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350. (1825) Des comédiens et du clergé « Des comédiens et du clergé. —  De certaines processions ou cérémonies religieuses, pratiquées par le clergé, et qui sont ou ont été beaucoup plus nuisibles au culte et a la morale publique que les comédies représentées sur nos théâtres.  » pp. 201-340

« Nous allons voir maintenant dans la ville de Mâcon en France, les jésuites peu satisfaits de simples paroles et déclamations séditieuses, se jouer publiquement des choses saintes, et faire éclater leur Passion, par une procession profane, qui avait moins pour but le divertissement du peuple, que la vaine satisfaction de se dresser à eux-mêmes un triomphe imaginaire sur le saint défenseur de la grâce, (S.  […] Les autres écriteaux furent effacés par une grosse pluie qui troubla un peu la pompe de la cérémonie triomphante : ceux qui avaient vu ces écriteaux assurèrent que sur l’un étaient gravées ces paroles, gratia proveniens, sur l’autre, gratia concomitans, et sur une troisième, gratia perficiens. […] Ils s’arrêtaient et faisaient de leurs corps, des mouvements et des postures lascives, qu’ils accompagnaient de paroles impudiques. […] Une circulaire que l’université de Paris écrivit aux prélats et aux églises de France, en 1444, porte que dans le temps même de la célébration de l’office divin, les ecclesiastiques y paraissaient les uns avec des masques d’une figure monstrueuse, les autres en habit de femmes, de gens insensés et d’histrions ; qu’ils élisaient un évêque ou un archevêque des fous, qu’ils le revêtaient d’habits pontificaux, lui faisaient donner la bénédiction à ceux qui chantaient les leçons des matines, et au peuple ; qu’ils faisaient l’office et y assistaient en habits séculiers, qu’ils dansaient dans le chœur et y chantaient des chansons dissolues, qu’ils y mangeaient jusque sur l’autel, et proche du célébrant, qu’ils jouaient aux dés et faisaient des encensements avec la fumée de leurs vieux souliers qu’ils brûlaient, qu’ils y couraient et dansaient sans aucune honte, qu’ensuite ils se promenaient dans les villes, sur les théâtres et dans des chariots, à dessein de se faire voir ; et qu’enfin pour faire rire le peuple, ils faisaient des postures indécentes, et proféraient des paroles bouffonnes et impies. […] Les ministres des autels, qui, par un faux zèle pour la religion, s’opposeraient aux volontés du souverain, seraient rebelles à la parole de Dieu transmise par le saint Apôtre, rebelles à l’autorité constituée pour le gouvernement et le salut de tous, et jetteraient dans l’ordre social un véritable désordre.

351. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XXI. Si les Comédiens épurent les mœurs. Des bienséances qu’ils prétendent avoir introduites sur le Théatre » pp. 86-103

Ne m’en croyez pas sur ma parole, & suivez-moi.

352. (1768) Des Grands dans la Capitale [Des Causes du bonheur public] « Des Grands dans la Capitale. » pp. 354-367

Il arrache par la force de sa parole & par l’autorité de son rang, les vices les plus cachés dans le fond de ces ames dures ; accablées sous le poids des crimes, elles sont soulagées dans l’excès de leurs maux.

353. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-10

Cette multitude de paroles grossieres déplairoit-même dans un portefaix ; un honnête homme ne peut soutenir ces conversations : c’est un des vices de Moliere & de tous les comiques bouffons.

354. (1738) Sentimens de Monseigneur Jean Joseph Languet Evéque de Soissons, et de quelques autres Savans et Pieux Ecrivains de la Compagnie de Jesus, sur le faux bonheur et la vanité des plaisirs mondains. Premiere partie « Sentimens de quelques ecrivains De la Compagnie de Jesus, Touchant les Bals & Comedies. Premiere Partie. — Entretien second. De la vanité des Bals & Comedies en general tiré des Sermons du R. Pere Claude la Colombiere de la Compagnie de Jesus. » pp. 17-25

Joindre aux excez de luxe & de galanterie des excez de bouche & d’intemperance, ne se pas contenter des discours, qui nourcissent le prochain, se relâcher jusqu’à dire des paroles, qui le scandalisent ; En un mot ajoûter aux vices des femmes tous les vices & tous les desordres des hommes, en verité sont-ce là des divertissemens de Chrêtiennes ?

355. (1738) Sentimens de Monseigneur Jean Joseph Languet Evéque de Soissons, et de quelques autres Savans et Pieux Ecrivains de la Compagnie de Jesus, sur le faux bonheur et la vanité des plaisirs mondains. Premiere partie « Sentimens de quelques ecrivains De la Compagnie de Jesus, Touchant les Bals & Comedies. Premiere Partie. — Entretien quatrieme. Sur la vanité & le danger des Bals, & des Danses en particulier, Tiré de la Bibliotheque des Predicateurs, composé par le Reverend Pere Vincent Houdry de la Compagnie de Jesus. » pp. 57-66

Vincent Houdry ; les Personnes qui s’appliquent au Sacrè Ministere de la parole y trouveront ce tresor du Pere de famille, dont il est parlé dans l’Evangile, d’où ils pourront tirer des richesses anciennes & nouvelles pour les repandre avec abondance, & avec fruits sur les fideles, en les instruisant pleinement des veritez du salut, & en les portant efficacement à la pratique des vertus necessaires pour acquerir les veritables biens de l’éternité.

356. (1855) Discours sur le théatre, prononcé dans l’assemblée publique de l’Académie de Pau, où se trouvoient les Députés des Etats du Béarn et les Dames de la ville pp. 1532-1553

On peut exprimer les pensées par les gestes, c’est le style et l’éloquence du corps ; et par les paroles, c’est le style et l’éloquence de l’esprit. On vit cette double éloquence d’une manière frappante dans le défi singulier que se donnaient Cicéron et Roscius, l’un le plus grand orateur, l’autre le plus habile comédien qui peut-être aient jamais paru, à qui des deux serait le plus fécond, le plus varié, le plus énergique à rendre la même pensée par les gestes ou par les paroles ; l’acteur ne fut pas moins inépuisable que l’orateur. […] C’est l’arlequin Dominique, qui fit graver ces paroles sur le portail de l’hôtel de la Comédie, et qu’on a l’imbécillité de prendre pour un axiome reçu.

357. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre premier. De la Musique. » pp. 125-183

Frappés de l’agrément qu’ils trouvèrent dans cette façon nouvelle de s’èxprimer, ils composèrent bientôt des paroles qu’ils prononçaient avec une certaine cadence : voilà l’origine de nos chansons. […] Enchantée de savoir un nombre infini de petits airs, elle les joignit à des paroles tendres qui èxprimaient les sentimens de son cœur. […] Rapportons ses propres paroles dans le langage naïf d’Amiot : « Quand ce Musicien eût un peu ébranlé & sondé la Compagnie du festin, & qu’il sentit que plusieurs étaient enclins à son intention, & se laissaient mener pour le plaisir qu’ils prenaient à tout ce qu’il voulait leur sonner, & à toute dissolution qu’il voulait représenter ; alors se découvrant tout à l’ouvert, il nous fit voir clairement que la musique, à ceux qui en abusent impudemment à toutes heures, enivre plus que pourrait faire toutes sortes de vins que l’on pourrait boire : car ceux qui étaient à table ne se contentèrent plus de crier à pleine tête & de frapper des mains l’une contre l’autre ; mais à la fin la plus-part d’iceux se levèrent de table & commencèrent à se tremousser de mouvemens dèshonnêtes & indignes de gens d’honneur, mais qui convenaient aux Sons & Chansons qu’il leur sonnait. » Un certain Ephore, Auteur Grec, cité par l’Historien Polybe, affirme qu’elle ne fut introduite que pour tromper & abuser les esprits.

358. (1608) Traitté contre les masques pp. 3-36

Pierre Euesque de Rauenne, qui ne dement point son nom de parole doree. […]  : Ie laisse à part les blasphemes, paroles diffamatoires & iniurieuses proferees contre l’hõneur de Dieu & de ses SS contre les Potentats, contre les gens de bien, par les Comediens & Satyriques masquez. […] Si jadis entre les Payens l’object de la statue & de l’image de l’Empereur arrestoit toutes violences & immodesties, que c’est object du Roy des Roys, de l’Empereur des Empereurs, de ceste Emperiere & Royne mere de Dieu que l’Eglise nous met deuant les yeux en memoire de l’incarnation, mette fin à noz folies & irreuerences plus que payennes : Sur ce subject ie vous allegue vne histoire escrite par Pierre de Montboissier le venerable Abbé de Cluni & Auuergnat, discourüe par Huës Abbé de loüable memoire son deuancier, en plain chapitre la veille de Noel : Sçachez mes freres que Dieu sera auec nous en ceste saincte iournee, qu’il s’esiouyt de voz appareils & s’attend à vostre deuotion seruiable, sçachez außi que le Diable de l’autre part ennemy & enuyeux de vostre felicité s’efforcera d’offusquer la splendeur de ceste iournee & de vos bonnes œuures, ou d’amoindrir la gloire de ceste festiuité, vn de voz freres (parlant de luy) a veu ceste nuict la vierge mere de misericorde tenant sur son giron son fils qu’elle a enfanté ceste nuict, & a veu vne multitude d’Anges qui l’enuironnoit, ce petit enfant, Dieu tressailloit de ioye & applaudissoit des mains & dressant son visage riant & sa parole vers sa mere, vous voyez dit-il ma mere la nuit de ma natiuité remplie d’allegresse, en laquelle les oracles des prophetes & les hymnes des Anges se renouuelleront, & toutes les creatures celestes & terrestres se resiouiront de ma naissance de vostre ventre virginal, où est maintenant la perfidie de l’ennemy damné ?

359. (1756) Lettres sur les spectacles vol.1 pp. -610

Un Peuple ne date, pour ainsi dire, son existence, que du temps où le flambeau des Sciences a commencé à l’éclairer ; il seroit seulement fort à souhaiter que l’éclat de ce flambeau ne fût jamais obscurci par l’impiété & par la corruption, & que l’on fût aussi scrupuleux à cet égard, que l’étoit le célebre Erasme : ses paroles à ce sujet sont remarquables67. […] Les armes des Pasteurs de l’Eglise, dit un Auteur, sont la parole, la patience, l’humilité, la douceur, la priere, la souffrance & le bon exemple ; & ils ne doivent employer les voies de rigueur que quand il reste peu de gens scandaleux & opiniâtres100. […] Si le serpent vient souffler aux oreilles une parole sensuelle, ou quelque cajollerie, si l’on est surpris des regards de quelque basilic, les cœurs sont tout disposés à en recevoir le venin. […] Enfin nos Loix ont attaché des peines infamantes à une action que nous osons regarder comme très-belle & très-glorieuse sur le Théatre155. » L’Abbé des Fontaines sçavoit assez respecter la Religion, pour ne pas comparer, comme l’a fait un Auteur156, la parole de Dieu avec la parole empoisonnée du Théatre, ni pour juger des effets de l’une par ceux de l’autre. […] Si la Noblesse continue de marcher ainsi égarée, tant en paroles qu’en faire, elle ira toujours profanant la vertu & les armes en se consumant.

360. (1590) De l’institution de la république « SIXIEME TITRE. Des Poètes, et de leurs vertus, item quels Poètes on peut lire et quels on doit rejeter des Théâtres. » pp. 117-127

qu’Hercule fut grandelet, il s’en alla en un désert, et que deux femmes se présentèrent à lui, desquelles l’une était fort belle, parée de toute sorte de pierreries riches, reluisante de pourpre, et parfumée de senteurs fort odoriférantes, laquelle usant de douces paroles et emmiellées, le demandait pour compagnie, lui promettant de lui donner tous les plaisirs et voluptés qu’il savait souhaiter : l’autre habillée en une bonne dame et sage Matrone, sans parure, sans dorure, sans odeurs, la tête baissée, l’assurait, que s’il la voulait suivre, il souffrirait premièrement beaucoup de travaux et de labeurs : mais qu’enfin il ne serait point mortel, comme l’autre lui promettait, ains serait immortel. […] Car elle a en soi trop grande violence, mêlée avec désespoir, laquelle rend aisément les gens de fous qu’ils sont, du tout insensés, et met en furie les gens de léger cerveau, et principalement quand ils oient réciter telles paroles inhumaines et enflées : « Il mangea ses enfants de ses propres dents.

361. (1819) La Criticomanie, (scénique), dernière cause de la décadence de la religion et des mœurs. Tome I « Préambule » pp. -

pouvez-vous vous taire, parler ou écrire, sans craindre qu’on ne donne une mauvaise interprétation à votre silence, à vos paroles, ou à vos écrits ?

362. (1752) Traité sur la poésie dramatique « Traité sur la poésie dramatique — CHAPITRE III. En quoi consiste le Plaisir de la Tragédie, & de la grande émotion que causoient les Tragédies Grecques. » pp. 49-62

Parmi les Hymnes attribuées à Orphée, on en trouve une adressée aux Parques ; elles y sont appellées, infléxibles, inexorables : tout ce qu’elles ont ordonné, arrive nécessairement, & l’Hymne finit cependant par ces paroles, O Parques recevez mes prieres & mes libations.

363. (1752) Traité sur la poésie dramatique « Traité sur la poésie dramatique — CHAPITRE V. En quoi consiste le Plaisir de la Comédie, & de ce Sel qui assaisonnoit les Comédies Grecques. » pp. 131-144

Ciceron plus humain, permet les jeux & les divertissemens, pourvu qu’on en use comme du sommeil, après avoir satisfait aux affaires sérieuses, & il distingue deux genres de jeux : l’un indigne d’un honnête homme, quand la grossiereté des choses est jointe à l’obscénité des paroles (que de Comédies condamnées !)

364. (1697) Essais de sermons « POUR LE VINGT-TROISIÈME DIMANCHE D’APRÈS LA PENTECÔTE. » pp. 461-469

Mais parce que le plus grand argument dont les gens du monde se servent pour autoriser ces divertissements, est le témoignage de saint François de Sales : Examinons ici les paroles et les intentions de ce Saint dans le 32. et 33. chapitre de son Introduction à la Vie dévote.

365. (1823) Instruction sur les spectacles « Chapitre XVI. Il y a des divertissements plus utiles et plus décents que les spectacles. » pp. 138-149

Là, c’est un Dieu qui commande au néant ; une seule de ses paroles suffit pour créer tout le monde : ici, c’est l’homme rebelle chassé du Paradis terrestre, déchu de sa gloire primitive : les ténèbres ont inondé son esprit, la corruption s’est glissée dans son cœur ; la plus excellente créature qui vive sur la terre est dominée par les êtres inférieurs qui sont chargés de la punir.

366. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre III. De la Dédicace de la Statue de Voltaire. » pp. 71-94

Ensuite se tournant vers la statue, elle adresse la parole à ce marbre insensible, qui, comme dit M. de la Harpe, dans la lettre qu’il a écrite à Voltaire, insérée dans le Mercure, Octobre 1772, Sembloit l’entendre, & s’animer à sa voix. […] Opinion, bisarre idole, Dont l’Univers subit la loi, Moins puissante que sa parole, En lui tu reconnois ton Roi ; Au milieu de l’erreur commune, L’homme éloquent est le Neptune Qui s’éleve du sein des eaux, Il parle aux vagues mugissantes, Et les vagues obeissantes vont expirer sous les roseaux.

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