Ie veux seulement en profiter, & faire entendre à nos Cavaliers, que la richesse des habits, la fierté des Chevaux, & le nombre des Soûtenans n’eust pas eû tout son éclat, si le sujet & le dessein n’eussent esté accompagnez d’un esprit secret & d’une fine intelligence, tant au choix & à la distribution de ses diverses parties, qu’à l’expression & qu’à la justesse de la representation. […] Par de-là la representation il y doit avoir un Jeu particulier, à quoy tout cet appareil appartienne naturellement, & si precisement que la fin, la suite & la liaison des choses soient apparceües, d’abord & sans effort d’esprit. […] Ainsi tout est suivy, tout à part à l’action, & la fin de l’action & de la representation est consommée avec le principal appareil.
Aucuns diront que le mot est trop bas, à cause de ce qui fut représentéf: voire que la fin requiert qu’on lui donne le nom de tragédie. […] Combien aussi que la fin au regard de quelques-uns des joueurs soit lamentable, néanmoins, attendu le profit qu’y ont fait les maîtres, et que tout cela s’est tourné en risée de la part du peuple, des joueurs, et des fatistesj qui ont fait nouvelle moisson, je ne changerai point ce titre. […] Au dessous était l’enfer, où se voyaient quelques diables et Lucifer leur maître, accoutrés selon le dessein des jésuites : la fin du jeu était de contrefaire un jugement dernier, puis le salut des uns, et la damnation des autres. […] Outre plus les éclairs étaient si fréquents et les tonnerres si effroyables, que plusieurs pensaient que ce fût la fin du monde. […] FIN L’infâme troupe en France condamnée, Et malgré France en France ramenée, Entreprenant Salmonée imiter, Dedans Lyon voulut Dieu dépiter, Contrefaisant son magnifique ouvrage: Mais le loyer de ce félon ouvrage, Fut, est, sera honte et destruction De Salmonée et de sa nation.
La fin que les Comédiens et ceux qui les vont ouïr se proposent. […] Jésus-Christ ayant acquis avec justice sur tous les Chrétiens le droit d’être le principe et la fin de toutes leurs actions, en qualité de leur Créateur et de leur Rédempteur ; est-il jamais venu en l’esprit à un Comédien en montant sur le théâtre, de dire : C’est pour plaire à Dieu que je vais faire cette action. […] La fin de la Comédie et des Comédiens est toujours mauvaise ; et celle des spectateurs l’est aussi pour l’ordinaire. […] Voilà quelles sont les fins des Comédies, et des Comédiens. […] S’il est donc défendu aux jours des Dimanches et des Fêtes, c’est parce qu’il détourne notre esprit du culte intérieur de Dieu, qui est la fin du précepte : « Quod mentem à divino cultu, qui finis est præcepti, abstrahit », comme parle le Concile de Trente.
Car les grandes choses ne paraissent ordinairement au monde, que dans des longueurs pour quia la vie d’un seul homme ne suffit pas ; leur suite est souvent interrompue par le silence, ou par le tumulte des affaires : les faux bruits, les feintes, les passions particulières en déguisent la vérité, et sont cause que l’on prend les circonstances pour le principal, mais les théâtres recueillent ce qui sert pour la parfaite intelligence d’un sujet ; en moins de deux heures, il font voir la naissance, le progrès, les difficultés, la fin des aventures qui exercèrent le monde durant plusieurs années et plusieurs siècles. […] Mais parce que la fin de la comédie est de délecter, et que les pratiques de la vertu ne sont pas celles qui plaisent le plus à notre nature, on les a quittées pour représenter ce qui peut être dans la complaisance des passions, et l’on se propose pour dernière fin, une volupté qui est l’amorce commune de tous les vices ; et d’autant que ces acteurs veulent donner de l’admiration, ils vous font voir des prodiges de méchanceté, des usurpateurs qui s’élèvent dessus les trônes par toutes sortes de crimes, en mettant sous leurs pieds, tous ceux qui ne peuvent servir autrement à leur fortune : des inimitiés éternelles ; des vengeances toujours extrêmes ; la cruauté n’épargne ni l’âge, ni le mérite, ni le sexe ; elle s’étend jusques aux derniers degrés d’une famille, et jusques aux cendres des défunts ; ce ne sont que duels, que guerres, qu’assassinats, où pour donner plus de compassion, l’innocence demeure toujours opprimée. […] Leur face nous semble déjà bien sévère, la nature n’appréhende que trop leurs difficultés, sans qu’on leur ôte tout ce qui leur reste de crédit, en faisant voir leurs entreprises, et leurs fins toujours malheureuses : déjà les hommes ne sont que trop portés, à l’ambition, à l’ennui, aux vanités, aux colères, aux vengeances, aux injustices qui cherchent leur propre intérêt dans la ruine des autres, et qui pensent bien acquérir tout ce qu’ils peuvent usurper ?
Que si on dit, que les Chrétiens en peuvent user à une autre fin ; je réponds, qu’on s’en peut bien proposer une autre, mais elle ne sera guère meilleure : Que sert-il de fermer plusieurs portes d’une ville, s’il en demeure une ouverte à l’ennemi ? […] Peut-on nier, en conscience, que la fin de ces jeux, soit autre aujourd’hui ? ou veut-on douter, si la fin de notre vocation est la gloire de Dieu, l’édification du prochain, et le salut de nos âmes ? Certes le Chrétien juge de toute action principalement par la fin, et n’estime bonnes, sinon celles, qui visent à ce but ; De dire que la fin de ces jeux, est de former la grâce à la jeunesse, lui faire acquérir dextérité, et assurance, etc. […] Les déclamations, et autres tels exercices Scolastiques sont moyens honnêtes, pour dextériser, et enhardir la jeunesse ; que l’on s’en serve donc, pour parvenir à cette fin.
J’ai déjà observé qu’il faut un grand art pour amener le Vaudeville à la fin des Pièces(64). […] On y verra que l’enjoument & la fine plaisanterie accompagnent l’éxcellent Vaudeville ; & que le refrein de chaque couplet doit être amené avec un art infini, & tiré du sujet même. […] L’usage de placer des Ritournelles au commencement & à la fin de la plus-part des Ariettes, nous est venu, je crois, des Italiens, qui les font durer une demi-heure. […] Je sais que la musique a plutôt besoin d’images que de pensées fines & spirituelles. […] Quelque amour qu’on ait pour la musique, elle fatigue à la fin.
Ajoutons à cela, que la négligence des Magistrats séculiers qui voient le mal et n’y remédient pas, Glos. in c fin. de except in 6. et Firman. tract. de Ep. par. 2 l. 5. […] Fin du Traité de saint Charles. […] Glos. in c fin. de except in 6. et Firman. tract. de Ep. par. 2 l. 5.
Ce que les Païens suivaient anciennement pour honorer et apaiser le Diable ne se peut maintenant faire entre les Chrétiens sans déshonorer et offenser Dieu : Or les Jeux Comiques et Tragiques se jouaient anciennement pour ladite fin : Ils ne peuvent donc être joués aujourd’hui sans ledit inconvénient. Fin
On n’y donne le nom d’incidens qu’à des malheurs imprévus, qui changent la face des choses, amènent la fin de la Pièce en paraissant la reculer. […] Le Dénouement en est la fin pleine & entière. […] La Tragédie intitulée La mort de César, avertit bien par son seul titre que le principal Héros doit mourir ; & cependant on est aussi surpris, aussi affligé de sa fin tragique, que si l’on n’eut jamais sçu ce qui devait lui arriver. […] C’est à quoi l’on fait très peu d’attention ; l’on fait chanter à la fin des Opéras-Bouffons un personnage qui n’a souvent nulle envie de prendre part à la joie générale. […] Le nœud du Maréchal est proportionné à sa fin.
La fin du Poème dramatique est de porter à la vertu et d’éloigner du vice ; c’est de montrer l’inconstance des grandeurs humaines, les revers imprévus de la fortune, les suites malheureuses de la violence et de l’injustice ; c’est de mettre en jour les chimères de l’orgueil et les boutades du caprice, de répandre du mépris sur l’extravagance, et du ridicule sur l’imposture ; c’est en un mot d’attacher à tout ce qui est mal, une idée de honte et d’horreur. […] Ce n’est pas néanmoins qu’ils ne pussent parvenir à la fin que se propose la Poésie dramatique, s’ils avaient des intentions saines : à cela près, on peut dire que rien ne leur manque.
Essendo che tal fine non dica secondo sé specie di colpa mortalmente grave, anzi piuttosto l’alleggerisca. […] Come sarebbe il condurre chiaramente a fine una fornicazione. […] Ma con un altro breve Quesito veniamo alla fine di questo primo Capo. […] » Beltrame fin qui. […] Che le Femmine compaiono con gli uomini; e di più bene spesso vestire da uomo esercitano il salto Gaditano nel fine delle Commedia, « etiam Gaditanam saltationem in fine Comedie virili habitu assumpto ».
Or, est-il un délassement plus utile et plus innocent que celui de la comédie, disent ses défenseurs, puisqu’elle n’est autre chose, à la regarder en général, qu’une représentation naïve d’un événement agréable, assaisonné d’une satire fine et douce pour la correction des mœurs ? […] Ces raisons sont fortes ; cependant, comme elles ne sont pas sans réplique, M. l’archevêque, aussi fin que les jésuites qui cherchaient à l’embarrasser, ne voulant s’exposer ni aux railleries des gens du monde, ni aux reproches des dévots, trouva un tempérament qui fut de ne point condamner la lettre, mais de punir le théatin qui en était l’auteur. […] [NDE] Les mémoires de l’abbé Louis Le Gendre (1655-1733), rédigés à la fin de sa vie, n’ont été publiés qu’en 1863 : Le passage cité, sur les dessous de l’affaire Caffaro, se situe au Livre IV, p. 189-194.