Outre celles qui sont imprimées, et que partout on adopte, les Communautés en ont grand nombre de manuscrites. […] Louis, Roi de France, on avait mis au nombre de ses vertus d’avoir chassé les Comédiens de son royaume, dans celle de S. Vincent on mît au nombre de ses défauts de les avoir souffert sur son terrain. […] On en fut scandalisé, la plupart des femmes et des filles, élevées dans des principes de religion, refusèrent des rôles, et ne voulurent pas y assister, surtout celles de la Confrérie de la Sainte Famille, établie à la paroisse, qui sont en fort grand nombre, et les plus distinguées.
Qu’on bâtisse de superbes maisons, qu’on les meuble magnifiquement, qu’on fasse de grands repas, qu’on joue nuit et jour, qu’on chante et qu’on danse de tous côtés, que les théâtres soient ouverts, que les femmes de mauvaise vie soient en grand nombre. […] Vous avez bien fait de mépriser tous ces histrions, éveillez-vous entièrement, sentez que la divine Majesté ne peut être honorée par un métier qui déshonore ceux qui l’exercent, qu’on ne verra pas dans le ciel ces Dieux dont les adorateurs ne sont pas reçus au nombre de vos citoyens. […] ), ouvrage utile, bien écrit, mis au nombre des livres Ecclésiastiques par le Pape Gélase, traite contre les Idolâtres le même sujet que ce Père dans la Cité de Dieu, et fait voir que les malheurs des temps viennent de la corruption du théâtre : « Theatra incusanda, non tempora. » Par une profonde méchanceté le démon a demandé des sacrifices, où il se nourrit moins de la chair des animaux que de la perte des vertus : « Profundo malignitatis argumento sacrificia flagitans, quibus non tam cruore pecorum, quom profligata virtute pascerentur. » Les vertus sont les victimes qu’on immole à l’autel de l’impudicité : « Ad aram luxuria virtutum victimas trucidantes. » Vous qui ne goûtez que la volupté, osez blasphémer le Dieu qui la défend, et vous vous réjouissez de la perte de vos âmes. […] Augustin la musique était une science très profonde et très étendue, elle embrassait toute l’harmonie en général, non seulement des sons, mais de la poésie, de la prose, des nombres, des mouvements, des choses naturelles, etc., en un mot tous les rapports de proportion qui forment un bel accord, une harmonie.
« Nos opinions peuvent être influencées par les préjugés, par la force de l’éducation, l’autorité du grand nombre, l’habitude, la mode, l’exemple de grands personnages, etc. ; il est de même de nos actes : nous sommes sujets à agir contre les plus simples règles de la raison et du bon sens, et à nous rendre même coupables d’actes complètement opposés à la pureté de notre religion sainte. […] D’abord, on ne peut se refuser à reconnaître que les ouvrages dramatiques ne renferment un grand nombre de sentiments profanes, impurs et irréligieux, sentiments d’autant plus dangereux qu’ils sont revêtus des noms les plus doux et embellis par une action intéressante et le développement des caractères les plus attachants. […] D’un autre côté, plusieurs hommes illustres et vertueux se sont publiquement prononcés contre la tendance pernicieuse de ces vains amusements du monde ; et un grand nombre de personnages graves et respectables, convaincus des dangers de ces funestes plaisirs, ont cru de leur devoir d’essayer d’en détourner les hommes par tous les moyens en leur pouvoir. […] Tous les plaisirs, tout l’attrait que ces amusements frivoles peuvent présenter à leurs plus fougueux partisans, sont une triste compensation pour la corruption, l’extravagance et les maux sans nombre dont ils contribuent à propager les semences et à infecter la vie humaine.
Moyse ne toléra-t-il pas ce grand nombre d’Israélites qui murmuroient contre Dieu ? […] Le Cardinal d’Aguirre, qui fut long-tems Professeur en Théologie à Salamanque, parle avec force contre les spectacles dans sa grande collection des Conciles d’Espagne, & cite un grand nombre de Docteurs espagnols, qui les condamnent. […] Nous apprenons d’ailleurs que le même Pape a diminué le nombre des théâtres à Rome.
Q uel que soit le nombre des Ouvrages que l’on a publiés sur nos Spectacles, cette vaste matière paraît encore inépuisée ; les Partisans du Théâtre & les Misomimes, ne l’ayant chacun envisagée que dans le point-de-vue favorable à leurs préjugés, l’Auteur de la Mimographe, qui en a recherché les avantages & les inconvéniens, aurait voulu tout embrasser ; mais la tâche était au-dessus de ses forces ; elle s’est vue elle-même dans la nécessité de ne faire que l’effleurer.
Voilà donc votre Héros devenu Dieu, et du nombre de ces Dieux que les Romains appelaient Majorum Gentium, c’est-à-dire, du premier ordre, puisque ceux du second ordre, Hercule, Orphée, Argus, Esculape, lui viennent faire hommage en mettant chacun à ses pieds le Symbole de sa divinité.
J’aime mieux attribuer au défaut de mémoire l’omission que je vous reproche : vous avez oublié une partie du Cathéchisme que vos parens chrétiens n’ont pas négligé de vous inculquer dès l’enfance ; ce grand nombre de Vers que vous sçavez par routine se trouveroit embarrassé des maximes de notre sainte Religion ; c’est un contraste qu’on ne peut soutenir long-temps, & l’on retient plus volontiers les choses dont le poids est moins pénible. […] Je pourrois ajouter un grand nombre de Canons5 & de Loix qui interdisent l’usure, non aux seuls Ecclésiastiques, mais généralement à toutes sortes de personnes.
Quel est le plus grand nombre des amateurs du théâtre ? […] et les voit-on en petit nombre, qui cherchent dans la scène toute autre chose que la scène même ?
Puisque les Modernes ne savent parler que de l’amour sur la Scène, ce qui est la marque certaine, ou d’une corruption générale, ou d’un défaut de génie dans le plus grand nombre des Poètes ; outre qu’ils ne devraient jamais traiter cette passion que dans la vue d’instruire les Spectateurs ; ils pourraient encore joindre à cette passion, devenue instructive, plusieurs autres espèces d’intérêts que la raison et les devoirs autorisent : ainsi on pourrait traiter des sujets de l’amour conjugal, de l’amour paternel, de l’amour filial, de l’amour de la Patrie : voilà des intérêts tendres et vifs, qui seraient nouveaux et très convenables au Théâtre ; intérêts qui peuvent avoir leurs degrés, suivant les circonstances dans lesquelles on peut les saisir, et suivant les différents caractères des hommes que l’on introduirait sur la Scène : par exemple, l’imprudence, la faiblesse, la fermeté, la complaisance, la colère, et toutes les autres passions qui s’associent dans le cœur humain à la passion dominante, ne feraient-elles pas paraître, dans la personne qui serait occupée de quelques-uns de ces sentiments, une infinité de caractères marqués et différents entre eux, qui seraient combattus par la force du raisonnement et par l’ascendant du caractère ? […] Ne doit-il pas paraître extraordinaire qu’un si grand nombre de gens d’esprit perdent leur temps à traiter une matière, qui, par le fréquent usage qu’on en a fait jusqu’ici, est presque épuisée, et dans laquelle on est réduit, pour trouver le moyen de plaire, à emprunter le secours illicite des paroles et des actions licentieuses, comme en font foi plus d’une Comédie que le Lecteur connaîtra, sans que je les nomme.
J’ai examiné un nombre considérable de Comédies dans le dessein de trouver un exemple de la façon dont il faut traiter la passion d’amour pour la rendre instructive. […] Molière dans le plus grand nombre de ses Pièces a été imitateur, il n’a inventé que la moindre partie de son Théâtre ; j’observe donc que lorsqu’il a imité, si la source où il puisait n’était pas pure, ses Comédies ne sont pas assez correctes : et de là vient qu’il nous a donné plusieurs Pièces où les bonnes mœurs ne sont pas toujours régulièrement conservées ; au contraire lorsqu’il a inventé, il nous a fait connaître combien il était exact observateur des règles de l’honnête homme, en respectant les égards de la Société civile, et en ne donnant que des Pièces utiles pour la correction des mœurs.
Nous nous plaisons souvent à voir la peinture de notre propre foiblesse, quand elle est du nombre de celles dont les spectacles nous apprennent à ne plus rougir. […] Ce n’est pas seulement par les nombres & par la cadence que les Vers peuvent être regardés comme une espéce de Langue à part, qui nous attache beaucoup plus que la Prose. […] L’application s’en fait d’elle-même au style Poëtique ; il nous plaît jusque dans la Prose, lorsqu’elle peut oser s’en permettre l’usage ; & le Public en a fait l’experience dans Telemaque, dont la lecture a sçu l’intéresser pour le moins autant que celle de l’Odissée, malgré le grand avantage que les charmes du nombre & de la mesure donnoient au Poëte Grec sur l’Auteur François. […] Je viens d’en indiquer un grand nombre d’une autre espece, & j’y en ajouterois peutêtre de nouveaux, si la matiere méritoit d’être encore plus approfondie, & si je n’avois à me reprocher de m’en être déja trop occupé. […] Juger de l’exacte observation des regles de l’Art, c’est le plaisir du Philosophe & du Connoisseur ; mais ce n’est pas celui du plus grand nombre des hommes : le Philosophe & le Connoisseur même, s’ils ont l’ame sensible, ne le goûtent que par réflexion, & leur plaisir direct est le même que celui du Peuple, je veux dire, le plaisir qui naît des mouvements excités dans leur ame par une action qu’ils veulent bien regarder pour un moment comme une action véritable.
C’est ainsi, Grand Prélat, que le peuple raisonne Et fait une leçon aux Docteurs de Sorbonne : Pour imposer silence il faudrait réformer ; Nombre d’autres abus que je n’ose rimer.
Ils sont contents d’un grand nombre de nouveautés. […] A votre façon de parler, j’ose soutenir que le nombre des femmes de qualité que vous avez connu, n’est pas considérable. […] On vous en nommeroit en plus grand nombre sans épuiser toute la sagesse des différentes troupes du Royaume, si le nom des unes ne faisoit le procès aux autres. […] La loi étant générale, ils seroient au contraire flatés qu’on les comprit dans le nombre de ceux pour qui l’amour de la patrie l’a dicté. […] Est-ce parce que le nombre des femmes y est trop petit pour pouvoir les enrôler à deux tiers de perte, comme vous le proposez, inspiré sans doute par un esprit d’humanité.
Cependant ces excès sont rares dans le sacré Collége, il faut lui rendre justice, le plus grand nombre dans tous les temps n’a pas été moins distingué par la pureté des mœurs, que par l’éminence de la dignité. […] Pour les Evêques, un grand nombre dans tous les temps a été amateur du théatre ; je n’en connois point qui ait été ni acteur ni compositeur ; ils s’observent aujourd’hui sur cet article. […] Ce Tabarin étoit tout & n’étoit rien ; on auroit dû le laisser sur les treteaux du Pont-neuf, sa véritable place ; on y a laissé ses pieces en assez grand nombre, toutes médiocres & même au-dessous du médiocre, & la plupart accompagnées d’anecdotes ridicules. […] Cet Editeur n’annonce pas le retranchement des obscénités sans nombre qui y sont répandues, comme son Traducteur, Mr. de Marivaux, l’avoit promis, Arioste paroit avec toute sa difformité, & prépare les voies à quelque nouvelle traduction plus fidele, c’est-à-dire, plus licencieuse. […] Il y a des exemples d’Acteurs & d’Actrices convertis, mais en petit nombre.
Je suis loin de penser que dans un ouvrage tel que celui-ci, qui embrasse tant d’objets différens, il ne me soit pas échappé un grand nombre de fautes : c’est au Public à m’apprendre les changemens, la réforme que je dois faire dans mon Livre.