Quel avantage peut compenser le désordre de la corruption des domestiques, et d’apprendre aux jeunes gens qu’ils peuvent tout attendre des vices de ces âmes vénales ?
Cependant, trois comédies qui nous restent de lui ne reflètent nullement la débauche et la corruption de la régence et du règne de Louis XV, et sont une preuve de ce qu’un esprit supérieur peut conserver de liberté, lors même que ses succès dépendent du public.
victimes généreuses des passions, elles se livrent pour le bien public, & corrompent le cœur pour empêcher une plus grande corruption, & conserver des sujets à l’Etat par un héroïque patriotisme. […] Peut-elle fermer les yeux sur cette source de corruption ?
La corruption y est toujours ancienne & toujours nouvelle. […] Le théatre est une source empoisonnée de toute sorte de corruptions.
Ce n’est donc que la corruption du cœur humain, qui peut rendre la Comédie mauvaise : En effet à le bien prendre, elle n’est qu’un mélange de paroles et d’actions agréables, propres à délasser l’esprit de l’homme ; et ce délassement est autant nécessaire à l’esprit, que la nourriture l’est au corps : De sorte que si l’on ne trouve dans la Comédie, ni paroles, ni actions, qui soient contre les bonnes mœurs, ni qui choquent les règles d’une exacte bienséance, ce serait une sévérité outrée, que de vouloir la proscrire absolument. […] Les Lois civiles ne punissent que les crimes qui sont contraires à la société humaine ; les faux témoignages, les vols, les assassinats, les blasphèmes, les impiétés publiques, et d’autres crimes scandaleux : Si l’on permet de certaines choses, qui sont visiblement mauvaises, c’est pour empêcher que les hommes ne s’abandonnent à de plus grands dérèglements ; mais la complaisance des Magistrats ne dispense pas de la Loi de Dieu, qui condamne tout ce qui porte au péché : Or il est visible que la Comédie, et ce qui l’accompagne, augmente la corruption de la nature, rend l’homme plus sensuel, et le porte insensiblement à l’oubli de Dieu.
« Ils sont assez avancés, ou, si l’on aime mieux, assez pervertis, pour pouvoir entendre Brutus & Rome sauvée, sans avoir à craindre d’en devenir pires. » Lequel croire de M. d’Alembert ou d’un citoyen qui veut sauver sa patrie de la corruption ; qui ne lui présage qu’abomination & que malheurs, si l’on ne l’écoute ; qui eût pu s’appuyer de la raison que donne Cornelius Nepos pour marquer la différence des mœurs des Grecs & des Romains : C’est que les comédiens étoient estimés des premiers, & qu’ils étoient déshonorés chez les autres.
Les femmes Payennes y mêloient la superstition & l’idolâtrie, & les femmes Juives les imitoient dans leur corruption. […] Mais pour sa personne & celles de ses compagnes, leurs nudités, leurs attitudes, leurs fards, leurs gestes, leurs ton de voix, leurs chants, leurs danses, leurs paroles, leurs regards, la corruption de leurs cœurs, tout ce qui montre & inspire la passion, c’est Venus elle-même sortant de l’onde.
C’est une corruption raisonnée, qui assaisonne le poison. […] Il n’y a guere que l’Anglomanie & la corruption des mœurs qui aient engagé à traduire ses œuvres, à leur donner quelque cours.
Malgré la corruption du paganisme, les femmes, qui même d’abord n’y furent point du tout admises, y étoient bien plus en sûreté. […] Pour punir la corruption des peuples.
Ce qui est cause de la déplorable corruption qu’on voit aujourd’hui dans le monde. […] Car ils ne doivent pas apporter moins de vigilance, d’application, et de soins à faire respecter et craindre la majesté du Dieu qu’ils adorent, laquelle est blessée par la corruption des bonnes mœurs ; qu’ils en apportent à faire révérer le Souverain qu’ils servent, en faisant observer ses ordonnances.
Excepté le mal dont notre propre corruption est la source, je ne reconnaîtrai jamais d’autre principe universel que Dieu ; et je puis, je crois, sans pécher contre la Religion le regarder comme le principe d’un amour pur et délicat. […] Missionaire Jésuite donc le Zèle sans bornes fera la gloire de son Ordre dans l’esprit de toutes les personnes d’une véritable piété, ne l’ai-je pas entendu, dis je, en prêchant sur le mariage, regretter de ne pouvoir appeler les choses par leur nom, et de ne pouvoir faire naïvement la peinture des impudicités qu’on rougit, disait-il, de nommer par un scrupule de bienséance toute mondaine, mais qu’on ne rougit pas de commettre, tant il est vrai, ajoutait-il, que le monde est parvenu au dernier degré de corruption !
Chez vous enfin le Misantrope ne hait que la corruption du genre humain, et; chez notre Auteur la haine de cette corruption, et; même de ce qui n’en a qu’une foible apparence réjaillit jusqu’à un certain point sur les hommes. […] Vous taxez sans doute tous les Spectateurs de corruption par une suite de votre principe, que c’est un vice du cœur de rire du mal qu’on voit à la Comédie. […] Vous trouvez encore une autre preuve de corruption dans le rire qui est provoqué par toutes les extravagances du Misantrope, parce que selon vous, dans tout ce qui le rend ridicule, il ne fait que le devoir d’un homme de bien. […] Je ne doute pas que les Sauvages même, qui n’ont point de honte de leur nudité, parce qu’ils ne sont pas assez corrompus pour en avoir, ne connoissent pourtant des bienséances qui équivalent toutes celles où notre corruption nous assujettit.