D’abord emportée par un zèle amer, j’aurais voulu anéantir Comédies, Opéras, Danses, Bals… Mais, ce premier mouvement calmé, j’ai vu qu’il était insensé de chercher à diminuer les plaisirs de la vie, parce qu’ils ont des abus ; j’ai trouvé qu’il y avait un moyen fort simple de conserver des amusemens aussi piquans, aussi louables, aussi utiles, que ceux que le Théâtre nous procure, sans nous exposer aux inconvéniens. […] Mais plus ce sens est actif, plus il a besoin de changer d’objet ; aussitôt qu’il a transmis à l’esprit l’image de ceux qui l’ont frappé, son activité le porté à en chercher de nouveaux, & s’il en trouve, il ne manque point de les saisir avidement. […] Un pareil dessein, s’il était exécuté, mettrait le comble au mal ; puisqu’un Peuple corrompu, au lieu des amusemens où les passions sont quelquefois chatouillées, excitées, réveillées, chercherait des divertissemens où il pût les assouvir. […] … Voila comme une foule de gens obscurs cherchent à souiller les talens qu’ils envient.
Tout bien cherché et recherché, je n’en ai pu apprendre aucune nouvelle, et de ton dire n’ai su tirer autre conclusion sinon que tu es un forgeron de foudre semblable au vieux cyclope des poètes. […] Et pour ce qu’il dit du bagage, qu’il cherche toutes les pièces qu’il suppose avoir été retenues, je lui promets que toutes lui seront rendues, et un testonbp de surcroît dessus chaque piècebq. […] Pour cech, si tu avais des yeux, pour autre effet que pour chercher des bourdes, tu verrais que nous les pouvons et devons imiter. […] [NDE] Charlaterie = charlatanerie (terme emprunté en 1572 : désigne l’action d’un vendeur ambulant qui cherche à vendre ses marchandises).
Par quelle bisarrerie l’homme qui ne souhaite que la joie, va-t’il chercher les objets qui l’attristent, plutôt que ceux qui le font rire ? […] Je l’ai lue, & j’y ai cherché inutilement ce que l’Auteur y pouvoit trouver de plaisant.
« Malheur à vous, dit-il, qui cherchez la joie et les ris » : « Va vobis qui ridetis. » Je ne voudrais que cette seule pensée pour arrêter un Chrétien, lorsqu’on lui propose une partie de comédie ou de bal. Je vais chercher la joie, et peut-être que dès lors ma place est marquée dans les Enfers.
Vn fameux Orateur du siecle passé s’escria vn jour sur le sujet des Eclogues de Virgile, Plevsta Diev qv’il evst ietté Tityre ov il vovloit qv’on iettast Ænée ; Et le plus celebre de nos derniers Poëtes m’a auoüé, qu’il auoit cherché trois jours entiers dans les Poëmes de Terence ce qui m’y plaisoit si fort, sans auoir pû le trouuer. […] Nos gens ont cherché de l’esclat & de la force où il ne failloit que de la clarté & de la douceur. […] Ils imitent mal, pour vouloir imiter trop éloquemment ; & quittent l’ordinaire & le bon, pour chercher le rare & le mauuais.
Si l’on me fesait voir une troupe de muets, & qu’on s’éfforçat de me persuader que je les entens parler ; je me moquerais de la tromperie qu’on chercherait à me faire.
Elle n’eut pas le temps d’attendre nôtre réponse sur ce qu’elle avança, on la vint chercher : mais elle nous prêta : l’occasion de vous prier un mot de réponse sur toutes ces difficultés : vous ferez une œuvre de charité, & vous obligerez, Monsieur, vôtre très-humble & trés-obéïssante Servante.
Deux entre autres partagés sur la République, dont l’un cherche à la renverser, l’autre à ménager ses intérêts, ont eu un démêlé très-vifs, & ont été au moment de tirer le sabre, pour un objet qui ne mérite gueres de les occuper. […] Mais vous ne cherchez qu’à tout le temps, vous n’avez en vue que vos amusemens & vos plaisirs. […] A force d’humbles supplications, de respectueuses requêtes, de larmes, de gémissemens, ils obtiennent que l’illustre Délégation chargée du démembrement des provinces, prenne en considération leurs besoins & forme une commission de rebus Jesuitarum, sur la maniere d’aliéner & d’employer leurs fonds, sur les enseignemens nationnaux, où après des détails & des débats infinis, comme en essuient en Pologne les affaires publiques, les nobles seigneurs dont la plupart se sont enrichis de leurs depouilles, répondent gracieusement, qu’on n’a pas , trouvé dans tous leurs biens dequoi leur fournir des pensions ; mais qu’on va chercher des moyens, au milieu des malheurs de la République épuisée, de fournir à leur subsistance : en attendant, vivez comme vous pourrez. […] On remarque que les deux chambres du Parlement sont ordinairement peu nombreuses ; parce que leurs membres les hommes les plus sages, les plus éclairés de la nation sont au spectacle ou en fête : & quand on veut en angmenter le nombre, les huissiers doivent courir les cafés, les berlans, les théatres, pour aller chercher ces grands politiques qui tiennent la balance de l’Europe, qui regnent sur la terre & sur l’onde, donnent des loix à l’Asie & à l’Amérique, & regnent souverainement sur la Religion & l’Etat.
Le galant Ovide dans l’art d’aimer conseille aux amans de profiter de ce mêlange pour chercher une maîtresse, ou pour lui parler librement. […] Qu’on cherche la piété au milieu des parures mondaines, elles en sont l’aneantissement. […] Qu’on cherche dans la journée d’une femme une minute pour l’étude, un coin dans la chambre pour mettre un livre sérieux, qu’on cherche sur-tout l’ombre de goût pour rien approfondir, ce n’est qu’à la faveur de la dorure, des estampes, des contes qu’un almanach, une comédie, un roman peuvent passer jusqu’à elles, & arracher à la toilette un moment d’audience ; la parure & la galanterie n’ont point de rivaux à craindre dans leur cœur. […] Trop heureuses quand elles savent se moderer, & ne pas aller au théatre en entretenir le goût, & chercher les modeles ! […] Il attire des amans à la femme, il fait chercher des maîtresses au mari.
Les Polonois n’ont jamais élu des Reines, & celle-ci n’avoit ni argent ni crédit pour acheter les suffrages, & encore moins le mérite qu’on exige pour les accorder, pouvoit-on penser que cette nation iroit chercher pour la gouverner une aventurière, une libertine, une fugitive qni n’avoit pas su gouverner ni même conserver un Royaume héréditaire où elle régnoit depuis vingt ans. […] Ce regret fait peu d’honneur à sa vertu, & même à son esprit ; les loix de l’honnéteté & de la décence étoient respectées des Payens même, elle dût aisément s’en consoler : le reste du joug qu’elle conserva étoit peu gênant ; dès qu’elle fut arrivée à un petit ruisseau qui sépare la Suède du Dannemarck ; elle quitta ses habits de femme, & en prit d’homme, sous lesquels elle courut le monde ; elle renvoya toutes ses femmes qui en furent très-choquées, & revenant à Stocholm ne publioient rien moins que les éloges de sa vertu ; elle ne garda à son service que quelques hommes avec lesquels comme Don Quichote, avec Sancho-Pansa, elle alla chercher des avenures. […] Autre trait singulier : lorsque par jalousie elle fit assassiner Monal Deschi, elle envoya chercher un Religieux pour le confesser, & lui accorda une heure pour faire sa confession. […] Bien loin de faire chercher & d’introduire dans son Royaume un ouvrage si pernicieux qu’on n’osoit montrer, un Roi vraiment Chrétien l’auroit empêché d’entrer dans ses États, & s’il y avoit pénétré malgré lui, le Prince l’auroit proscrit & fait brûler. Christine pensoit différemment, en ayant entendu parler, elle brûle d’envie de le lire, le fait chercher par-tout, en fait faire des copies, le dépose comme un trésor dans sa Bibliothèque.
Que s’il veut une Rime, elle vient le chercher Qu’au bout du Vers jamais on ne le voit broncher Et sans qu’un long détour l’arrête ou l’embarrasse A peine a-t-il parlé qu’elle-même s’y place. […] Si Tertullien a eu raison de soutenir que le Théâtre est la Seigneurie ou le Royaume du Diable, je ne vois pas ce qui nous peut obliger pour chercher le reméde à notre hypocrisie & à nos fausses dévotions d’aller consulter Beelzebut, tandis que nous aurons des Prophetes en Israël.
L’Auteur de l’Ouvrage que je publie, plus sévère que Riccoboni, voit le Théâtre des mêmes yeux que le célèbre & vertueux Citoyen de Genève : mais loin de chercher, comme J. […] Beaucoup d’honnêtes-gens qui vont à pied, & qui n’ont qu’un jour ou deux dans la semaine dont ils peuvent disperser pour le Spectacle, trouveraient un avantage sensible dans le rapprochement des trois Théâtres : il en coûte peu à chacun de se rendre de bonne-heure dans un quartier déterminé, à quelque distance qu’il soit ; mais lorsqu’on y est parvenu, si la Salle est déjà remplie, il devient pénible & décourageant d’être obligé de chercher son pis-aller à une lieue, au risque de perdre encore ses pas, ou tout-au-moins d’arriver très-fatigué, pour rester trois heures debout au Parterre.
Comme nous cherchons tous deux la vérité, si le bon droit n’est pas de mon côté, j’aurai du moins la gloire d’avoir fait quelques vains efforts contre le premier athlète de mon siècle en satires et en raisonnements justes et solides. Regardez, Monsieur, mes objections comme les doutes d’un homme, qui cherche à s’instruire, et qui sait que vous aimez qu’on se défende, afin de vous faire mieux goûter le plaisir de la victoire.
Au théatre le crime est certain, il est avéré, il forme le nœud de la piece, & le Poëte cherche à le faire excuser.
A Monseigneur de Nemours Stances Esprits animés de l’envie De revivre après votre vie, Si par un soin ambitieux, Craignant que votre nom ne tombe En silence dessous la tombe Vous cherchez la cause des Cieux.
Il n’est point ici question de galanterie : que Monsieur réponde selon son cœur, il sait que je ne cherche qu’à m’instruire. […] je n’ignore pas que les hommes de cette classe, loin de chercher à tuer le temps, voudraient le doubler, & sauraient en remplir utilement l’étendue. […] Le Père-de-famille, au desespoir, cherche à se consoler en jettant un coup-d’œil sur ses génisses bondissantes, sur ses agneaux que couvre une riche toison. […] Les Romains, lorsqu’ils eurent une communication ouverte avec la Grèce, furent épris des beaux Arts qu’ils y virent règner, & cherchèrent à les introduire chez eux. […] ne voit-on pas que faire contraster le goût, les amusemens, les plaisirs d’un Peuple avec sa Religion & ses Loix, c’est chercher à détruire ces dernières ?
Qu’ai-je donc besoin d’aller chercher des fictions ? […] Houdart de la Motte, dans son Ode sur la fuite de soi-même, cherche un homme, comme Diogene en cherchoit un. […] & les voit-on en petit nombre, qui cherchent dans la Scene toute autre chose que la Scene même ? […] Que vont-ils chercher tous au Théatre ? […] J’en conviens ; mais ces préjugés étant universels, il en faut chercher une cause universelle.
C’est chercher le plagiaire au milieu de l’invention. […] Compagne du péril qu’il vous falloit chercher, Moi-même devant vous j’aurois voulu marcher ; Et Phedre au labyrinthe avec vous descendue, Se seroit avec vous retrouvée ou perdue. […] Otez la diversité du langage & celle des habits ; supposez une langue universelle ; la différence que nous cherchons disparoîtra ; les mots s’évanouiront, il ne restera que la nature ; & l’on appercevra dans tous les cœurs l’uniformité des caractères dont elle se sert pour y graver ses penchans & ses passions. […] Ne cherchons la source de ses regrets que dans l’abus qu’il a fait d’une passion qu’on ne doit employer sur le Théatre qu’avec des précautions extrêmes, & qu’il faut rendre odieuse ou redoutable, hors les cas très-rares où elle peut être avouée par l’honneur & par la vertu. […] Dégoûté des sources mensongères de la Fable, & des récits souvent fabuleux de l’Histoire Profane, il a cherché ses sujets dans le sein de la vérité même.
il semble que je suis… Hé-bien oui, le jour où mon amant me verra chercher à l’ennivrer d’amour ; où il compte me parler chez ma Rivale… Mais il ne m’y parlera pas, vous pouvez croire.
Et le prophète Amos : Malheur à vous qui cherchez les viandes exquises et délicates, les vins délicieux ou les chansons mondaines, la pompe des habits et les démarches étudiées et fastueuses5 !
Cette sorte de délassement n’est ordinairement recherché que par les personnes désœuvrées, qui n’ont aucun besoin de recréation, n’étant épuisées par aucun travail ni de corps ni d’esprit, qui ne cherchent dans l’Amphithéâtre qu’un changement de plaisir, un moyen de passer le tems ; elles consument en ce vain exercice un tems précieux, dit Saint Jean Chrysostome1, mais dont leur vie frivole est toujours fort embarrassée. […] Ce ne sont pas des fables qu’ils contiennent, la vérité s’y rencontre toute pure ; ce ne sont pas des strophes brillantes, où l’on ne cherche qu’à plaire à l’esprit ; c’est votre cœur que l’on prétend charmer. […] Fermez l’oreille à ces imposteurs qui vous annoncent la paix où elle ne se rencontre pas : cherchez-la plutôt dans la doctrine des Saints ; la sécheresse du stile ne doit pas vous rebuter, sous cette écorce désagréable vous trouverez une onction parfaite, & la douceur du miel cachée sous des feuilles d’Absinthe.
Incapable de s’appliquer à rien, de rien approfondir, voltigeant d’image en image, de folie en folie ; on ne cherche qu’à s’amuser, comme si la vie n’étoit qu’une comédie ; l’étude des sciences, la pratique de la vertu n’étoit qu’un jeu. […] Au milieu de ces estampes, vainement, comme Diogéne, la lanterne à la main, chercheriez-vous un homme sçavant & vertueux : les profondes connoissances, les sublimes vertus de ces Iconomanes, se bornent à l’adresse d’un danseur de corde, aux attitudes d’une pantomime, à la diablerie de Calot. […] Dans la parure mondaine & dans les nudités, personne n’ira révérer une sainte, admirer un Apôtre ; & dans la pudeur, la simplicité, qui devineroit la Déesse de Cythère : autant que l’une cherche à plaire ou plutôt à séduire, autant l’autre craint pour elle-même & pour les autres, les moindres occasions de péché.
La discipline sur ce point a été toujours uniforme : Les Canons ont été sans cesse renouvelés ; et si les gens du monde passionnés pour les spectacles cherchent des Approbateurs, qu’ils se souviennent de ce qu’a dit saint Paul 2 Timoth[ée] 4. 5. […] Certainement il s’en pourrait trouver parmi eux qui mènent une vie laborieuse et appliquée, à qui quelques heures de divertissement dans la semaine conviendraient peut-être bien mieux qu’à la plupart des gens du monde, qui ne se lassent qu’à force d’être oisifs ; et par conséquent si la Comédie était un divertissement fort innocent et fort honnête, les Ecclésiastiques tels que ceux dont je viens de parler qui iraient se délasser une fois la Semaine à la Comédie, seraient peut-être bien plus excusables que ne le sont les gens du monde, et surtout la plupart des femmes, qui ne s’appliquant jamais sérieusement, cherchent mal à propos à se divertir. […] Ce feu toujours couvert d’une trompeuse cendre, S’allume au moindre souffle et cherche à se répandre.
Il est naturel & sincère dans son style comme dans sa morale ; il cherche plus à persuader ses Lecteurs, qu’à les charmer. […] Mais ce n’est pas à mauvaise intention qu’on va aux Spectacles : on n’y cherche qu’une honnête récréation.
Il est naturel & sincère dans son style comme dans la morale ; il cherche plus à persuader ses Lecteurs, qu’à les charmer. […] Mais ce n’est pas à mauvaise intention qu’on va aux Spectacles : on n’y cherche qu’une honnête récréation.
Comme la malignité a trop de charmes, on chercha à éluder la loi. […] « Le luxe, dit Mézerai, qui cherchait partout des divertissements, appela du fond de l’Italie une bande de comédiens dont les pièces, toutes d’intrigues, d’amourettes et d’inventions agréables pour exciter et chatouiller les douces passions, étaient de pernicieuses leçons d’impudicité.
Si cette Brochure est bien traitée, le Public judicieux à qui seul je cherche à plaire, & dont je chéris les suffrages, ne me ravira pas le légitime salaire que mes travaux méritent : s’il la trouve faible, je le conjure de m’honorer de ses conseils.
Il cherchoit, continue-t-il, quelque piége où il prît, & où il fût pris : & il trouvoit ennuyeuse & insuportable une vie où il n’y eût point de ces lacets ; VIAM SINE MUSCIPULA.
Imagine avec quelle surprise, mêlée de joie, j’ai vu, en achevant de lire, que monsieur D’Alzan est un honnête-homme, qu’un goût passager a surpris ; qui se l’avoue, reconnaît ses torts, & cherche à intéresser à son retour vers toi jusqu’à la vanité de celle qui lui a trop plu… Elle veut s’immoler… Elle n’est donc pas… Tu as oublié de me la nommer : mais je la crois une Actrice.
Au reste qu’il cherche du gain et du profit de son art autant qu’il voudra.
C’est moins pour l’appuyer que pour répondre à vos objections, que je vais citer des exemples ; je ne les chercherai pas loin. […] Un homme qui tente un grand crime n’est pas regardé comme un grand homme, ou bien il faudroit chercher un autre terme pour désigner un homme qui forme une entreprise grande & juste. […] Je cherche envain quelle autre impression il peut faire sur nous, & je ne vois que celle que produit tout homme qui s’aime plus que les autres. […] Vous reprochez à notre Theatre d’avoir cherché à donner plus d’énergie au sentiment de l’amour, pour substituer aux situations prises dans les intérêts de l’Etat qu’on ne connoît plus. […] Pour n’être point accusé de chercher mes avantages, je choisis un exemple, non chez les nations barbares, mais dans le sein de la Grece, chez un Peuple dont le fanatisme des zélateurs de l’antiquité fait son idole.
Et puisque la vertu cherche le jour, et désire d’être vue ; serions-nous méprisables d’étaler notre marchandise devant ceux qui n’en sauraient tirer que tout honneur et profit, et nous la louange de les servir, et nous évertuer de rappeler l’antiquité, imitant les plus capables d’entre les Grecs et les Romains ; comme un Euripide, un Néviusd, et dix mille autres qui charmaient les oreilles des spectateurs, par la naïve représentation de leurs comédies, trop plus agréables que les grands jeux Olympiques et Romains, où les plus ignorants pouvaient mériter le prix d’une insigne victoire.
Car comme je l’ai remarqué dans un autre endroit, on cherche par là à nourrir et à fortifier l’orgueil, et par consequent on envenime un mal qu’on ne devroit penser qu’à guerir.
Sans chercher une époque plus éloignée, tout le monde sait que, depuis l’Empire des Perses jusqu’aux derniers temps de l’Empire Romain, et dans les premiers siècles du Christianisme, la profession de Danseuse et de Chanteuse n’était exercée que par des filles de mauvaises mœurs : aussi voit-on que les Chanteuses et les Danseuses étaient au même rang que les Courtisanes.
Qui cherche la parure est privé de génie, Il peut faire de vers mais non de poésie ; Qui cherche la parure est privé de beauté N’étale que la vanité. […] On ne cherche tant d’inspirer l’amour, que pour satisfaire sa propre passion ; pour entretenir la blancheur, la fraîcheur, l’éclat de son teint ; cette Princesse voluptueuse se baignoit tous les jours dans du lait d’ânesse, & pour n’en point manquer, elle nourrissoit cinquante ânesses, qui la suivoient dans tout ses voyages ; elle les mena dans son exil, c’étoit la partie la plus chere de sa famille ; elle ne paroissoit que rarement en public, & toujours à demi voilée, ne laissant voir que le bas de son visage, & avec un voile fort transparent, afin de ne pas diminuer la réputation de sa beauté, en la prodiguant, mais plutôt l’augmenter, en donnant carriere à l’imagination, en faisant juger par ce qu’on voyoit à travers la gaze, que ce qu’on ne voyoit pas étoit encore plus admirable : Ne satiares aspectum , dit Tacite, ne soyons point dupes des apparences, dans cet art recherché, de se cacher ou de se découvrir à propos ; dans ce choix réfléchi de linge & d’étoffe transparante, dont le théatre donne tant de leçons ; il y a plus d’artifice que de modestie, on cherche plus à irriter la passion, par ces demi-confidences, qu’à lui en soustraire l’objet par une véritable pudeur.
La plainte pleine de blasphêmes contre la Providence, sur ce qu’après un mariage secret, que son honneur, & la volonté de sa famille ont rendu nécessaire ; arrive la mutilation de son mari, qu’on traite du plus grand des malheurs, du plus cruel assassinat ; exclamation qui décéle honteusement ce que l’on cherche dans l’amour ; se peut-il que Dieu qui a toléré avec indifférence, nos plaisirs, avant le mariage, les empêche après que le Sacrement les a permis, & fasse subir à un mari, des châtimens qui ne sont dus qu’à l’adultere ? […] Saint Charles ressentoit une très-grande douleur de cette solemnité diabolique du carnaval, & cherchoit continuellement les moyens de l’exterminer. […] C’est à-dire, des Saints qui ont vécu renfermés, rapporte, d’après quelques auteurs qu’il cite, que de deux comédiens fort unis d’amitié, l’un se convertit, & sans rien dire, alla s’enfermer dans une caverne, pour y faire pénitence ; son compagnon inconsolable, le chercha de tout côté, & enfin l’ayant trouvé, après plusieurs jours de sollicitation, le détermina à quitter sa prison, & à revenir dans le monde ; celui ci lui dit en chemin, qu’il avoit laissé dans un coin de la caverne, une somme d’argent, ramassée des aumônes qu’on lui avoit faites, je vais la chercher, dit le premier, & retourna dans la caverne ; son compagnon le suivit, & l’enferma, lui déclarant qu’il n’en sortiroit plus, qu’il faloit se résoudre à faire pénitence comme lui, puisqu’il n’étoit pas moins coupable ; il se passa plusieurs jours pendant lesquels il lui portoit à manger, sans pouvoir l’y déterminer.
Dans la suite, la fierté de sa grandeur prétendit que sa vassale vint le chercher dans son château ; les habitans s’y soumirent : la Rosiere avec son cortége alla lui rendre hommage, il daigna la recevoir dans ses appartemens, & lui faire la grace de la conduire. […] Il avoit si peu de prétention aux illutrations seigneuriales, qu’il gardoit les troupeaux de son pere, emploi qui n’avoit rien de bas, ni chez les Romains, qui alloient chercher les Consuls à la charme, ni chez les Francs, conquérans du pays, où on ne connoissoit d’autre distinction que le grade militaire, & qui n’en souffroient aucune dans le pays conquis que la liberté & l’esclavage. […] Tous goûtent les douceurs de la propriété ; chacun d’eux attache à la portion de terre qui lui appartient, la cultive en paix ; & le cultivateur, content de son sort, ne cherche point à perdre avec la raison le souvenir de ses peines. […] Pourquoi aller chercher un village & un saint Evêque, qu’on défigure & qu’on profâne, & faire parler des paysans comme des gens de cour ?
Il n’y a que la laideur, l’infirmité, la vieillesse, qui par une triste nécessité puissent garantir une fidélité involontaire ; mais à même temps elles font pour l’autre partie une nécessité bien excusable de chercher ailleurs ce qu’on ne peut trouver chez soi. […] Il faut aller au bout du monde le chercher. […] Les Lucindes & les Julies sont moins rares, on ne va point les chercher au-delà des mers, on en trouve par-tout. […] Mais si vous êtes assez bourru pour ne pas aimer ce ton d’élégance, éloignez-vous, éloignez-la du théatre, & gardez-vous d’aller jamais y chercher votre moitié.
Jamais serrail ne fut mieux pourvu, en voilà de tous côtés, toujours prêtes à payer l’encens de leurs adorateurs, & qui ne cherchent qu’à leur plaire. […] J’ai vu ce jeune homme au spectacle, je vais au-devant de lui avec la parure d’une Actrice, occurrit ei ornatu meretricio, femme volage, babillarde, inquiette, qui ne peut se tenir sur ses pieds : Venez, je vous cherche, je vous prépare mille délices, je suis toute parfumée d’ambre & de bergamote, ma chambre est délicieusement meublée, mon lit est jonché de fleurs, je suis libre & seule chez moi : Intenui lectulum meum, sttravi tapedibus. […] Grigri, petit Roman de Cahusac., où parmi bien des indécences, on trouve de jolis portraits, des traits ingénieux, & des vérités, parlant de l’amour de théatre, prouve dans un chapitre exprès, qu’au spectacle il n’y a ni ne peut jamais y avoir un véritable amour, mais galanterie & débauche. 1.° On n’y cherche qu’à plaire, ce qui émousse le sentiment. 2.° On n’y étale que de la volupté, ce qui la partage, & l’effet de la volupté est plus rapide. 3.° On y offre le plaisir trop rapide, ce qui l’anéantit ; la pente naturelle y mène, & la passion satisfaite, le sentiment est éteint. 4.° On en éloigne le sentiment, en montrant le sexe méprisable par mille défauts & ridicules, on l’estime moins, comment aimeroit-on ? […] Les jeunes hommes élevés de même en petits-maîtres, ne connoissent, ne cherchent que l’écorce du plaisir : aucun engagement solide formé par le rapport d’humeur & l’estime mutuelle, la vie se passe à lorgner, médire, se brouiller, se raccommoder, jouer le bonheur, &c.
Les Théâtres, depuis ceux du premier ordre jusqu’aux tréteaux de la foire, (C’est ainsi que s’appelaient, il y a quarante ans, les entreprises Nicolet, Audinot et Sallé, privilégiésb, obligés d’avoir spectacle aux enclos, connus sous les noms d’Abbaye Saint-Germain, des Foires Saint-Laurent et Saint-Ovide.) ne sauraient être trop censurés, tant les actions dramatiques, qu’on y représente chaque jour, ont d’influence sur toutes les classes et particulièrement sur la plus nombreuse, qui vient y chercher le délassement de ses travaux, plaisir toujours moins coûteux que ces orgies, qui laissent après elles des suites fâcheuses, mais qui n’est pas non plus sans danger pour tous les âges, et surtout pour les esprits faciles à s’ouvrir aux pernicieuses impressions d’une morale, parfois voisine de la dépravation. […] Je cherche sur les murs du bureau des déclarations si une officieuse affiche ne m’indiquerait point dans le voisinage un modeste restaurateur ; jugez de mon étonnement en apercevant, entre une récompense honnête et une consultation… dont la nature ne revient pas à ma mémoire, mais je crois bien qu’il ne s’agissait point du droit, encore une affiche de spectacle ! […] c’est encore une manie du siècle, frappe ma vue ; parbleu, me dis-je, voilà de quoi faire venir l’eau à la bouche d’un gastronome qui cherche l’appétit, à plus forte raison d’un homme pour qui tout est bon, car il n’est, comme on dit : chair que d’appétit. […] Je cherchai en vain ce qui pouvait justifier ce titre pompeux !
Les Grecs cherchèrent à embellir ce genre naissant, selon leur coutume de tout perfectionner. […] L’image de la simple Nature ne sçaurait arrêter des esprits aussi vifs, aussi frivoles que les nôtres ; on est contraint de chercher à embellir cette image qui doit être si naïve, afin de la faire paraître plus agréable : mais alors nous nous écrions, que ce n’est point là le tableau des mœurs rustiques des Villageois.
Parce qu’ils ne cherchent pas à corrompre la fille du pauvre dès qu’elle leur paraît avoir quelque beauté ? […] L’Opéra-comique en Vaudevilles est plus naturel que la Comédie-Ariette : l’heureux choix d’airs connus, presque proverbiaux, répand sur ces Pièces une naïveté qu’on chercherait en vain dans celles du nouveau genre.
Siat vous ne changez les opinions erronées que vous avez conçues de nous et de notre profession, je croirai que votre malicieuse ignorance a de beaucoup surpassé la pieuse science des gens de bien que j’ai allégués en notre défense, en la créance desquelsau je me résoudraiav de continuer cette profession pour y chercher ma perfection, tenant mes labeurs bien employés et mes travaux mieux salariés que je n’oserais espérer, pourvu que le contentement de vos esprits, illustres spectateurs, suive d’aussi près mes souhaits que mon désir suit la recherche de votre bienveillanceaw. […] [NDE] La captatio benevolentiae est un peu embarrassée : pourvu que votre plaisir corresponde aussi étroitement à mes souhaits que je cherche ardemment à obtenir votre bienveillance.
Ainsi l’esprit de superstition causa la déroute des armées ; et celui de lamentation fit qu’on se contenta de pleurer les grands malheurs, quand il fallait y chercher quelque remède. […] Nous voulons un amour quelquefois naïf, quelquefois tendre, quelquefois douloureux ; sans prendre garde à ce qui désire de la naïveté, de la tendresse, de la douleur : et cela vient de ce que voulant partout de l’amour, nous cherchons de la diversité dans les manières, n’en mettant presque jamais dans les passions.
Pour les Sacrifices, il y avait longtemps, et même plusieurs Siècles qu’on les avait séparés de la Comédie : Les Prêtres n’y étaient plus appellés ; les Spectacles n’étaient plus des assemblées de Religion qui eussent demandé qu’on y fût venu dans un esprit de piété ; mais des assemblées de divertissement où chacun ne cherchait que la joie. […] Ce n’est point à nous à passer le temps dans les ris, dans les divertissements et dans les délices ; cela n’est bon que pour des Comédiens et des Comédiennes, et particulièrement pour ces flatteurs qui cherchent les bonnes tables. […] Hé bien le voila qui a renoncé au Cirque, au Théâtre, à l’Amphithéâtre : Qu’il cherche parmi nous quelqu’autre chose à regarder, nous le lui permettons ; car notre dessein n’est pas de le laisser sans Spectacle. […] Et dans le corps de l’Article il s’explique en disant : En cela il faut prendre garde à trois choses, dont la première et la principale, est de ne point chercher le divertissement dans aucunes actions ni aucunes paroles sales, ou capables de nuire. […] Saint Paul nous apprend que la charité cherche l’utilité des autres aux dépens de ses propres intérêts : les Comédiens cherchent leur intérêt temporel aux dépens du salut éternel de leurs frères.
Les Théologiens ne valent pas mieux que les Prélats ; ils parlent par passion, & ne cherchent qu’à entretenir le courroux de l’Eglise. […] Tous les objets réveillent les passions ; il faut donc chercher des objets exquis, les embellir, les assaisonner pour les rendre plus séduisans, en réunir un grand nombre pour attaquer plus sûrement le cœur. […] Si ce n’est pas le seul endroit, c’est du moins celui où l’on en trouve le plus & les plus dangereuses, où on apprend à en chercher. 2. excuse.
Les Protestants ne vont donc pas plus que les Catholiques chercher leurs Prédicateurs au théâtre. […] Vains scrupules, qu’une morale outrée voudrait inspirer contre les spectacles ; laissons aux Jansénistes des déclamations qu’ils n’adoptent que pour chercher querelle à la Société. […] Sans doute : aussi ne doivent-ils pas y venir, et par ces sages règlements a-t-on cherché à les en exclure.
tout le monde ne cherche-t-il pas la joie ? […] vous chercher le théâtre, vous le remplissez, vous y faites plus de folies que jamais. […] Que d’abondantes richesses fournissent à nos profusions, en nous mettant en état d’opprimer les pauvres et les faire servir à notre faste ; que le peuple applaudisse, non aux Magistrats qui cherchent ses intérêts, mais à ceux qui font de la dépense, et lui donnent des fêtes.
Richelieu leur eût cherché quelque querelle, mais Mazarin n’était pas jaloux de gloire, il n’était curieux que d’argent. […] Elles nuisent plutôt, en aigrissant les esprits des Princes joués, qui ne manquent guère d’en être instruits, et qui souvent assez faibles pour y être sensibles, cherchent à s’en venger. […] On aura beau chercher dans les descriptions de Rome et d’Italie, les plus détaillées, même les plus malignes, comme le Voyage de Misson, on ne trouvera de théâtre papal que dans la tête de Boursault.
Peut-être a-t-il pensé que le fils d’un Pêcheur, élevé par son courage aux premiers emplois de l’Etat, instruit par le malheur à chérir l’humanité, exercé dans son obscurité aux vertus paisibles, et plus satisfait de mériter une couronne, que de la porter, était un personnage plus digne de charmer un Philosophe, que d’occuper un grand Poète : et pour m’expliquer enfin sur ce sujet, sans ambiguïté, ou Corneille n’osant déplaire aux Grands, a pris le parti de les flatter ; ou il n’a pas jugé que ses contemporains fussent assez avancés pour préférer le beau naturel au gigantesque, et la vérité aux fictions : j’abandonnerai donc cette production imparfaite, et avant de chercher de nouveaux exemples qui confirment mon opinion, je vais prévenir vos objections (autant qu’il sera en moi) et combattre les principes que vous avez quelquefois supposés, plutôt qu’établis. […] Si l’amour de l’honnête et du beau n’était pas en nous, l’Auteur ne l’y porterait pas : mais c’est parce qu’il y est, que les Poètes dramatiques vont l’y chercher, et qu’ils l’augmentent. […] Monsieur, était-ce à vous de chercher à dégrader un art si noble, un art pernicieux peut-être à Genève, mais utile et même nécessaire parmi nous ?
ON n’iroit pas chercher dans le Journal d’Agriculture (Avril 1768) un Mémoire du Sr. […] Les actrices iroient y étudier ces antiquités, chercher des graces, y apprendre le costume ; on y trouveroit des modeles de masques pour le bal ; & comme plusieurs modes n’ont été imaginées que pour cacher les défauts, ce magasin donneroit des mouches pour les boutons, du rouge pour la pâleur, des falbalas, des paniers pour, &c. […] La balance du commerce des modes, qui panche du côté de la France, inclineroit de notre côté ; l’anglomanie qui vient chez nous chercher la religion & les sciences, y viendroit chercher les modes, & attireroit bien des voyageurs. […] Il est vrai que ne trouvant pas ou n’osant prendre dans l’Histoire de France des sujets qui ouvrissent à sa verve une carriere aussi libre, il est allé en chercher dans l’Histoire Romaine, où il ne couroit aucun risque.
Dans la septiéme année, depuis que Joas arraché au couteau d’Athalie, étoit élevé dans le Temple, le Grand-Prêtre envoya chercher cinq Officiers commandans chacun cent hommes, leur fit reconnoître Joas, & les ayant engagés par secret au serment, les envoya dans tout le Pays donner ordre aux Levites, & aux Principaux de Juda, de se rendre à Jérusalem à un jour marqué. […] Il ne paroît sur le Théâtre que parce qu’Athalie l’envoye chercher, & il n’y revient qu’envoyé par Athalie. […] Il faut donc chercher ce qu’il a voulu dire. […] Si-tôt qu’elle entre sur la Scene, elle tombe dans un siége en demandant Cette paix qu’elle cherche, & qui la fuit toujours. […] L’habile Musicien quand il met des paroles en chant, cherche les tons que prendroit un habile Déclamateur, & y ajoute ses Modulations.
Je pourrais étendre davantage ce parallèle ; mais en voilà bien assez pour en prouver la justesse, & pour égayer mon Lecteur, que j’ai cherché à distraire un instant.
Mais comme il est inouï de dire que l’on attaque une personne à cause qu’elle a du mérite, et que l’on cherche toujours des prétextes spécieux pour tâcher de l’affaiblir, voyons de quoi s’est servi l’auteur de ces Observations. […] Comme on ne chercherait point à vous nuire, l’esprit de vengeance ne ferait point trouver dans vos ouvrages des choses qui n’y sont pas, et vos ennemis, par une adresse malicieuse, ne feraient point passer des ombres pour des choses réelles et ne s’attacheraient pas à l’apparence du mal plus fortement que la véritable dévotion ne voudrait que l’on fît au mal même.
Mais je veux qu’à vous seule il cherche enfin à plaire ; De cette passion que faut-il qu’il espère ? […] J’avais cherché à me convaincre moi-même, qu’on peut rendre instructive une passion aussi criminelle que celle de Phèdre ; la critique juste et solide d’un de mes amis m’a éclairé et m’a fait revenir à mon premier sentiment, qui était de croire cette Pièce insoutenable sur le nouveau Théâtre ; surtout quand je donne l’exclusion à des Tragédies qui, en comparaison de celle de Phedre, mériteraient presque d’être placées parmi celles que je conserve.
Mais qu'un Prêtre et un Religieux, à qui tout l'interdit, qu'un Corps de Religieux et de Prêtres, que tout en éloigne, se fasse une affaire sérieuse, un devoir, une gloire, de composer des traités de l'art dramatique, et des pièces de théâtre, et d'en faire représenter de tous côtés avec le plus grand éclat, c'est ce que le Collège apostolique n'a jamais cru être sa vocation ; et à prendre l'Evangile pour guide, personne ne s'aviserait de chercher des Comédiens dans la Compagnie de Jésus. […] Répandus ensuite dans le monde, ils y apporteront leurs idées et leurs goûts, et chercheront à se satisfaire. […] L'esprit du monde se serait-il assez glissé dans une Compagnie où régnèrent toujours les bonnes mœurs, pour vouloir goûter des plaisirs auxquels on a renoncé, et faire venir chez soi ce qu'on ne peut décemment aller chercher au parterre ?
Or, il arrive quelquefois que les Auteurs au lieu de copier la nature la défigurent : et de l’autre côté que les Acteurs la font tellement grimacer que le Spectateur qui la cherche ne peut la reconnaître ; Mais lorsqu’un Auteur est parvenu à bien peindre la nature et que les Acteurs récitent la Pièce dans son véritable ton, en sorte que l’esprit séduit agréablement, prenne la fiction pour la vérité même : alors on est obligé de convenir qu’une représentation Théâtrale est un amusement supérieur à tout autre Spectacle public tel qu’il puisse être, parce qu’en satisfaisant les yeux, il intéresse le cœur et l’esprit.
Après s’être quelque temps embarrassés avec un air de surprise, ils se divisent en plusieurs pelotons ; chacun s’en va de son côté pour chercher une nouvelle terre. […] Voici un abrégé de leur doctrine, qu’on n’itoit pas chercher dans les délires de la galanterie. 1.° La profession de Comédien est illicite ; elle ne s’exerce qu’en peignant toutes les passions le plus vivement qu’il est possible. […] Quel crime de les aller chercher, de les offrir, de conduire à l’écueil, de s’y briser, de se faire une étude, de former une école de péché ! […] Pourquoi les multiplier, les aller chercher, les rassembler, les embellir, les rendre encore plus funestes ?
Si l’on donne quelque pièce pieuse, ce qui est très rare, est-ce la piété qu’y cherche et le spectateur et l’acteur ? […] Le théâtre ne connaît pas ses richesses, il cherche des sujets, il se répète, et en voilà une infinité. […] Tel ce sacrilège qui dans les expressions de l’amour divin cherchait de quoi faire des déclarations infâmes ; tel ce Peintre scandaleux qui choisit les histoires de Joseph, de Bethsabée, de Suzanne, pour renouveler les horreurs d’Arétin et des Carache ; tel l’impie Hérode, curieux de voir Jésus-Christ, non pour se ranger sous sa loi, mais pour repaître ses yeux de quelque prodige, mais pour s’en jouer et le renvoyer couvert, en dérision, d’une robe blanche : « Sprevit eum cum exercitu tuo. » N’en dis-je pas trop ? […] On était allé chercher le Sauveur pour faire un miracle, on l’attendait de lui, tout le regardait comme un Dieu, et cependant les gens de théâtre le respectent si peu, qu’ils se moquent de lui : Deridebant eum.
La cause la plus générale de cette altération, c’est que l’esprit de l’Ecriture est entièrement opposé à ce qu’on cherche à la Comédie, c’est à-dire, que ceux qui fréquentent le Théâtre, ne sauraient souffrir qu’on y exposât la fin pour laquelle tout est écrit, et qu’on y développât les maximes qui sont comme la clef de l’Ecriture, le point fixe auquel tout se réduit, et sans lequel on n’y entend plus rien, on la corrompt et on l’altère. […] dans toute l’ecriture sainte vous ne devez point chercher d’autre doctrine, et personne ne doit entreprendre de vous en donner d’autre que celle qui est comprise dans cette double charite. […] J’y pense certainement, et c’est de cette réponse même que nous devons conclure, que l’esprit de l’Ecriture est entièrement incompatible avec ce qu’on cherche à la Comédie, puisqu’on ne saurait souffrir que l’on y exposât ce que l’Ecriture veut que nous ayons toujours devant les yeux. « Souvenez-vous de votre fin dernière dans toutes vos actions360 ». « Le Seigneur jugera toutes choses361 ». « Quoi que vous fassiez, ou en parlant, ou en agissant, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ 362 ». […] nourrissons notre âme de la méditation, et de l’étude des divines Ecritures, et en éprouvant qu’elle est fatiguée et tourmentée par la faim et la soif d’une vaine curiosité, et que c’est en vain qu’elle cherche à se rassasier et se contenter par des fantômes trompeurs, qui ne sont que des viandes peintes, rassasions-la et désaltérons-la par cette viande et ce breuvage céleste, que cette Ecriture divine nous présente.
Car enfin il est difficile d’imaginer, que ce qui a le lustre & l’éclat du beau, soit intérieurement taché de la honte & de la difformité du vice : mais je craindrois qu’on ne me reprochât de chercher moins à convaincre qu’à surprendre, plus à séduire qu’à persuader. […] Il est indigne d’elle de chercher à séduire : quand une représentation plaît ; c’est qu’elle est exacte. […] Non : en leur prescrivant ces maximes délicates, c’est chercher sans doute à en faire des Auteurs dans leur genre ; & non de simples Copistes dont le rolle n’est jamais qu’emprunté, & qui, loin de prêter à l’illusion, la traverse. […] Comme la représentation d’une Piéce est un tableau, ce n’est point chez nous sans-doute que nous devons en chercher la perfection : c’est chez lui. […] Ce n’est point dans les tours ingénieux, les traits brillans, les idées enluminées que je cherche la vertu : tout cela par la même qu’il l’embellit, l’efface.
Il instruisit d’un art qui n’avait guères de règles de son tems, & dont chaque nation vient au bout de trois mille ans chercher dans son Livre la connaissance & les règles certaines.
En un mot, nous faisons gloire d’avoir trouvé ce qu’ils cherchent toujours, et qu’ils ne trouvent jamais.
Autant qu’il est nécessaire de chercher un sujet facile, bas & sans intrigue, autant est on obligé de le rendre court & précis une fois qu’on a eû le bonheur de le rencontrer. […] Les Auteurs Dramatiques sont contraints de se fatiguer, de se donner la torture afin de chercher des Sujets neufs.
8, les plaintes que faisoient les plus sages d’entre les Romains, lorsqu’on alla chercher en Grece des Comédiens pour les amener à Rome. […] On n’ose découvrir ses propres sentimens ; on n’ose montrer ses plaies, mais on affecte une indifférence extrême ; on cherche divers prétextes pour s’éloigner de ce qui est permis ; on prête une oreille attentive à la voix de la volupté qui semble encore se faire entendre ».
Mais s’il faut estimer les effets par la cause, juger l’action selon le dessein, combien celui d’Isabelle est-il recommandable, qui n’a eu autre désir de venir en France, que pour voir ce grand arbitre du monde, ce bien universel admiré de toute l’Italie, ce Roi reconnu de toutes les nations pour le plus grand de la terre, appelé et conduit de Dieu par la voix de ses merveilles, qui lui a donné cette couronne par son sang, de qui la valeur acquise par son bras, qui la conserve par sa bonté, la régit par ses lois, et par sa renommée possède le monde : les Antipodes ne voient point nos étoiles du Nord, mais ils ont vu la clarté de ce Soleil, qui nous a donné la lumière et la vie, qui d’une main a déployé le sceptre, de l’autre le pardon, étouffant la cause et la vengeance ensemble ; qui emportant une victoire, a toujours triomphé de deux, donnant le salut aux vaincus après avoir dompté les rebelles ; et ainsi que l’âme, qui n’est qu’une au corps, a plusieurs puissances en ce Roi, qui n’est qu’un, elle a vu les perfections de tous les Rois ensemble ; elle a vu l’aimant qui attire toutes les belles âmes, qui de ses sujects est autant revéré, comme Sauveur du pays, qu’honoré en Roi nécessaire ; et plus salüé en père qu’en Seigneur ; qui règne sur nous comme les intelligences au Ciel, et le Soleil sur la terre, d’où il me faudroit élever pour chercher dans les cieux des paroles célestes à une vertu divine. […] Pour opiner de l’un avec le vulgaire et juger de l’autre avec les sages, en dois-je chercher l’exemple en l’antiquité, puisqu’il y en a ici qui se montrent aussi ennemis du vice, que vrais admirateurs de la vertu.
Concluons donc pour finir ce Chapitre, que ceux qui dansent au temps destiné par l’Eglise à l’exercice de la mortification, pèchent grièvement ; parce qu’ils s’opposent directement au dessein, et aux ordres de cette même Eglise, puis qu’ils cherchent leurs plaisirs sensuels, lorsqu’elle veut que ses enfants gémissent devant Dieu, et entrent dans les afflictions salutaires de la pénitence.
Il est certain qu'il n'y a rien dans toute la doctrine des mœurs que les Pères aient traité plus à fond, ni où ils se soient mieux précautionnés contre tous les faux raisonnements dont on se devait servir dans la suite des siècles pour justifier la Comédie, de sorte qu'ils n'ont laissé aucun moyen à ses défenseurs de donner à ce qu'ils en ont écrit, des interprétations à leur mode, ni aucun lieu de douter de leurs sentiments, à ceux qui cherchent la vérité dans la tradition de l'Eglise, dont ils sont les dépositaires.
Est-ce au pied du Théâtre ou de l’Autel qu’on va chercher les consolations des tristesses publiques ou particulières ?
Je n’en veux pas dire davantage sur ce sujet, en ayant parlé ci-devant assez amplement, joint que les deux Auteurs que je viens de produire, Salvian et Tertullien s’en sont suffisamment expliqués, pour faire connaître à un chacun que les spectacles et les théâtres ne doivent jamais passer chez les vrais Chrétiens pour divertissements, puisqu’ils traitent ceux qui y assistent d’apostats, de prévaricateurs des Sacrements, de gens qui retournent vers le diable leur premier maître, qui préfèrent le démon à Dieu, qui font banqueroute à la foi de Jésus-Christ, qu’ils sont plus criminels que les païens, qu’ils sont sans Religion, qu’ils ne cherchent qu’à repaître leurs yeux adultères ; gens enfin qui se jettent volontairement dans le fort et la citadelle où se commettent toutes sortes d’impuretés.
Il est né pour des emplois plus relevés ; et s’il aime l’harmonie il la doit chercher dans les accommodements qu’il fera entre ses Sujets ou entre ses Alliés.
Le savant danseur se jette d’abord sur l’histoire, il traverse les mers & les siecles pour aller chercher son ballet d’action chez les Juifs, qui en faisoient la solemnité de leurs fêtes. […] On va chercher ce libertin qui doit diriger l’Etat, ou le trouve couché tranquillement à l’ombre d’une treille, laissant tomber des fleurs de sa débile main . […] Il est vrai que ce ne sont que des chansons où on ne cherche pas la justesse : mais qu’on n’en attende pas l’immortalité. […] La décoration ne changeoit pas comme sur le théatre, mais le parterre ambulant alloit de théatre en théatre chercher la décoration.
Les Racines, les Boileau, les Sévigné, les la Fayette, trouvoient dans sa conversation, des agrémens, qu’ils avoient cherchés vainement ailleurs. » Cherchons aussi dans ses réfléxions & dans ses maximes, ce qu’on doit penser des piéces de Moliere. […] Et après lui avoir détaillé tout ce qui a été dit depuis la pag. 45, jusqu’à 59 inclusivement.… Ah, Mr., me dit-elle, je vois que je n’avois cherché jusqu’à présent, qu’à me faire illusion. […] C’est un de ces guides, qui mettent, dit l’esprit St, des coussinets sous les coudes des pécheurs, & les conduisent à la perdition… Comme bien d’autres, vous avez cherché un Prophête complaisant, vous l’avez malheureusement trouvé ; qui vult decipi, decipiatur. Ne cherchons donc plus, continua t-il avec Mr. l’Evêque d’Arras, ne cherchons plus, ni à nous tromper, ni des directeurs rélâchés, qui flattent sur cela la cupidité. […] 3 Demanderez-vous encore, s’il n’est pas permis à un fidèle, d’aller y chercher un divertissement ?
Nous n’avions pas été chercher les choses dans les sources, comme vous faites, M. […] Si un simple regard jetté par hazard sur une personne qui se présente & qu’on ne cherche pas, peut produire des effets si dangereux, dans les lieux mêmes les plus saints ; que ne feront pas des regards passionnés dans ces lieux d’une licence effrénée, où l’effronterie est comme de saison, & où l’on ne va que dans le dessein prémédité d’y trouver les objets les plus séduisant ? […] A Dieu ne plaise donc que nous cherchions à nous glorifier en d’autre chose qu’en vous, par qui le monde est crucifié pour nous, comme nous sommes crucifiés pour le monde.
Les abeilles sur les fleurs, les moutons dans les prairies cherchent les fleurs odoriférantes, non pour les sentir, mais pour s’en nourrir ou en tirer le suc. […] Cette Princesse fameuse par sa beauté & par ses galanteries, mariée successivement à deux Rois à qui elle porta la plus riche dot ; au Roi de France qui la répudia, & qui aima mieux perdre une belle province que de vivre avec elle, au Roi d’Angleterre qui la tint quinze ans en prison : cette Princesse passa sa vie dans les fêtes, les jeux, les spectacles, donna elle-même les plus scandaleux, & rapporta en France & en Angleterre le luxe & la galanterie asiatique ; elle faisoit des amans par-tout, jusques chez les Mahométans où l’on prétend qu’elle fut aimée de Saladin, allumant par-tout le feu de la guerre ; en France pour se vanger de la jalousie de Louis, en Angleterre pour se vanger des amours de Henri qui cessa de l’aimer, & lui préféra des maîtresses ; elle arma ses enfans contre leur père, & fit naître une guerre civile ; elle courut de tous côtés : en Syrie poursuivre son mari, disoit-elle, en Allemagne pour délivrer son fils Richard ; deux fois en Espagne pour aller chercher ses belles-filles. […] Cet Acteur si brillant ne cherche !
143.) disent : Si l’on ôte au théatre cette modesti nécessaire aux bonnes mœurs, si on cherche à corrompre l’esprit & le cœur par des peintures agréables du vice, comme dans tous les maquignonages de Dancour, avec quelque génie qu’on exécute un dessein si pernicieux, on doit être regardé comme un empoisonneur qui donne un goût agréable à des liqueurs mortelles. […] On trouve sur le théatre Anglois un trait singulier, qu’on ne s’aviseroit pas d’aller chercher au concile de Constance. […] Ils ne cherchent qu’à séduire, ils se vendent au public, ne disent & ne font rien que pour inspirer les passions, & rassembler avec la plus grande licence & avec le plus dangereux artifice, dans leurs paroles, leurs parures, leurs gestes, leurs attitudes, leur conduite, tous les objets, tous les pieges, toutes les leçons, tous les moyens les plus propres à nourrir tous les vices & détruire toutes les vertus.
» bt Loin donc que, conformément à l’histoire, M. de Crébillon ait eu tort de représenter Catilina éloquent, ferme et courageux, c’est au contraire par l’abus de ces grandes qualités qui ne sont pas des vertus qu’il cherche à le rendre, et qu’il le rend en effet plus odieux aux Spectateurs. […] On accusait avec la dernière lâcheté M. de Voltaire d’attenter à la gloire de M. de Crébillon ; je crus faire ma Cour à celui-ci en lui portant ma critique de Nanine pour la lui faire approuver en qualité de Censeur, j’allai le lendemain pour en chercher l’approbation. […] Ma confusion annonçait mon repentir, je cherchais des excuses que je ne pouvais trouver ; mon embarras et ma douleur se peignirent si bien dans mes yeux, que Madame D. en eut pitié ; elle eut la bonté de demander pardon pour moi et l’obtint : je crus alors que M. de Voltaire ne rejetterait pas le témoignage de mon repentir ; j’eus l’honneur de lui écrire : savez-vous quelle fut sa réponse à ma lettre ?
« Nous ne trouvons pas étrange, dites-vous,q que vous damniez les Poètes, ce qui nous surprend, c’est que vous voulez empêcher les hommes de les honorer. » C’est-à-dire que ce misérable honneur que vous cherchez parmi les hommes, vous est plus précieux que votre salut, vous ne trouvez pas étrange qu’on vous damne, et vous ne pouvez souffrir qu’on ne vous estime pas. […] Il faut pourtant que vous acheviez cette comparaison si odieuse à tout le monde ; et parce que Desmarets avoue des crimes qu’il ne peut nier, vous en accusez aussi Monsieur Le Maistre, vous abusez indignement de son humilité qui lui a fait dire qu’il avait été dans le dérèglement, et vous ne prenez pas garde que ce qu’il appelle dérèglement, c’est ce que vous appelez souverain bien, c’est cet honneur du siècle que vous cherchez avec tant de passion et qu’il a fui avec tant de force. […] On peut en juger par les efforts que vous avez faits contre lui, puisque vous avez été chercher des railleries jusque dans l’Ecriture Sainte.
Lazare, et autres circonvoisines, contenant que depuis quelque temps Jacques Avenet, locataire du jeu de paume de la Fontaine, aurait introduit des Comédiens en icelui, encore que ledit lieu soit des plus incommodes de la ville, pour être la rue fort étroite et la plus passagère des carrosses, étant ladite rue Michel-le-Comte composée de maisons à portes cochères, appartenantes et habitées par plusieurs personnes de qualité, et Officiers des Cours souveraines, qui doivent le service de leurs charges, lesquels souffrent de grandes incommodités tous les jours, à cause que lesdits Comédiens exercent et jouent leurs comédies et farces, même en ce saint temps de carême, et par le moyen des embarras, des carrosses et chevaux qui se rencontrent dans ladite rue à toutes les avenues, tels que les gens de pied n’y peuvent trouver passage, et sont tous les suppliants, leurs familles et domestiques, empêchés de sortir, non pas même d’une maison à l’autre, contraints le plus souvent d’attendre la nuit bien tard pour rentrer dans leurs maisons, au grand danger de leurs personnes par l’insolence des laquais et filous, coutumiers à chercher tels prétextes et occasions pour exercer plus impunément leurs voleries, qui sont à présent fort fréquentes dans ladite rue, et plusieurs personnes battues et excédées, avec perte de leurs manteaux et chapeaux ; étant les suppliants tous les jour de comédie en péril de voir voler et piller leurs maisons, dont s’étant plaints plusieurs fois audit Avenet et fait dire aux Comédiens de se retirer et pourvoir en lieu moins incommode et passant, ils se seraient vantés d’avoir permission du Lieutenant civil, et en avoir passé bail pour ledit temps. […] Ces deux théâtres, depuis un siècle plus rivaux qu’amis, n’ont cherché qu’à se décrier et à se nuire. […] « Le luxe, dit cet Historien, à peu près dans les mêmes termes que le Journal d’Henri III, le luxe, qui cherchait partout des divertissements, appela du fond de l’Italie une bande de Comédiens, dont les pièces toutes d’intrigue, d’amourettes et d’inventions agréables pour exciter et chatouiller les passions les plus douces, étaient de pernicieuses écoles d’impudicité.
Le premier, sans s’arrêter à des fins de non-recevoir, cherche la vérité dans le tribunal de la pénitence, et s’il trouve qu’il n’y a pas eu de mariage par le défaut de quelque condition essentielle à sa validité, il ordonne la séparation et rend la liberté aux parties. […] C’est une des questions de la cause, s’ils étaient unis par un engagement légitime, ou si l’exercice d’une même profession et les nœuds de la débauche avaient formé entre eux une conjonction illicite qu’ils cherchaient à déguiser sous le nom d’un mariage. » Ils firent mauvais ménage. […] Les autres, qui ne voulaient avoir égard qu’à la notoriété de droit, ont cherché des différences entre les Comédiens et les autres personnes indignes de la communion ; mais ils ont toujours convenu, comme d’un principe incontestable, de leur indignité et de l’anathème qui les bannit du sanctuaire.
Ces raisons sont fortes ; cependant, comme elles ne sont pas sans réplique, M. l’archevêque, aussi fin que les jésuites qui cherchaient à l’embarrasser, ne voulant s’exposer ni aux railleries des gens du monde, ni aux reproches des dévots, trouva un tempérament qui fut de ne point condamner la lettre, mais de punir le théatin qui en était l’auteur.
Avant que de finir l’Amphitryon, je cherche pourquoi les Dieux comparaissent à un Tribunal Ecclésiastique ? […] Ce n’est point à Londres la manière d’un riche Lord, d’un précieux, d’un damerez de chercher à se marier au hasard et par procureur. […] Aussi cherche-t-il à se disculper dans sa Préface ; mais sa justification fait pitié. […] Vous n’êtes pas sage, permettez-moi de vous le dire, vous n’êtes pas sage de chercher et de mettre votre contentement dans de frivoles amusements. […] Cherche-t-il à s’en défaire ?
Elle y reçut une infinité de visites la maison ne désemplissoit pas, elle y trouva deux jeunes Princesses Polonoises, filles du Prince Podoski qui étoit à Besançon & que la fête attira a saint Ferjeux ; le Carosse de la Marquise de Ligneville, alla chercher la Rosiere, pour la mener au parloir des Benédictins, où plusieurs Dames l’attendoient, lui firent mille caresses, & l’exhorterent à persévérer dans la vertu, & à mériter une plus prétieuse couronne de la main de Dieu même. […] Vous dont l’ame innocente, Loin des bruyans désirs, D’une vertu touchante, Cherche les vrais plaisirs ; Si du bonheur du sage Vous prétendez jouir, C’est à notre Village Qu’il faut vous réunir.
La plûpart des Peres comparent les hérétiques à des Comédiens qui par un air de zèle & de réforme cherchent à en imposer ; & Tertullien, par une autre comparaison qui revient au même, compare les Comédiens aux hérétiques, parce que les uns & les autres ne croient & ne débitent que des fables. […] Dans la seconde piece une maîtresse, dont il est indigne, va le chercher, & s’abaisse pour lui à des avances très-indécentes (autre leçon de vertu), & son rival, qu’il a trompé, la lui cède lâchement.
Elle voudrait en même temps pénétrer en France, elle cherche à y propager les mêmes principes, le même esprit, et y exciter les mêmes désordres. […] On est tout étonné, en le parcourant, d’y trouver une liste ou une catégorie nombreuse de personnages dans tous les rangs et de toutes les opinions politiques et religieuses, que ce loup enragé, attaque avec furie et qu’il cherche à blesser par ses morsures envenimées.
Ce n’est donc point parmi les femmes subalternes du spectacle que je vous conseille d’aller chercher la Vertu. […] Vous sentez bien Monsieur, qu’une Requête pareille obtenant un Arrêt favorable, les Comédiens ravis de pouvoir se compter au nombre des Fidèles et des Citoyens chercheraient à mériter ces titres, d’autant plus que la faveur de l’Arrêt ne s’étendrait que sur ceux qu’une conduite irréprochable en rendrait dignes. […] De là ces Disputes qui vont quelquefois jusqu’à l’effusion du sang ; ces embarras insurmontables, qui ruinent les Entrepreneurs et qui servent encore de prétexte à sa mauvaise foi, puisqu’il en est souvent l’Auteur ; de là cette paresse des Comédiens qui les soustrait à l’étude et fait fuir le Public, ennuyé de voir toujours représenter la même chose ; de là la misère, qui réduit quelques Comédiens méprisables à employer pour vivre toutes les ressources que la bassesse de leurs sentiments leur suggère ; de là, enfin, les dégoûts, qui prennent à ceux qui pensent mieux et qui quittent un métier dont de tels associés anéantissent tous les agréments, ou les obligent de chercher, dans le pays étranger, à employer leurs talents plus honorablement et plus tranquillement que dans leur Patrie. […] Ces Corps ne cherchent point à s’enrichir aux dépens des Décorations ou des habits du Théâtre, comme fait un particulier qui fonde sa fortune sur son économie. […] Etc.. »fp Ces soupçons que votre perfidie cherche à donner de nous au Public, sont aussi bien fondés que ceux que quelques idiots avaient conçus contre le caractère de M. de Crébillon.
La réfléxion vient bientôt déssiller les yeux ; elle fait sentir combien l’on a tort de chercher à briser les chaînes que la Raison & la Nature donnèrent au génie, afin qu’il puisse toujours les suivre.
Serai-ce dans un Livre tel que le mien, que le Machiniste viendrait chercher des leçons ?
» Or la Comédie est le plus charmant de tous les Divertissements, Elle ne cherche qu’à plaire à ceux qui l’écoutent, Elle se sert de la douceur des Vers, de la beauté des expressions, de la richesse des figures, de la pompe du Théâtre, des habits, des gestes et de la voix des Acteurs ; Elle enchante tout à la fois les yeux et les oreilles : et pour enlever l’homme tout entier, Elle essaye de séduire son esprit après qu’elle a charmé tous ses sens.
Il faut chercher son origine dans la plus haute antiquité. […] Les prémiers Pasteurs qui gardèrent les troupeaux cherchèrent à charmer leur vie oisive ; se livrant à mille réfléxions, ils répétèrent par hazard tout bas quelques mots plus lentement ou avec plus de vivacité que de coutume. […] Plutôt que d’adopter des traits d’histoire aussi fabuleux, ne vaut-il pas mieux chercher la prémière origine de la musique instrumentale dans le besoin qu’eurent les hommes de se faire entendre au loin ? […] Enfin les Grecs ont jetté tant d’obscurité sur les inventeurs de leur musique, qu’on voit bien qu’ils cherchent à cacher les obligations qu’ils ont à leurs voisins.
Mais je ne lui conseille pas de compter sur de telles pratiques, il peut en chercher d’autres pour débiter ses drogues. […] Enfin c’est être trop délicat pour un Chrétien que de chercher des plaisirs dans le siècle, et c’est une folie à lui de prendre pour plaisirs ceux que le siècle lui présente. […] Ce pieux Cardinal approuva donc les Comédies modestes, et ne condamna que les déshonnêtes et les impies, comme on le voit par le troisième Concile qu’il tint à Milan en 1572. » Pour ne rien négliger de ce qui touche saint Charles Borromée, j’ai cherché partout où il m’a été possible cette Ordonnance prétendue, dont on dit que parle Fontana de Ferrare, et je ne l’ai trouvé nulle part : peut-être aussi n’a-t-elle jamais été ? […] Ce ne sont point de ces sortes de personnes qui fréquentent les Spectacles, et qui en savent des nouvelles ; elles en ont de l’horreur, loin d’y aller chercher du plaisir. […] Je réponds à cela avec les propres paroles de saint Thomas, que dans ces sortes de jeux le Pénitent doit se comporter autrement que les autres, lui qui doit chercher les larmes de la pénitence ; qu’il peut toutefois en user modérément comme d’une honnête récréation de l’esprit, ou pour entretenir la société avec ceux avec qui il est obligé de vivre : d’où l’on peut inférer, qu’à la vérité les Chrétiens doivent moins fréquenter ces sortes de Spectacles pendant le Carême ; non pas qu’ils soient défendus, mais parce que leur état les oblige a se mortifier en ce temps.
Nos Histoires romanesques nous amuseraient délicieusement, nous empêcheraient de chercher ailleurs des peintures agréables par leur simplicité, mais comme elles ne sont toutes remplies que de fadeurs & de déclarations d’amour, nous les quittons avec justice en faveur d’un Théâtre qui satisfait en partie un panchant né avec nous.
Si ces personnes s'examinaient de bonne foi, elles y en trouveraient sans doute ; mais parce qu'elles cherchent des excuses à leurs péchés, elles sont assez malheureuses pour en trouver, « Dieu par un effet de sa justice répandant des ténèbres sur leurs passions déréglées ».
Est-ce au pied du théâtre, ou de l’autel qu’on va chercher les consolations des tristesses publiques ou particulières ?
Par là, il désarma l’autorité des Magistrats, qui ne pouvaient toucher aux temples : objet dans toutes les religions réservé aux seuls Prêtres, et ce n’est peut-être pas une fausse conjecture de dire qu’en punition de cet ouvrage, qui ouvrant une source empoisonnée de toute sorte de débauche, acheva de corrompre les Romains, cet homme si puissant, si célèbre, si grand dans la république, qui en était le soutien et l’oracle, fut vaincu par César, et mourut misérablement en Egypte, où il allait chercher un asile.
On en a rempli des volumes, on en a cherché de tous côtés, on lui en a prêté une infinité qui ne lui appartiennent pas, & ne sont pas dignes de lui. […] Henri avoit beaucoup de valeur ; il bravoit, il cherchoit le péril, s’y exposoit témérairement, s’y précipitoit aveuglément : c’étoit un grenadier, non un capitaine : il dut tout à ses généraux. […] Un Prince en effet qu’on vit souvent, sous le chaume obscur qui le couvre, chercher le timide indigent, lui déguiser qu’il est son maître, partager son repas champêtre, pour le combler de ses bienfaits , &c. […] Pourquoi aller chercher des modeles après deux siecles, quand on en a sous les yeux ? […] J’avoue , dit-il de l’un, qu’il est mon ennemi, mais c’est précisément ce qui doit suspendre mes poursuites , & lui rendit ses bonnes graces ; & adressant la parole à l’autre : Soyez sans crainte, vous vivez sous un Prince qui cherche à diminuer le nombre de ses ennemis & à augmenter celui de ses amis.
Le théatre n’est à portée que de son quartier, il faut, de tous les autres quartiers, l’aller chercher bien loin, & s’en retourner la nuit avec peine. […] Le soldat ne désire pas les blessures, l’actrice les désire, les cherche, en triomphe ; on ne se bat pas tous les jours, l’actrice est sans cesse dans la mêlée. […] Nous cherchons à nous distraire de l’ennui auquel nous sommes condamnés. […] Plus les hommes cherchent à abuser de tout, plus les loix & les magistrats doivent les retenir sur les abus où ils tomberoient, lors même qu’ils en cachent les dangers sous des actions dont les dehors semblent n’avoir rien que de licite. […] Le maréchal de Saxe enchérit sur le conquérant de l’Asie ; il alla chercher son rival, le conduisit à la Lecouvreur, & le met en possession de sa conquête.
C’est la stérilité des panégyristes, qui, ne sachant que dire & voulant flatter, vont chercher des noms célebres, & font sans discernement des comparaisons qui font rougir. […] « Les maîtres, dit-il, ne cherchent pas le bien des jeunes gens, mais veulent se faire honneur de l’exécution de la piece. […] Son goût pour l’art dramatique, qu’il paroît fort aimer, ne lui permet pas de faire généreusement le sacrifice de la scène à la vertu, il cherche des distinctions frivoles pour lui ménager quelques momens. […] Un pere qui reçoit son fils prodigue, un voyageur qui soulage un homme blessé par des voleurs, un pasteur qui cherche une brebis égarée, un riche qui refuse l’aumône aux pauvres, un pharisien & un publicain qui prient dans le temple, n’ont rien de contraire à la nature, il arrive tous les jours des faits pareils : mais un chat qui parle, une belette qui raisonne, des souris qui tiennent conseil, sont rire les enfans mêmes à qui on donne des pareils docteurs. […] Iroit-on l’y chercher ?
Edouard savoit bon gré à Eustache de s’être opposé à la proposition qu’avoit fait quelque habitant, de sortir les armes à la main, pour chercher à travers l’armée ennemie, la mort ou la liberté : folie qu’Eustache combattit avec raison, & à laquelle il étoit intéressé, puisqu’il eût dû se mettre à la tête de ces insensés. […] A quelque nuance près de modestie superficielle, selon le carractère des Auteurs plus ou moins retenus, ou des spectateurs plus ou moins libertins, du sujet plus ou moins grave, la licence toujours sans bornes n’a écouté que la passion, n’a cherché que le plaisir, n’a joué que le vice, l’a toujours entretenu & l’entretiendra toujours dans le public. […] Qu’ils adorent leurs Dieux, mais sans blesser le mien, Que chacun dans sa loi cherche en paix la lumiere. […] Que chacun dans sa loi cherche en paix la lumiere, comme si chaque loi pouvoit donner la lumiere de la vérité, il ne faut pas user de violence, quoique Dieu dise : Compelle intrare, contraints les d’entrer. […] Il n’est que trop vrai que les hommes, enfans à tout âge, ne cherchent qu’à être amusés, & que le théatre les amuse, & c’est là le mal.
On sent bien que je ne cherche pas à essuyer les yeux des actrices, qui plus coupables que personne, devroient faire de leurs yeux des ruisseaux de larmes, & n’en verseront jamais trop, jamais assez. […] La même vanité cherche par-tout à plaire. […] Contentez-vous dans cette courte vie de la figure qu’il vous a donné, sans chercher à l’embellir par des couleurs empruntées, & vous aurez éternellement dans le ciel, même pour votre corps, une beauté divine infiniment supérieure à tout ce que l’art & la nature peuvent vous donner.
Vous n’avez point à pleurer la vôtre, actrices, filles mondaines, qui prévenez vos amans, les cherchez des yeux, & plus encore du cœur ; qui craignant peut-être la honte que fait le péché, vous souciez si peu d’en éviter les approches, vous qui êtes si engageantes dans vos manieres, si libres dans vos paroles, si complaisantes dans vos enjouemens, si familieres dans vos privautés, si désireuses de voir & d’être vues ; qui, pour plaire aux hommes, avez recours à ces parures dont à peine on peut savoir les noms, tant elles sont bisarres, inconstantes, multipliées. […] Quoiqu’on puisse s’y sanctifier par miracle, on s’y perd tous les jours par foiblesse ; & comme nous sommes plus foibles que miraculeux, nous devons chercher notre sureté dans la suite. […] Mais les Ediles chrétiens, qui vont à deux mille ans ans chercher des apologies dans le paganisme, n’ont-ils pas vu que tous les Peres & les Conciles les ont condamnés, & que la Religion leur défend non-seulement de les entretenir, mais encore d’y assister ?
Le comte de Saxe, dit-il, avoit un tempéramment violent qui le livroit aux femmes (aussi étoit-il fils de l’amour) : mais, peu constant dans ses goûts, il ne cherchoit qu’à les varier, & souvent sans délicatesse. […] Son déguisement même la trahit : les soldats crurent que le Comte cherchoit à s’échapper, coururent à lui la baïonnette au bout du fusil, la prirent & la menerent au commandant. […] Il étoit convenu avec celle qu’il aimoit, que tous les soirs, quand tout le monde seroit retiré, il iroit la chercher à la fenêtre qui étoit fort basse, & que tous les matins avant le jour, il la rameneroit.
Les voilà qui cherchent curieusement leur proie, s’y élancent brutalement, s’en repaissent avidement, & s’en laissent nonchalamment enivrer. […] Les jours de spectacle un Exempt des Gardes alloit les chercher pour jouer leurs rôles dans les pieces annoncées, & après la piece les ramenoit en prison. […] Son mal empira, & comme toutes les Facultés de Paris & de Montpellier, non plus que tous les Médecins du Roi, ne suffisent pas pour conserver une vie si précieuse à l’État, il fallut aller chercher du secours hors du royaume.
Les étrangers qui abordent à Paris sont des gens de province qui viennent y chercher le bon air, y prennent la corruption, & retournent infecter leur pays. […] Femme qui prétend ne chercher que dans elle seule la règle du goût de la nation. […] Ils ne seront donc plus François, ils ne chercheront pas à plaire aux Grands.
En 1768 le Clerc chargé de cette brillante opération, qui pense en grand, prononça une belle harangue devant les Officiers de la Maîtrise, & afin que toute l’Europe en fut instruite par le Dieu aux Talonieres & au Caducée, il l’a fait insérer dans le Mercure de mars, précédée d’un récit fort glorieux aux anciens Clercs, chez qui on n’iroit pas chercher des exploits militaires. […] Un jour que la Duchesse de Bourgogne devoit aller au bal, elle envoya dès le matin un carrosse à six chevaux à la Maison Professe chercher le P. […] Il continua inutilement de frapper, & fut obligé d’aller chercher gîte ailleurs.
Si vous cherchez d’autres satisfactions, vous courez à la mort. […] C’est être un apostat de la foi Chrétienne, que de chercher les pompes et les œuvres du démon, après y avoir renoncé au baptême : « Fidei Christianæ prævaricator qui id appetit quod in lavacro renuntiaverat diabolo et pompis ejus. » S. […] » On peut sans rougir nommer par leur nom les plus grands crimes, l’idée du crime en est le préservatif ; mais on ne peut détailler ces jeux dangereux, même pour les condamner ; l’idée même d’amusement en est l’amorce et le voile : « Honeste non possunt vel accusari. » On peut voir commettre la plupart des péchés, tuer, voler, blasphémer, sans devenir coupable ; on ne peut voir les jeux du théâtre sans tomber dans le désordre, le spectateur est complice de l’Acteur : « Unum est aspicientium et agentium scelus. » Selon la parole de l’Apôtre, on se rend coupable, non seulement en faisant le péché, mais encore s’unissant à ceux qui le font : « Etiam qui consentiunt facientibus. » Ceux qui étaient allés chastes à la comédie, en reviennent adultères ; ils s’en étaient déjà rendus, en y allant ; chercher le vice, c’est s’en servir : « Qui ad immunda properat, jam immundus est. » Pensons-nous que Dieu ne voit pas nos désordres, ou nous flattons-nous qu’il jettera sur nous un regard favorable, quand il nous voit dans un lieu qu’il déteste ?
La plus dangereuse est la peinture à faux, dramatique, de l’homme et de la société, ou cette infidélité des tableaux vivants qui sont censés être ceux des mœurs ou de la vie commune de tel rang, de telle corporation, ou de tel âge ou bien de telles personnes que la malignité désigne, et qui vont être décriées, flétries, peut-être mises au désespoir ; il consiste aussi dans la solennité et l’éclat des représentations, avec tous les prestiges du théâtre ; c’est encore en réunissant la fiction à la vérité, en accumulant à plaisir les vices, en les combinant et faisant supposer une liaison naturelle entre eux ; c’est l’éternelle image des passions humaines les plus honteuses sous les traits sacrés de la vertu qu’enfin on ne croit plus voir nulle part qu’en apparence, que l’on méconnaît et décourage par trop de défiance, ou qu’on insulte par malignité ; enfin, c’est en créant ainsi et faisant agir avec toute l’énergie possible, sous les yeux de la multitude des personnages monstrueux qui servent d’excuse et d’encouragement aux méchants, qui font horreur aux bons et, comme je l’ai déjà dit, portent l’agitation dans les esprits faibles, l’inquiétude ou l’animosité dans les cœurs, exaltent la tête de tous, et vont de la scène publique provoquer la persécution, porter les désordres dans les scènes privées de la vie, où toutes les passions excitées imitent la hardiesse des auteurs, cherchent à réaliser leurs chimères jusques sur la vertu la plus pure : « Là de nos voluptés l’image la plus vive ; Frappe, enlève les sens, tient une âme captive ; Le jeu des passions saisit le spectateur ; Il aime, il hait, il pleure, et lui-même est acteur. » Voilà plus clairement comme il arrive que ces critiques vantées manquent leur but, sont de nul effet contre le vice audacieux, sur l’hypocrite impudent qui atteste Dieu et la religion en faisant bonne contenance au rang des victimes nombreuses des aggressions aveugles et des calomnies effrontées. […] Outre les voies criminelles, inconnues, que ces écrivains possédés par la passion de faire preuve d’imagination, de donner du neuf, du fort, des scènes à effet révélèrent continuellement aux méchants et aux fourbes, ils les obligèrent à en chercher aussi eux-mêmes ; c’est-à-dire à changer leurs stratagemes, à rafiner leurs moyens, à user de plus d’industrie dans leurs fourberies, laquelle industrie, toujours secondée et excitée de la même manière, se lègue, ou se perpétue en augmentant, reste avec ses découvertes dans la société qu’elle infecte et désole de plus en plus.
) le peuple était debout, soit parce que les jeux n’étaient qu’une chose passagère, où on ne cherchait pas tant de commodités, soit parce qu’on ne voulait pas laisser accoutumer le peuple à tant de dissipation et de mollesse, et afin qu’on ne se laissât emporter à ces plaisirs dangereux, et qu’on n’y passât les journées entières : « Stantem populum spectavisse, ne si consideret, dies totos theatro continuaret. » Quelqu’un ayant commencé de construire un théâtre fixe pendant la censure de Messala et de Cassius, Scipion Nasica, par ordre du Sénat, fit tout démolir, et vendre à l’enchère tous les matériaux, les sièges et les meubles (Val. […] On aurait vainement cherché Rome dans Rome comédienne.
C'est une folie de se fatiguer, se tourmenter, crier, pleurer, gémir, contrefaire sa voix, chercher des attitudes, faire des mouvements, pour représenter des contes, peindre des folies, des vices, une courtisane, un fripon, un misérable, un ivrogne, se casser la tête, mettre son esprit à la torture, pour trouver ce qu'a pu dire une Reine des Scythes, un Empereur dans la lune, un Grec amoureux à sa Laïs, un Pourceaugnac à son Apothicaire : « Turpe est difficiles habere nugas stultus labor est ineptiarum. […] De là des danses de toute espèce, légères, graves, majestueuses, badines, bouffonnes, etc. qui peignent les mouvements de l'âme, des danses de Guerriers, de Bergers, de Paysans, de Furies, de Dieux, de Démons, de Cyclopes, d'Indiens, de Sauvages, de Mores, de Turcs, qui caractérisent les professions et les peuples ; de là ces mouvements compassés de la tête, des pieds, des bras, des mains, etc. qui tous doivent se réunir de concert pour former les traits du tableau ; de là tous les divers habits et parures analogues à ce qu'on veut représenter, mais qui tous élégants, dégagés, propres, conservent et rendent saillante la taille et la forme du corps, qu'ils laissent admirer ; de là cette souplesse moelleuse, cette mobilité coulante, cette marche gracieuse, cette symmétrie des pas, ces figures entrelaçées, cette espèce de labyrinthe où à tout moment on se perd et on se retrouve ; de là ces innombrables combinaisons de plusieurs danseurs qui se cherchent, se fuient, s'embarrassent, se dégagent, se parlent par gestes, varient à tous les moments la scène, mais qui dans tous leurs mouvements les plus compliqués, toujours soumis au coup d'archet, semblent n'agir que par la même impulsion.
O n a cherché avec soin les causes de la décadence des Sciences & des Arts.
Il chercha à en imposer à la Religion, en fit taire les sages Loix, en l’intéressant, pour ainsi dire, dans les jeux qu’il préparoit au Peuple ; car en France, comme dans la Grèce, ce ne fut que lui que le Théâtre envisagea d’abord ; son ignorance, ses goûts grossiers & bisarres, sa piété même, toujours mal-entendue, & toujours mêlée de superstitions, furent les premiers moyens dont l’esprit humain se servit pour exécuter ses projets.
Il s’en suit que la Comédie ne saurait peindre trop fortement les caractères qu’elle va chercher dans le monde ; plus leurs traits seront marqués, plus ils seront chargés de ridicules, & plus ils réjouiront les Spectateurs.
On a cherché à s’assurer si l’avis donné à la *** venait de moi ; si les sentimens généreux qu’elle a montrés n’étaient pas mon ouvrage !
Les périls où l'on est exposé sans les avoir pu prévoir, éloignent moins la grâce de Dieu, et nous laissent une légitime confiance de l'obtenir par nos prières ; au lieu que ceux qu'on cherche de gaieté de cœur, portent Dieu à nous abandonner à nous-mêmes.
« Le clergé pour qui j’ai eu tant d’égards, auquel j’ai cherché à m’associer, jusqu’à avilir dans cette vue la majesté royale, s’est laissé aveugler, il y a déjà longtemps, par un faux zèle pour la religion, et donne aujourd’hui au peuple français l’exemple de la révolte. » Quelle leçon pour les rois !
La première Comédie que j’ai vue, fut Timon Misanthrope b : quand j’entendis Arlequin lui dire : « Et que me faisait cela ; je méritais, moi, de faire de bonnes actions » : je me sentis pénétré d’une lumière qui échauffa mon cœur, qui y fit éclore une autre forme de sentiments : il semblait que j’acquérais un nouvel être : il ne s’est pas encore passé un seul jour sans que cette idée ne me soit revenue : et depuis plus de trente ans, je cherche et m’empresse à faire tout le bien qui est en mon pouvoir.
Les premiers Poètes dramatiques modernes prirent le Théâtre de Plaute et de Térence pour modèle ; et, parce que les Courtisanes, et surtout les Esclaves, n’étaient pas dans nos mœurs, et qu’ils s’imaginèrent peut-être que, sans les intrigues d’amour, le Théâtre serait insipide, comme j’ai dit autre part ;4 on chercha un exemple plus général de corruption dans les Latins, et malheureusement on le trouva.
Ils cherchèrent, sans doute, des amusemens à mesure que leurs connoissances s’agrandirent. […] Ainsi l’origine de la Comédie, ou de la Pastorale, car ce fut d’abord la même chose, doit se chercher dans les premiers siécles du monde.
Et moi au contraire j'étais alors si misérable, que j'aimais à être touché de quelque douleur, et en cherchais des sujets, n'y ayant aucunes actions des Comédiens qui me plussent tant, et qui me charmassent davantage, que lors qu'ils me tiraient des larmes des yeux par la représentation de quelques malheurs étrangers et fabuleux qu'ils représentaient sur le Théâtre : Et faut-il s'en étonner, puisqu'étant alors une brebis malheureuse qui m'étais égarée en quittant votre troupeau, parce que je ne pouvais souffrir votre conduite, je me trouvais comme tout couvert de gale ? […] Oui nous consentons, et nous approuvons que le Chrétien qui se prive des divertissements du Cirque, du Théâtre, de l'Amphithéâtre, cherche d'autres Spectacles.
Tharaise, Patriarche de Constantinople, exécutait et faisait exécuter à son Clergé les canons des Conciles, et l’engageait à chercher dans le chant des psaumes un divertissement plus convenable à son état que des amusements pernicieux qui ne sont pas permis même aux laïques. […] (traité où on n’irait pas chercher cette question), et quelques autres Casuistes, qu’il est permis aux Religieux d’aller à la comédie, pourvu qu’il n’y ait point de scandale (par exemple, dans des loges grillées), de danger de péché mortel, de défense particulière de leur règle, et que le sujet de la pièce soit quelque histoire sainte ou humaine, ou quelque fable de l’invention du Poète, (c’est-à-dire à toutes les pièces, car il n’y en a point d’une autre espèce).
Le libertinage ne s’en accommoderait pas ; pourrait-il se résoudre à perdre le plaisir de la dissolution qu’il y va chercher ? […] Les uns obérés de dettes, et réduits à la misère par la débauche, allaient y chercher du pain, d’autres, pour faire la cour à des Princes qui se plaisaient à ces jeux infâmes, un grand nombre par l’indigne plaisir, ou plutôt par l’ivresse du spectacle, par un air de petit-maître, une sorte de galanterie qui les faisait aimer des femmes (tous les siècles se ressemblent).
» On trouve ces idées si belles, si pures, qu'on les lui fait répéter à la mort : « Je cherchai pour l'objet de ce nœud respectable Un mortel qui jamais ne me parût aimable, Dont le choix odieux rassurât mon amant. […] La cherche-t-on, la trouve-t-on au théâtre ? […] Si on ne cherchait que l'adresse de l'imitation, toutes les peintures seraient indifférentes, pourvu qu'elles fussent ressemblantes.
Et quel scrupule se peut-on faire d’aller chercher de l’horreur pour le vice, et de l’amour pour la vertu, s’il est vrai que la Comédie inspire l’une et l’autre ? […] Cherchons ce que cette Loi nous dit touchant la Comédie. […] Il lui est aisé de faire voir « qu’aucune des conditions que demandent les saints Docteurs ne manque à la Comédie telle qu’elle est aujourd’hui… On n’y cherche pas, dit-il, le plaisir dans des paroles, ou dans des actions déshonnêtes.
Blâmez-la, si vous le jugez à propos ; mais croyez du moins que c’est ainsi que nous pensons, que c’est ainsi que nous instruisons les peuples, & que nous cherchons à leur faire part des mêmes consolations dont nous sommes pénétrés, & qui résultent du dogme de la divinité du Verbe incarné.
Vous cherchez des rapports !
Quoy qu’il en soit, nous ne cherchons que la connoissance necessaire de la chose principale, sans nous arrester aux curiositez d’une critique, incertaine & superfluë.
Il falait avoir recours à un expédient triste pour le Gouvernement, qui ne cherchait que les moyens d’amuser le Peuple, en lui fournissant du pain, & en lui donnant des Spectacles ; mais cet expédient devenu nécessaire, était de faire sortir de Rome tous les Pantomimes.
Allons chercher tout cela34 . » « JePages 260. 261. et 262.
D’un autre côté l’on entend bien des clameurs contre l’usage et la nécessité d’avoir des Procès : et généralement tout le monde voudrait les éviter en s’accommodant à l’amiable pour ne pas se ruiner et pour ne pas se charger des peines et des inquiétudes d’esprit qu’ils apportent : cependant il n’est que trop vrai qu’il y a des personnes qui ne sauraient vivre sans Procès, qui les cherchent, et qui sur des prétextes très frivoles, attaquent leurs parents, souvent même leurs amis, seulement pour avoir le plaisir de plaider.
Pourquoi chercher ailleurs un bonheur chimérique ? […] La noble, la pieuse Troupe a raison de n’avoir rien de commun avec cet audacieux Ecrivain, qui cherche à la couvrir d’infamie & de ridicule : elle mériteroit ces odieuses imputations, si elle avoit la foiblesse de mollir & de se charger des ouvrages de ce calomniateur, même de les entendre, jusqu’à ce qu’il ait autentiquement réparé ces insultes d’une manière aussi notoire que l’injure a été publique. […] Je reconnois que tous les membres de l’Aréopage, également éclairés & équitables, ont pour les gens de lettres les égards, le respect, la déférence que tout subalterne doit à ses bienfaiteurs & à ses guides ; que toujours fideles à leurs engagemens ils n’ont jamais séparé leurs intérêt de ceux de leurs maîtres, jamais affecté de prédilection offensante, jamais cherché à les désespérer par des tons despotiques & des délais éternels ; que les jugemens de la Troupe, tous inspirés par un goût infaillible, précédé d’un mûr examen, motivés par la plus saine raison, méritent en tout temps les acclamations du public ; que les gestes toujours d’accords avec la pensée, toujours variés comme la déclamation, toujours nouveaux comme les rôles, offrent tour à tour, dans le même acteur, la dignité d’un héros & la lâcheté d’un perfide, les traits mâles d’un sauvage & l’air efféminé d’un Sibarite ; que les femmes du Théatre, ausi chastes que modestes, aussi décentes que desintéressées, aussi vertueuses que sensibles, n’ont jamais séduit l’innocence, dupé la bonhommie, outragé l’hymen, dépouillé les familles, introduit le désordre dans la société ; que dans tous les siecles & chez tous les peuples, la profession de Comédien fut une profession noble & honnête ; qu’on a partout puni l’Ecrivain téméraire & séditieux qui a osé ébranler une opinion si respectable, & que le meilleur moyen d’établir les bonnes mœurs & la vertu, de détruire le faste, le luxe, la dissolution, c’est d’engager le Gouvernement à combler les Comédiens d’honneurs & de richesses. […] Au lieu des égards, des déférences, du respect qu’ils leur doivent, ils cherchent continuellement à les humilier par des hauteurs, à les fatiguer par des tracasseries, à les décourager par les injustices les plus révoltantes. […] Mercier n’a point désavoué cet ouvrage injurieux, & que la Comédie ne peut avoir rien de commun avec un Auteur qui a cherché à la couvrir de ridicule & d’infamie ; qu’elle mériteroit les odieuses imputations de M.
Après cette belle résolution, il fait lever sa fille et lui dit que, « si elle cherche à s’humilier et à se mortifier dans un Couvent, d’autant plus elle a d’aversion pour Panulphe, d’autant plus méritera-t-elle avec lui ». […] Je ne feins pas de vous avouer, que ce sentiment me paraît un des plus considérables effets de la corruption du siècle où nous vivons : c’est par ce principe de fausse bienséance qu’on relègue la Raison et la Vérité dans les pays barbares et peu fréquentés, qu’on les borne dans les Ecoles et dans les Eglises, où leur puissante vertu est presque inutile, parce qu’elles n’y sont cherchées que de ceux qui les aiment et qui les connaissent ; et que comme si on se défiait de leur force et de leur autorité, on n’ose les commettre où elles peuvent rencontrer leurs ennemis. […] Loin donc, loin d’une âme vraiment chrétienne ces indignes ménagements et ces cruelles bienséances, qui voudraient nous empêcher de travailler à la sanctification de nos frères partout où nous le pouvons : la charité ne souffre point de bornes ; tous lieux, tous temps lui sont bons pour agir et faire du bien : elle n’a point d’égard à sa dignité quand il y va de son intérêt ; et comment pourrait-elle en avoir, puisque cet intérêt consistant, comme il fait, à convertir les méchants, il faut qu’elle les cherche pour les combattre, et qu’elle ne peut les trouver, pour l’ordinaire, que dans des lieux indignes d’elle ? […] Si je cherchais matière à philosopher, je pourrais vous dire pour achever de vous convaincre de l’importance des premiers instants en matière de Ridicule, que l’extrême attachement de l’âme pour ce qui lui donne du plaisir, comme le Ridicule des choses qu’elle voit, ne lui permet pas de raisonner pour se priver de ce plaisir, et par conséquent qu’elle a une répugnance naturelle à cesser de considérer comme Ridicule, ce qu’elle a une fois considéré comme tel : et c’est peut-être pour cette raison que, comme il arrive souvent, nous ne saurions traiter sérieusement de certaines choses, pour les avoir d’abord envisagées de quelque côté ou ridicule, ou seulement qui a rapport à quelque idée de ridicule que nous avions, et qui nous l’a rafraîchie : combien donc à plus forte raison cette première impression fait-elle le même effet dans les occasions aussi sérieuses que celles-ci ! […] Or cette connaissance d’être plus qu’un autre est fort agréable à la Nature ; de là vient que le mépris qui enferme cette connaissance est toujours accompagné de joie : or cette joie et ce mépris composent le mouvement qu’excite le Ridicule dans ceux qui le voient ; et comme ces deux sentiments sont fondés sur les deux plus anciennes et plus essentielles maladies du genre humain, l’orgueil et la complaisance dans les maux d’autrui, il n’est pas étrange que le sentiment du Ridicule soit si fort, et qu’il ravisse l’âme comme il fait ; elle qui se défiant à bon droit de sa propre excellence depuis le péché d’origine, cherche de tous côtés avec avidité de quoi la persuader aux autres et à soi-même par des comparaisons qui lui soient avantageuses, c’est-à-dire par la considération des défauts d’autrui.