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20. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE I. Préjugés légitimes contre le Théatre. » pp. 4-29

Le théatre porta toûjours sa condamnation sur le front. […] Le caractère des défenseurs du théatre. […] C’est un second spectacle ; chaque loge est un théatre, chaque spectateur un acteur. […] La mort de tous les suppôts de théatre. […] Voltaire, on n’en doute pas, a un théatre dans son château, où il donne souvent la comédie ; quelle gloire pour ce théatre d’y voir la Clairon !

21. (1767) Réflexions sur le théâtre, vol 6 « Réflexions sur le théâtre, vol 6 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SIXIÈME. — CHAPITRE I. Faut-il permettre aux femmes d’aller à la Comédie ? » pp. 4-29

Plusieurs femmes ont composé pour le théatre, MMes. […] Le théatre est la grande Abbaye & le Château verd. […] que fait-on au théatre que ce qu’on fait au serrail ? […] Vous voulez donc exclure les femmes du théatre ? […] qu’il est glorieux à la philosophie de régner sur le théatre !

22. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE VIII. Sentimens de S. Chrysostome. » pp. 181-192

Il attribue tout au théatre. […] Comparons le théatre à la prison. […] Voilà le théatre. […] Parmi ces désordres il met la tolérance du théatre, comme l’un des plus grands maux de la société. […] Il seroit aisé de rapporter beaucoup d’autres passages du même Père contre le théatre.

23. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre IV.  » pp. 97-128

Le théatre étoit alors par-tout, toute la France étoit un théatre, on y disoit, on y faisoit grossiérement tout ce que les passions inspiroient à un peuple sans politesse. […] Et un passage de l’Eglise au théatre, bien digne du Clergé Romain ? […] Les mauvaises mœurs & le théatre sont inséparables. […] Voltaire connoît mieux le théatre que l’histoire ecclésiastique. […] Cette comédie fit sa fortune ; elle a été mise sur le théatre.

24. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre IV [III]. La Grange & Destouches. » pp. 90-114

Il y parut sur le théatre, & fut comblé d’éloges. […] C’est le goût, ou plutôt la fureur du théatre qui l’égara. […] Le théatre est courtisan. […] (Tout est usé sur le théatre). […] Mais l’Evangile est-il fait pour le théatre, y plairoit-il ?

25. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre IV. Fêtes de Théatre. » pp. 95-114

Voici un théatre Russe, du Prince Clenerlow, traduit en François par le Baron de Blening-Casson. […] Quel délire de théatre, d’en aller construire au Levant, & d’y jouer des pieces ! […] On ne sauroit faire prêcher de meilleur Apôtre que le théatre François ; il est bien différent de tous les autres. […] Le théatre fut la premiere étincelle qui alluma ce grand feu. […]  24. on trouve : La société & la politique parlent pour le théatre.

26. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE VIII. Sentiment de S. Thomas. » pp. 178-198

Thomas n’est pas, comme celui des autres Pères, une condamnation claire & précise du théatre. […] Quand on passeroit toute cette doctrine, la cause du théatre tel qu’il existe, n’en seroit pas meilleure. […] Thomas ne nomme pas expressément le théatre, ses principes suffisent pour décider la question ; l’application est aisée. […] Il n’y avoit encore de son temps, il n’y eut de long-temps encore aucun théatre public en Europe, aucun théatre à demeure ; ce n’étoient que des Poëtes ambulans, d’abord Provençaux, dont M. […] le Brun, l’histoire du théatre depuis son origine jusqu’au siecle de S.

27. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre V.  » pp. 129-160

Le théatre a pris la place du burlesque, & ne vaut pas mieux : c’est l’ordinaire en France, les goûts forment le langage, les conversations ne sont tissues que d’anecdotes du théatre. […] Jamais on n’a vu de grands hommes sur le théatre. […] On a raison d’appeller la poésie un délire, celle du théatre l’est dans tous les sens. […] Mais le monde ne garde aucune mesure, & le théatre aucune décence. […] Qui force le particulier de monter sur le théatre, ou d’aller au parterre ?

28. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE V. Du Mensonge. » pp. 100-113

Dès que le théatre parut, il fut accusé par le plus sage des Grecs d’en être une dangereuse école. […] C’est par cette raison que le théatre n’a pas fait fortune en Suisse. […] Le théatre, aussi contagieux que la Cour, remplit de mensonge tout ce qui le fréquente. […] Une amatrice du théatre n’aime que son jargon, ses airs, son luxe, joue toûjours quelque rôle. […] Si cette maxime est une règle du théatre, j’ai failli.

29. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre premier.  » pp. 2-36

Turenne d’un coup de canon sur le champ de bataille, c’étoit son théatre, Moliere d’une attaque d’apoplexie sur le théatre, c’étoit son champ de bataille, chacun jouoit son rôle. […] L’avarice du théatre seroit une jolie piéce. […] Après tout, il n’a fait que des comédies, il ne peut avoir épuré que le goût du théatre. […] Ce n’est que dans les rues, ou dans les maisons particulieres, que des troupes de comédiens vont jouer ; il n’y a aucun théatre public, aucun théatre à demeure, autorisé, soudoyé par le gouvernement. […] Le mari, la femme, le public n’y perdront rien, tout sera content, & le théatre ira son train.

30. (1767) Réflexions sur le théâtre, vol 6 « Réflexions sur le théâtre, vol 6 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SIXIÈME. — CHAPITRE VII. De la Dévotion des Comédiens. » pp. 160-179

Voici mes preuves, la nouvelle histoire du théatre Italien m’en fournira. […] A-t-on pu réunir dans le même volume ce conte & l’apologie du théatre ? […] Elle ajouta à ce pathétique discours un coup de théatre, elle tomba évanouie. […] Ainsi on voit Mars & Vénus à côté d’un Moine, Jupiter & Alcmene auprès d’un Evêque, le théatre dans l’Eglise, & l’Eglise sur le théatre, comme les Pénitens blancs par dévotion à l’opéra. […] Sulpice à Paris dans les pieces de théatre qu’on y joue.

31. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre III. Suites des Mélanges. » pp. 68-117

C’est l’opposé du théatre & de la vie des actrices. […] Une actrice qui joue tous les jours sur le théatre public, avoit encore un théatre chez elle : quelle fureur théatrale ! […] L’Eglise dans tous les temps a proscrit le théatre. […] C’est braver toutes les idées du théatre. Mais le théatre mérite-t-il plus de respect que l’Eglise ?

32. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quinzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre VI. Suite d’Anecdotes illustres. » pp. 184-225

Le théatre à son tour ne fut pas en reste, ce sage Mentor y étoit infiniment haï & méritoit de l’être. […] Le même esprit qui a donné cette farce à toute une armée, est celui qui a introduit le théatre à St. […] Vraie morale de théatre. […] En France le théatre ne donne rien au Roi, au contraire, le Roi pensionne les Comédiens. […] A Milan ce droit est affermé à l’Entrepreneur du thêatre ; deux entreprises fort analogues, mais afin que les droits impériaux ne soient point fraudés, & que le théatre qui occasionne tous les vices, y conduise bien des joueurs, ils ne peuvent être joués que dans des salles qui y sont destinées, & qui tiennent au théatre, elles ne sont ouvertes que quand le théatre est ouvert.

33. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre premier. Remarques Littéraires. » pp. 11-51

Voilà le théatre & toute sa décence. […] Le Marquis Albigati, qui rapporte l’un & l’autre dans la préface de son théatre, le dit encore du théatre italien. […] Jamais coup de théatre ne fut plus frappant. […] C’est un peu déroger à la noblesse, à la philosophie du théatre. […] Le parlement fit fermer le théatre & le Roi le fit ouvrir.

34. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre VIII.  » pp. 195-221

Le théatre de la foire n’a rien donné de plus burlesque & de plus licentieux. […] Tel est l’aveuglement d’un entousiaste, il est pétri de théatre, il ne voit, il n’entend, ne parle, ne pense que théatre. […] Ce fut d’abord un théatre de société, sous le nom très modeste & très-juste, de comédie bourgeoise. […] Porée, qui est plutôt une condamnation qu’une approbation du théatre. […] Le théatre eût bientôt monté les esprits à la satyre, à la licence & la méchanceté.

35. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE VII. Du Père Porée. » pp. 149-177

Le théatre est aussi pernicieux que les romans ; les romans sont aussi susceptibles de correction que le théatre. […] Tout cela ne se trouve-t-il pas dans les pieces de théatre ? […] Voyez deux discours sur les romans & le théatre. […] Tels sont les funestes fruits des romans (& du théatre). […] Croiset parle souvent du théatre, sur-tout Réflex.

36. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre II.  » pp. 37-67

Sans doute, y a-t-il d’amour qui ne plaise aux François, amateurs du théatre ? […] Oui, mais un homme de la création du théatre François. […] Causes de la décadence du goût sur le théatre. […] Mais grace à la philosophie & à la dépravation des mœurs, le théatre aujourd’hui est le souverain bien, le talent du théatre est le souverain mérite de l’homme. […] Le bel éloge du théatre de rendre les hommes foux !

37. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre VIII. Du Clergé comédien. » pp. 176-212

Le théatre porte son poison jusque dans Port Royal qui fut toujours son ennemi déclaré. […] Le théatre a perdu Latouche que lui-même a perdu. […] Il quitta le Clergé, se livra au théatre, & s’enyvra de ses succès. […] Il le fit marier, quitter absolument le théatre, & se renfermer dans sa famille, où il vêcut chretiennement. […] La Réligion corrigea Racine de l’ambition comme du théatre, il en mérita mieux l’estime de la Cour & du public.

38. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quinzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre III. Aveux importans. » pp. 83-110

O impiété, dit Clément d’Alexandrie, vous faites descendre le Ciel sur le théatre, Dieu est devenu une comédie ! O impiété, vous faites monter la vertu sur le théatre, & vous en faites une Comédienne ! […] Du reste ce bel esprit n’est pas suspect, homme du monde, livré à la galanterie, dont ses livres sont pleins, amateur du théatre, Auteur, neveu admirateur de Corneille, il n’étoit ni scrupuleux ni ennemi du théatre. […] Non il n’y a que des romanciers & des gens de théatre qui le tiennent. […] Ce seroit le renversement du théatre ; car le théatre doit son existence au vice, ne vit que d’impureté, enfante tous les crimes.

39. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE II. Des Masques. » pp. 28-54

Que de travers occasionne le goût du théatre ! […] Après la piece les Comédiens la firent monter sur le théatre avec l’Abbé femme. […] Tout cela se réunit au théatre. […] Le théatre, chez qui ces déguisemens sont fréquens, ne rend que trop la vérité. […] Le chef d’œuvre de l’art du théatre est d’être tout & n’être rien à son gré.

40. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre VI. Suites des diversites curieuses. » pp. 138-172

Le théatre a sa folie dont on ne revient guere. […] Le théatre est il un bon général pour vaincre un ennemi redoutable ? […] Le théatre est une source empoisonnée de toute sorte de corruptions. […] Je ne sais s’ils connoissent bien les intérêts du théatre. […] En connoît on au théatre ?

41. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre I. Diversités curieuses. » pp. 5-37

Le théatre n’a rien de remarquable dans les deux derniers. […] Le théatre est trop de son goût, pour n’y être pas florissant. […] Ces peuples ont eu leur poësie, leur musique, leur théatre. […] Le théatre n’y est-il pas florissant ? […] Aussi n’a-t-on jamais donné ce titre à aucun spectateur & amateur du théatre.

42. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE II. Du Mariage. » pp. 30-54

Les époux n’en seront pas plus unis, ni le théatre plus sage. […] Il se fait des milliers de mariages sur le théatre. […] la religion, les sacremens, Dieu sur le théatre ! […] Le théatre commençoit à régner. […] Matthieu, & notre Évangile est le théatre de Moliere.

43. (1767) Réflexions sur le théâtre, vol 6 « Réflexions sur le théâtre, vol 6 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SIXIÈME. — CHAPITRE IV. Extrait des Lettres de M. Clément. » pp. 85-106

Tant on est dans le goût des filles de théatre. […] Peut-on vivre sans le théatre ? […] Le Censeur du théatre, M. […] L’histoire du théatre n’est que le détail de ses tracasseries. […] Le théatre en fait faire bien d’autres, Lett.

44. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-3

Il est de notoriété publique que les acteurs, les auteurs, les amateurs sont presque tous des libertins sans religion & sans mœurs, que le vice y a conduit, que le vice y entretient, ou à qui le théatre a enseigné & communiqué le vice. […] Le libertinage & le théatre sont pour eux d’étiquette. […] Le théatre fait leur gloire ; il est dressé pour eux plus que pour les piéces. […] Le théatre est pour elles l’école de tous les vices ; parure, galanterie, frivolité, luxe, vanité, que n’y apprend-on pas ? […] On y forme les intrigues, on y étale les graces, on y parle le langage de la passion ; les loges sont leur vrai théatre.

45. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-10

Y a-t-il de conversation, surtout sur le théatre, où on ne déchire le prochain ? […] Toute une petite ville est mise en train pour jouer la farce du gouvernement chimérique donné à l’écuyer, à qui l’on fait toutes sortes d’insultes : cent & cent autres personnes, dans le cours de cette histoire insensée, entretiennent les rêveries de ce malheureux, pour le baffouer, & renouvellent les combats des gladiateurs, où les romains se divertissoient aux dépens des hommes, comme ils venoient de faire au théatre Le cirque est un théatre, le théatre est un cirque, où l’homme est le jouet de l’homme ; dans l’un aux dépens de la vie, dans l’autre aux dépens de l’honneur : la brutalité a enfanté l’un & l’autre, y conduit & s’y plaît. Quoique ce roman ne soit qu’un tissu de scènes du théatre de la Foire, il est déclaré contre la comédie. […] Peut-on donc en conscience fréquenter le théatre ? […] L’auteur auroit bien dû mener son chevalier au théatre.

46. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre II. Du Philosophe de sans souci. » pp. 36-60

Elle fit long temps l’honneur du théatre de Sceaux. […] Voltaire depuis soixante ans est un entousiaste du théatre. […] mais voilà bien l’esprit du théatre. […] Quoiqu’il en soit, c’est l’esprit du théatre. […] A quels excès conduit l’esprit du théatre !

47. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre II. L’Arétin, le Tasse, l’Arioste. » pp. 38-79

Ce mélange monstrueux n’est pas rare au théatre. […] Les amateurs du théatre pensent-ils ? […] Excuse frivole, mais ordinaire sur le théatre. […] Le théatre n’est que l’art d’aimer décousu, l’art d’aimer n’est que le théatre mis en ordre. […] L’Arioste a beaucoup travaillé pour le théatre.

48. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre IV. Suite d’Anecdotes Ecclésiastiques. » pp. 106-132

De quoi n’est pas capable l’esprit du théatre, qu’on donne pour si utile au public ? […] C’est un malheur attaché au théatre, d’occasionner toujours quelques désordres. […] Après la mort de Louis XIV. le théatre s’en est emparé. […] Les plus grands hommes ont leurs foiblesses ; ces foiblesses font le procès au théatre. […] Le théatre concilie tout : on sanctifie la scène, & on égaye le service divin.

49. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre [V].  » pp. 156-192

Voilà des succès qu’on ne vit jamais sur le théatre. […] Il feroit detester le théatre. […] Tout spectacle n’est pas une piece de théatre. […] C’est une farce divertissante du théatre de la Foire. […] L’histoire en est pleine, toute la terre en est le théatre.

50. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre VI. Machiavel. » pp. 198-214

Le 5 janvier 1776, veille des Rois, le théatre fut plus rempli qu’à l’ordinaire. […] La même chose arriva à Antioche : les Perses en embuscade saisirent le temps où tout le monde étoit au théatre, entrerent sans peine, & prirent la ville que le théatre avoit rendue sans défense. […] Le théatre n’est qu’une école de friponnerie. […] Le théatre est une école des mœurs, Moliere est un sage réformateur. […] Le poison du théatre n’est pas moins dangereux, ni les haines moins irréconciliables.

51. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE II. Anecdotes de Théatre.  » pp. 41-71

Le théatre de Tordinone, qui est très-beau, fut bâti à l’occasion d’un démêlé entre l’Ambassadeur de France & celui de l’Empereur. […] Ils veulent que le talent du théatre réunisse tous ces éloges, comme s’il supposoit ou donnoit toutes les vertus, ou en tenoit lieu. […] Que n’a-t-on pas à craindre d’un homme livré aux actrices, & de quoi n’est pas capable une femme prostituée, qui passe du théatre à la pourpre. […] Les Apologistes du théatre, qui le jugent nécessaire pour empêcher de plus grands maux, ont sans doute en vue la vertu de ce spécifique. […] Divers traités du théatre, de l’amphitéâtre, des regles de l’art dramatique dont on fait usage en Italie. 3°. 

52. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE III. Théatre de S. Foix. » pp. 52-75

Ce théatre, qui contient une vingtaine de pieces, la plupart en un acte, est proprement le théatre des femmes ; on auroit dû l’intituler, Théatre de Madame de S. […] S’il y a quelque théatre dans l’intérieur du serrail, car il n’y a certainement aucun théatre public dans l’Empire Ottoman, on n’y a pu jouer que des pieces traduites. […] Mais si c’est l’excuse de l’Auteur, ce n’est pas l’apologie du théatre. […] Calot seul pourra faire un théatre complet, M. de S. […] quels sont les événemens de la vie, du moins qui puissent fournir une piece de théatre, où il n’y ait que deux personnes ?

53. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE II. De la Danse. » pp. 30-51

Chaque théatre a son conseil bien pensionné, sans compter l’entrée gratuite au spectacle, & le revenant bon des faveurs des Actrices. […] Parmi nous le théatre semble l’avoir adoptée. […] & le théatre est épuré ! […] Le théatre est le Temple de Gnide, l’Isle de Cythère ; toutes les occupations, toutes les fêtes de Paphos sont des danses. […] Combien cependant la danse de la fille d’Hérodias étoit-elle moins dangereuse que nos danses de théatre !

54. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre VII. Fêtes de Théatre. » pp. 169-185

A quelles mauvaises pensées vent être exposés les chastes confreres, en portant une décoration de théatre ? […] Toutes les gazettes ont annoncé l’incendie du théatre d’Amslerdam ; sur la fin de l’opéra un lampion mit le feu à un cordon qui pendoit le long de lacou’isse, le feu prit à la coulisse même, & delà à tout le théatre ; dans un instant le plafond & le toit furent embrasés, les lustres de eristal tomberent sur les spectateurs qui étoient en très-grand nombre. […] Passer du théatre au jugement de Dieu, de l’opéra à l’éternité, peut-il être de plus grand malheur ? […] Ce rendez-vous s’ouvre deux fois la semaine, le Jeudi & le Dimanche, à la place de l’Office Divin, qui n’entre jamais dans les opérations du théatre. […] Le théatre Anglois, qu’on dit si féroce, n’en a jamais tant montré en figure, que le théatre de Marseille en a réalisé.

55. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE III. Suite du Mariage. » pp. 55-79

Le théatre est le plus hardi courtisan & le moins délicat sur l’objet des éloges. […] La jeune femme parut avec éclat sur le théatre, & se fit une foule d’adorateurs. […] Les mariages du théatre s’en flatteroient-ils ? […] Quel spectacle, quel coup de théatre, s’il est permis de le dire ! […] Tous les mariages de théatre sont faits par Vénus.

56. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre I. La Rosiere de Salenci. » pp. 10-37

Voici qui fera connoître le génie des Rosieres du théatre & de leurs adorateurs. […] Les choses saintes sont si étrangeres au théatre, qu’on n’ose même en prononcer le nom : on ne donne à S. […] Le théatre croit encore lui faire grace. […] Qu’on juge de la sagesse d’un amateur qui étudieroit l’histoire & les mœurs dans les pieces de théatre. […] La troupe de miliciens & de la maréchaussée ne font qu’embarrasser le théatre.

57. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre VIII. Anecdotes illustres du Théatre. » pp. 186-214

Il défendit d’aller la nuit au théatre, & aux femmes de se trouver aux combats des Athlétes. […] Le Sénat y fit des difficultés, le théatre avoit comme aujourd’hui, bien des amateurs parmi les Peres Conscripts. […] L’Ambassadeur sort brusquement de sa place, monte sur le théatre, & passe son épée au travers du corps de l’acteur. […] Madame la Dauphine signala son entrée en France par les honneurs qu’lle fit au théatre. […] Le théatre est le centre de tout ; on songea deux jours après à remercier Dieu.

58. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre II. Charles IV & Charles V. » pp. 38-59

La premiere est une suite d’avantures de théatre, la seconde n’en offre que peu. […] Voici ce qui appartient au théatre. […] Elle quitta le théatre & se fit religieuse. […] Le feu du théatre causa ce funeste embrasement. […] Ainsi la galanterie & le théatre déshonorent les plus grands noms, & la vertu illustre les noms les plus obscurs.

59. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE III. Extrait de quelques Livres.  » pp. 72-105

Le théatre ne manquera pas de s’en faire honneur. […] Cette réflexion dont l’objet est commun à quelque chose de neuf dans son application au théatre, où personne ne songe à la mort, quoique tout la rende présente. […] C’est, disent-ils, pour donner à la jeunesse la hardiesse, le ton, la contenance, pour parler en public ; mais pourquoi choisir des pieces de théatre ? […] Février 1770, font un détail des ouvrages sur le théatre qui ont paru depuis peu 1°.  […] Le théatre de l’Abbé Metastasio, du Président Henault.

60. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre I. De la Pudeur. » pp. 4-35

Il en est aujourd’hui, grace au théatre, qui on secoué ce joug. […] Le théatre fait époque dans les annales du vice. […] Ces temples étoient bien plus anciens à Rome que le théatre. […] Un amateur du théatre rira de ma morale. […] Cette emblème n’a jamais paru sur aucun théatre.

61. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-4

Voilà l’un des plus grands maux du théatre, de l’aveu de son oracle ; il fait excuser l’inceste & la calomnie, il fait plaindre & aimer Phedre & Medée, les femmes les plus scélérates de l’antiquité. Racine, alors peû dévot, ne pensoit pas qu’en faisant briller son talent, il faisoit le procès à son métier & au théatre, auquel il devoit toute sa gloire. […] Cet utile rempart, ce doux attrait, le théatre le détruit. […] Le théatre est une espece de barreau, où le Poëte déploie son éloquence. […] Au théatre le crime est certain, il est avéré, il forme le nœud de la piece, & le Poëte cherche à le faire excuser.

62. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre V. Suite des Mêlanges. » pp. 146-197

On ne connoissoit pas le théatre du temps de Jacob. […] Il y a une opposition innée dans tous les esprits entre les bonnes mœurs & le théatre. […] Tels sont les operas boussons, les pieces de la Foire, des boulevards, presque tout le théatre italien & la moitié du théatre françois, les deux tiers de Moliere. […] I, demande s’il faut faire représenter des pieces de théatre dans les collèges. […] Le théatre, qui est le grand maître des mœurs, y puise ses plus beaux drames.

63. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre I.  » pp. 3-35

On a vu depuis dans le théatre du Sieur S.  […] Ces vertus chrétiennes sont étrangeres au théatre. […] C’est le contraire de la marche du théatre. […] Je suis surpris qu’on n’ait point encore songé à mettre un impôt sur le théatre, & qu’au contraire le théatre mette un impôt sur le public. […] Cet impôt sur le théatre ne seroit point crier.

64. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Le Comte de Chavagnac & le Marquis de… » pp. 188-216

Nous nous arrêtons aux aventures de théatre. […] Sa Majesté Impériale aimoit si fort le théatre, qu’elle exerçoit les acteurs. […] Jamais théatre, ni combat, ni tournois, ne fut si fréquenté. […] Le théatre ne fit-il qu’occasionner ces excès, il seroit un très-grand mal. […] Rien ne plait au théatre sans l’assaisonnement du vice.

65. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre VII. Autre suite de diversités curieuses. » pp. 173-202

Plusieurs des premiers Académiciens ont travaillé pour le théatre, Desmarets, Bois Robert, &c. […] C’est la jurisprudence du théatre ; la délicatesse de l’Auteur gâta tout. […] Il seroit à souhaiter que notre théatre aujourd’hui imitât sa sagesse, en retranchant les libertés qu’il s’est trop souvent permises. […] Une indécence propre au théatre moderne, que n’avoit pas l’ancien, augmente beaucoup le danger. […] Il n’y a point de Chrétien ni ne doive avoir horreur du théatre.

66. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE IX. Spectacles de la Religion. » pp. 180-195

les Acteurs poussant des cris plus perçans que sur le théatre ! […] Le cirque, l’arenne, le théatre, l’amphithéatre, n’en approcheront jamais. […] Le théatre en est-il une ombre légère ? […] Le théatre lui-même s’en pare. […] Ce mot de théatre que quelques Commentateurs de S.

67. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre II. Suite du Clergé Comédien, » pp. 52-67

Peut-on disputer ce héros au théatre ? […] Le théatre l’avoit gâté, & monté sur le ton du tabarin ; l’acteur paroit par-tout, à travers l’éclat de la pourpre & la gravité empruntée d’un philosophe. […] Amateur du théatre, il en étoit épris, il en avoit le génie, & il passa sa vie sur la scène. […] Le théatre qui gâte tout ce qu’il touche, a répandu un nuage sur cette héroïne, la moins faite pour la frivolité & les tréteaux. […] Il veut que tout y applaudisse & batte des mains, comme au théatre.

68. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE PREMIER. Peinture & Sculpture. » pp. 4-40

Mais le théatre a bientôt détruit l’ouvrage de la vertu. […] Les censeurs du théatre, les magistrats chargés de la police peuvent-ils fermer les yeux sur l’indécence des décorations ? […] Qui iroit chercher dans des Bréviaires des portraits d’actrices habillées en vertus, & dans une attitude de théatre ? […] L’olympe & le théatre ont fait avec la pudeur, un divorce éternel. […] Ainsi le le théatre, à la faveur de quelques gazes, se fait honneur de sa nudité.

69. (1767) Réflexions sur le théâtre, vol 6 « Réflexions sur le théâtre, vol 6 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SIXIÈME. — CHAPITRE III. Immodestie des Actrices. » pp. 57-84

Tous ces traits en bien & en mal doivent donner du poids à son suffrage contre le théatre. […] Mais ce ne sont guère que celles qui en ont pris l’habitude au théatre, qui ne veulent pas voir la foudre prête à les écraser. […] C’est une défaite ordinaire des apologistes du théatre, qu’on en a banni les discours licencieux. […] qu’a-t-on besoin du théatre de dire des grossieretés ? […] On ne souffre pas au théatre, dit-on, des tableaux indécens.

70. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quinzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre IV. Christine de Suede. » pp. 111-153

Les fous agréables ont toujours eu de la vogue ; ce sont des Comédiens qui représentent sans théatre, mais qui on avec le théatre des liaisons les plus intimes. […] Si Christine n’avoit point connu le théatre, elle eut été heureuse, & eut rendu ses peuples heureux. […] Les femmes du théatre ne les font pas. […] C’est une scène tragique où le théatre est ensanglanté dans le goût de Shakespear. […] On se contenta de lui faire dire qu’elle eut à se retirer : ainsi bien approfondi s’évanouit l’Actrice célèbre, & le mérite de théatre tant vanté.

71. (1742) VIII. Conférence. De la Comédie, contraire aux promesses du Batême [Conférences théologiques et morales, IV] « X. Conference sur les sacremens. » pp. 223-247

Je sai quel est l’endroit où vous prétendez que ce saint Docteur est si favorable aux jeux & aux gens de théatre. […] Octobre 1584. pour déposséder les comédiens qui avoient dressé un théatre dans l’hôtel de Cluny ; & l’Arrêt du 10 Novembre 1588. […] Rien n’est aujourd’hui plus châtié ni plus modeste que le théatre. […] On n’y monte pas sur le théatre pour y parler de Dieu & des moyens de pratiquer la vertu. […] Et que personne ne s’excuse, en disant : J’ai cessé les jeux du théatre.

72. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre III. De la Dédicace de la Statue de Voltaire. » pp. 71-94

Le grand Voltaire qui a fait si bien agir & parler les Rois qui a si bien parlé lui même des Rois & de Dieu, doit seul avoir part aux honneurs royaux, & même aux honneurs divins ; c’est le Dieu du théatre, il faut bien le placer dans son temple & sur ses autels. […] Ce mot Idolâtre, qui revient plusieurs fois, n’exprime que trop bien la folie du théatre & de ses amateurs, Racine a donc formé ce grand homme. […] Ont-ils donné à Melpomêne & à Thalie un théatre complet, de plus de vingt pieces plus belles l’une que l’autre, & un très-beau commentaire sur le théatre du grand Corneille ? […] Le théatre lui-même donne de pareilles leçons. […] Le grand Shakespear & tout le théatre Anglois, sont pleins de cimetieres, de tombeaux, d’enterrements, de fossoyeurs, de vrais ossemens, de vraies têtes de morts ?

73. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre VI.  » pp. 193-217

A la fin de la piéce, après les imprécations contre Rome, elle voulut quitter le théatre avec précipitation, selon son rôle, & Horace la suivit pour la tuer, ce qu’il exécute derriere la coulisse, elle s’embarrassa dans sa queue & tomba. […] Il revient furieux sur le théatre, tire son épée, & la poursuit pour la tuer. […] Ce ne fut d’abord qu’un habit de femme pris du théatre par vanité. […] Le théatre a fait la fortune des queues. […] On traîne des queues aux nôces des Princes, comme aux funérailles ; au théatre, en jouant la farce, comme à la Tournelle en condamnant à mort ; au bal masqué en Magistrat, comme aux processions avec le corps de la Magistrature ; on se déguise même souvent au théatre en prenant une robe de Palais, & la longue queue n’est pas une des moindres parties de la farce.

74. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre V [IV]. De la Chaussure du Théâtre. » pp. 115-141

Les romans, les poëtes, les pieces de théatre sont pleins de ces folies. […] Le Blason n’a pourrant pas fait fortune au théatre. […] Les Danaés & la pluie d’or qui les humanise ne sont pas rares sur le théatre. […] Le théatre en est couvert. […] C’est donc une dévotion de théatre, disent les Protestans.

75. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE V. Suite du Théatre de S. Foix. » pp. 105-139

Non : il est fêté sur le théatre, son livre est loué par les Journaux. […] Qu’ils sont donc grands les Héros & Héroïnes du théatre ! […] Ils ouvrirent leur théatre à l’Hôtel d’Argent. […] L’entousiasme du théatre fait donc tomber en délire ? […] Les amateurs du théatre ont-ils cette vérité devant les yeux ?

76. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre VI [V]. Élizabeth d’Angleterre. » pp. 142-187

A ce titre le théatre a droit de monter sur le tribunal. […] Un bon poëte n’auroit qu’à les remplir, pour composer le théatre d’Elizabeth. […] C’étoit un théatre où la passion jouoit tous les rôles. […] Ce ne fut qu’un mariage de théatre, comme l’avoient été tant d’autres. […] Le théatre est fertile en champignons.

77. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE IV. Spectacles singuliers. » pp. 106-127

Les successeurs du grand Condé, brilleront sur le théatre de la Nation, qu’il a si souvent rendu victorieuse. La maison de Conti jouira dans ses domaines, du théatre étranger des Italiens. […] Le Cirque, le théatre, l’arêne, étoient hors des Villes, jamais dans le centre. […] Le nouveau théatre de Versailles est un spectacle d’une magificence incroyable ; il y en avoit déjà de très-beaux ; mais pour mieux recevoir Madame la Dauphine, car le théatre fait partie de la reception, on en a bâti un nouveau. […] L’auteur pense que le théatre & la dignité du Roi, sont deux idées faites l’une pour l’autre.

78. (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE V. Eloge de Moliere. » pp. 154-202

Est-ce le bien public de faire tant estimer le théatre ? […] Le théatre traite toute sorte de sujets ; il ne peut se borner à la pastorale. […] Aussi le montre-t-il sur le théatre de ses vertus épiscopales. […] Le théatre n’est qu’un tableau de tous ceux qui ont jamais écrit. […] Moliere n’est exactement rien hors du théatre.

79. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre III.  » pp. 68-96

Rien ne lui coûte, un coup de baguette produit un théatre, comme un palais, des acteurs & des actrices, comme des Nimphes, la belle eut le plaisir de voir la comédie dans toute sa perfection. […] Comme ces Nimphes sont sçavantes, elles sont à Psiché sur le théatre de l’amour un cours complet de la galanterie. […] Ce grand Prince, dit-il, qui a de grandes pensées, jusques dans les petites choses, (comme si c’étoit une grande pensée de bâtir un théatre,) en chargea Vigarani. Le Cardinal Mazarin avoit projetté de faire un théatre dans son Palais, (c’est encore une grande pensée dans un Cardinal Ministre.) […] Le corps de la sale est partagé en deux parties inégales : la premiere pour le théatre, l’autre pour le parterre & les loges : la façade est également riche & ornée : le théatre à 22 toiles de profondeur, son ouverture 32 pieds de largeur, & 24 pieds de hauteur jusqu’aux nuages, & 32 des nuages jusqu’au comble ; pour le mouvement des machines, & pour les enfers 15 pieds de profondeur.

80. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-9

Jamais on n’a vu le théatre assez dévot pour prier Dieu & demander ses graces, Deosque precetur & oret. […] Le théatre est bien au-dessous des vertus morales des païens. […] Il fallut implorer les loix & les magistrats : on imposa silence au théatre licencieux, in vitium libertas excidit, & vim dignam lege regi, lex est accepta chorusque turpiter obticuit, &c. […] Il compare le poëte, non à un actrice, mais à une femme honnête, qu’on obilgeoit quelquefois de danser aux fêtes de la grande Déesse, & qui, bien loin de se faire gloire d’étaler ses charmes, en danseuse de théatre, n’y paroissoit que malgré elle, modeste & confuse, ut sacris matrona moveri jussa diebus interevit satyris paulum pudibunda protervis . […] Ce sage célebre, le plus sage des Grecs, dont la vie & la morale étoient si pures, que quelques auteurs ont voulu en faire un saint ; ce sage si différent des sages modernes, que par sa sagesse il s’attira l’indignation du théatre, dont les autres obtiennent les éloges, & se sont ses défenseur, qui y fut si indignement joué par Aristophane : disgrace que la philosophie de nos jours n’a pas à craindre.

81. (1767) Réflexions sur le théâtre, vol 6 « Réflexions sur le théâtre, vol 6 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SIXIÈME. — CHAPITRE V. De la Parure. » pp. 107-137

Je sais que ce goût, plus ancien que le théatre, fut toujours dans la nature. […] L’étude constante & le grand art du théatre est de détruire la modestie, pour faire regner l’air & le feu de toutes les passions. […] Le théatre coëffe & habille toutes les femmes du monde, & tous les hommes efféminés. […] La toilette n’est aujourd’hui que la copie du théatre. […] Mais puisqu’on les voit au théatre, on ne sera pas surpris de leur en voir prendre l’esprit & le ton.

82. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE IV. Traité de la Danse de Cahusac. » pp. 76-104

le bal & le théatre ne sont-ils pas un vrai sabbat ? […] ne sont-ce pas les bals, les danses de théatre, mélange de sexes, rendez-vous, dissolution de débauche, &c. […] L’Abbé Girard, avec toute sa sagacité, n’y trouveroit de différence, sinon que fille de théatre dit encore plus que Sirene. […] Les cabales du théatre, comme l’Empereur l’avoit prévu, étoufferent toutes les autres. […] Les Comédiens François se sont plaints que ce nouveau spectacle faisoit déserter leur théatre, & leur faisoit grand tort.

83. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE VI. Euphemie. » pp. 129-148

Il n’est ni de mon objet ni de ma compétence d’examiner ce systême destructeur ; je me borne à la part qu’y prend le théatre : il y joue son rôle, jamais il n’aima une vie qui lui est si opposée. […] C’est sur un théatre de société ; on ne souffriroit en Italie ni cette piece ni ces habits sur le théatre public : je doute qu’on le souffrît en France. […] On a cru trouver là un merveilleux coup de théatre, & c’est une absurdité. […] Fagan, Apolog. du théatre, pag. 31. fait une réflexion judicieuse. […] Fagan ajoute : Tous les sujets des pieces qui conduisent à employer des termes sacrés ou mystiques, doivent être bannis du théatre.

84. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre IV. Du Législateur de Sans–souci. » pp. 93-109

Nous y toucherons encore moins ; cet objet n’est pas de notre ressort, nous ne parlerons que de l’article du mariàge, sur lequel son code n’est que l’esprit du théatre réduit en loix. […] Ces loix sont l’anéantissement des jeux du théatre ; ses obligations affadissent tout le sel de la plaisanterie. […] Le théatre de Berlin ne connoît pas ces minuties bourgeoises. […] Tout ce qui s’est élevé contre le Christianisme a combattu ce point fondamental ; le Mahométisme par un Serrail ; l’irréligion par ses dogmes ; le théatre par ses plaisanteries. […] Voilà de quoi faire une bonne farce pour le théatre de la Foire.

85. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre VIII. Des Sentences mélées à l’action Théatrale, chez les Anciens & les Modernes. » pp. 153-158

L’Abbé d’Aubignac les définit : des propositions générales, qui ne tiennent à l’action théatrale que par application & par conséquence ; où l’on ne trouve que des discours qui sont seulement propres pour instruire le spectateur aux régles de la vie civile, & non pas pour expliquer quelques intrigues du théatre. Cette définition seule nous apprend combien on doit apporter de précaution pour mettre les maximes sur le théatre, leur but est d’instruire, & ce n’est pas celui du théâtre. […] Il faut avoir une grande expérience pour les employer à propos ; il faut être consommé dans l’étude des Poëtes, & avoir mûrement observé leurs ouvrages, & réfléchi sur l’objet du théatre, sur le goût des spectateurs, & sur la nature des applaudissemens que l’ignorance accorde au tissu, à l’éclat emprunté des maximes mal enchassées.

86. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. —  CHAPITRE V. Tribunal des Comédiens. » pp. 128-140

La réprésentation n’a qu’un instant, il n’en reste plus qu’une impression qui bientôt s’efface ; ce coup d’œil rapide est très-équivoque ; tout impose sur le théatre. […] Le théatre s’est souvent approprié ce spectacle dans plusieurs comédies & tragédies, où l’on fait plaider & prononcer des jugemens les plus fameux sont le Cid & Horace où Corneille, fait comparoître le vainqueur devenu coupable, devant le Prince qui doit le juger, & où il plaide sa cause, au risque de voir flétrir ses lauriers par une mort infame, & quelques fois dans les Opéras, faisant venir Minos, Æacus, Radamante pour juger les ombres. […] Jamais les piéces ne seront épurées, tandis qu’elles dépendront du ressort de la débauche, & tous les réformateurs du théatre ne gagneront rien, si on ne reforme les acteurs & actrices, & qui peut jamais espérer ce prodige ! […] Trouvez-en un parmi les amateurs, qui les fréquente ; vous aurez beau, comme dit Diogéne la lanterne à la main, chercher ce mortel heureux sur le théatre, il n’y fut, il n’y sera jamais ; il cesseroit bien-tôt de l’être. […] Trois spectacles, ou quatre au plus, nous suffisoient depuis plus de deux siécles ; l’union de l’opéra comique à la comédie Italienne nous privant d’un théatre, nous enrichissoit d’un nouveau spectacle, qui représentoit deux genres, & pourroit nous suffire.

87. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre IV. Maurice de Saxe. » pp. 118-145

C’est l’esprit du théatre, & celui du libertinage : les crimes ne sont que des jeux. […] L’héroïne n’en mourut pas plus que sur le théatre ; on l’arrêta, on lui promit son pardon. […] On n’a pas encore vu dresser sur le théatre ce singulier procès-verbal, qui seroit un joli coup de théatre & un beau dénouement, quoiqu’il y en ait souvent d’équivalent. […] Aussi Maurice fut toujours grand amateur du théatre & des actrices, quoique d’un goût peu délicat. Il le devoit par reconnoissance, le théatre lui avoit donné la vie.

88. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE VIII. Comédie du Tartuffe. » pp. 161-179

Plusieurs fois défendue & permise, elle est enfin demeurée au théatre, & quoique moins courue depuis qu’on a la liberté de la jouer, elle est toûjours un vrai scandale. […] Ce personnage d’Elmire est d’une noirceur, d’une bassesse, d’une infamie dont le théatre fournit peu d’exemples. […] A moins de consommer le crime en plein théatre, ce que le paganisme le plus débordé n’a jamais fait, on ne peut porter le scandale plus loin. […] Austérité, priere, aumône, tout au théatre est cagoterie. […] C’est peut-être ce que le théatre a jamais enfanté de plus mauvais.

89. (1767) Réflexions sur le théâtre, vol 6 « Réflexions sur le théâtre, vol 6 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SIXIÈME. — CHAPITRE VI. Ericie, ou les Vestales. » pp. 138-159

Bien des drames restés au théatre ne la valent pas. […] L’esprit de notre religion est entierement opposé à celui du théatre. […] Le beau novitiat des Capucins que la fréquentation du théatre ! […] Mais on vouloit ménager un coup de théatre. […] est-ce là un théatre épuré ?

90. (1783) La vraie philosophie « La vraie philosophie » pp. 229-251

Plutarque avoue que le théatre avoit fait tomber les Grecs dans la servitude. […] Les écarts amoureux de tous nos jeunes gens, tous leurs sacrifices ruineux, ne sont ils pas des résultats de tout ce qu’ils ont vu sur le théatre, où le spectateur voit au grand jour ce qui ne s’opere que mystérieusement dans le monde ? […] Je l’avoue donc avec sincérité ; je sens dans toute son étendue le grand bien que produiroit la suppression entiere du théatre, & je conviens sans peine de tout ce que tant de personnes graves & d’un génie supérieur ont écrit sur cet objet ». Le théatre, selon lui, étoit dans son commencement le triomphe du libertinage & de l’impiété, & il est depuis sa correction l’école des mauvaises mœurs & de la corruption. […] On nous dit chaque jour que le théatre épuré par le goût & la décence, est devenu pour les modernes, une école de mœurs.

91. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE VI. Suite de la Danse. » pp. 140-167

Voila l’image de la danse & des danseurs, qui comme des serpens par leurs tours & détours serpentent sur le théatre, mordent les spectateurs par des tentations d’impureté, & le renversent par le péché. […] y a-t-il quelqu’un de ces désordres qui ne se trouve au bal & dans les danses de théatre, mille fois plus dangereuses que les autres ? […] & où fut-on jamais plus assiegé, plus pressé par l’ennemi, plus invité par l’occasion, plus engagé par les attraits du plaisir, que dans un bal, que sur le théatre ? […] L’énergie de ces portraits n’est difficile à saisir, ni au vice ni à la vertu, non plus que la justification du théatre, dont ils font l’éloge. […] qui peut douter encore qu’elles n’en soient presqu’inséparables, qu’elles ne se réunissent toutes sur le théatre ?

92. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quinzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre II. Suite d’Elisabeth d’Angleterre. » pp. 33-82

& moi ferions sur le théatre. […] Le théatre est tout, & n’est rien, il est tout en représentation, il n’est rien en réalité. […] Mais rien n’est constant sur le théatre, chaque jour des pièces & des décorations différentes. […] Une femme à la tête de l’Église est une pièce comique du théatre de la Foire. […] Elle étoit alors habillée de blanc, en habit de théatre, fort découverte à son ordinaire.

93. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre III. Autre continuation des Mêlanges. » pp. 45-87

Savetier, & sous ce nom a débité des termes poissards, des sottises grossieres, des obscénités, des méchancetés à une vile populace qui passoit de la guinguette au théatre, & du théatre à la guinguette ; il a composé plus de pieces que les auteurs les plus féconds. […] Les acteurs auroient tout pardonné ; mais en théatre les beaux yeux font la loi & dégradent les hommes. […] Hermetaire directeur du théatre & auteur de la complainte, ne donne pas toujours de bonnes leçons. […] A propos de la satyre du théatre par le Sr. […] On voit par-tout le théatre comme le trône & la source des vices ; sans doute il y a des vices indépendamment du théatre, puisque ce sont les vices qui l’ont formé & qui l’entretiennent ; mais c’est là que tous les âges & tous les sexes boivent à longs traits le poison de tous les vices.

94. (1754) La Comédie contraire aux principes de la morale chrétienne « MANDEMENT  du Chapitre d’Auxerre, Touchant la Comédie. » pp. 51-58

Nos prédécesseurs en pareille circonstance ont refusé de faire une Procession générale, jusqu’à ce que le théatre fut renversé & les Comédiens chassés. […] Le théatre est une chaire pestilencielle que cet esprit superbe a toujours opposé à la chaire de vérité. […] Une femme chrétienne étant allée au théatre, en revint possedée du démon.

95. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre V. Du Luxe des coëffures. » pp. 115-142

Cette idée de cheveux noirs sur cette tête d’or, semble plutôt indiquer le sens physique d’une tête chargée & ornée d’or, que le sens moral d’une tête pleine de sagesse ; quoique l’une n’exclue pas l’autre, je suis surpris que dans l’excès & le rafinement du luxe, où le théatre donne, il n’ait pas employé cette parure, riche & brillante, sur-tout dans le rôle des Princes & des Princesses, dont plusieurs sont employées, notamment dans le rôle de Salomon. […] Le théatre & la toilette n’en feront jamais usage dans la composition des graces. […] Sur le théatre où regne , disent-ils, l’illusion, où les Dieux, les Démons, les Héros, les Fées, les Magiciens, se reproduisent sans cesse, une tête sortant de nos mains, est tantôt celle d’une Divinité, tantôt celle d’une Héroïne, tantôt celle d’une simple Bergere. […] (Ils savent l’histoire, la fable, le théatre, nos savans Barbiers. […] Le grave Caton, le pieux Mardochée, le Grand-Prêtre Jonathsa, la vieille Semiramis, la fiere Cornelie, &c. coëffés à la mode, frisés, bouclés, avec des perruques à trois marteaux, des tresses blondes ; les diables même sortant de l’enfer, les sorciers venant du sabbat, comme de la toilette, ne valent-ils pas bien l’arlequin du théatre de la foire ?

96. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre V. Autres Mêlanges. » pp. 121-140

Les pieces de leur théatre sont tous les jours rejettées, mutilées par les Censeurs publics. […] Alexis Piron, comme tous les gens de théatre, a donné dans les plus grands écarts : heureusement, dit-on, il s’est convertit & a terminé sa vie en chrétien. […] Il quitta sa partie où il avoit à craindre la sévérité du Magistrat, & vint jouir à Paris de la liberté sans borne qui regne au théatre, & dont l’abus donne un titre aux applaudissemens. […] Il se dégoûta du théatre & de Paris ; il revint à Dijon passer ses derniers jours avec ses amis, & composa un grand nombre de Noëls, de Cantiques & de pieces pieuses. […] Un Seigneur l’occupa à 40 sous par jour à transcrire de vieux actes ; il s’en lassa, revint au théatre.

97. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quinzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre I. Des Parfums. » pp. 7-32

Les Romains qui portoient le luxe à l’excès pour embaumer leur théatre, y faisoient couler pendant le spectacle des fontaines d’eaux de senteur, & en faisoient tomber une pluie sur les spectateurs. […] Qu’on juge combien doit sentir mauvais la conduite, la réputation des gens de théatre qui sentent si bon, capitis odor, vitæ fœtor. […] Aujourd’hui ces jeux sont inconnus, tout est tourné du côté de la volupté ; le théatre a dénaturé les divertissemens, il les a transformé en galanterie : ce sont des danses voluptueuses, de la musique luxurieuse, des décorations licencieuses, des Actrices venales, des Acteurs libertins, des intrigues, des nudités, des parfums, le luxe, le faste, les amusemens publics tous concentrés dans la scène ne sont plus que l’aliment des passions, du champ de Mars, Thalie en a fait un Temple de Venus. Le théatre est tout, & les exercices du corps sont aussi inconnus que l’étoit autrefois l’école du vice. […] Voilà le théatre, voilà les actrices, Déesses de la volupté dans le Palais des Dieux.

98. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-7

Tout cela peu conforme au goût régnant de la philosophie, qui se joue de tout, & qui tient à l’irréligion, fort innocent dans son principe, utile même à des peuples dont la piété pure & simple s’en nourrissoit avec fruit ; il l’est encore, pourvu qu’on en écarte tout ce qu’une imagination bisarre voudroit introduire de puérilités & de bouffonneries, comme elle avoit fait dans ces fameuses fêtes des Foux, justement abolies, qui n’étoient qu’un théatre ambulant dans les processions, adoptées dans les solemnités, scandaleusement transportées dans le sanctuaire. Ces fêtes ne furent des folies que parce que c’étoit l’ouvrage du théatre, qui empoisonne tout ce qu’il touche. […] Le théatre n’a point fait les dieux, il est vrai ; mais il les a célébrés ; il étoit une partie de leur culte ; il a enseigné, il a représenté leurs actions ou plutôt leurs crimes ; il a été comme la chaire où on a prêché leur doctrine ; il leur a donné des habits, & comme fait leur toilette ; il a formé leur cortége & leur pompe, & prononcé leurs oracles ; il a donné des pampres & le thyrse à Sylene & Bacchus, sur les treteaux de Thespis, qui couroit les champs couvert de pampres & barbouillé de lie ; il a donné la licence à Venus, à l’Amour, la nudité aux Graces, la fraicheur à Hébé, des plumes de paon à Junon ; sa décoration est devenue celle des temples, & la parure des actrices leur plus bel ornement.

99. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XV. Des nouveautés & de leur nombre. » pp. 2-7

Qu’on se rappelle la satisfaction qu’éprouvent plus de huit jours avant une premiere représentation, les amateurs du théatre. […] La comparaison qu’il fera de la piéce nouvelle, rendra à l’ancien théatre tous les agrémens de la nouveauté.

100. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre IV.  » pp. 113-155

Nous laissons à l’Historien du seizieme siecle le détail de ces événemens : nous nous bornons au rapport que cette Reine a eu avec le théatre. […] La Reine changeoit d’habits tous les jours ; sa garderobe & sa toilette étoient immenses : c’étoit un monde, selon l’expression des Romains, mundus muliebris, comme le magasin des habits de théatre. […] Le théatre est une école militaire, & l’Actrice une maîtresse d’escrime ; il s’y forme de grands Officiers & de bons soldats. […] L’homme de théatre est facile à connoître à ces descriptions, aussi bien que les Actrices & leur chef. […] 2° Rien aussi n’aproche de l’habileté de ces Dames à jouer la comédie, c’étoit des Actrices parfaites ; ni du goût de la Reine pour le théatre.

101. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre I. Mêlanges Dramatiques. » pp. 8-39

Ne pourrons-nous pas travailler sur leurs drames nos manufactures de théatre ? […] Le Mercure de mars 1776 rapporte un fait singulier & peut-être unique de l’épidémie du théatre. […] La barriere vient enfin d’être levée : un seigneur italien, le Comte Campi, croyant apparemment trouver un titre de noblesse dans le libertinage du théatre, a composé à Modene une Phedre italienne, sous le nom de Biblis & de Caunus son frere, dont elle est amoureuse. […] Vaine, haute, bisare, médisante, peu sévere, vraie femme de théatre, il ne lui manqua que d’être actrice. […] Le nom de Scuderi, aujourd’hui oublié, fut fameux dans son temps par le frere & la sœur, deux phénomenes de fécondité littéraire très-frivoles ; la sœur par trente-six volumes des romans, le frere par seize pieces de théatre, un poëme, une apologie, des poësies, galantes innombrables, & tous fort médiocres.

102. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE IV. Suite des Masques. » pp. 82-109

Le théatre ne fît-il qu’enseigner & entretenir le goût des masques, il seroit un mal. […] Si un Acteur, une Actrice, léguoit ses habits, y comprendroit-on les habits de théatre ? […] Ce petit conte, qui feroit deux ou trois jolies scènes sur le théatre de la Foire, est pris du Dictionn. […] C’est une partie de la mascarade, & un reste du goût de l’ancien théatre de la Basoche. […] Il y a encore des opéra où ce costume indécent a été observé dans les fêtes des Dieux, & ce déguisement est familier sur le théatre.

103. (1680) Entretien X. Sur la Comédie « Entretien X. sur la Comedie » pp. 363-380

Les matieres, qui s’y traitent, ne sont ordinairement, que d’amour, & de ses intrigues, car le théatre ne plairoit plus, si cette passion n’en faisoit l’ame : L’expression, qu’on en fait, est par la déclamation la plus douce, la plus animée, & la plus transportée : L’ajustement d’une comédienne n’a rien, qui ne respire je ne sçay quoy d’impur, par la nudité de sa gorge, par son geste mol, & affecté, & par son action efféminée. […] Mais la preuve de ce que je dis se fortifie beaucoup, par la nature de plusieurs piéces de théatre, qui font aujourd’huy le plus agréable divertissement des auditeurs ; car souvent, ou elles sont toutes bouffonnes, ou elles peuvent passer pour impies, estant une chose trop connuë, qu’on en a veü, qui tournoient toute la dévotion, & la pieté en ridicule. […] Ne se peut-il pas dire, que c’est le deshonneur de nôtre Religion, de voir, que très souvent le théatre de la comédie soit plus suivi, que la chaire de verité ? […] N’est-ce pas montrer le peü d’estime, qu’on fait de la parole de Dieu, en comparaison d’un théatre profane ?

104. (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE III. L’Esprit de Moliere. » pp. 72-106

Aujourd’hui l’art du théatre est un art brillant qui a une infinité de branches. […] Le théatre d’un Poëte est son portrait. […] Moliere n’est pas moins caractérisé par son théatre. […] Sur le théatre, comme dans le monde, l’habit, la décoration font un héros d’un homme ordinaire. […] C’est un sort assez commun au théatre.

105. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — [Introduction] » pp. 2-6

Ils viennent tous en éclatant de rire, & tâchent d’arrêter l’âne, le tirant par la queue & par les oreilles : mais l’opiniâtreté de l’âne, après plusieurs saccades, fut victorieuse de tous leurs efforts ; il partit comme un trait, en s’élançant sur le théatre : il dérangea toute la piece. […] Admirer & plaindre un Arlequin sur un âne, qui fait la culbute sur le théatre, il faut être bien compatissant & bien enthousiasmé.

106. (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE IV. Pieces singulieres. » pp. 107-153

On en conclurra peut-être que l’histoire n’est qu’une comédie, & les hommes, sur-tout les grands, des acteurs qui jouent sur le théatre. […] Son théatre historique n’est qu’une histoire en dialogue, comme on a fait des romans en lettres. […] Il n’y a pas dix opéras différens dans le théatre lyrique, dix farces différentes dans le Théatre Italien. […] On la condamneroit ailleurs, on l’admire sur le théatre. […] Il n’est que trop vrai que les hommes, enfans à tout âge, ne cherchent qu’à être amusés, & que le théatre les amuse, & c’est là le mal.

107. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre VII. Troisieme suite du Fard. » pp. 171-194

LE théatre a beaucoup badiné sur les Precieuses, les a tournées en ridicules, & avec raison. […] L’autorité de l’Eglise & des Saints Peres, contre le fard, est d’un fort petit poids au théatre ; mais que dire contre le Docteur Moliere ? […] Est-ce pour inspirer la vertu au patterre, & pour faire preuve de modestie & de charité, qu’une actrice paroît dévergondée sur le théatre ? […] En voici deux qui nous régardent : les Comédiens, les Femmes fardées, il y ajoute les danseuses publiques, ce qui rentre dans l’espece de comédiens, puisqu’ils dansent sur le théatre. […] Il ne faut qu’ouvrir les yeux, pour en être témoin, elles montent sur le théatre, & en font profession.

108. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quinzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre V. Du Faste. » pp. 154-183

Le théatre fut toujours coupable de ces excès, il étale le plus grand faste, il en entretient le goût ; la simplicité & la modestie y sont des vertus inconnues, & y passent pour des vices chez les amateurs. […] Voilà les Dieux & les Déesses du théatre, couverts de tout ce qu’il y a de plus riche, & qui n’ont ni religion ni vertu, non est spiritus in visceribus ejus . […] Telle est la conduite, tel est le langage du théatre d’après lequel agit & pense ce qui se dit le beau monde, il faut soutenir la dignité des Princes ; en effet la belle Princesse, les les beaux représentans ! […] Cette pensée n’est pas étrangère à la coquetterie, le langage ordinaire du théatre, des romans, des Poëtes, des conversations galantes, en est le dévéloppement. […] Qui prendroit le théatre pour le Paradis terrestre ?

109. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre VI. Dorat. » pp. 141-175

Une jeune actrice d’une vertu point farouche , comme il dit, donna dans sa derniere maladie des marques de conversion, & renonça au théatre. […] La crotte la diminue en couvrant la nudité ; les voiles épais lui déplaisent ; il n’aime que les gaze légeres qui laissent voir le nud : voilà toute la réforme & la décence du théatre, & des écrits modernes. […] Aussi le théatre se fait gloire de les imiter ; ce ne sont pas, il est vrai, les sept sages de la Grece, ils sont trop sérieux ; mais voici les modeles qui ont plus de charmes : Anacreon est le Poëte le plus aimable de l’antiquite , (sans en excepter Homere, Virgile, Horace. […] Gresset, dont il loue avec raison les talens & les vertus, auroit dû lui savoir mauvais gré, s’il eût daigné s’en appercevoir, d’être traité d’imposteur, qui n’a quitté le théatre que par paresse, sans être persuadé de son danger ; quoiqu’il l’ait autentiquement déclaré par une lettre aussi édifiante que bien écrite, que tout le monde a vu, & qu’il le soutient par une vie très-chrétienne, avec l’approbation d’un saint Evêque. […] Le théatre sans doute adopte ces idées infames, la vertu les verra-t-elle sans rougir ?

110. (1771) Sermons sur l’Avent pp. 103-172

crucifié en allant au théatre ? […] Et parmy toutes ces disgraces nous avons encore la folie du théatre. […] Autrefois, pour les rendre honorables & les consacrer en quelque sorte, on introduisoit sur le théatre des Dieux adulteres & des Déesses vindicatives. […] Sur le théatre elle est dans sa plénitude. […] Qu’il est permis & même ordonne de relâcher l’esprit : & que le théatre est aujourd’huy si purifié, que le vice y devient haïssable, parce qu’on l’y rend ridicule, & que la vertu n’y paroît avec guere moins d’honneur que dans les Chaires.

111. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE VI. De l’Iconomanie théatrale. » pp. 141-158

On est sur la scéne si naturalisé avec l’indécence, qu’on aime mieux blesser la vérité & la vraisemblance dans les choses saintes, que de ne pas livrer ses charmes aux yeux du public, comme des femmes qui ont l’impudence de venir à l’Eglise en babit de théatre plutôt que de ne pas recueillir le tribut des crimes qu’elles y vont mandier, & qu’elles achetent aux prix de leurs ames. […] Un guerrier fait peindre des siéges & des batailles ; un libertin prodiguera des amours & des nudités, le théatre ne connoît guerre d’autre décoration, parce que c’est le sanctuaire de Vénus, sa nature est d’être une image, tout n’y est que représentation, imitation, peinture ; non-seulement les toiles de la décoration, mais toutes les parties qui les composent ; la piéce est le tableau d’une action, & les acteurs sont des portraits vivans des personnes qu’ils représentent, leurs gestes, leurs visages, leur ton de voix, des expressions à la passion, les danses, la musique les crayonnent. […] Le théatre est de toutes, la plus féconde, tout y fait tableau, & il fait tableau de tout ; le rêve entend la voix de l’actrice, suit les pas de la danseuse, voit des gestes de nudités, parcourt les décorations & les coulisses ; l’imagination est un théatre où l’on est à la commédie ; les estampes, les portraits répandus dans les chambres, au tour du lit, favorisent les scénes nocturnes, & lancent dans un cœur sensible tous les traits de la passion.

112. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre II. Madame de Longueville. » pp. 40-83

Tout cela sent un peu le théatre : mais voici ce qui l’assaisonne. […] Qu’ils sont sont petits les plus grands acteurs, quand ils rentrent dans les coulisses, & qu’ils dépouillent les habits de théatre ! […] Qu’appellera-t-on jeu de théatre, si toutes ces variations ne le sont pas ? […] La ville de Bourges, pour se signaler, monta sur le théatre en habit d’Arlequin. […] La Cour, sa famille, son mari, tout le monde, accoutumés à ses grandes aventures, prirent son changement pour un coup de théatre, & s’en moquerent.

113. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre IX. Suite de la Rosiere. » pp. 213-230

Voici la relation qui en a été faite, elle mérite d’être consacrée à la gloire de la vertu, même dans un livre sur le théatre pour être le contrepoison de tout ce que le théatre a fait contre cette pieuse cérémonie qui ne sauroit être de son goût, soit en la défigurant par la galanterie même licencieuse que le sieur Favard & le Marquis de Pesé y ont introduit, non-seulement contre les mœurs, mais encore contre la vérité, la coutume & l’esprit de la Fête, en la parodiant pour la rendre ridicule. […] La rivalité de ses applaudissemens est bien different du crédit arbitraire dont l’objet, est l’envie, la haine, la médisance y répandent leur fiel, & cette fête innocente, édifiante, est bien différente des Fêtes des Ballets, du théatre où la volupté, la licence des mœurs les défigurent & dirigent les pas, & singulierement des Fêtes de Favard & de Pesé, qui, dans leurs parodies de la Rosiere de Salenci sur l’Opera bouffon, péchent contre les regles & le costume aussi bien que contre les bonnes meurs.

114. (1754) La Comédie contraire aux principes de la morale chrétienne « La comédie contraire aux Principes de la Morale Chétienne. — XVI. Efficace de la séduction des Spectacles. » pp. 36-39

Tous les désordres que causent parmi le peuple ces hommes corrompus, ces femmes prostituées & toute cette troupe diabolique qui monte sur le théatre, tous ces désordres, dis-je, retombent sur vous : car s’il n’y avoir point de spectateurs, il n’y auroit point de Spectacles ni de Comédie.

115. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre III. Suite de Mêlanges. » pp. 84-120

Il n’est point de roman, de poësie, de piece de théatre où on ne voie des objets de vice, presque à chaque page, dont cette liste, faite sans choix, présente le plus bisarre assemblage. […] Cette salle a quatre rangs de loges, & même cinq ; l’amphithéatre où se place la Cour se prolonge de droite & de gauche jusqu’au bord du théatre ; au milieu, en face de la Scène, est placé le fauteuil du Roi. […] Le théatre étant lui-même le premier imposteur du monde ; il travestit tout. […] Cet anachronisme n’est pas pardonnable à un homme de théatre. […] & quel enlévement peut faire un vieux homme attaché à la Cour, chargé d’un théatre où il montoit tous les jours ?

116. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre VI. Du Fard. » pp. 143-168

Ces beautés vénales qui paroissent sur le théatre, couvertes de ceruse & de vermillon, les actrices trouveront-elles ce portrait infidele ? […] Son fauteuil est son théatre, les minauderies sont ses rôles, le cercles son parterre ; pour les habits les modes, les couleurs, la licence, personne ne peut s’y méprendre : qu’apprend-elle autre chose au théatre ? […] On ne cherche tant d’inspirer l’amour, que pour satisfaire sa propre passion ; pour entretenir la blancheur, la fraîcheur, l’éclat de son teint ; cette Princesse voluptueuse se baignoit tous les jours dans du lait d’ânesse, & pour n’en point manquer, elle nourrissoit cinquante ânesses, qui la suivoient dans tout ses voyages ; elle les mena dans son exil, c’étoit la partie la plus chere de sa famille ; elle ne paroissoit que rarement en public, & toujours à demi voilée, ne laissant voir que le bas de son visage, & avec un voile fort transparent, afin de ne pas diminuer la réputation de sa beauté, en la prodiguant, mais plutôt l’augmenter, en donnant carriere à l’imagination, en faisant juger par ce qu’on voyoit à travers la gaze, que ce qu’on ne voyoit pas étoit encore plus admirable : Ne satiares aspectum , dit Tacite, ne soyons point dupes des apparences, dans cet art recherché, de se cacher ou de se découvrir à propos ; dans ce choix réfléchi de linge & d’étoffe transparante, dont le théatre donne tant de leçons ; il y a plus d’artifice que de modestie, on cherche plus à irriter la passion, par ces demi-confidences, qu’à lui en soustraire l’objet par une véritable pudeur.

117. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre V. Suite des Parfums. » pp. 112-137

C’est un Acteur qui parle sur le théatre, une Actrice dans les coulisses. […] Tous les romans emploient les mêmes traits dans le tableau de leurs héroïnes, & les Actrices sur le théatre pour les représenter. […] Cela n’est inconnu que dans ces Séminaires, ces maisons Religieuses, qu’on prendroit pour de boutiques de Parfumeurs, dans ces celules qui semblent des cabinets de toilette où s’habille un Acteur ou une Actrice, qui ajoute un colet ou une guimpe à toutes les futilités du théatre. […] Le théatre est un cloaque de tous les vices & de tout ce qui leur sert d’aliment.

118. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre II. Charles XII. » pp. 32-44

La fameuse Christine, qui avoit régné avant lui en Suede, & abdiqué le trône, par un coup de théatre que ne la place pas au Temple de la Gloire, Christine avoit été livrée à ses jeux dangereux & frivoles : elle en contracta tous les vices & tous les défauts. […] Cependant la résolution une fois prise, Charles fut un autre homme ; il étonna le Sénat, sa Cour, son Royaume : ce qui eût été impossible à un homme de théatre.

119. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre I. Continuation des Mêlanges. » pp. 7-31

Les poëtes médiocres sont si communs sur le théatre, le respect pour la Religion y est si étranger, il est si dangereux de leur livrer les choses saintes, ils en abusent, ils les profânent si fréquemment, qu’on ne peut trop défendre aux auteurs & aux acteurs d’y porter leurs mains sacriléges. […] Au reste, il n’est pas le seul qui passe du théatre à l’échafaud, & de l’échafaud au théatre.

120. (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE I. Réformation de Moliere. » pp. 4-28

Retranchez ces mots des halles, ces quolibets, ces proverbes, ces arlequinades des pieces de Moliere, vous anéantirez la moitié de son théatre. […] Le prélude même l’annonce, & le donne pour motif de sa sévérité. 1.° Les Actrices & les Danseuses ne laisseront entrer dans leurs loges que les personnes nécessaires (tout y entroit auparavant, leur toilette étoit un lieu public, & le premier spectacle). 2.° Elles ne pourront rester sur le théatre & dans les coulisses que pour jouer leur rôle, & se retireront d’abord après (c’étoit auparavant le rendez-vous où se passoient d’autres scenes). 3.° Les Acteurs & Danseurs qui viendront ivres, payeront six livres d’amende la premiere fois, & seront chasses la seconde, &c. Il y a moins de grossiereté à l’Hôtel de la Comédie, & cet Ecrivain n’a pas tort de dire : Vous abandonnez un théatre noble pour venir à des treteaux, parce que vous êtes sans mœurs.

121. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre IV. Henri IV. » pp. 121-168

Pendant tout ce temps le théatre demeure vuide, comme si tout le monde étoit allé se battre ; la scène ensuite est dans le silence, comme si l’on attendoit la nouvelle de l’évenement du combat. […] Un orchestre caché derriere le théatre joue tous les airs militaires propres aux évolutions & aux manœuvres de deux armées ; on bat la générale, la marche, le bouteselle, la charge ; on entend les tambours, les trompettes, le canon, la mousquéterie ; on croit entendre les cris des combattans, les gémissemens des blessés, la joie des vainqueurs, comme si on écoutoit à quelque distance du champ de bataille ; le bruit tantôt s’approche, tantôt s’éloigne, se renforce, se ralentit, se distingue, se confond ; &, quoique la scène soit vuide, jamais par l’adresse du musicien elle n’a été mieux remplie, jamais le spectateur n’a été plus occupé, plus agité, plus attendri, plus effrayé ; on fait parler le silence même & la solitude. […] Mais il faut tirer le rideau sur cette partie de sa vie, qui d’ailleurs seroit peu propre au théatre. […] On a fait sur Henri IV, vingt-pieces de théatre ; & toutes mauvaises, qui ne font que le dégrader. […] De-là on alla jouer les pieces de théatre dont ce Prince est le sujet, la Partie de Chasse & la Bataille d’Ivri, très-appropriées au lieu, au temps, au Prince, qui avoit tant chassé dans ce pays, vêcu avec les paysans, fait ses premieres armes en galanteries, & donné bien des comédies.

122. (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE II. Melanie. » pp. 29-71

Une piece de théatre mérite peu d’occuper les savans. […] La fable de ce drame est prise de ce mauvais livre, a quelques circonstances près, qu’on a changées pour l’accomoder au théatre. […] On a beau mettre en note, un ouvrage de théatre ne doit pas être jugé comme un ouvrage de théologie, on oublie qu’on fait parler un Théologien, un Curé, qui doit être Catholique. Un ouvrage de théatre ne doit pas faire des excursions sur la théologie, & parler contre la foi. […] Une fille qui s’empoisonne pour ne pas faire des vœux, vomit des imprécations horribles contre son père, ne fut jamais l’objet ni de la chaire ni du théatre, c’est une folle à renfermer.

123. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre IIbis. Autre suite du Fard. » pp. 61-89

Il ne peut être approuvé que dans un Serrail, où l’unique loi est d’allumer & d’entretenir les passions sensuelles d’un homme livré à la débauche, ou dans le monde & sur le théatre, où par une sorte de Serrail ouvert au public, & plus criminel que celui de Constantinople, on allume & on entretient par toute sorte de moyens les passions de tous les libertins. […] Le théatre, la beauté, la coquetterie sont des vraies cornes d’Amalthée. […] Mais ce Poëte n’approche ni d’une actrice sur le théatre, ni d’une jolie femme à sa toilette, ou dans un cercle, où elle étale en sortant de son laboratoire les couleurs, les graces qu’elle vient d’y manufacturer, ni même d’un joli homme dans son cabriolet.

124. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE VIII. De la Folie. » pp. 163-179

Pour le langage, les pensées, les bons mots, les quolibets, les sottises, les obscénités, jusqu'aux jurements, aux imprécations et aux vilains mots que la populace enchâsse à tout propos dans ses discours, il n'est guère de genre de démence dont le théatre ne s'embellisse. […] On pourrait donc, sans manquer au profond respect qui est dû à tout ce qui touche à la religion, abandonner à la faiblesse humaine deux actions qui n'ont rien de grand, dont le Saint Esprit n'a jamais fait l'éloge, et dont on aurait tort de se servir, comme on a fait quelquefois, pour autoriser les folies du théatre.

125. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Avertissement. » pp. -

Plus d’un Avocat, plus d’un Poëte, en sortant d’un beau plaidoyer, ou du théatre, ont été animés au travail, & y ont beaucoup mieux réussi que dans d’autres momens.

126. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre II.  » pp. 36-74

Eh où se tient-il ce langage du vice plus énergiquement, plus élégamment, plus constamment, plus dangereusement que sur le théatre ? […] Le théatre, il est vrai, voit rarement ce mélange. […] Il n’est pas inconnu au théatre, au bal, à l’opéra, où souvent on prodigue les pierreries, les étoffes les plus précieuses, l’or, l’argent, l’ivoire, le cristal, & toujours on l’imite par des diamans faux, & on l’étale dans la peinture des décorations, pour satisfaire le goût du luxe. […] Dans un si grand éloignement de tems & de lieux, après tant de révolutions arrivées depuis quatre mille ans dans cette partie du monde, théatre d’une infinité de guerres & de vicissitudes, on doit avoir perdu les traces de la plupart des choses & des personnes.

127. (1758) Sermon sur les divertissements du monde « SERMON. POUR. LE TROISIEME DIMANCHE. APRÈS PAQUES. Sur les Divertissements du monde. » pp. 52-97

Ils m’apprendroient que d’abandonner ces spectacles et ces assemblées, dans les premiers siecles de l’Eglise, c’étoit une marque de religion, mais une marque authentique ; et qu’en particulier ils ne blâmoient pas seulement le théatre parce que de leur temps il servoit à l’idolâtrie et à la superstition, mais parce que c’étoit une école d’impureté. […] Je ne dis pas que ç’a été une morale fondée sur des raisons propres et particulieres : je vous l’ai déjà fait remarquer, et je le repete ; ils n’employoient point d’autres raisons que nous, ils n’en avoient point d’autres ; ce qu’ils disoient contre le théatre et contre ces assemblées mondaines d’où nous tâchons de vous retirer, c’est ce que nous vous disons ; et tout ce qu’ils disoient, c’est ce que nous avons le même droit qu’eux de vous dire. […] Ils conviendront avec moi de tout ce que j’ai dit du théatre, du jeu, des spectacles, des assemblées, des lectures, et de tout ce que j’en puis dire.

128. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE V. Des Jésuites. » pp. 108-127

L'Auteur le voit partout dans les choses les plus saintes, dans les plus grands événements ; la fournaise de Babylone est un théatre, la montagne du Thabor un spectacle, la reconnaissance de Joseph une scène, la mort de Coré, Dathan, Abiron, d'Holopherne, un dénouement de tragédie, David, Salomon de grands Acteurs ; la tentation de Suzanne, l'adultère de Bethsabée une intrigue, etc. […] Mais ces cas étaient fort rares, et les Jésuites les ont rendus très fréquents, et il est certain que ces Pères ont été dans toute la France les plus grands promoteurs du théatre.

129. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XIX. Des Talens mal-à-propos attribués aux Comédiens. » pp. 45-62

L es partisans du Comédien, pour lui accorder une considération qui ne lui est pas dûe, se fondent sur l’esprit de discussion & d’analyse qu’ils prétendent lui être nécessaires ; sur l’intelligence qui doit lui découvrir tous les rapports de son rôle, ceux des autres rôles avec celui-là, & ceux de tous ces rôles avec l’objet principal du Poëme ; sur les finesses de son art, sur les coups de théatre que le Comédien tir de son propre fond, sur la grandeur d’ame, & les entrailles essentielles à l’Acteur tragique ; sur la déclamation & les bienséances scrupuleuses qu’ils ont seuls introduites au Théatre, & sur la profonde connoissance qu’ils en ont.

130. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XXII. De l’usage du Théatre relativement au Comédien. » pp. 104-121

On ne peut pas étendre le local du théatre à l’action distinctive des personnages.

131. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE IX. Sentiments de Tertullien. » pp. 180-200

Tertullien, qui combat tous les spectacles, les réduit à quatre ; le cirque, où l'on faisait des courses de chevaux et de chars ; le théatre, où l'on représentait des tragédies, des comédies, des farces, avec des chants, des danses, des décorations magnifiques ; le stade, où se faisaient les exercices du corps, la lutte, le pugilat, etc. l’amphithéatre, où se donnaient les combats des gladiateurs et des bêtes féroces. […] Tout y est idolâtrie et superstition, dans l'origine, le titre, l'appareil, la dédicace, les circonstances, la représentation du théatre.

132. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre III.  » pp. 75-112

La vie de théatre qu’il menoit à Sceaux, sa facilité à faire des chanson, les éloges dont on le combloit, lui persuaderent qu’il reussiroit dans des pieces de Théatre. […] Par hasard & par goût il avoit étudié Lucain, Poëte analogue à ses idées ; il se l’incorpora, & porta Lucain sur le théatre. […] En souillant au hasard, on a trouvé un théatre d’architecture Grecque de 290 pieds de circonférence, 150 de largeur en dedans ; la scene en a 72 de largeur, & 50 de profondeur.

133. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre V. Procès des Comédiens. » pp. 169-224

Cet auteur se donna toute sa vie pour l’un des plus rigides Non-conformistes de la Grande-Bretagne : cependant son extrême sévérité ne l’empêcha pas de composer incognito huit pieces de théatre. […] Pour multiplier ces abonnemens, ils ont fait construire de petites loges qui se paient à l’année ; ils en ont mis partout : ce qui rétrecit le parterre & le théatre, & gêne le public. […] On l’apprit tant bien que mal, enfin elle a paru deux fois sur le théatre, & n’a jamais réussi : il falloit s’y attendre, quelque bonne qu’elle puisse être. […] Pensez-vous que des jeux du cirque & du théatre De jeunes Senateurs pensent de nous abattre ?

134. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre XII. Des Machines & du merveilleux. » pp. 179-203

Dans l’Electre de Sophocle, la reconnoissance du frere & de la sœur, est la situation la plus brillante, le coup de théatre le plus surprenant.

135. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XX. Suite des prétendus talents du Comédien & de la Déclamation théatralle. » pp. 63-85

Je défie qu’on puisse en mettre un seul sur le théatre, tel qu’on le trouve dans se fastes : les révolutions ne comportent point les unités.

136. (1777) Des divertissements du Carnaval « Des divertissements du Carnaval. » pp. 92-109

mettre cinq ou six heures de temps à se parer et à se peindre le visage, pour aller ensuite dans une assemblée tendre des pièges à la chasteté des hommes, et servir de flambeau au démon pour allumer partout le feu de l’impudicité : demeurer les nuits entières exposé aux yeux et à la cajolerie de tout ce qu’il y a de libertins dans une ville ; employer tout ce que l’art et la nature ont de plus dangereux pour attirer leurs regards, et pour séduire leur cœur, déguiser sa personne et son sexe, pour ôter à la grace ce petit secours qu’elle trouve dans nos habits ; rouler de quartier en quartier sous un masque de théatre ; ne se pas contenter de discours frivoles et inutiles, se relâcher jusqu’à dire des paroles qui scandalisent : de quel terme oserait-on se servir pour autoriser une licence si scandaleuse ?

137. (1753) Treiziéme conférence. Sur les danses, les comédies et les mascarades [Missionnaire paroissial, II] « Treiziéme conférence. Sur les danses, les comédies & les mascarades. » pp. 268-287

Salvien dit nettement que le théatre est une des pompes du Diable ausquelles les Chrétiens ont renoncé dans leur baptême, & que c’est être en quelque manière apostat, que d’y assister : Salv. l.

138. (1790) Sur la liberté du théatre pp. 3-42

Sur la liberté du théatre. […] Le théatre doit être un moyen du gouvernement, pour faire recevoir au peuple les impressions qu’il doit prendre24.

139. (1855) Discours sur le théatre, prononcé dans l’assemblée publique de l’Académie de Pau, où se trouvoient les Députés des Etats du Béarn et les Dames de la ville pp. 1532-1553

Discours sur le théatre, Prononcé dans l’assemblée publique de l’Académie de Pau, où se trouvaient les députés des Etats du Béarn et les dames de la ville. Quelque juste que soit la guerre littéraire que je déclare au théatre, je sens que les passions qui y sont si vivement et si agréablement étalées, me raviront un grand nombre de suffrages.

140. (1843) Le Théâtre, par l'Auteur des Mauvais Livres « Le Théâtre. » pp. 3-43

On va au théatre par complaisance pour des amis.

141. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE III. Est-il à propos que les jeunes gens aillent à la Comédie ? » pp. 55-83

Ce savant homme appelle les Professeurs les Evêques des écoles, les Prélats de la jurisprudence, « Antistites juris, Antistites scholarum » ; expression singulière qui en marquant la sainteté des lois et celle de leurs interprètes, soit en les enseignant, soir à plus forte raison en les faisant exécuter, leur enseigne combien ils doivent se respecter eux-mêmes, et s'éloigner de toutes les folies du théatre.

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