[frontispice] Recueil des Ordonnances, Mandemens et Censures de M. l’Evêque d’Arras, ou l’on trouve d’excellentes regles Pour la conduite des Ames, des Remedes eprouvez pour déraciner les Abus, des Instructions so-lides pour l’usage des Sacremens, des Moyens efficaces pour rétablir la Dis-cipline Ecclesiastique.
[FRONTISPICE] THEOLOGIEMORALE a l'usage DES CURES ET DES CONFESSEURS par S.
Montfaucon, qui pouvoit faire de son argent un meilleur usage, que de répandre & de perpétuer des estampes qu’il auroit dû brûler. […] L’auteur croit avoir trouvé des raisons politiques de leur usage ; en cela bien différent d’Aristote, qui, dans sa politique, L. […] Or la vuë des objets qui en présentent les attraits & en offrent l’usage ? […] Saint Augustin dans ses confessions & dans le livre de la cité de Dieu rapporte ce trait de Terence, & en fait le même usage contre les peintures obscénes. Moliere n’avoit garde de laisser échapper une morale si précieuse, & d’en faire le même usage que ce jeune homme, bien différent de celui qu’en fait Saint Augustin.
Il est probable que les hommes se servaient de quelques instrumens avant de savoir chanter ; la Nature même & les besoins de la société en auront appris l’usage. […] L’usage du fer & des autres métaux fit dédaigner les instrumens qui n’étaient que de la corne de quelque animal. […] Les Hébreux veulent aussi passer pour être les prémiers qui ayent fait usage de la musique. […] Il paraît même que la musique était depuis long-tems en usage dans toute l’Italie, puisqu’on fit venir alors des joueurs d’instrumens de Toscane & de Naples. […] Dès que son amie entendait les sons de sa lyre, un trouble involontaire s’emparait de ses sens, elle perdait l’usage de la voix, & restait pendant très-long-tems sans connaissance.
[FRONTISPICE] Le Dictionnaire des cas de conscience décidés suivant les principes de la morale, les usages de la discipline ecclesiastique, l'autorité des conciles et des canonistes, et la jurisprudence du royaume.
jamais vous n’avez fait usage de talens déja si parfaits ? […] Elle comprit qu’il était d’autant plus difficile de s’opposer à la fantaisie de son mari, qu’elle connaissait peu le monde & ses usages ; & que, renfermée dans son innocence, elle n’avait pas l’art de se diversifier, & de se rendre toujours nouvelle aux yeux d’un inconstant. […] La jeune Dame, qui n’avait eu d’autre dessein que de se donner les talens & les grâces de la ***, pour en faire usage dans le particulier, prend sur le champ un parti plus hardi ; elle va trouver le Directeur, lui dit qu’elle sait quelqu’un qui n’est pas de la Ville, & qui n’y sera pas connu, qui consentirait à remplacer Mademoiselle *** pour ce jour-là La proposition est acceptée : elle s’offre elle-même ; plaît universellement à une Répétition qu’on fit à la hâte, paraît aussitôt sur la Scène, éclipse sa Rivale autant par sa beauté que par son jeu.
MADAME, J’Avois bien prévû, lorsque je voulois interdire l’usage de la Comedie, qu’on se seroit mis en defensé. […] Non, Madame ; & pour vous en convaincre, je dis, que les personnes les plus reguliéres, qui font dans une reputation de probité la mieux établie, ou qui à raison du frequent usage qu’elles font de la sainte Communion, ou du rang qu’elles tiennent, sont obligées de donner exemple aux autres, péchent, lors qu’elles authorisent le divertissement de la Comedie par leur présence, & qu’elles y portent les autres, qui se reglent sur leur conduite : car c’est proprement donner du scandale, dont on ne peut pas être cause dans une chose même indifferente, & assez innocente d’elle-même, sans commettre un peché : parce que c’est contribuer au peché & à la perte des autres, dont nous sommes redevables devant Dieu. […] Quant aux viandes qui ont été immolées aux Idoles, nous n’ignorons pas que nous avons… sur ce sujét asséz de science , nous sçavons asséz, qu’elles ne contractent par cette immolation aucune foüillure, qui les rende immondes, & qui en interdise l’usage : mais la science enfle, & la charité édifie : ainsi il ne faut pas écouter seulement nôtre science, & faire tout ce, qu’elle nous assure être permis ; mais il faut encore consulter la charité, & voir ce qu’elle demande de nous… Quant à ce qui est donc de manger des viandes immolées aux Idoles , cela n’est pas mauvais en soi : … ne vous faites donc pas une peine de ne pouvoir user de la liberté que vous avez de manger de tout : Mais prennez garde, que cette liberté, que vous avez, ne soit aux foibles une occasion de chute , comme elle le pourroit être, si vous vous en serviez en leur présence ; car si l’un d’eux en voit un de ceux qui sont plus sçavans & mieux instruits de la liberté que lui donne l’Evangile, assis à table dans un lieu consacréaux Idoles, ne sera-t-il pas porté lui, qui est encore foible, à manger aussi de ces viandes sacrifiées , & ainsi vous perdrez par vôtre science , & par l’usage que vous en faites, vôtre Frere, qui est encore foible, pour qui Jesus-Christ est mort. […] Mais afin que ce Pere n’attire pas sur lui & sur sa Fille les malheurs, que Dieu répand ordinairement sur les Peres, qui par leurs exemples, & par le mauvais usage de leur empire perdent les doux fruits d’un saint Sacrament ; je supplie ce Pere qu’il se souvienne, que la providence Divine ne lui a pas donné cette Fille pour lui, mais pour elle-même ; que, si cette fille est le gage de l’amitié de Madame son Epouse, elle est aussi le fruit du Sang de Jesus-Christ ; que, si elle est noble par sa naissance, elle est Chrêtienne par son Batême ; que cette seconde qualité lui est plus avantageuse, plus necessaire, & plus glorieuse que la prémiere, & qu’ainsi il n’est pas seulement obligé de l’élever en Fille de condition, mais qu’il est encore plus obligé de l’élever en Chrêtienne, & qu’il doit plus travailler à lui inspirer l’esprit de l’Evangile, que l’air, & les manieres du monde.
Nous ne sommes pas créés pour anéantir, mais pour faire usage de tout selon les lumieres de la justice & de la raison. […] On s’éclaire sur le danger des passions ; on s’habitue à en rectifier l’usage sur les loix de la justice. […] Les biens ne sont rien pour celui qui s’en refuse l’usage, aussi bien qu’aux autres. […] Il faut, je pense, ranger cette opinion au nombre de vos suppositions, dont le fréquent usage vous paroît si commode. […] C’est travailler pour le genre humain, que de l’assujettir aux regles d’une morale pure, & d’indiquer l’usage de ce sentiment délicieux.
Ceux qui avaient introduit l’usage des spectacles en France, jaloux de se voir disputer et enlever un si précieux privilège, suscitèrent des anathèmes contre leurs concurrents, et travaillèrent les esprits pour rendre le théâtre méprisable aux yeux du monde. […] Ce n’est rien au fond que cet usage, et ceux qui reçoivent pour les choses saintes ne croient point les vendre, comme ceux qui donnent ne pensent point à les acheter ; ce sont peut-être des apparences qu’on pourrait cacher aux simples et aux indévots. » Et chacun sait, de notre temps encore, jusqu’a quel point on porte ces abus et cette usure.
C’est pourquoy l’on insiste ordinairement à demander, s’il y a peché mortel d’assister au bal & à la comedie, qui sont maintenant les deux sortes de spectacles qui sont le plus en usage, & où l’on fait le moins de scrupule de se trouver. […] Je dis donc premierement, pour la résolution de cette question si delicate, & qui n’est pas sans difficulté qu’il faut consulter la situation de vôtre cœur, & que c’est mal raisonner de la grandeur du peril où l’on s’expose, que d’en juger par la nature, ou par l’institution de ces spectacles, ou par la fin qu’ont eû ceux qui les ont inventez les premiers ; au lieu de les considerer dans l’usage qu’on en fait, ou dans la maniere ordinaire qu’ils se passent ; & j’ajoûte que le peu de soin que la plûpart des gens du monde apportent à éviter l’occasion du peché, me donne un juste sujet de craindre que le danger du peché mortel ne soit pas capable d’arrêter leur curiosité, ni la passion qu’ils ont pour une chose, où il est facile d’y tomber. […] les cajoleries, les complimens, les têtes à têtes, & tout ce que la galanterie a de plus fin, n’y est-il pas mis en usage ? […] Manger des viandes, quoyqu’elles ayent été sacrifiées aux fausses divinitez, est du nombre de ces choses qu’on appelle indifferentes, & je ne vous conseille pas de vous informer scrupuleusement, si celles que vous achetez pour vôtre usage, sont soüillées par cette profanation, ni de vous en abstenir pour cela ; cependant si cela est capable de scandaliser vôtre frere, qui est plus foible que vous, s’il prend occasion de-là, de retourner à son ancienne idolâtrie, il faut absolument vous en abstenir ; parce que cette circonstance en rend l’usage criminel, & il n’est pas juste de perdre l’ame de vôtre frere, que le Sauveur a rachetée au prix de son Sang, pour la nourriture de vôtre corps, ou pour vôtre plaisir. […] Je continuë donc de parler de ceux que la seule passion du plaisir a inventez, qui sont les mêmes qui deviennent criminels à l’égard de certaines personnes, & qui ne sont jamais sans danger à l’égard des autres, tels que sont les bals, comedies, balets, & les autres de cette nature, qui sont en usage dans ce siecle, & qui sont presque l’unique occupation des gens de qualité en ce temps de divertissement ; & je soutiens encore une fois, qu’ils sont dangereux à l’égard de tout le monde ; c’est à dire que s’ils ne font pas une occasion prochaine de peché à l’égard de tous, le danger est toûjours assez grand, pour porter tous ceux qui craignent l’offense de Dieu, à les fuir ; vû que d’ailleurs il est bien rare que la bienseance, ou leur devoir leur impose une espece d’obligation d’y assister.
Luillier, Doyen de la Faculté ; c’est la premiere fois qu’un Médecin s’est avisé d’approuver le fard, non-seulement aucun ne s’abaisse à ces foiblesses, contraires aux bonnes mœurs, qui sont fort au dessus de la sagesse & de la gravité d’un Docteur ; mais il n’en est point qui ne condamne l’usage de ces drogues, la plupart corrosives, qui occasionnent des maladies cutanées, qui flétrissent la peau, & empêchent la transpiration, par une sorte de plâtre, qui bouche les pores. […] Il en est de même des rubans, c’est par la même raison une espece de fard ; les ruban servent à plus d’un usage, ils étalent la magnificence par leurs richesses, ils amusent par leur couleur, & satisfont l’inconstance par leur variété ; ils montrent l’habileté de la coëffeuse, par l’élegance de leur arrangement, leur varieté est prodigieuse. […] Le mélange des drogues, la dose de chacune, composent une infinité de couleurs, pour teindre les étoffes le Peintre doit connoître ces secrets, en faire usage sur la palette, il ne sera jamais bon coloriste s’il n’est un peu teinturier. […] Ces dissertations, ces preuves pourroient faire de jolies scénes, les habits servent à bien d’autres usages. […] L’usage du fard occasionne bien des accidens ridicules, & des réflexions déshonorantes.
La Sacristaine a sans doute été quelque femme du monde, qui en conserve l’usage, & croit à bonne intention sans doute montrer son zele & sa piété ; comme une femme de chambre veut faire voir son affection envers sa maîtresse, & son habileté à servir en parfumant tout ce qui sert à son usage, se parfumant, elle-même pour la servir. […] Ils se disent enfans de cette sainte famille, ils n’en sont que les enfans illégitimes qu’elle n’avoue pas, & qui ne méritent que ses larmes, Toute sorte d’odeurs, eaux, pommades, poudre, essences, pâtes y sont proscrites, jusqu’à la poudre des cheveux ; on n’y souffre pas même l’usage du tabac, ni en poudre ni en fumée. […] Si quelque infirmité & l’ordonnance du Médecin en rendoient l’usage nécessaire, on en useroit avec la permission des Supérieurs, mais en secret pour ne pas donner l’exemple de l’infraction de la loi. […] Telle est certainement la morale Chrétienne ; elle interdit l’usage des parfums comme un plaisir vain, inutile & dangereux pour la pureté. […] Par-tout on en fait usage pour les morts.
C’est pourquoy l’on insiste ordinairement à demander, s’il y a peché mortel d’assister au Bal & à la Comedie, qui sont maintenant les deux sortes de spectacles qui sont le plus en usage, & où l’on fait le moins de scrupule de se trouver. […] Je dis premierement, pour la résolution de cette question si delicate, & qui n’est pas sans difficulté qu’il faut consulter la situation de vôtre cœur, & que c’est mal raisonner de la grandeur du peril où l’on s’expose, que d’en juger par la nature, ou par l’institution de ces spectacles, ou par la fin qu’ont eû ceux qui les ont inventez les premiers ; au lieu de les considerer dans l’usage qu’on en fait, ou dans la maniere ordinaire qu’ils se passent ; & j’adjoûte que le peu de soin que la plûpart des gens du monde apportent à éviter l’occasion du peché, me donne un juste sujet de craindre que le peché mortel ne soit pas capable d’arrêter leur curiosité, ni la passion qu’ils ont pour une chose, où il est facile d’y tomber. […] les cajoleries, les complimens, les têtes à têtes, & tout ce que la galanterie a de plus fin, n’y est-il pas mis en usage ? […] Voicy la dêcision de ce grand Apôtre : Manger des viandes, quoyqu’elles ayent été sacrifiées aux fausses divinitez, est du nombre de ces choses qu’on appelle indifferentes, & je ne vous conseille pas de vous informer scrupuleusement, si celles que vous achetez pour vôtre usage, sont soüillées par cette profanation, ni de vous en abstenir pour cela ; cependant si cela est capable de scandaliser vôtre frere, qui est plus foible que vous, s’il prend occasion de-là, de retourner à son ancienne idolâtrie, il faut absolument vous en abstenir ; parce que cette circonstance en rend l’usage criminel, & il n’est pas juste de perdre l’ame de vôtre frere, que le Sauveur a rachetée au prix de son Sang, pour la nourriture de vôtre corps, ou pour vôtre plaisir. […] Je continuë donc de parler de ceux que la seule passion du plaisir a inventez, qui sont les mêmes qui deviennent criminels à l’égard de certaines personnes, & qui ne sont jamais sans danger à l’égard des autres, tels que sont les bals, comedies, balets, & les autres de cette nature, qui sont en usage dans ce siecle, & qui font presque l’unique occupation des gens de qualité en ce tems de divertissement ; & je soutiens encore une fois, qu’ils sont dangereux à l’égard de tout le monde ; c’est-a-dire que s’ils ne sont pas une occupation prochaine de peché à l’égard de tous, le danger est toûjours assez grand, pour porter tous ceux qui craignoit l’offense de Dieu, à les fuir ; vû que d’ailleurs il est bien rare que la bienseance, ou leur devoir leur impose une espece d’obligation d’y assister.
Il est inutile de dire pour justifier les Comédies et les Romans, qu'on n'y représente que des passions légitimes ; car encore que le mariage fasse un bon usage de la concupiscence, elle est néanmoins en soi toujours mauvaise et déréglée ; et il n'est pas permis de l'exciter en soi ni dans les autres.
Mais un Drame aussi singulier en tout, où le merveilleux est souvent mis en usage ; une sorte de Pièce aussi bisare, dis-je, peut mépriser l’Unité de lieu, sans que cela tire à conséquence, ainsi que je le prouverai ailleurs. […] Outre que les règles sont éxtremement violées par un pareil usage, les Spectateurs ne sont point à leur aise quand la Scène change ainsi coup sur coup, parce que la Nature, qui parle intérieurement à tous les hommes, leur fait sentir, même malgré eux, qu’on s’écarte trop de la vraisemblance. […] Usage singulier des Chinois. […] Voilà pour le coup un singulier usage.
Il est inutile de dire, pour justifier les Comédies et les Romans, qu'on n'y représente que des passions légitimes et qui ont pour fin le mariage; car encore que le mariage fasse un bon usage de la concupiscence, elle est néanmoins en soi toujours mauvaise et déréglée ; et il n'est pas permis de l'exciter, ni dans soi-même, ni dans les autres.