3. « D'autoriser par sa présence des assemblées profanes, où toute la morale de l'Evangile est renversée, où toutes les maximes de l'amour se débitent au scandale de la Religion, où l'on n'entend que des chansons qui amollissent, et qui corrompent peu à peu le cœur.
M. l’Archevêque, informé du scandale que causait cette Lettre, éclaircit le fait, et obligea ce Religieux qui n’en était pas pourtant l’unique Auteur, à la désavouer ; ce qu’il fit avec toute la sincérité possible.
Nous avions accorde ces jeux, dit l’Ordonnance Impériale1, comme une récréation qui nous paroissoit innocente, de peur que leur suppression ne causât de la tristesse ; mais ayant reconnu que le scandale y regne encore, & qu’il n’est guères possible de les purifier entierement, nous dérogeons à la concession précédente, & voulons qu’ils soient interdits pour toujours. […] Clément d’Alexandrie qui dit à ceux qui fréquentoient les Spectacles : qu’elle est votre sécurité1 de vous jetter en une foule où la confusion regne, où le scandale triomphe, dans une assemblée où l’innocence est toujours fort en danger ?
En vain s’efforce-t-on de les excuser, c’est un attentat à la morale, un blaspheme contre la vérité, un crime énorme, & du plus grand scandale. […] Point d’examen de conscience on le spectacle ne soit compris, point de Confesseur qui en donne l’absolution ; c’est participer à l’excommunication des Comédiens, les entretenir dans leur révolte, payer leurs scandales, y entraîner par votre exemple, répondre des péchés qu’on y commet.
Ce n’est point par négligence, ni relâchement, disoit le Pape Gélase, que mes prédécesseurs ont usé de tolérance, à l’égard de ce scandale que je desire abolir. […] En supposant même qu’il eût échappé, dans des siecles d’ignorance, quelque chose à reprocher à des Auteurs respectables, leur autorité ne feroit pas plus loi que l’exemple des Ecclésiastiques qu’on dit rencontrer tous les jours aux spectacles, ne doit en imposer : c’est peut-être le plus grand scandale qui puisse arriver dans un Pays Catholique. […] L’unique regret qui me reste, c’est de ne pouvoir point assez effacer le scandale que j’ai pu donner à la Religion par ce genre d’ouvrage, & de n’être point à portée de réparer le mal que j’ai pu causer sans le vouloir … … les gens de bon air, les demi-raisonneurs, les pitoyables incrédules, peuvent à leur aise se moquer de ma démarche : je serai trop dédommagé de leur petite censure & de leurs froides plaisanteries, si les gens sensés & vertueux, si les ames honnêtes & pieuses voient mon humble désaveu avec cette satisfaction pure que fait naître la vérité lorsqu’elle se montre ».
Cependant le clergé de France n’y trouvait pas de scandale sans doute, puisqu’il n’a point lancé des anathèmes contre un de ses membres qu’il ne trouvait pas coupable ; et il voudrait encore aujourd’hui frapper des hommes qui n’exercent la profession de comédien que par la volonté du prince, et en vertu des arrêts de nos parlements !
Pour établir de nouvelles Loix, ou pour remettre en vigueur les anciennes, il faut toute la fermeté et toute la puissance du Gouvernement ; mais la réformation du Théâtre ne demande pas le moindre effort : une simple Ordonnance suffirait, non seulement pour le réformer, mais même pour le détruire ; et cela sans qu’il y eût à craindre le moindre scandale, ni la moindre opposition.
Molière peignit si vivement l’hypocrisie, qu’outre le scandale que cette peinture causa parmi les plus sages, si par malheur il y avait eu quelque hypocrite de bien avéré dans la Ville, le peuple l’aurait déchiré.
Les scandales des Dieux du paganisme, les intrigues, les débauches, les passions en prirent la place, et malgré tout ce que l’ancien spectacle pouvait avoir de défectueux, on voit aisément que les mœurs et la religion n’ont rien gagné au change. […] Les danses, les chants, le mélange des sexes, les discours libres, les parures indécentes, les postures, les gestes, les mœurs des spectateurs et des auteurs, d’un exercice de religion firent un scandale. […] Parmi des Chrétiens qui les connaissent et font profession de les mépriser, c’est une impiété et un scandale. […] Les motets, les te Deum, les beaux saluts, les solennités brillantes, cessent d’être des actes religieux, et deviennent, selon lui, des scandales, quand l’appareil du théâtre s’y mêle.
Commenge, bien loin d'être touché de cette conversion et de cet affreux spectacle, et de se convertir lui-même, à son exemple et à son invitation, se montre le plus scandaleusement amoureux ; il quitte son rang, s'élance auprès d'elle et se jette à ses pieds, lui prend et lui baise la main ; et bientôt, par un second transport qui met le comble au scandale, il s'élance sur son lit, se jette sur elle, l'embrasse, l'arrose de ses larmes. […] C'est d'abord un scandale de faire blasphémer Dieu et la providence, même en faisant suivre le repentir ; ce qui arrive cent fois dans la pièce. […] Quel scandale encore que ce suicide de désir, ce désir de l'anéantissement, qui ne peut arriver assez tôt ? […] L'Auteur du drame ne pouvant s'en dissimuler le scandale et l'absurdité, quoique fort content de lui-même, dit modestement dans sa préface pour s'excuser : « Le génie doit s'élever au-dessus des règles pour produire des beautés.
Il s’agit de savoir si les Comédiens de nos jours jouent sans scandale, et d’une manière qui soit licite. […] Ils ne distinguaient pas entre le « scandale actif et le scandale passif ». […] Qu'il y ait des gens payés pour les entretenir, que les temps et le lieu en soient marqués, cela ne change point la chose, pourvu que dans toutes ces circonstances, il n’y ait point de scandale.
Sylvestre et Angélus déclarent que le péché que ces personnes commettent, si elles viennent à danser, est mortel à cause de la prohibition, et du scandale : « Non oportet ministros altaris vel quos libet clericos spectaculis aliquibus quæ aut in nuptiis aut scenis exhibentur interesse » de consecr. dist. 5.