Mais par le même principe, quel jugement porterons-nous d’une Tragédie où, bien que les criminels soient punis, ils nous sont présentés sous un aspect si favorable que tout l’intérêt est pour eux ? […] Quel est le plus criminel d’un Paysan assez fou pour épouser une Demoiselle, ou d’une femme qui cherche à déshonorer son époux ? […] Le mal qu’on reproche au Théâtre n’est pas précisément d’inspirer des passions criminelles, mais de disposer l’âme à des sentiments trop tendres qu’on satisfait ensuite aux dépens de la vertu. […] Ainsi elles ne sont innocentes ou criminelles que par l’usage que nous en faisons selon notre caractère, et ce caractère est indépendant de l’exemple. […] Personne ne se croit obligé d’être un héros, et c’est ainsi qu’admirant l’amour honnête on se livre à l’amour criminel.
» Saint Cyprien dans le Traité des Spectacles, ne les condamne pas seulement par rapport à l’idolâtrie, il suppose que quand il n’y aurait même rien de mauvais, il serait toujours très malséant à un homme qui fait profession du Christianisme d’y assister25. « Quand ces Spectacles, dit ce Père, ne seraient point dédiés aux Idoles, les Chrétiens ne devraient point pour cela les fréquenter ou y assister : car, quoiqu’ils n’eussent rien de criminel, ils contiennent toujours une vanité très grande et peu convenable à des Chrétiens ». […] Le Rituel de Sens au Titre de la Communion des malades page 90, parle des Comédiens en ces termes : Mais il faut prendre garde surtout de ne la pas donner à des indignes, ce qui ne se peut faire sans scandale, tels que sont des Usuriers publics, des Comédiens et des Farceurs, des Concubinaires et des gens notoirement criminels. […] » Le Rituel de Coutances de l’année 1682, au Titre du Sacrement de l’Eucharistie et de la Communion des infirmes, page 14796. « Il faut prendre garde, dit ce Rituel, de ne point porter la sainte Eucharistie aux indignes, ce qui ne serait point sans scandale ; ces indignes sont les Usuriers publics, les Concubinaires, les Comédiens, ceux qui sont notoirement criminels, et les excommuniés nommément.
Enfin une des plus criminelles mascarades, est celle où l’on prend des habits de Religieux ou de Religieuses. […] J’avouë qu’elle n’est pas toûjours criminelle, & que toutes les personnes qui s’y exercent, ne pechent pas toûjours contre la pureté.
Remontons à la source du mal, et nous serons bientôt convaincus qu’avec un ministre éloquent de plus, et un juge criminel de moins, l’harmonie sociale sera bientôt rétablie. […] Guerriers que va guider sa sainte Providence, Ministres de rigueur, choisis par la Prudence, Il est temps de remplir ses décrets éternels, Couvrez-vous saintement du sang des criminels. […] Ne pouvions-nous donc laisser aux tribunaux criminels le soin de punir ces monstres qui déshonorent jusqu’au nom d’homme ; aux médecins, celui de tenter la cure de ces malheureux dont le délire, même en peinture, affecte toujours péniblement l’humanité ? […] Mais dans la carrière criminelle, il n’en est pas ainsi. […] L’espèce du procès criminel offrait, dit-on, les mêmes détails et les mêmes circonstances que l’on remarque dans la pièce.
S’il leur échappe, dit encore Saint Chrysostome1, une parole de blasphéme ou d’impureté, on leur applaudit, parce qu’elle a été prononcée avec grace, & l’on donne des signes d’aprobation à des personnes qui mériteroient souvent d’être lapidées ; & c’est là le sujet de ma douleur, de voir que l’on prétende justifier une conduite aussi criminelle ?
Tout annonça long tems qu’une foule de banis & de criminels habitaient dans son sein.
Page 210 Le ministère public doit dénoncer des réalités criminelles plutôt que de poursuivre des tendances idéales.
Quelle pénitence je vous prie peut-il imposer aux médisants, puisque lui qui est le patron, sur lequel le pénitent se moule, se trouve le premier coupable ; ou qui sera le plus criminel, lui qui vise toutes ses pensées à ce point, ou l’autre qui l’imite.
Ce serait traiter les Dames à peu près de la même manière que ceux qui reçoivent leur argent, pour les insulter à la face d’une nombreuse Assemblée : ce serait s’imaginer qu’elles se repaissent d’idées criminelles, qu’elles sont accoutumées au langage des mauvais lieux, et qu’elles aiment à voir des représentations abominables. […] » Car il est des choses dont le récit est aussi dangereux qu’elles sont criminelles de leur nature ; la description qu’on en fait laisse souvent le trait empoisonné après elle.
Il osa faire plus, il osa comme Euripide εκτραγῳδῆσαι, traiter l’Amour d’une maniere tragique, & peindre dans Phedre vertueuse toute l’horreur d’une passion criminelle.
Je sais bien que Melpomène n’avait point alors tous les atours dont à su la parer Racine, ni le Clergé petit-maître toutes les grâces que répand sur leur tête la main d’un habile baigneur ; mais je ne sais par quelle fatalité le théâtre et l’Eglise, la comédie et la sagesse, les airs d’un actrice et les affaires de l’Etat, ne furent jamais d’intelligence, quoiqu’une mauvaise politique ou des passions criminelles aient souvent essayé de les réunir.
Car pour la galanterie criminelle, l’envie, la fourberie, l’avarice, la vanité et choses semblables, on ne peut croire que le Comique leur ait fait beaucoup de mal.