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372. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Sixième Lettre. De madame Des Tianges. » pp. 40-72

Ainsi qu’un mauvais estomac change en poisons les mets les plus salubres, de même, les Spectacles ne sont pour plusieurs qu’une Ecole de persiflage, de fourberie, d’audace, d’indépendance & de volupté. […] Que sera ce, si elle laisse échapper, quoique sans intention mauvaise, quelqu’une de ces expressions dont le double sens prête à l’obscénité ? […] Il y a bien de la différence entre peindre aux yeux, comme on le fait dans nos plus mauvaises Comédies, un jeune fou, qu’une jeune folle aime en dépit d’un père ou d’un tuteur ; entre, les voir tout employer pour parvenir à leurs fins par des tromperies ; & aller soi-même s’occuper à leurrer une fille, fourber d’honnêtes parens, pour les forcer à légitimer par leur consentement une union tout-à-fait opposée à leurs vues.

373. (1764) De l’Imitation théatrale ; essai tiré des dialogues de Platon : par M. J. J. Rousseau, de Genéve pp. -47

La scène représente les hommes agissant volontairement ou par force, estimant leurs actions bonnes ou mauvaises, selon le bien ou le mal qu’ils pensent leur en revenir, & diversement affectés, à cause d’elles, de douleur ou de volupté. […] Ainsi se comportera l’homme judicieux & tempérant, en proie à la mauvaise fortune. Il tâchera de mettre à profit ses revers mêmes, comme un joueur prudent cherche à tirer parti d’un mauvais point que le hazard lui amene ; &, sans se lamenter comme un enfant qui tombe & pleure auprès de la pierre qui l’a frappé, il sçaura porter, s’il le faut, un fer salutaire à sa blessure, & la faire saigner pour la guérir.

374. (1607) Conviction véritable du récit fabuleux « letter » pp. 3-26

Je n’en peux point conjecturer ou savoir autre cause, que sa malignité propre, accompagnée d’un mauvais naturel, formé pour médire, et disposé à mal faire : ou bien je l’attribuerai à son éducation, car étant du nombre de ceux que le schisme a séparé de l’Église catholique, apostolique et romaine, l’on voit par expérience que telles gens haïssent à mort les jésuites, voire avant que jamais ils les aient vus. […] Que si représenter la sainte vérité est chose mauvaise, pourquoi est-ce que Dieu l’aurait commandé à ses prophètes ? […] [NDE] Le texte de Gaule est accompagné d’une approbation datée du 18 octobre 1607 par Robert Berthelot, suffragant de Lyon, qui atteste « n’y avoir rient trouvé qui ne soit conforme à notre sainte foi et religion catholique : ains être digne de lumière, à fin de faire connaître les mauvais artifices dont usent d’ordinaire les mal affectés à la vérité » (ibid.

375. (1759) Lettre de M. d'Alembert à M. J. J. Rousseau « Chapitre » pp. 63-156

Je ne me propose pas de répondre précisément à votre Lettre, mais de m’entretenir avec vous sur ce qui en fait le sujet, et de vous communiquer mes réflexions bonnes ou mauvaises ; il serait trop dangereux de lutter contre une plume telle que la vôtre, et je ne cherche point à écrire des choses brillantes, mais des choses vraies. […] Vous n’y voyez qu’un exemple continuel de libertinage, de perfidie et de mauvaises mœurs ; des femmes qui trompent leurs maris, des enfants qui volent leurs pères, d’honnêtes bourgeois dupés par des fripons de Cour. […] que l’avarice des pères produit la mauvaise conduite des enfants ; enfin dans toutes, cette vérité si utile, que les ridicules de la société y sont une source de désordres. […] Si quelques Comédies en petit nombre s’écartent de cet objet louable, et sont presque uniquement une école de mauvaises mœurs, on peut comparer leurs Auteurs à ces hérétiques, qui pour débiter le mensonge, ont abusé quelquefois de la chaire de vérité. […] Quelles mauvaises plaisanteries n’auraient-ils point faites ! 

376. (1762) Lettres historiques et critiques sur les spectacles, adressées à Mlle Clairon « Lettres sur les Spectacles à Mademoiselle Clairon. — LETTRE II. » pp. 18-28

Catherine de Médicis, mere de trois Rois, si célébre dans nos annales, soit qu’on l’envisage du bon ou du mauvais côté, ajouta les Spectacles aux divertissemens de la Cour ; elle fit venir d’Italie une troupe de Comédiens, sous le Régne d’Henri III.

377. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — [Introduction] » pp. 2-6

Ce vers n’est pas mauvais.

378. (1684) Epître sur la condemnation du théâtre pp. 3-8

Ses poètes rampants, et ses mauvais acteurs Rebutent, chaque jour, les doctes spectateurs.

379. (1695) Preface [Judith, tragedie] pp. -

Ils ignorent le talent d’inventer, ou en font un mauvais usage.

380. (1731) Discours sur la comédie « MANDEMENT DE MONSEIGNEUR L’EVEQUE DE NIMES, CONTRE LES SPECTACLES. » pp. 352-360

Mes très chers Frères, Nous voyons avec douleur depuis quelque temps, l’affection et l’empressement que vous avez pour les Spectacles, que nous avons si souvent déclarés contraires à l’esprit du Christianisme, pernicieux aux bonnes mœurs, et féconds en mauvais exemples, où sous prétexte de représentations et de musiques innocentes par elles-mêmes, on excite les passions les plus dangereuses, et par des récits profanes et des manières indécentes, on offense la vertu des uns, et l’on corrompt celle des autres.

381. (1675) Lettre CII « Lettre CII. Sur une critique de son écrit contre la Comédie » pp. 317-322

Car j’en ai vu qui en défendaient la citation, justement par la même raison dont d’autres se servaient pour la condamner, qui est que ces vers ont été ordinairement tournés en ridicule, comme représentant un orgueil bas et grossier, d’où les uns concluaient que cette citation était mauvaise et les autres qu’elle était bonne.

382. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre I.  » pp. 3-35

Marmontel, en qui la qualité d’historiographe de France suppose l’amour de la patrie, a-t-il pu se résoudre à lui rendre un si mauvais service ? […] Dans le premier il affecte de ressusciter une oncienne Epitre, soi-disant Héroïde, d’Heloise à Abailard, pour rappeler tout au long le portrait le plus licencieux & le plus scandaleux, d’une mauvaise Religieuse qui se livre en secret à sa passion, comme font tous les libertins, dans le goût de Melanie & d’Euphemie, libertines scandaleuses qu’on n’a habillées en Religieuses, que pour avoir occasion de décrier ce saint état. […] Sa morale n’est pas plus mauvaise ; il est moins licencieux, moins bouffon. […] Il attribue à Gregoire VII de mauvaises mœurs, quoiqu’il ait mené une vie sainte.

383. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre I. De la Pudeur. » pp. 4-35

Il est dit à l’homme : Quiconque jette les yeux sur une femme avec un mauvais dessein, a déjà commis le péché dans son cœur. […] Avant cette création on étoit inondé de mauvaises piéces, que d’insipides écrivains avoient l’audace de présenter sous le bon plaisir des actrices, sans avoir consulté des personnes judicieuses versées dans la science profonde du dramatique. […] Comme Narcisse, il excite lui-même de mauvaises pensées, des émotions de la volupté, des sentimens, des désirs du péché. […] Vous vous permettez de regarder des tableaux licentieux, de lire de mauvais livres, de chanter des chansons lascives ; quoique vous soyez sans témoins, la pudeur malheureusement exilée n’habite plus dans votre cœur.

384. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre VI. Anecdotes de Cour. » pp. 171-202

Bussi, qui l’en loue ; en fait perdre le mérite, par les raisons frivoles qu’il donne de cette défense, très-juste, parce que les jeunes gens ne savent pas jouer, ni se conduire dans les bonnes ou mauvaises fortunes, & que le jeu ôte le temps de faire sa cour & sa fortune. Les jeux de hasard ne sont donc pas mauvais & défendus par eux-mêmes : ce n’est que parce que ceux qui ne savent pas jouer y sont dupes. […] Mauvaise excuse. Doit-on donner au public un mauvais ouvrage ?

385. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Huitième Lettre. De la même. » pp. 100-232

On bannira de notre Théâtre ces actes d’impudence, c’est un mauvais Comique, que celui qui fait rire d’une mauvaise action. […] Je ne connais point de Tragédies qu’on doive rejetter : il n’y a de mauvaises que celles qui sont ou froides ou mal tissues : & le Public s’en fait justice lui-même, à mesure qu’elles paraissent. […] La simplicité noble sera toujours préférable au feu dérèglé : l’enthousiasme peut soutenir le mauvais Comédien, mais le parfait Imitateur ne s’y livre qu’avec sagesse, & suit toujours une idéalité sévère & réfléchie. […] Si l’on me demandait ce qui manque à notre Musique d’Opéra ; je dirais que c’est le naturel & l’expression : j’ai toujours remarqué que c’était à l’Acteur ou à l’Actrice que je devais mon émotion : si l’Acteur est mauvais, quoique sa voix soit belle, on ne sent rien. […] Le Public ne court-il pas en foule au petit Théâtre, où des Enfans [N] [N] jouent des idées de Pièces, & n’applaudit-il pas à leur mauvais jeu ; c’est qu’on tend toujours à encourager des talens naissans.

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