Quel corruption, dis-je à mon tour !
On s’étoit attaché à flétrir par toutes les marques d’ignominie possibles un commerce honteux que la corruption de la nature ne permettra pas d’abolir entierement ; faute de meilleur expédient, on avoit appelé l’orgueil au secours de l’honnêteté.
C’est pourquoy j’ay ajoûté, eû égard à nôtre foiblesse & à nôtre experience ; parce que quoyque la corruption du cœur soit commune à tous les hommes, & que le panchant soit une des suites du peché avec lequel nous naissons tous ; ce panchant neanmoins n’est pas également violent dans tous les hommes, & cette foiblesse n’est pas également à craindre dans tout âge, dans tout sexe, & dans toutes sortes d’états ; ainsi ceux à qui une funeste experience n’a que trop appris, qu’ils ne se trouvent jamais dans ces assemblées libres & enjoüées, à ces bals, qui ne sont faits que pour entretenir la galanterie, a ces balets & à ces danses, où l’on ne s’étudie qu’à exprimer par geste, la passion dont on est possedé, ceux qui écoutent avec un singulier plaisir ces airs languissans & passionnez, ces concerts de voix & d’instrumens, où tout ce que la musique a de plus animé, porte jusqu’au cœur les sentimens les plus tendres ; ceux qui sont charmez de ces comedies, où des hommes & des femmes paroissent sur un Theâtre, pour exprimer les plus naturellement & le plus vivement qu’il leur est possible, la plus dangereuse de toutes les passions ; ces personnes, dis-je, me demandent, s’il y a peché grief de voir & d’entendre ce qui excite, & ce qui allume cette passion, à quoy elles n’ont que trop de panchant ; n’est-ce pas demander s’il y a du peché à chercher l’occasion du peché, & à s’exposer au danger de le commettre ?
Ce Char estoit ordinairement traîné par quatre Chevaux blancs les plus beaux que l’on pût trouver, on selon la corruption des siecles, & l’orgüeil des Empereures, par des Animaux extraordinaires venus des Païs sauvages, & aprivoisez à Rome.
Alors les pompes de Satan se déploient dans tout leur éclat, le goût de la parure et de la vanité se communique de rang en rang, les yeux s’ouvrent, ainsi que les oreilles, et le cœur reçoit la moisson de tout ce que la corruption a recueilli pour empoisonner les âmes.
Rousseau, Citoyen de Genève, à M. d’Alembert, au sujet des Spectacles Celui qui a regardé les Belles-Lettres comme une cause de la corruption des mœurs ; celui qui, pour notre bien, eut voulu nous mener paître, n’a pas dû approuver qu’on envoyât ses Concitoyens à une école de politesse et de goût : mais sans nous prévenir contre ses principes, discutons-les de bonne foia. […] Pour celui qui est injuste avec pleine lumière, ou sa corruption est sans remède, ou l’habitude du théâtre doit réveiller dans son âme l’effroi, la honte et les remords. […] Rousseau veut instituer à Genève, sont les rendez-vous du déshonneur, et les sources de la corruption ; en un mot, toute femme qui s’expose en public, est une femme sans pudeur, la perte de la pudeur entraîne celle de l’honnêteté qui est l’âme des bonnes mœurs : nos femmes vivent en public, elles n’ont par conséquent ni pudeur, ni vertu.
La crainte & la corruption enchaînoient les Parlemens, & l’antique charte nationale, bien loin d’être réclamée par les Anglois, étoit presque ignorée d’eux.
Cette corruption des cœurs la gata, & la fit tomber dans une maladie que les Médecins appellent Glacomanie, qui lui pervertit tous les sens, & la rendit presque folle.
Un Acteur, une Actrice sont paîtris d’amour propre : il n’y a qu’a le voir, à l’entendre : ses regard, ses gestes, sa démarche, sa parure, son style, son ton de voix, tout en lui ne parle qu’orgueil ; & si un Peintre avoit à faire le portrait de cette partie de la corruption, superbia vitæ, il n’auroit qu’à peindre une Actrice, comme Appelles, pour représenter.
Que conclure donc, sinon que les femmes laissant moins échapper de marques de corruption sont en effet moins corrompues, que leur attachement à la Vertu prouve qu’elles sont plus raisonnables, et qu’étant plus raisonnables, il convient de les faire parler raison ?
Autre merveille : elle soutient une année entière toute l'austérité de la Trappe, si supérieure à la faiblesse de son sexe et à la corruption de son cœur, sans avoir ni le dédommagement de la passion, puisqu'elle ne se fit jamais connaître à son amant, encore moins le secours de la religion et de la grâce, puisqu'elle fut toujours, dit-elle, « des désordres du cœur la honteuse victime », Quelle idée !
La corruption des cœurs n’en a pas chassé la pudeur ; ce n’est plus qu’un faible reste, il est vrai ; mais il se ranime encore, l’on aime au moins à s’en parer. […] qu’ils développeraient avec soin les suites et les effets funestes des spectacles ; et qu’enfin ils n’oublieraient rien pour déraciner ce mal, et faire cesser cette source de corruption.