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371. (1758) Lettre à Monsieur Rousseau sur l'effet moral des théâtres « Lettre à Monsieur Rousseau sur l'effet moral des théâtres, ou sur les moyens de purger les passions, employés par les Poètes dramatiques. » pp. 3-30

Vous savez mieux que moi, que non seulement de ce petit nombre d’hommes dépendent les calamités ou le bonheur du monde entier ; qu’au seul accent de leurs voix, la guerre obéissante, le flambeau de la discorde à la main, va parcourir la terre, joncher les campagnes de morts, couvrir la mer de voiles menaçantes, et teindre de sang les flots effrayés : qu’au son plus doux de ces mêmes voix, l’abondance, une couronne d’or sur la tête, va répandre ses richesses dans les climats les plus stériles, couvrir d’épis jaunissants des champs incultes et arides, changer de vastes déserts en de superbes cités, creuser des lacs, ouvrir des canaux, joindre les deux mers, combler les précipices, aplanir les montagnes, élever les eaux, animer le marbre, fondre les métaux, et faire naître enfin tous les arts. […] C’est une Reine qui donne au monde l’exemple de la fidélité conjugale : c’est une Reine qui meurt pour son époux abandonné par des amis ingrats, et de timides Sujets…. […] [NDA] Est-ce donc un mal que les femmes dominent au Théâtre comme dans le monde, si elles ne se servent de leur empire que pour ramener les hommes à la vertu ?

372. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre VI. Suites des diversites curieuses. » pp. 138-172

Mauvaise raison : le monde entier ne peut rendre innocent ce que Dieu condamne. […] En vain le monde lui donn-t-il des noms spécieux, en vain tâche-t-il de l’ennoblir par la pompe & l’appareil du spectacle, l’élevation des sentimens & l’art de la poësie ; en vain des Auteurs, par une autre foiblesse, prostituent-ils leur plume à son apologie. […] Un Héros libertin n’est pas moins damné qu’un autre ; il devroit dès ce monde être aussi méprisé. […] De Paris aux Antipodes, que fait-on de plus dans l’ancien & le nouveau monde, dans le siecle passé & dans le nôtre ? […] Tout ce monde étoit partagé en differentes bandes ; chaque bande avoit à sa tête deux habiles Danseurs & Chanteurs qui donnoient le branle ; toute l’atrention & l’habileté consistoient à les imiter ; & la beauté du spectacle si bien d’accord, que tous rendissent en même temps les mêmes figures, les mêmes gestes, les mêmes chants, les mêmes paroles, comme si ce n’étoti qu’une même personne.

373. (1731) Discours sur la comédie « SECOND DISCOURS » pp. 33-303

et comment un Chrétien peut-il les rechercher, sachant que Jésus-Christ a crucifié dans sa chair tous les vains plaisirs du monde. […] au même siècle, joignait à cet endroit de David la promesse que tous les Chrétiens ont fait de fuir les pompes du monde, dont les spectacles du Théâtre ne peuvent être exceptés. […] Premièrement, est-il de Comédie qui ne tende a exciter l’ambition, l’amour du monde, et la concupiscence de la chair ? […] Parmi les Auteurs de ce siècle qui ont travaillé à désabuser le monde sur ce point, S. […] La corruption du monde oblige quelquefois de tolérer des choses qui font gémir les Saints.

374. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — [Introduction] » pp. -1

Tout n’y est pas glorieux, à ceux qui dans le monde ont joué les plus grands rôles, ni même aux nations les plus illustres, qui paroissent sur la scéne.

375. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre second. — CHAPITRE IV.  » pp. 109-114

Les Bergers se sont fait dans le monde une brillante réputation ; l’on en est venu jusqu’à envier leur sort.

376. (1667) Lettre sur la Comédie de l'Imposteur « Avis » pp. -

Le texte est remanié, passe de 3 à 5 actes et change de titre pour Panulphe, ou l’imposteur (le personnage principal porte un vêtement d’homme du monde et non plus de dévot).

377. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « XXXIII. Passages de Saint Basile sur le sérieux de la vie chrétienne. » pp. 132-135

, et il ne faut pas s’imaginer qu’il ne parle que pour les moines ; puisqu’au contraire, et ses paroles et ses preuves et tout l’esprit de ses discours démontrent qu’il veut proposer les obligations communes du christianisme, comme étant d’autant plus celles des moines, qu’un moine n’est autre chose qu’un chrétien qui s’est retiré du monde pour accomplir tous les devoirs de la religion chrétienne.

378. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XVIII. Prétention des Comédiens au titre d’homme à talens, mal fondée. » pp. 19-44

C’est, cette habitude, si basse dans les Maîtres du monde, que les Romains, & toute la Terre depuis eux, ont reproché avec raison à l’Empereur Néron. […] Quand les usages, les loix & l’opinion générale ont proscrit les Comédiens ; quand d’un bout du monde à l’autre toutes les Nations leur prodiguent l’avilissement & le mépris, pourra-t’on croire encore qu’on appelle ces mêmes Peuples en témoignage en faveur des personnes de Théatre ?

379. (1762) Lettres historiques et critiques sur les spectacles, adressées à Mlle Clairon « Lettres sur les Spectacles à Mademoiselle Clairon. — LETTRE VIII. » pp. 131-157

Enfin, l’Evangile établit cette différence essentielle entre les Disciples de Jesus-Christ & les Partisans du monde : ceux-ci se rejouissent, & les Chrétiens vivent dans la tristesse ; pleurons, dit le même Pere2, tandis que les Payens se recréent, afin que nous ayons droit de nous rejouir, lorsqu’ils seront plongés dans la tristesse. […] Quel est donc le sujet de ce grand concours de monde !

380. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE VIII. Sentimens de S. Chrysostome. » pp. 181-192

Chrysostome a plus fortement & plus souvent que les autres tonné contre le théatre, parce qu’il a été plus à portée d’en voir les désordres a Antioche & à Constantinople, les deux villes du monde où ils ont le plus régné depuis que le Christianisme est monté sur le trône des Césars, malgré la piété des Empereurs & leur zèle à le réformer. […] là se trouve l’humilité de l’ame, l’exhortation à la sagesse, le mépris des vanités du monde ; la crainte, comme un précepteur qui instruit un enfant, nous forme à tous nos devoirs.

381. (1665) Lettre sur les observations d’une comédie du sieur Molière intitulée Le Festin de Pierre « [Lettre] » pp. 4-32

Vous voyez par là que je ne dois pas seulement défendre la pièce de Molière, mais encore le plus grand, le plus estimé et le plus religieux monarque du monde. […] Son adresse n’est pas moindre à faire le dénombrement de tous les vices du libertin, mais je ne crois pas avoir beaucoup de choses à y répondre, quand j’aurai dit, après le plus grand monarque du monde, qu’« il n’est pas récompensé ».

382. (1756) Lettres sur les spectacles vol. 2 «  HISTOIRE. DES OUVRAGES. POUR ET CONTRE. LES THÉATRES PUBLICS. —  HISTOIRE. DES OUVRAGES. Pour & contre les Théatres Publics. » pp. 101-566

de la Rochefoucault, un peu trop de dégoût du monde. […] Comment un discours qui blâme des plaisirs que le monde chérit, pourroit-il respirer le goût du monde » ? […] On s’accoutume par-là à bien faire, plus que par toutes les leçons du monde. […] Il suit le monde pour courir s’enfoncer dans le silence de la solitude. […] Mais ce ne sont plus les Ténebres qu’on cherche à Long-Champ ; c’est le monde qui va chercher le monde, comme l’eau va toujours chercher l’eau, pour augmenter son courant.

383. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE IV. De la Médisance. » pp. 80-99

Il avoue, & Marmontel aussi dans son apologie, que Moliere a fait la même faute, & que s’il revenoit au monde, il adouciroit les traits de son pinceau, respecteroit davantage l’honnêteté publique, & se conformeroit aux loix de bienséance qui distinguent notre siecle. […] Un nommé Thespis, apparemment le plus fou de tous & le plus entreprenant, ne voulant pas que le monde fût privé de cet utile & noble spectacle, s’avisa de faire un théatre ambulant dans un tombereau, de promener de village en village, & de porter dans Athènes ses pieces dramatiques : Dicitur & plaustris vexisse poemata Thesois. […] Thespis, qui alloit de village en village gagner un bouc, seroit bien étonné, s’il revenoit au monde, de voir les tombereaux devenus l’opéra & l’hôtel de la comédie, & lui-même Corneille & Baron.

384. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE VIII. Comédie du Tartuffe. » pp. 161-179

Le scandale du monde est ce qui fait l’offense, Et ce n’est point pécher que pécher en silence. […] C’est bien applanir la voie aux amans que de rendre les femmes si commodes, & que disent de plus dans le monde ceux qui se plaignent des résistances de la vertu ? […] Quand il auroit le Roi & tout ce monde dans l’anti-chambre, il ne pourroit manœuvrer plus diligemment.

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