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469. (1752) Lettre à Racine « Lettre à Racine —  LETTRE A M. RACINE, Sur le Théatre en général, & sur les Tragédies de son Père en particulier. » pp. 1-75

Les Femmes du monde, les Jeunes gens voudroient qu’il n’eût jamais été que cela. […] Il voudroit qu’on établît des censeurs éclairés & vertueux, qui eussent ordre de retrancher,4 tant des Pieces anciennes que des nouvelles, toute grossiereté, toute équivoque, tout endroit capable d’offenser le moins du monde la modestie ou la pudeur. […] Cependant qu’y a-t-il au monde de plus vif, de plus passionné que le quatrieme livre de l’Enéïde ? […] Ce morceau du premier Acte, De cette nuit, Phénice, as-tu vû la splendeur, jusqu’à ce vers, le monde en le voyant eût reconnu son maître, est véritablement sublime.

470. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 3 « Chapitre VIII. Assertions du Théâtre sur le tyrannicide. » pp. 130-174

On ne peut immoler à Jupiter aucune victime plus précieuse qu’un mauvais Roi. » Les Jésuites ont eu beau représenter que del Rio était encore dans le monde, et même Conseiller au Parlement de Brabant, quand il fit cet ouvrage, ce qui appartiendrait plutôt à la robe de Magistrat qu’à celle de Jésuite ; que ce n’est après tout qu’un langage de théâtre, et un rôle d’Acteur, qui est sans conséquence ; il n’en a pas moins été chargé des anathèmes des Avocats généraux, et condamné au feu par les arrêts des Parlements. […] » Le Parlement de Rouen fit le procès à un Régent troisième, pour avoir donné à ses écoliers à mettre en vers cette pensée, qu’on trouve partout, que « l’événement fait aux yeux du monde le héros ou le criminel ». […] A quel titre donc, par un privilège exclusif, attribuer au Corps du Clergé des vices communs à tout le monde, et qui communément ne sont dans le Clergé que parce que le monde les lui inspire ? […] Je te préfère au monde, et Rome seule à toi. » Cette pièce est pire que celle d’Athalie ; elle n’a pas même un air de religion et de piété.

471. (1702) Lettre de M. l’Abbé de Bellegarde, à une Dame de la Cour. Lettre de Lettres curieuses de littérature et de morale « LETTRE. de M. l’Abbé de Bellegarde, à une Dame de la Cour, qui lui avait demandé quelques réflexions sur les pièces de Théâtre. » pp. 312-410

de Corneille a faite de ses propres ouvrages, vous instruira mieux, Madame, que toutes les poétiques du monde, et vous formera mieux le goût, que tous les autres livres ne sauraient faire. […] En effet Polyxène tirait sa naissance de l’un des plus grands Rois du monde, qui venait de perdre son Royaume, après une guerre de dix années : Cette Princesse n’avait alors que seize ans, et passait pour l’une des plus belles personnes de l’Asie ; on voulait l’immoler aux Mânes d’Achille, qui l’avait tendrement aimée, et qui avait voulu l’épouser malgré les cabales des Grecs ; et ce qui devait redoubler encore la douleur de Polyxène, c’est que Pyrrhus, le propre fils d’Achille, était celui qui demandait ce barbare sacrifice, et qui la poignarda de sa propre main, à la vue de l’Armée, et de tous les Princes de la Grèce. […] Il est vrai que les Pères ont terriblement déclamé contre la Comédie ; et que l’on trouve en plusieurs endroits, des Satires sanglantes contre les Chrétiens relâchés, qui assistaient aux Spectacles : Mais l’on peut dire que les Comédies de ce temps-là ne ressemblaient guère à celles que l’on représente aujourd’hui sur nos Théâtres ; c’étaient des spectacles de turpitude, où l’on n’observait nulle bienséance, et où la pudeur était offensée par des postures et des représentations indécentes ; au lieu que les Comédies d’aujourd’hui, bien loin de blesser les bonnes mœurs, contribuent à réformer les vices ; nous l’avons connu par expérience, depuis trente ans : L’air précieux avait infecté Paris et les Provinces ; on s’était fait un jargon ridicule et plein d’affectation, qu’on avait toutes les peines du monde à entendre : On affectait des manières qui jetaient les gens hors de leur naturel, et qui les travestissaient absolument : Toutes les raisons qu’on apportait pour faire sentir le ridicule de cet air précieux, ne faisaient que blanchira : La Comédie de Molière, qui exposait à la risée du public les Précieuses ridicules, les ramena au bon sens ; et les fit rentrer, malgré elles, dans leur naturel.

472. (1764) De l’Imitation théatrale ; essai tiré des dialogues de Platon : par M. J. J. Rousseau, de Genéve pp. -47

Borné par son art à ce seul objet, cet Artiste ne sçait faire que son Palais ou d’autres Palais semblables : mais il y en a de bien plus universels, qui font tout ce que peut exécuter au monde quelque ouvrier que ce soit, tout ce que produit la Nature, tout ce que peuvent faire de visible au ciel, sur la terre, aux enfers, les Dieux mêmes. […] La Grece & le Monde entier célebrent les bienfaits des grands hommes qui posséderent ces arts sublimes dont les préceptes vous coûtent si peu.

473. (1694) La conduite du vrai chrétien « ARTICLE V.  » pp. 415-435

« Vous mourrez comme des hommes », ajoute le Prophète parlant aux Juges, comme s’il disait, vous ne mourrez pas comme Juges, comme Pasteurs et Supérieurs des autres, mais comme hommes qui n’aurez aucune autorité non plus que le dernier des mortels, et qui serez traités avec toute sorte de mépris, de confusion et de peines, parce que la grandeur du châtiment se prendra de la grandeur des grâces que vous aurez reçues : le haut rang que vous tenez dans le monde ne vous exemptera ni de la mort, ni du jugement, ni des tourments qui sont préparés à ceux qui président, et qui ont abusé de leur autorité, comme font les Juges qui préfèrent la satisfaction d’un Tabarin, d’un Jodelet, et d’un faquin, à la gloire de Dieu, à l’honneur de son Eglise, et au salut des âmes qui sont le prix du Sang de Jésus-Christ : Pensez-y, Messieurs, il y va de vôtre éternité.

474. (1733) Theatrum sit ne, vel esse possit schola informandis moribus idonea « Theatrum sit ne, vel esse possit schola, informandis moribus idonea. Oratio,  » pp. -211

Elle peint de toute la vivacité de ses couleurs, la rudesse dans le commerce du monde, l’affectation dans le langage, la rusticité dans les manieres, la singularité dans les habits, l’indécence, l’impolitesse, la bizarrerie, le faux goût dans tout âge & dans tout état. […] Hé quel Spectateur ne croiroit, que par un enchantement subit les siécles, retrogradent, les intervalles des lieux se resserent ; & que par ce double charme il est transporté dans les climats & les temps où l’action representée sur la Scéne, s’est réellement jouée sur le Théatre du monde ; que dis-je ? […] Vous en sentez le mérite & l’usage pour le commerce du monde. […] Vous montez sur la Scéne comme sur un lieu élevé où vos talens peuvent se donner en spectacle, & d’où vôtre réputation peut voler d’un aile legere dans toutes les parties du monde sçavant & poli. […] Ces Poëtes conviendront, à la vérité, qu’ils ne sont pas des Censeurs fort rigides, mais ils nous diront qu’après tout, ce n’est pas à eux de réformer le monde : qu’il leur suffit de mettre tout leur soin à suivre les traces des Inventeurs de l’Opera, c’est-à-dire, à faire un Spectacle agréable de tout point : que leur Thêatre est un jardin public, où il n’est pas question d’arbres fruitiers ; mais d’allées riantes, de parterres semés de diverses fleurs, de jets d’eau variés en cent manieres, de bosquets qui rétentissent du chant des oiseaux, de statuës qui ayent de l’ame & de la vie ; de tout enfin ce qui peut contribuer à l’élégance du lieu & à l’agrément de la vûë.

475. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre premier.  » pp. 4-42

de vrais contes de vieille, dont on amuse de vieux enfants, & la plupart des spectateurs, des vieux enfants, qui rient d’un conte de vieille ; pour peu qu’on ait l’usage du monde, la conversation aisée, le tâlent plus mince, ou plutôt l’instinct des singes, de contrefaire les gens, l’art de coudre des conversations qu’on fait venir, comme on veut, les comédies naissent sous la plume & sous les levres. […] des piéces de théatre, & entr’autres la Calanda, piéce assez bonne pour le tems, qui lui avoit fait un nom dans le monde. […] Rome fut la maîtresse du monde, elle est aujourd’hui le centre du christianisme.

476. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre II. De l’Opéra-Sérieux. » pp. 184-251

L’Opéra-Sérieux est le plus ancien Spectacle du monde. […] Les Athèniens, jaloux d’imiter les Tragédies d’Egypte, qui consistaient en des chœurs de musique très nombreux, & en plusieurs troupes de Danseurs, établirent dans leur Ville de pareils Spectacles, environ l’an 320 du monde. […] Le monde naturel & fabuleux s’y découvrent à nos regards.

477. (1767) Essai sur les moyens de rendre la comédie utile aux mœurs « Essai sur les moyens de rendre la comédie utile aux mœurs — SECONDE PARTIE. Si les Comédies Françoises ont atteint le vrai but que se propose la Comédie. » pp. 34-56

Ce n’est donc pas tant le fond du vice qu’il nous faut attaquer, que ce qu’il a de choquant à l’extérieur par rapport à la Société ; ainsi qu’il y ait dans le monde, des avares, des fourbes, des menteurs, des médisans, des traîtres &c. peu nous importe ; pourvu que chacun soit tel à l’extérieur que la Société l’exige, tout ira bien.

478. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre VI. Des Actes ou des divisions nécessaires au Poème dramatique. » pp. 90-106

Qu’il échappe dans le monde une saillie, un bon mot, on les èxprime avec brièveté ; trop de paroles les rendraient diffus, & moins saillans.

479. (1664) Traité contre les danses et les comédies « LETTRE DE L’EVEQUE D’AGNANI, Pour la défense d’une Ordonnance Synodale, par laquelle il avait défendu de danser les jours des Fêtes. Au très Saint et très Bienheureux Père Paul V. Souverain Pontife. Antoine Evêque d’Agnani, éternelle félicite. » pp. 154-176

Mais il faut que les puissances séculières se joignent au zèle de l’Evêque ; car comme dit saint Isidore, celui qui est en autorité dans le monde n’a pas reçu ce pouvoir en vain.

480. (1825) Des comédiens et du clergé « Des comédiens et du clergé. — Du mandemant de Monseigneur l’Archeveque de Rouen. » pp. 379-401

On y voit des prêtres audacieux animés par un esprit de domination et altérés d’une soif inextinguible des richesses et des honneurs de ce bas monde, se livrer à tous les vices et se permettre des crimes en tout genre, qu’ils ne considéraient que comme des moyens nécessaires et légitimes, pour assurer le succès de leurs projets ambitieux.

481. (1722) Chocquet, Louis [article du Supplément au Dictionnaire Historique et Critique] « article » pp. 42-44

Agrippart Prens moy ce galland par le poing Et le me lye d’une corde Griffon Si je lui fais misericorde Beau Sire je veuil qu’on me tonde Agrippart Est il lye Griffon Est il lyeLe mieulx du monde.

482. (1823) Instruction sur les spectacles « Chapitre premier. Origine des Spectacles. » pp. 1-14

Comme tous les vers se faisaient alors sans étude et sans science, la noblesse ne dédaigna pas d’en faire ; tel qui, par le partage de sa famille, n’avait que la moitié ou le quart d’un vieux château, allait quelque temps courir le monde en rimant, et revenait acquérir le château.

483. (1754) Considerations sur l’art du théâtre. D*** à M. Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Geneve « Considérations sur l’art du Théâtre. » pp. 5-82

Si cela étoit à redouter, il faudroit supprimer presque tous les exemples dont l’histoire fourmille ; il faudroit interdire aux historiens toute description de caractere vicieux ; il faudroit retrancher des annales du monde, tous les portraits de ces fameux coupables qui se sont signalés par leurs erreurs, & ne rapporter que les faits qui peuvent entrer dans un panegirique. […] Pour affirmer que l’art Dramatique ne peut s’allier avec les mœurs, il faudroit avoir prouvé que la morale du Theatre est différente de celle du monde, ce que vous n’avez pas fait, ni pû faire. […] Cette vertu qui vous est si précieuse, que tout le monde aime, est commune aux deux sexes : il est dans le monde plus d’une Constance, & plus d’une Cenie.

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