrent assez clairement qu'il n'applique cette condamnation qu'aux Histrions, Farceurs, Mimes, Scurres et autres gens qui ne travaillaient qu'à faire rire ; car il ne se plaint que de l'impudence de l'Orchestre, où nous avons montré que les Comédiens ne jouaient point, et où était un lit sur lequel les Mimes représentaient les adultères de leurs Dieux, et de ce que l'on y donnait au public des Spectacles de fornication, des corps efféminés, des paroles sales, des mauvaises chansons, des femmes débauchées, qui dansaient et nageaient toutes nues dans l'Orchestre pour divertir le peuple, dont rien ne convenait au Poème Dramatique. […] ayant touché cette communication de l'Idolâtrie des Spectacles, ajoute, pour en exprimer la turpitude, qu'ils ne doivent pas faire notre divertissement ; « Le stade et le Théâtre, dit-il, peuvent bien se nommer une chaire de pestilence, et l'assemblée que s'y fait est remplie d'iniquité, et chargée de malédictions ; les actions les plus honteuses y sont toutes représentées ; et quelles paroles les Bouffons et les Bateleurs ne prononcent-ils point pour faire rire le peuple ? […] La Province d'Auvergne prétend avoir remis sur le Théâtre de ce Royaume les premiers Bateleurs qui n'y chantaient point, et n'y dansaient point, croyant par ce moyen s'exempter de la peine des anciens Mimes et Bouffons, mais parce qu'ils y faisaient des railleries indécentes, et prononçaient plusieurs paroles impudentes, ils furentEx notis in decret.
» v. 4. « Qu’on n’y entende point de paroles déshonnêtes, ni de folles, ni de bouffonnes, ce qui ne convient pas à votre vocation ; mais plutôt des paroles d’actions de grâces. […] N’y a-t-il pas souvent des équivoques, des paroles bouffonnes ? […] Voici ses paroles : « Que dirai-je des vaines, et inutiles occupations de la Comédie, et des grandes folies de la Tragédie ? […] C’est pourquoi je prie et conjure ces personnes de se purifier par la confession, par la Pénitence et par tous les autre remèdes salutaires, des péchés qu’ils ont contractés à la Comédie, afin qu’ils puissent être admis à entendre la parole de Dieu. Car ces péchés ne sont pas médiocres, puisqu’on y voit des femmes qui ont perdu toute honte, qui paraissent hardiment sur un Théâtre devant le peuple, qui ont fait une étude de l’impudence, qui par leurs regards et par leurs paroles répandent le poison de l’impudicité dans les yeux et dans les oreilles de tous ceux qui les regardent et qui les écoutent : enfin tout ce qui se fait dans toutes ces représentations malheureuses ne porte qu’au mal ; les paroles, les habits, le marcher, la voix, les chants, les regards des yeux, les mouvements du corps, le son des instruments, les sujets même et les intrigues des Comédies, tout y est plein de poison, tout y respire l’impureté.
L'un : « Vous rendrez compte au jugement de Dieu de toute parole oiseuse. […] Car, ajoute l'Evangile, vous serez justifié ou condamné sur vos paroles. […] La parole n'est que l'expression de la pensée, elle est moins considérable que l'action. […] où apprend-on davantage, où est-on plus forcé de dire, où se dit-il en effet plus de paroles inutiles ? […] ), le mot obscène vient de scène, obscenum à scena, parce qu'on ne peut mieux exprimer qu'une parole, une pensée, une action est vilaine, qu'en disant que c'est une parole, une pensée, une action de théâtre, turpiloquium.
Il cite entre autres les paroles de l’Ecclésiastique chapitre 9. v. 4 […] » On voit par ces paroles, que Marcel Megal un des Religieux Théatins les plus éclairés, décide que c’est un péché mortel, de dire dans les Comédies ou ailleurs, des paroles qui portent à l’impureté et à la fornication, quoiqu’on les dise pour rire et pour relâcher l’esprit ; et que ceux qui les écoutent pèchent mortellement, quoiqu’ils les entendent sans sentir un plaisir sensuel et seulement par récréation. […] Il rapporte en détail leurs artifices, il leur défend de dire des paroles bouffonnes et malhonnêtes pour attirer le peuple, et corrompre les jeunes gens qui les entendent. […] Puis il cite en cet endroit les paroles de Tertullien, si dignes d’un Chrétien des premiers siècles, et dont nous ne sentons plus la vérité, parce qu’en nous éloignant de ces temps heureux, nous avons toujours dégénéré de la vertu de nos Pères. […] Le Père Ottonelli cite ces paroles de la page 30. de l’Avertissement de del Monaco : « Honesti ludi ii sunt in quibus nulla omnino mulier, nulla lascivies, amor nullus.
Quoi, parce qu’un Poète aura mis par hazard dans les paroles qu’on module, le mot ramage, ou celui de ruisseau, faut-il aussi-tôt se mettre à la torture pour nous faire entendre le chant des oiseaux, ou le doux murmure d’une onde claire ? […] Pourquoi ne pourrait-il pas faire entendre par les sons ce que le chant nous èxprime par les paroles ? […] N’est-ce pas les lier aux paroles avec lesquelles on les fait marcher, que de leur prêter les mêmes figures, les mêmes couleurs ; que de leur imprimer le même mouvement ? […] Il suffit de citer le Soldat Magicien, le Roi & le Fermier, Sancho-Pança, le Sorcier, le Bucheron, dont quelques morceaux de musique nous causent toujours un nouveau plaisir ; parce que le chant, & sur-tout la simphonie, sont des images détaillées de ce que contiennent les paroles. […] Il est si vrai que le Compositeur doit chercher à peindre dans ses accompagnemens, aussi-bien que dans les paroles du chant, qu’on veut que le morceau de musique par lequel il est d’usage de précéder les Pièces chantantes en tout genre, & qu’on appelle Ouverture, soit un tableau de ce qui doit se passer dans le cours du Drame.
Voici ses paroles. […] Il me souvient d’avoir lu que les premiers chrétiens répondaient amen à la fin de ces paroles corpus domini nostri, etc. […] Ils répondaient de même amen après les paroles de la consécration ; comme il se pratique encore aujourd’hui chez les Grecs. […] L’auteur s’est exprimé ainsi en grec « εις αιῶνας » ; à quoi répondent ces paroles latines, « in sæcula ». […] j’ai mis plus tôt qu’on ne pense : ce sont presque les propres paroles de l’évangile.
Qui pourrait blâmer ou mépriser une profession qui pourra quand elle voudra annoncer la parole sainte, et qui oserait condamner des Jeux, où Dieu même est de la partie ? […] , « nous rejetons loin de nous les passions qui se cachent, comme étant honteuses, nous n’usons point d’artifice, et nous n’altérons point la parole de Dieu. […] », exhorte les Fidèles à ne laisser jamais rien perdre de la parole de Dieu ; ainsi qu’on n’oserait rien laisser tomber de la divine Eucharistie. […] Sera-t-il dit que les adorables paroles soient le sujet d’un divertissement si profane ; qu’on joue indifféremment ou Molière, ou l’Ecriture ; que des bouches si souvent profanées par des chansons et des paroles lascives, prononcent les oracles de Dieu, et que les actions des Saints soient représentées par des Acteurs de Sganarelle. […] Si les Comédiens ont encore quelque teinture de Religion, ils ont bien sujet de trembler d’avoir osé prononcer les paroles saintes sur le Théâtre.
La parole de Dieu, qui est la semence de la vie, et la parole du diable qui est la semence de la mort ont cela de commun qu'elles demeurent souvent longtemps cachées dans le cœur sans produire aucun effet sensible. Dieu attache quelquefois le salut de certaines personnes à des paroles de vérité qu'il a semées dans leur âme vingt ans auparavant, et qu'il réveille quand il lui plaît, pour leur faire produire des fruits de vie; et le diable de même se contente quelquefois de remplir la mémoire de ces images sans passer plus avant, et sans en former encore aucune tentation sensible ; et ensuite, après un long temps, il les excite et les réveille sans même qu'on se souvienne comment elles y sont entrées, afin de leur faire porter les fruits de la mort, « ut fructificent morti », qui est l'unique but qu'il se propose en tout ce qu'il fait à l'égard des hommes.
La parole de Dieu, qui est la semence de la vie, et la parole du Diable, qui est la semence de la mort, ont cela de commun qu'elles demeurent souvent longtemps cachées dans le cœur sans produire aucun effet sensible. Dieu attache quelquefois le salut de certaines personnes à des paroles de vérité qu'il a semées dans leur âme vingt ans auparavant, et qu'il réveille quand il lui plaît, pour leur faire produire des fruits de vie: et le Diable se contente aussi quelquefois de remplir la mémoire de ces images, sans passer plus avant, et sans en former encore aucune tentation sensible ; mais ensuite, après un long temps, il les excite et les réveille sans même qu'on se souvienne comment elles y sont entrées, afin de leur faire porter des fruits de mort, « ut fructificent morti », qui est l'unique but qu'il se propose en tout ce qu'il fait à l'égard des hommes.
, dont « la première et la principale est qu’on ne recherche point cette délectation dans des actions ou des paroles malhonnêtes ou nuisibles ; la seconde, que la gravité n’y soit pas entièrement relâchée ; la troisième, qu’elle convienne à la personne, au temps et au lieu ». Pour donc prouver quelque chose, et pour satisfaire à la première condition, d’abord il faudrait montrer, ou qu’il ne soit pas nuisible d’exciter les passions les plus dangereuses, ce qui est absurde ; ou qu’elles ne soient pas excitées par les délectables représentations qu’on en fait dans les comédies, ce qui répugne à l’expérience et à la fin même de ces représentations comme on a vu ; ou enfin que Saint Thomas ait été assez peu habile pour ne sentir pas qu’il n’y a rien de plus contagieux pour exciter les passions, particulièrement celle de l’amour, que les discours passionnés : ce qui serait la dernière des absurdités, et la plus aisée à convaincrez par les paroles de ce saint, si la chose pouvait recevoir le moindre doute. […] Cela posé, nous ferons encore une cinquième réflexion sur ces paroles de Saint Thomas dans la troisième objection de l’article troisième Ibid. […] Voilà donc comment Saint Thomas favorise la comédie : les deux passages de sa somme, dont les défenseurs de cet infâme métier se font un rempart sont renversés sur leur tête, puisqu’il paraît clairement, en premier lieu, qu’il n’est pas certain qu’il ait parlé de la comédie ; en second lieu, que plutôt il est certain qu’il n’en a pas voulu parler ; en troisième lieu sans difficulté et démonstrativement, que quand il aurait voulu donner quelque approbation à la comédie, en elle-même, spéculativement et en général, la nôtre en particulier et dans la pratique, est excluse ici selon ses principes, comme elle est ailleurs absolument détestée par ses paroles expresses.
Pourquoi ce qui pollue et souille l’homme, étant proféré de parole, ne le souillera-t-il, s’il se reçoit ès yeux et ès oreilles ? […] Et quelle parole impudente n’est proférée par ces bateleurs et bouffons, qui tâchent de faire rire le monde ? […] Et en ce même, qu’on estime le plus modeste, il n’est pas exempt de paroles déshonnêtes. […] Si quelque solennité Ecclésiastique et les jeux publics se rencontrent en même temps, comme souvent il advient, je demande à la conscience de tous, lequel lieu sera plus rempli de Chrétiens, où il se trouvera plus grand nombre de Chrétiens, ès places des jeux publics, ou ès parvis de Dieu ; et si tous préféreront le Temple au théâtre ; feront plus d’état des paroles des Evangiles que de celles des bateleurs, des paroles de vie, que des paroles de mort, des paroles de Christ, que de celles d’un farceur ? […] Injurieux : qui porte atteinte à quelqu’un ; se dit d’une atteinte en actes aussi bien qu’en paroles.
Ayez toujours présentes à votre esprit ces excellentes paroles de S. […] Qu’on n’y entende point de paroles déshonnêtes, folles et bouffonnes, ce qui ne convient pas à votre vocation ; mais plutôt des paroles d’actions de grâces. […] Que toutes les paroles déshonnêtes soient bannies de votre bouche. Que la parole de Jésus-Christ habite en vous avec plénitude, et vous comble de sagesse. […] » Vous voyez par ces paroles de l’Apôtre, qu’il n’est pas permis aux Chrétiens de dire la moindre parole non seulement déshonnête, mais même peu sérieuse, ou qui tienne pour peu que ce soit de la bouffonnerie, bien loin d’en faire toute leur joie et tout leur divertissement.
Qu’on ne dise parmi vous aucunes impuretés ; qu’on n’y entende aucunes paroles déshonnêtes, folles et bouffonnes, qui ne conviennent point à la sainteté de votre vocation. […] Toute la concupiscence du siècle étant proscrite par ces paroles, il s’ensuit que les Spectacles qui y sont renfermés sont aussi condamnés, « de Spectaculis pronuntiatur, cum concupiscentia sæculi damnatur ». […] Il n’est pas bien séant, et il ne faut pas que les yeux des Prêtres du Seigneur soient souillés par de semblables spectacles, et que leurs esprits s’évaporent et se laissent aller aux bouffonneries quelles qu’elles soient, ou aux paroles déshonnêtes qui s’y disent. « Non decet aut fas est oculos Sacerdotum Domini hujusmodi Spectaculis fœdari aut mentem quibus libet scurilitatibus aut turpiloqiis ad inania rapi. » Le Concile de Bordeaux tenu en 1582. et celui de Tours tenu en 1583. font les mêmes défenses, et se servent presque des mêmes paroles.
Il est nécessaire qu’ils ne soient composés que de peu de paroles ; les passions èxtrêmes ne sont point de longue durée ; & d’ailleurs, le Musicien fait plus valoir un seul mot dans pareille circonstance, qu’un grand nombre de paroles. […] Il est probables que les chœurs des Pièces Grecques & Romaines étaient semblables à ceux de notre Opéra-Héroïque ; ces paroles du savant Ménage achèvent de nous le confirmer : « Les chœurs de l’ancienne Comédie étaient de vingt-quatre personnes ; ils étaient de quinze dans les Tragédies ; & ces quinze & ces vingt-quatre personnes parlaient même d’ordinaire toutes ensemble ». C’est dommage que les paroles que prononçait le chœur, n’eussent quelquefois guères de rapport au sujet de la Pièce. […] Rousseau répète les mêmes paroles dans son Dictionnaire.
La sainteté de la Religion que nous professons, ne demande pas seulement l'application de notre cœur à l'adoration du vrai Dieu seul, tout puissant et infiniment jaloux de sa gloire, et la soumission de notre esprit à la croyance de ses mystères incompréhensibles ; mais elle exige encore de notre devoir une pureté de vie qui ne soit corrompue ni par le dérèglement des actions, ni par la licence des paroles. […] aventures de leurs Dieux ; quelques vieilles Fables, ou quelques Moralités, et le faisaient avec tant d'art, que leurs actions, leurs postures et leurs gestes expliquaient comme au naturel le sens des paroles. […] , pour périodes les jambes et les bras, et pour paroles la tête et les doigts, comme Sidonius écrit de Caramallus et de PhabatonMacrob. l. 2. […] Et ces Planipèdes avaient un visage hideux et contrefait, prononçaient beaucoup de paroles malhonnêtes, et étaient fort méprisés. […] Elle était célébrée par les Ecclésiastiques dans les Eglises durant le service Divin, avec des masques de figure bizarre, et des habillements de femmes et de fripons ; et en cet équipage ils dansaient à la mode des Histrions, et leurs danses étaient accompagnées de chansons malhonnêtes ; et sans avoir aucune honte, ils couraient la Ville et les Théâtres, et faisaient rire les Spectateurs par des gestes impudents, par des paroles indignes de leur profession, et par d'autres abominations, dont la pensée est capable de faire rougir.