Il faut qu'ils les expriment le plus naturellement, et le plus vivement qu'il leur est possible ; et ils ne le sauraient faire s'ils ne les excitent en quelque sorte en eux-mêmes, et si leur âme ne se les imprime, pour les exprimer extérieurement par les gestes, et par les paroles.
Il semble par ces paroles, & encore plus par la suite de l’Ouvrage, qu’on y veuille réduire tout ce qui nous charme dans la Tragédie, au seul plaisir que la justesse de l’Imitation fait naître dans notre ame. […] Le charme du spectacle, les actions qui y sont représentées, l’artifice de la Poësie, & l’enchantement des paroles par lesquelles elle flatte la corruption du cœur, étouffent peu-à-peu les remords de la conscience, en appaisent les scrupules, & effacent insensiblement cette pudeur importune, qui fait d’abord qu’on regarde le crime comme impossible ; on en voit non-seulement la possibilité, mais la facilité : on en apprend le chemin, on en étudie le langage, & surtout on en retient les excuses. […] Les paroles sont les couleurs, ou si l’on veut, le pinceau du Poëte, c’est par elles qu’il imite, & qu’il peint dans notre ame tout ce qu’il entreprend de représenter ; mais 1°. Ce sont des paroles harmonieuses dont la mesure uniforme ou variée, mais toujours assujettie à certaines regles, forme ce qu’on appelle des vers. […] Enfin les expressions qui frappent dans la Tragédie, ne sont point des paroles froides, inanimées, & pour ainsi dire, des paroles mortes, qu’on n’apprenne que par le récit du Poëte, comme dans le Poëme Epique ; ce sont, pour suivre la même image, des paroles sensibles, animées, des paroles vivantes.
il suffit à une mere d’avoir quelques sentimens pour arracher d’entre les mains de sa fille des Romans ou d’autre mauvais livres, pour lui interdire toute parole deshonnête, & l’empêcher de fixer ses regards sur des Tableaux indécens : & des meres qui se disent chrétiennes laisseroient aller, ou conduiroient elle mêmes leurs filles au Théâtre, où elles trouveroient les mêmes écueils, mais tout autrement dangéreux !
La première est l'esprit de prière, dont l'Apôtre fait un commandement exprès par ces paroles : « Sine intermissione orate.
Avec quelle indifférence n’écouteroit-on pas ces paroles si dignes d’époux chrétiens : Tob.
Il faut sans doute que sa parole ait une grande étendue, puisqu’elle contient tous les principes et les règles qui doivent juger le monde, non seulement dans les actions extérieures, mais dans les mouvements les plus secrets de la volonté, et les dispositions les plus intimes du cœur, « judicabit occulta hominum secundum Evangelium »Rom. 2.
A ces causes nous avons sait, et faisons très expresses inhibitions et défenses à tous Comédiens, de représenter aucunes actions malhonnêtes, ni d’user d’aucunes paroles lascives, ni à double entente, qui puissent blesser l’honnêteté publique : Et ce fut peine d’être déclarés infâmes, et autres peines qu’il y échera.
Telle est de mon honneur l'impitoyable loi, Lorsqu'un ami l'arrête, il n'a d'yeux que pour soi, Et dans ses intérêts toujours inexorable Veut le sang le plus cher au défaut du coupable. » Personne aussi ne s'est jamais blessé de ces paroles barbares d'un père à un fils, à qui il donne charge de le venger.
Car si personne ne doute que ce ne fût une vie très criminelle que celle d'un homme qui ne ferait que manger, et qui serait à table depuis le matin jusqu'au soir ; ce que le Prophète condamne par ces paroles : « Vae qui consurgitis mane ad ebrietatem sectandam, et potandum usque ad vesperam » ; il est facile de voir que ce n'est pas moins abuser de la vie que Dieu nous a donnée pour le servir, que de la passer toute dans ce qu'on appelle divertissement ; puisque le mot même nous avertit qu'on ne le doit rechercher que pour nous divertir et nous distraire des pensées et des occupations laborieuses, qui causent dans l'âme une espèce de lassitude qui a besoin d'être réparée.
Telle est de mon honneur l'impitoyable loi, Lorsqu'un ami l'arrête, il n'a d'yeux que pour soi; Et dans ses intérêts toujours inexorable, Veut le sang le plus cher au défaut du coupable. » On écoute avec plaisir ces paroles barbares d'un père à un fils, à qui il donne charge de le venger.
Car si personne ne doute que ce ne fût une vie très criminelle que celle d'un homme qui ne ferait que manger, et qui serait à table depuis le matin jusqu'au soir, ce que le Prophète condamne par ces paroles : « Vae qui consurgitis mane ad ebrietatem sectandam, et potandum usque ad vesperam » ; il est facile de voir que ce n'est pas moins abuser de la vie que Dieu nous a donnée pour le servir, que de la passer toute dans ce qu'on appelle divertissement ; puisque le mot même nous avertit qu'on ne le doit rechercher que pour nous divertir, et nous distraire des pensées et des occupations laborieuses, qui causent dans l'âme une espèce de lassitude qu'on a besoin de réparer.
La première est la prière continuelle, dont l'Apôtre fait un commandement exprès par ces paroles : « Sine intermissione orate. » « Priez sans discontinuation.
Cette promesse de Mercure nous représente encore fort bien le personnage que fait le P. de la Chaise, lorsqu’il donne de bonnes paroles à ces Loups béants, qui lui font la Cour pour obtenir des Bénéfices par son entremise.
Seroit-ce parce qu’il semble avoir adressé la parole aux Russes en dédiant son Livre à leur Impératrice ? […] Qu’ils paroissent à ma vue, ces oracles menteurs qui osent les mettre en crédit, & je les confondrai avec les paroles mêmes d’Hypermnestre. […] Des voix profanes, & des paroles sacrées ! […] ) pour ne nous permettre pas même une parole à double entente. […] (Au mot Geneve) des loix séveres & bien exécutées sur la conduite des Comédiens comme sur leur morale, sur leurs actions comme sur leurs paroles, aux termes de la Déclaration du 16 Avril 1641.
Et ce Saint trouve ce precepte dans les paroles du saint Apôtre : Non potestis Mensæ Domini participes esse, & dœmoniorum. […] Chrysostome fait retrancher, ce qu’il y avoit de plus dissolu & de plus honteux : mais quelque reforme, qu’on y eut fait, le même Saint ne laisse pas de les appeler « des écoles d’impuretés & de libertinage » : non pas qu’on y representât des actions sales sur le Theatre, ce que les pieux Empereurs n’auroient pas souffert ; mais parce que les Comediens de l’un & de l’autre sexe ne s’étudioient, qu’à se servir de paroles équivoques, & de gestes affectés, qui n’étoient propres, qu’à remplir l’esprit d’idées impures, & le cœur de mauvais desirs.
Conc. d’Arles, an 1234, can. 2. » L’inexécution de ces lois, qui sont fondamentales et organiques de la discipline de l’Eglise, est une des causes principales de l’espèce de défection ou de refroidissement, dans lequel sont tombés la plupart des fidèles : elle leur a servi et leur sert journellement de prétexte pour éluder l’exécution des canons qui les concernent personnellement ; ils se familiarisent ainsi avec l’idée que, puisque la parole de Dieu et les préceptes de son Eglise ne sont pas strictement observés, par ceux qu’il a institués à cet effet, ils peuvent eux-mêmes, sans crainte de la damnation éternelle, les enfreindre ou ne pas les pratiquer. […] Nous lisons encore dans l’Histoire du droit canonique, 1 vol. in-12, pages 385 et 393, au chapitre de la puissance des rois comme protecteurs des canons ; « Que le prince temporel ne peut pas faire la discipline ecclésiastique, mais qu’il doit la maintenir ; « Que les puissances temporelles sont nécessaires dans l’Eglise, afin de suppléer par leur pouvoir à ce que l’étendue de la parole ne peut faire ; « Que le prince a la liberté de choisir, parmi les différents usages, ceux qui sont plus conformes au bien de son Etat ; qu’il peut rejeter tout à fait, ou modifier les décrets de discipline faits par des conciles, même généraux ; pag. 394 ; « Que les ecclésiastiques ont un double lien qui les soumet à l’autorité royale ; 1° leur qualité de citoyen qui les soumet à la puissance politique comme tous les autres sujets ; 2° leur qualité d’ecclésiastique qui les soumet au prince qui, comme protecteur des saints canons, doit veiller à leur exécution ; pages 400, 401 ; « Que cette même qualité de protecteur des saints canons donne droit au roi de veiller sur les mœurs des ecclésiastiques, afin de s’opposer au relâchement de la discipline de l’Eglise » ; pag. 402.
Quétant, si connu par le succès incroyable du Maréchal-Ferrant, s’exprime à ce sujet avec beaucoup de force ; « C’est, dit-il, une erreur d’imaginer qu’il faille moins d’art pour faire un Opéra-Comique, que pour composer une grande Pièce. » Les paroles de celui à qui nous devons presque l’éxistence de notre Opéra, ne trouveront pas, je l’espère au moins, aucun contradicteur.
Terrible parole, et qui peut émouvoir les cœurs les plus endurcis de ceux qui comme des Tyrans usurpent les charges Ecclésiastiques.
La question qu’il propose dans l’article second est à savoir s’il y a des choses « plaisantes, joyeuses : ludicra, jocosa » : qu’on puisse admettre dans la vie humaine ; « tant en actions qu’en paroles, dictis seu factis » : en d’autres termes, s’il y a des jeux, des divertissements, des récréations innocentes : et il assure qu’il y en a, et même quelque vertu à bien user de ces jeux, ce qui n’est point révoqué en doute : et dans cet article il n’y a pas un seul mot de la comédie : mais il y parle en général des jeux nécessaires à la récréation de l’esprit, qu’il rapporte à une vertu qu’Aristote a nommée eutrapelia De mor. 4. 14.
Ce Drame, parole de Quinaut, musique de Lulli, fut regardé comme un chef-d’œuvre, il eut le plus grand succès. […] Le goût a tellement changé, qu’on n’a plus osé le faire paroître qu’après les plus grands changemens, & dans les chants, & dans les paroles. Ce changement sur-tout consiste à rendre les airs plus voluptueux & les paroles plus galantes, il n’en vaut pas mieux, l’ouvrage est très-foible, il vaut moins, il est plus indécent ; il faut par-tout de la galanterie aux François.
, soit par le souvenir des premiers Spectacles qui n’estoient que pour les yeux, soit que les vers & les chants qui en faisoient la nouveauté, eussent besoin de quelques choses de plus que des paroles, pour avoir un plein effet ; soit enfin que les objets entrent dans l’ame plus fortement par les yeux que par les oreilles. […] Ces premieres badineries furent bien-tost suivies de quelques chants, ensuite de certaines paroles mal-digerées, & de peu de grace. […] Et apparemment les Chants leur ont esté aussi chers que les Paroles.
Comme ceux qui aiment sincèrement la parole de Dieu et trouvent leur joie dans la méditation de ses saintes Ecritures, ont un souverain mépris de ces fadaises, et ces folies pleines de mensonges, ceux aussi qui courent après elles conçoivent de l’éloignement de la parole de Dieu, et n’ont aucun attrait pour la lecture de ses divins oracles. […] Je ne vous tairai pourtant pas que les Chrétiens d’aujourd’hui servant le même Dieu, attendant les mêmes récompenses, ne sont pas moins obligés de renoncer aux passions du siècle, de mortifier en eux les désirs déréglés du plaisir sensuel, d’éviter tous les objets qui peuvent blesser la pureté, ou les dissiper trop, que leurs yeux et leurs oreilles doivent être aussi chastes que leur langue à laquelle toutes les paroles folles et bouffonnes sont interditesEphes. 5.
Arlequin vole un fromage de Parme, qu’il aime beaucoup, on lui fait sou procès, il est condamné à être pendu ; en montant l’échelle, il chante ces paroles & cet air d’Opéra, dont la morale le fait absoudre : Quand on obtient ce qu’on aime, qu’importe à quel prix ? […] Elle n’aime que les saints qui prêchent par leurs œuvres plus que par leurs paroles. […] Du côté du cœur & des bonnes mœurs, c’est encore pis ; il detruit la pudeur, la religion, la sincérité, la charité, l’humilité, la douceur, le goût de Dieu, la pensée des choses saintes, l’amour de la pauvreté, de la pénitence, la lecture des bons livres, les pratiques de piété, des Sacremens, l’étude, la parole divine, en un mot tout l’Evangile. […] Tout Opéra est dans ce goût, puisque la musique est adaptée aux paroles, ainsi que les gestes & les mouvemens des acteurs. […] Tout ce monde étoit partagé en differentes bandes ; chaque bande avoit à sa tête deux habiles Danseurs & Chanteurs qui donnoient le branle ; toute l’atrention & l’habileté consistoient à les imiter ; & la beauté du spectacle si bien d’accord, que tous rendissent en même temps les mêmes figures, les mêmes gestes, les mêmes chants, les mêmes paroles, comme si ce n’étoti qu’une même personne.
Les Jumeaux s’attachent aux Pôles, Ravis par les doctes paroles, Qui font un Zephyr si doux : Orphée y vient quitter sa lyre, Glorieux encor de lui dire, J’ai l’heur d’être vaincu de vous.
» Les paroles même inutiles sont la matière du jugement de Dieu. […] Ils ne souffriraient pas qu'une parole libre souillât les oreilles de leurs filles, et ils les mènent au théâtre, où les gestes et les discours sont licencieux ; ils tâchent d'apaiser les querelles dans les rues, et dans le stade ils applaudissent aux coups les plus violents ; ils ne voient qu'avec horreur le cadavre d'un homme mort d'une mort naturelle, et ils voient dans l'amphithéâtre des membres rongés, déchirés, nageant dans le sang. […] « 24.° Il est donc évident que les spectacles sont l'ouvrage du démon et déplaisent à Dieu, que c'est la pompe du démon, à laquelle nous avons renoncé au baptême, et qu'on ne peut sans devenir apostat y participer, ni par ses regards, ni par ses paroles, ni par ses actions, ni par ses pensées. […] Vous y trouverez une image du cirque : voyez les révolutions du temps, comptez les siècles qui s'écoulent, attendez le terme de la consommation, intéressez-vous au sort de l'Eglise, éveillez-vous à la parole de Dieu, levez-vous au son de la trompette de l'Ange, cueillez les palmes du martyre.
De ce peu de passages on peut recueillir l’évident mécompte de ceux qui veulent prétendre que la Parole de Dieu ne condamne pas les Théâtres. […] Outre cette allégation des belles Sentences des Théâtres, et que les actions qui s’y représentent portent à la vertu, On nous touche de quelques Comédies, dont le sujet est Saint, et qui sont pour porter à la dévotion, étant même tirées de la Parole de Dieu. Mais notre Discipline a excellemment bien dit là-dessus, que la Parole de Dieu nous a été donnée pour être prêchée, et non pas pour être jouée. […] Et clorons tout ce propos, en leur adressant ces belles paroles de saint Chrysostome. […] Comprendre : se placer abusivement au-dessus de la parole divine.
Quoique par une superstition affreuse ces Anciens engagés dans l’erreur du Paganisme, fissent entrer la Religion dans tous ces spectacles profanes, ils ne s’y comportaient pas néanmoins avec plus de sagesse, d’humanité et de modestie ; les nudités, les paroles et les postures impudiques, l’effusion du sang des Acteurs, la perte de leur vie, les cruels combats contre les bêtes féroces en faisaient souvent les principales circonstances, et selon eux les plus grands agréments. […] les plus sages des Païens condamnaient-ils ces dérèglements outrés, et par leur exemple aussi bien que par leurs paroles, ils portaient leurs Concitoyens à s’éloigner de ces cruels et de ces funestes divertissements.
On peut ajouter fort convenablement à cette prohibition les paroles d’Innocent III.
« Je vous écris, pères, et à vous, vieillards : je vous écris, jeunes gens : je vous écris, enfants ; chrétiens, tant que vous êtes, n’aimez point le monde ; car tout y est ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie. » Dans ces paroles, et le monde et le théâtre qui en est l’image, sont également réprouvés : c’est le monde avec tous ses charmes et toutes ses pompes, qu’on représente dans les comédies.
Le jeûne a encore un caractère particulier dans le nouveau testament, puisqu’il est une expression de la douleur de l’église dans le temps qu’elle aura perdu son époux : conformément à cette parole de Jésus-Christ même : Mat.
Ouvrez les divines Écritures, vous y verrez un Dieu créant le monde d’une parole, & ce monde défiguré par le péché, le châtiment des impies, la récompense des justes, la mer ouvrant ses abymes pour faire passer un peuple à pied sec, & les rochers amollissant leur sein pour lui fournir des sources d’eau vive, les nuées faisant tomber du ciel un aliment délicieux pour le nourrir, le Jourdain qui arrête ses ondes pour lui ouvrir l’entrée de la terre promise. […] Ses livres embrassent l’histoire de tous les siecles, remontent au premier instant où une parole toute puissante fit sortir du néant le ciel & la terre. […] quel zèle dans ses Apôtres, qui parcourent la terre pour annoncer sa divine parole !
Ces paroles sont à peu pres de PlineLib. 36. c. 15. […] Voicy ces paroles. […] Le ne doute point que Monsieur de Montagne n’ait de bons garans de ses paroles, toutefois je ne laisse pas d’avoir de la peine à concevoir soit en un, soit en plusieurs jours ce tas de miracles si surprenans ; mais il est encore plus aisé de croire que d’examiner exactement le vray : & nous n’avons pas une petite obligation à ceux qui nous ont prevenu, & qui se sont bien voulu charger du hazard des choses douteuses & des bizarreries de nostre incredulité.
La parole est souvent une expression faible & lente ; mais il faut bien se résoudre à faire passer par les oreilles, ce qu’on ne peut offrir aux yeux.
« Le glaive de la parole », dit Isaïe, ne nous est pas confié pour ménager les pécheurs, mais pour couper jusqu’à la racine de leurs vices.
et la salle où se font les assemblées de garçons et de filles, où se lancent des œillades lascives, où se disent des paroles de gueule, où se forment des pensées de vanité, d’envie et de mépris du prochain, où s’engendrent des haines, des querelles et des duels ; cette salle, dis-je, ne sera pas la salle du diable, plus sale, plus impure et pleine d’immondices qu’une étable d’Augias ?
Les paroles s’envolent, les gestes s’évanouissent ; la situation & le jeu du théatre, qui présente tant de faces différentes aux mêmes choses, tout disparoît, & après la piece on peut tout désavouer, & la plûpart des choses s’oublient. […] Qu’on les compare enfin avec tous les Prédicateurs & les livres de piété de notre siecle, qu’on fasse un discours tissu des seules paroles des Pères contre la comédie, personne qui n’y trouve peint au naturel ce qui se passe parmi nous : c’est toûjours le même cri de la religion & de la vertu, les mêmes armes contre l’ennemi commun de tous les siecles, qui a toûjours tendu les mêmes pieges & fait les mêmes ravages. […] Ils ne cherchent qu’à séduire, ils se vendent au public, ne disent & ne font rien que pour inspirer les passions, & rassembler avec la plus grande licence & avec le plus dangereux artifice, dans leurs paroles, leurs parures, leurs gestes, leurs attitudes, leur conduite, tous les objets, tous les pieges, toutes les leçons, tous les moyens les plus propres à nourrir tous les vices & détruire toutes les vertus. Le Mercure ajoûte avec complaisance un extrait de la gazette de Londres sur la tragédie le Siege de Calais, où l’on trouve ces paroles : La révolte d’Harcourt, occasionnée par la tyrannie des Ministres, est une excellente leçon pour eux, & les avertit, &c.
Tous les Pères ont admiré la parole de cet Empereur Païen, qui croyait avoir perdu le jour, quand il l’avait passé sans faire aucune bonne action ; et les Chrétiens auront si peu de Foi, que de perdre inutilement le temps, que J. […] Voyez-vous dans ce miroir fidèle toutes les passions, qui se remuent, ce bouillonnement de cœur, ces émotions, cette impétuosité de nature, ces agitations du corps, cet air sombre et mélancolique, ces paroles piquantes et injurieuses, ces blasphèmes exécrables, qui sont quelquefois dans la bouche même des plus beaux joueurs. […] En effet, c’est là où le Démon règne avec empire ; c’est là qu’il corrompt les âmes les plus pures par des idées dangereuses, par des gestes dissolus, par des postures lascives, et par des paroles indécentes et malhonnêtes dont on fait gloire ; si bien que c’est un dangereux écueil pour la pureté des Filles, qui le doivent éviter avec soin, si elles ont de l’amour pour Dieu et pour leur salut. […] Je vous l’avais bien dit que notre Dieu est un esprit infiniment pur et infiniment saint, et que suivant la parole de son Fils unique, pour être du nombre de ses véritables adorateurs, il faut l’adorer avec un esprit saint, et un cœur épuré.
pensez-vous que dans l’Evangile, qui condamne jusques aux paroles oisivesh, il ne puisse trouver la condamnation, de ces paroles enflammées, de ces accents passionnés et de ces soupirs ardents qui font le style de la Comédie ? […] Il prend pour des grâces divines, les corruptions, les profanations et les violements qu’il fait de la parole divine. […] XII, 36 : « Or je vous déclare que les hommes rendront compte au jour du jugement de toute parole inutile [Vulgate : omne verbum otiosum] qu’ils auront dite » (trad.
Il est vrai, que nous ne trouvons point formellement cette défense, vous n’irez point au cirque, au théâtre, au stade, à l’amphithéâtre, comme nous trouvons expressément ces paroles : Exode. […] Ainsi ces paroles de David peuvent très bien s’entendre, d’une défense spéciale d’assister aux spectacles. […] et toute parole inutile. […] Celui qui n’oserait proférer la moindre parole déshonnête en présence de sa fille, la conduit lui-même à la comédie pour lui faire entendre mille discours impurs, et lui faire voir mille postures indécentes. […] Or ce que nous avons anathématisé alors, nous ne pouvons plus le rechercher ni par nos actions, ni par nos paroles, ni par nos regards, ni par nos désirs.
Je me rappelle à ce propos d’avoir lu dans quelqu’endroit, qu’une Actrice célebre prononçant ces mots d’une Tragédie, il m’en souvient, & s’étant arrêtée quelque tems pour faire sentir davantage la force de ces paroles, un Spectateur du parterre s’impatienta de la longueur du silence de l’Actrice, & dit tout haut : ma foi, s’il m’en souvient, il ne m’en souvient gueres. […] Rien en cela que de naturel : dira-t-on que quelques propos bizarres d’Alceste forment le fond du caractere du misanthrope, tels que ceux-ci : « J’ai un procès, je crois avoir raison, je voudrois pour la beauté du fait perdre ma cause… » & celui-ci, « Votre sonnet ne vaut rien, j’aime bien mieux la chanson, si le Roi m’avoit donné Paris sa grand’ville, &c.. » & cet autre, lorsqu’il est près d’être conduit chez les Maréchaux de France, pour l’injure qu’Oronte le faiseur du sonnet, prétendoit avoir reçue de lui : « Je n’en démordrai point, les vers sont exécrables ; » & plusieurs autres endroits de même nature que je pourrois citer ; croira-t-on, dis-je, que quelques petits ridicules prêtés à Alceste, soit dans ses manieres, soit dans ses paroles, donnent beaucoup d’éloignement pour son caractere ?
L’intrigue principale se continuait toujours sous ses yeux ; les paroles du chœur s’y rapportaient, ou directement ou d’une façon moins marquée. […] Qu’il échappe dans le monde une saillie, un bon mot, on les èxprime avec brièveté ; trop de paroles les rendraient diffus, & moins saillans.
Térence et Virgile n’en sont pas quittes à meilleur compte avec ce saint Docteur, qui plaint les hommes de son siècle d’être réduits à puiser la pureté de leur langage dans ces sources empoisonnées ; quoique d’ailleurs il convienne que les paroles sont en elles-mêmes comme des vases riches et précieux ; mais qu’on boit souvent le vin corrompu dans ces coupes d’or. […] Mon zèle m’a mené plus loin que je ne croyais, Monsieur, et votre patience aura plus à souffrir que vos arguments d’un fatras de paroles qui se sont amassées insensiblement sous ma plume.
Ses paroles et ses grimaces témoignent également sa colère et l’envie qu’elle a de sortir d’un lieu où elle avoue franchement « qu’elle ne peut plus demeurer, voyant la manière de vie qu’on y mène ». […] Autant en fait-elle, pour le même sujet, à sa Bru, au Frère de sa Bru et à sa Suivante ; la passion qui l’anime lui fournissant des paroles, elle réussit si bien dans tous ces caractères si différents, que le Spectateur ôtant de chacun d’eux ce qu’elle y met du sien, c’est-à-dire l’austérité ridicule du temps passé, avec laquelle elle juge de l’esprit et de la conduite d’aujourd’hui, connaît tous ces gens-là mieux qu’elle-même, et reçoit une volupté très sensible d’être informé, dès l’abord, de la nature des personnages par une voie si fidèle et si agréable. […] Habitude qui leur est très utile, en ce que le peuple, que ces gens-là ont en vue, et sur qui les paroles peuvent tout, se préviendra toujours d’une opinion de sainteté et de vertu, pour les gens qu’il verra parler ce langage, comme si accoutumés aux choses spirituelles, et si peu à celles du monde, que pour traiter celles-ci ils sont contraints d’emprunter les termes de celle-là. […] Il conserve pourtant encore quelque jugement, comme il est impossible à un homme fort sensé de passer tout à fait d’une extrémité à l’autre ; et par un mélange admirable de passion et de défiance, il lui demande, après beaucoup de paroles, des assurances « réelles » et des faveurs pour gages de la vérité de ses paroles. […] La Religion a ses lieux et ses temps affectés pour ses sacrifices, ses cérémonies et ses autres mystères ; on ne peut les transporter ailleurs sans crime : mais ses vérités qui se produisent par la parole, sont de tous temps et de tous lieux ; parce que le parler étant nécessaire en tout et partout, il est toujours plus utile et plus saint de l’employer à publier la vérité et à prêcher la vertu, qu’à quelque autre sujet que ce soit.
Je tais aussi l'abus qui se commet en souffrant les Comiques, et Jongleurs, qui est une autre peste de la République des plus pernicieuses qu'on saurait imaginer : car il n'y a rien qui gâte plus les bonnes mœurs, et la simplicité, et bonté naturelle d'un peuple, ce qui a d'autant plus d'effet, et de puissance, que les paroles, les accents, les gestes, les mouvements, et actions conduites avec tous les artifices qu'on peut imaginer, et d'un sujet le plus ord, et le plus déshonnête qu'on peut choisir, laisse une impression vive en l'âme de ceux qui tendent là tous leurs sens. brief on peut dire, que le théâtre des joueurs, est un apprentissage de toute impudicité, lubricité, paillardise, ruse, finesse, méchanceté.
Il ne sert de rien de répondre, qu’on n’est occupé que du chant et du spectacle, sans songer aux sens des paroles, ni aux sentiments qu’elles expriment : car c’est là précisément le danger, que pendant qu’on est enchanté par la douceur de la mélodie, ou étourdi par le merveilleux du spectacle, ces sentiments s’insinuent sans qu’on y pense ; et plaisent sans être aperçus.
Beauchâteau, qui savait que l’infortune donne à l’âme de l’élévation, ne se rebuta point ; à force de prières et de paroles respectueuses, il parvint à lui faire raconter qu’un désastreux procès l’avait réduite au point de manquer de tout, et que ne pouvant ni se résoudre à mendier, ni à retourner dans la chambre qu’elle avait louée, parce qu’il lui était impossible de payer le terme qu’elle devait à l’hôte, elle était décidée à se laisser mourir de faim dans l’église.
Dans la lecture, l’impudicité, & l’impieté ne nous sollicitent qu’avec des forces languissantes, & sans action ; sur les theatres elles se servent de tous leurs artifices, de toute leur action, de toutes les machines qu’elles peuvent inventer pour nous attaquer ; les yeux, les démarches, les habits, les paroles, les gestes des Acteurs, leur silence mesme, aident ces ennemies à vaincre la vertu, elles en triomphent dans le moment mesme qu’elles les attaquent : les illuminations, la pompe, la joye, & les acclamations des spectateurs ne sont-elles pas en effet des especes de triomphes ? […] Les Superieurs ecclesiastiques & seculiers qui n’ont pas plus de sentiment, plus d’action, plus de parole, pour les interests de Dieu & pour l’innocence des peuples, qu’un pur neant : les Magistrats qui n’ont pas plus de consideration pour la gloire de Dieu & pour le salut des peuples, que si des choses de cette importance estoient de purs neants, ne sont pas plus estimez de Dieu que s’ils estoient de purs neants ; il aura aussi peu de sentiment, aussi peu d’égard pour eux, que pour de purs neants ; il leur rendra avec justice les mépris qu’ils ont eu si injustement & pour luy, & pour le salut des peuples. […] Quand il craignoit les foudres, il parloit comme un des plus zelez défenseurs de la Grace ; quand il craignoit que ses paroles ne détrompassent ses disciples, il leur expliquoit ses sentimens. […] Les personnes de vertu ne voudroient pas aller aux Comedies que tout le monde connoist pour impudiques & pour impies, elles fuyent le theatre où on les represente comme un échaffaut où les vertus sont sacrifiées par des paroles plus funestes pour l’innocence que les épées ; puisque les épées bien loin de la faire perir, assurent au contraire ses triomphes, & que ces paroles la dépoüillent de tous ses droits, & la détruisent elle-mesme. […] Tertullien explique ce passage par ces belles paroles : Saginentur eiusmodi dulcibus cõvivæ sui, nostræ cœnæ, nostræ nuptiæ nondum sunt, non possumus discumbere cum illis, quia nec illi nobiscum.
Grand en tout, dans la paix, dans la guerre, dans les succès, dans les revers, dans les sciences & les arts, les ouvrages publics, dans sa maison, dans sa cour, dans les monumens élevés à sa gloire, dans les dernieres paroles qu’il dit à son petit-fils, qui valent bien tous les bons mots de son grand-père. […] D’Ormesson prit la parole & s’offrit. […] Mes prédécesseurs vous ont donné des paroles avec beaucoup d’appareil, & moi avec ma jaquette grise je vous donnerai des effets. […] Louis XIV. étoit incomparablement plus grand que son aïeul, non-seulement par les évenemens mémorables de son regne, mais encore par sa conduite & ses discours : on pourroit faire de ses paroles un recueil plus vastes, & bien supérieur en mérite. […] Les libertins sont très-indifférens sur les intérêts du peuple, malgré quelques belles paroles qui ne sont que de style.
La pluspart des Poètes sont incapables d’ensevelir, pour ainsi dire, leur génie sous des paroles minutieuses en apparence.
« On peut mettre, dit-il, & faire agir dans une Scène tant d’Acteurs que l’on voudra28. » Je crois pourtant qu’on aurait tort de prendre ses paroles à la lettre.
Saint Paul aussi a tout compris dans ces paroles : Phil, IV. 8.
Secondement lorsqu’il parle dans cet endroit du plaisir que ces histrions donnaient au peuple « en paroles et en actions », il ne sort point de l’idée des discours facétieux accompagnés de gestes plaisants : ce qui est encore bien éloigné de la comédie.
Ce sont des Sphinx qui déguisent toujours la vérité, qui n’ont que des paroles artificieuses, & qui font mourir d’une mort funeste ceux qui n’ont pas eu l’adresse d’éviter leurs pieges & de pénétrer leurs mysteres, sur-tout la jeunesse qui passe les jours dans les plaisirs & les jeux où elle perd ses biens, & le temps encore plus précieux. […] Elle y ajouta la douceur de ses paroles ; sa voix étoit légere & insinuante. […] La parole divine émeut le cœur & le ravit ; son auteur en connoît parfaitement les ressorts ; le distributeur des talens n’en sauroit-il pas faire usage ? […] On l’en croira sur sa parole ; il n’est pas moins croyable dans ce qu’il dit des comédies. […] Clement, lett. 57, les meilleures paroles qui se disent depuis long-temps.
Les paroles suivantes relèvent la noblesse des premières par une comparaison tirée de la profession de Tailleur : Ibid. […] Du reste, ils ne s’en tiennent pas à des paroles seulement : ils traduisent l’habit comme le ministère en ridicule : la farce se joue sous des dehors religieux et symboliques de chaque fonction sacrée : l’abus frappe par là davantage, le mépris de la Religion s’insinue avec plus de facilité, et la basse idée qu’on inspire du Sacerdoce revient naturellement à l’esprit, si tôt qu’un Prêtre s’offre à nos yeux. […] Il paraît portant la parole au Tyran par l’ordre du Roi : Œdipe dans le feu de la colère traite durement Tirésias ; celui-ci réplique avec résolution et avec liberté, et dit nettement à Œdipe qu’il est un des serviteurs d’Apollon et non l’un des siens. […] Cadmus use de paroles respectueuses envers Tirésias :Bacchæ. […] Car telle est la parole de Jésus-Christ à ses Disciples : Luc. 10. 16.
Les Poèmes du nouveau genre demandent beaucoup plus d’action que de paroles. […] On me demandera comment je prétens qu’on mette dans notre Opéra plus d’action que de paroles, si un rien lui tient lieu d’intrigue ? […] Ces paroles condamnent tous ceux du Spectacle moderne, & forcent de convenir qu’ils sont la plus-part défectueux : le fort de l’intrigue roule toujours sur des amours épisodiques.
Ce serait bien alors que se vérifierait la parole de S. […] Voici les paroles de son premier Concile provincial : « Clerici choreas privatas aut publicas non agent nec spectabunt. […] Qui exige plus que le monde l’élégance des habits, la propreté des meubles, l’abondance des repas, la légèreté des manières, la liberté des paroles ?
Ce qui est admirable, c’est qu’après avoir avoué si nettement, qu’il quittait le sentiment des Pères, il a bien osé s’appliquer à la fin de sa Lettre, ces paroles du Fils de Dieu, « ma doctrine n’est pas ma doctrine Page 61. […] Votre sensibilité lui paraît imaginaire ; les Rituels des Diocèses sont mis d’un air moqueur au rang de certains Livres dont il ne faut pas faire grand cas, et tout ce qu’on prêche passe chez lui pour « de belles paroles d’un Orateur austère Page 35. […] Lorsqu’après avoir examiné un très grand nombre de Comédies pour pouvoir juger s’il y a du mal, il ose déclarer qu’il n’y a « rien qu’on ne doive approuver, rien d’indécent ni de déshonnête qui puisse blesser en quelque manière la pureté des mœurs », page 41 « et qu’on n’en imprime aucune, où l’on puisse trouver une équivoque, ni la moindre parole sous laquelle on pût cacher du poison », page 44.
Le concile de Trente défendit aussi de faire servir l’Ecriture sainte à des sujets de divertissement ; et il ordonna aux évêques de punir les téméraires violateurs de son décret aussi bien que de la parole de Dieu. […] Pierre Corneille, né en 1606, mit ensuite la comédie tellement en faveur, que dans l’enthousiasme de l’admiration des chefs-d’œuvre de ce poète, les comédiens obtinrent de Louis XIII une déclaration datée du 16 avril 1641k » , où ce monarque dit qu’il veut que leur exercice ne nuise point à leur réputation, moyennant qu’ils règlent tellement les actions du théâtre qu’elles soient exemptes d’impuretés, de paroles licencieuses ou à double sens.
Et pour connaître que l'on estimait les Tragédiens et Comédiens plus honnêtes en leurs paroles et en leurs actions, que les Atellans, il ne faut que faire réflexion sur ce que Saint Jérôme dit pour faireD.
Le cardinal de Retz traite ces assemblées de comédies ; & ce grand acteur, si bon juge, prétend dans ses Mémoires que, par les agrémens, qu’elle répandoit sur toutes ses paroles, même dans la langueur qui lui étoit naturelle, elle eût été la meilleure actrice du monde. […] La Reine demeura immobile & sans parole : mais le Prince de Condé, qui se rendit auprès d’elle ; la rassura. […] Attendez de la Providence la fin de la tempête qui semble abymer votre maison, elle peut d’une parole faire taire les vents, & vous conduire au port, même par un naufrage, & semble avoir pris à tache d’humilier les Princes : les foudres ne tombent que sur les cedres. […] La Duchesse de Chevreuse tourne casaque, se dévoué aux Princes pour marier sa fille au Prince de Conti, qui donne sa parole & fait l’amoureux, & deux mois après reprend sa parole. […] L’alliances des Bourbons avec Mazarin, étranger, fugitif, sans naissance, fort au-dessous d’un Prince du Sang, qui par cette raison venoit de rompre une parole donnée à Mlle. de Chevreuse, d’une naissance fort supérieure aux Mazarin.
Ils prennent pour guide la licence, qui est une pauvre aveugle qui leur fera faire autant de fautes, qu’ils feront d’actions, ou qu’ils diront de paroles. […] L’homme sage ne jette pas ses paroles à la foule ; c’est comme un maître Tailleur qui sait si bien couper un habit, qu’il n’y met ni plus ni moins d’étoffe qu’il en faut. […] Je veux qu’elle se défende des actions malséantes, et qu’elle ne permette pas à sa bouche de proférer une seule parole trop libre, se peut-elle promettre qu’elle n’aura ni consentement, ni complaisance pour aucune mauvaise pensée ? […] La parole fut aussitôt ratifiée dans le Ciel, qu’elle fut prononcée en terre. […] Si Dieu n’avait une bonté et une patience infinie, la parole ne serait pas plutôt sortie de la bouche du blasphémateur, que la terre ouvrirait son sein pour l’engloutir.
Pour les premiers ; nos Amants & nos Belles en sçavent plus qu’on n’en peut écrire : Pour le second, outre que nous en avons dé-ja parlé sur le propos des Dances, je n’adjoûteray que ce mot, que la belle Dance est une certaine finesse dans le mouvement, au port, au pas, & dans toute la personne, qui ne se peut ny exprimer ny enseigner par les paroles.
Si je croyais que vous et moi dussions jamais assister à ces vilaines comédies, je demanderais à Dieu qu’il envoyât son foudre pour nous écraser, et ce coup du Ciel ne nous serait pas si funeste, que le geste d’un comédien lascif, ou la parole d’une effrontée comédienne.
L’illustre Chancelier d’Aguesseau pensoit bien différamment, dans son discours sur l’imitation par rapport à la tragédie ; il parle fort au long contre les spectacles, il dit entr’autres ces belles paroles, les caractères, les sentiments, les pensées, les expressions des personnages mis sur la scéne, tout conspire à reveiller, à réflecter les inclinations que nous avons pour la gloire, les richesses, l’amour, la veangeance, qui sont les mobiles du cœur humain ; les passions feintes que nous y voyons nous plaisent, par la même raison que les réelles, parce qu’elles en mettent de réelles dans notre ame, ou parce qu’elles nous rappellent celles que nous avons éprouvées : Rapiebant me spectacula plena miseriarum mearum. […] & seq. veut que les Pantomimes soient très-utiles, non pour enseigner les regles de la vertu, ils ne parlent point ; mais pour amuser une multitude de spectateurs dans les Fêtes publiques ; qui ne pouvant pas entendre, pensent voir de fort loin, (la finesse du geste, du coup d’œil, des traits du visage, &c. ne vont pas plus loin ni si loin que le son, ce n’est peut-être que de gros Lazzis ;) on ne connoît pas les grandes ressources du génie pantomime, on peut en faire un spectacle intéressant, (il faudroit être fort habile pour en faire autre chose que de l’amusement,) il est vrai qu’il veut le faire accompagner d’une musique de génie représentative, & très expressive ; car les airs, dit-il, ne sont que l’expression d’une passion cachée, il faut en représenter le motif & la cause, ce qui met dans la nécessité d’un recitatif joué par le pantomime, ce qui eut ramené non les paroles, mais seulement, & même rarement le sentiment. […] Ne peut-on pas dire aussi, il faudroit fermer les yeux, & n’ouvrir que les oreilles ; l’un & l’autre est vrai, & faux à divers égards : le pas pantomime ne rend que la moitié de l’action ; on sent bien mieux quand on entend les paroles, si les gestes, les mouvements, l’attitude, les yeux, la phisionomie rendent la pensée & les sentiments ; combien de tableaux de nuance perdus ou incertains, si la parole ne donnne le mot de l’énigme, aussi le ton, l’inflexion de la voix, la lenteur & la rapidité de la diction ajoutent les traits les plus vifs, ce sont les couleurs de l’oreille, pour ainsi dire.
Le saint Cardinal ne pouvoit point ôter du tout tels abus, étant enracinés, & pour cela il s’efforça toujours de les modérer, les blâmant perpetuellement, & par paroles & par écrit. […] Tous vos sons, vos gestes, vos parures aussi bien que vos paroles, tout est sentiment. […] Le théatre n’eût il fait d’autre bien que la création de ce nouveau Parlement, il faudroit le conserver ; n’en soyons point en peine, la protection des Dames assure son immortalité : elles sont comme Pithagore, dont les disciples juroient sur la parole de leur maitre, ipse dixit. Le François jure sur la parole des Dames, cet Empire est gouverné par une loi antisalique.
Ces objets n’excitent dans l’ame que des mouvemens doux & tranquilles qui ne portent à aucun péché, & ne favorisent aucune passion, ils invitent même à louer, à aimer, à admirer un Dieu dont ils peignent les perfections, mais les beautés théatrales, vanités des vanités, pompe du monde, attraits de la chair, cette musique efféminée, ces paroles tendres, ces intrigues galantés, ces nudités, ces gestes, ce fard, ce luxe ne viennent que du vice, ne portent qu’au vice, n’entretiennent que les passions les plus criminelles, & ne peuvent que conduire au dernier crime. […] Tout est permis dans le monde, & non-seulement permis, mais maintenu dans les chansons, paroles deshonnêtes, &c. […] Les yeux sont les fenêtres du cœur, par le regard desquels la concupiscence est enflammée ; les oreilles des tuyaux par lesquels comme par un entonnoir ce venin mortel est instillé & entiné au cœur par le diable par le moyen des paroles lubriques. […] Saint Augustin dans ses rétractations se reproche d’avoir donné le nom de Dieu & de Déesse à Apollon & aux autres Muses, quoique ce ne fut qu’en plaisantant, etiam joculando ; & dans ses confessions il s’accuse comme d’un crime de son amour pour le théatre & la lecture du second livre de Virgile, des amours d’Enée & de Didon, il ne permet même de rendre à d’autres qu’à Dieu les honneurs divins, même en paroles, même en apparence, & la créature ne peut les fouffrir sans le rendre presqu’aussi coupable.
Tout mensonge est défendu de Dieu, celui de l’habit, des gestes, des actions, comme celui des paroles : Mendacium in verbo turpe, & idem in habitu. […] En outre abusant de leur privilège, les masques supposent le nom d’autrui, soi-disant Princes, qui est un entregent abusif, & crime de faux qui tourne à la déception des damoiselles, lesquelle se décèlent à eux, pensant qu’ils sont ce qu’elles supposent, sont pareillement les maris déçus ; que les masques, par les propos qu’ils tiennent aux damoiselles, les dégoûtent de leurs maris, leur mettent la gloire par leurs flatteries, qui est cause que quelquefois il y a de l’âne & de la mule aux femmes ; que les masqués entrent avec nombre de varlets qu’on ne connoît pas, qui font désordre à la cuisine, sur la chambriere & sur les vivres, &c. qu’ils sont embâtonnés, garnis d’épées & de poignards en leurs brayettes, en sorte que la force est devers eux, & les maris ne sont plus maîtres on leur maison, leur disent des paroles outrageantes, & commettent plusieurs autres grands abus. […] Leur est enjoint de non user de paroles perdues, mais doivent du beau premier bond entrer en matiere d’amour, si ce n’est aux vieilles & anciennes, auxquels on pourra parler de la journée de Mont-l’héri ou de la mort du Connétable, & s’ils ne peuvent, pour les difficultés des Damoiselles, parachever dans l’heure les propos, pourront remettre au lendemain, ou prendre autre assignation. […] Permis à tous Masqués de prendre toutes les libertés qu’ils pourront, sauf aux Damoiselles leur défense au contraire, sans user les uns envers les autres d’aucunes paroles rigoureuses.
Ici il emploie les paroles, et les sons les plus propres à inspirer l’amour de la volupté ; là il se sert de toutes les livrées du luxe pour étaler le charme des plus brillantes couleurs, et ce mélange qui étonne, et qui ravit, enivre les sens, subjugue l’âme, et vient à bout de corrompre les cœurs […] Et pourriez-vous en supporter la vue au milieu de ces Acteurs profanes et scandaleux, qui, par leurs gestes, par leurs paroles, par leur immodestie, ne cherchent qu’à vous distraire de ce grand objet ? […] Ce n’est pas à nous qu’il faut vous en prendre, si ces lois vous paraissent austères et difficiles, mais à l’Evangile que vous avez embrassé ; cet Evangile qui nous déclare que nous rendrons compte des paroles inutiles ; cet Evangile qui nous ordonne de prier sans cesse, et de mortifier tous nos sens si nous ne voulons pas périr ; cet Evangile qui n’appelle bienheureux que ceux qui pleurent et qui souffrent, qui n’offrent le Royaume des cieux qu’à ceux qui se font violence ; cet Evangile qui est le testament d’un Dieu qui n’a vécu que pour nous donner l’exemple, et dont la vie se passa dans les travaux, dans les douleurs et se termina sur une Croix. […] Comment, on rendra compte des paroles inutiles, et les actions inutiles ne nous seraient point imputées ?
Le glaive de la parole, dit Isaïe, ne nous est pas confié pour ménager les pécheurs, mais pour couper jusqu’à la racine de leurs vices. […] Il en est de la parole du démon, comme de la parole de Dieu, dit saint Augustin ; l’une & l’autre demeurent quelquefois cachées dans un cœur, sans y produire aucun effet sensible. Comme Dieu attache souvent le salut de certaines personnes à une de ses paroles qu’il a semée long-temps auparavant dans leur ame, & qu’il y ranime pour lui faire porter des fruits de vie ; l’esprit de ténébres se contente quelquefois de remplir la mémoire de paroles qui paroissent n’y faire aucune impression, mais qu’il saura bien réveiller dans la suite pour produire des fruits de mort. […] dans les sentimens, dans les pensées d’un auteur tout profane que la passion seule inspire, on puise plus de sentimens de vertus que dans cette parole que vous nous mettez à la bouche, que dans les sentimens & les pensées des Peres, que dans votre Evangile ? […] Ce sont sur-tout tous ces prétendus honnêtes gens du monde, bons peres, fideles amis, Magistrats équitables, hommes de cœur & de parole ; mais qui du reste dans les passions ne savent rien craindre que l’éclat, rien sauver que les dehors, se rien reprocher que la consommation même du crime.
Pour Dieu madame ne rejetez pas mon instante prière et coopérez à mon salut par une parole commandant à votre Aumônier que mon nom soit mis au livre de vie et avec ceux de ces heureuses filles qui commenceront dès ce monde à chanter le Cantique de l’Agneau pour le continuer éternellement au Ciel. […] Je crois que le Roi Monseigneur aura pour agréable la promesse que je vous fais et je la vous maintiendrai en parole de Reine. » Disant cela elle lui donna sa main à baiser, et le Roi admirant le courage de cette fille et approuvant ce que la Reine avait dit fut le premier avec toute sa Cour à reconnaître que le doigt de Dieu était en cette action et qu’il voulait cette fille pour son épouse.
mettre cinq ou six heures de temps à se parer et à se peindre le visage, pour aller ensuite dans une assemblée tendre des pièges à la chasteté des hommes, et servir de flambeau au démon pour allumer partout le feu de l’impudicité : demeurer les nuits entières exposé aux yeux et à la cajolerie de tout ce qu’il y a de libertins dans une ville ; employer tout ce que l’art et la nature ont de plus dangereux pour attirer leurs regards, et pour séduire leur cœur, déguiser sa personne et son sexe, pour ôter à la grace ce petit secours qu’elle trouve dans nos habits ; rouler de quartier en quartier sous un masque de théatre ; ne se pas contenter de discours frivoles et inutiles, se relâcher jusqu’à dire des paroles qui scandalisent : de quel terme oserait-on se servir pour autoriser une licence si scandaleuse ? […] Et Jésus-Christ lui-même est-il mieux traité, si pour condamner ces plaisirs qu’il proscrit si hautement, on s’avise de citer sa parole ?
Et afin qu’on sache que je n’en parle pas ignoramment et à vue de paysn, comme on dit, je vous veux montrer comme saint Thomas d’Aquin embrassant la défense de la comédie a prononcé l’arrêt sévère mais très juste dû à nos ennemis, en son livre au titre Du Jeu, quest. 22, en ces paroles : « Ludus est necessarius ad conservationem et conversationem vitæ humanæ ; ad omnia autem quæ sunt conversationi humanæ necessaria deputari possunt aliqua officia licita : et ideo etiam officium histrionum quod ordinatur ad solatium hominibus exhibendum, non est secundum se infame aut illicitum ; nec sunt in statu peccati dummodo moderate ludo utantur. […] Augustinus super Johannem dicat : quod dare res suas histrionibus vitium est immane, hoc intelligi debet de illis qui sua in tales superflue consumunt » p. » Ce sont paroles de S.
« Il n’y a rien de plus contraire aux mœurs & aux sentimens, (ce sont ses propres paroles) qu’une diction enflée & trop recherchée. » Longin dans son éxcellent Traité du sublime, s’est beaucoup élevé contre le stile trop étudié : ce qu’il admire dans les Livres de Moïse, montre jusqu’à quel point il chérit la simplicité des mots. […] « La Comédie qui n’a que des sentimens communs & des pensées vulgaires, ne rejette point les entretiens des Cabarets & des Carrefours, les proverbes des Porte-faix, & les quolibets des Harangères, à cause que tout cela contribue à la bouffonnerie39. » Je demande s’il n’est pas plus naturel d’appliquer ces paroles de d’Aubignac à l’Opéra-Bouffon, plutôt qu’à la Comédie ? […] Nous nous contentons de ce que les choses nous paraissent d’abord : notre fond naturel de gaîté nous oblige à chanter indifféramment toutes les paroles qui sont sur des Airs.
[NDA] Voici les paroles de Corneille, page 33. […] Si nous le considérons dans la tragédie, c’est un homme de bonne foi qui s’assure sur la parole de son frère, avec qui il est réconcilié. En ce premier état, il est très criminel ; en ce dernier, très homme de bien, etc. etc. » « Si nous imputons son désastre à sa bonne foi, notre crainte ne purgera qu’une facilité de confiance sur la parole d’un ennemi, qui est plutôt une qualité d’honnête-homme, qu’une vicieuse habitude, etc. etc. » Du reste, si Thyeste « tient de près à chacun de nous, et nous attache, par cela seul qu’il est faible et malheureux », je doute qu’il intéresse autant qu’un Alvarès, et que plusieurs autres personnages mis au théâtre par M. de Voltaire, qu’on peut appeler le Poète de l’humanité.
Il termine sa dissertation par ces paroles où il y a du vrai : Elles furent abolies en 1560 par l’ordonnance d’Orléans ; leur nombre ne diminua pas, quoique leur profession ne fût plus regardée comme un état ; en leur défendant d’être nulle part, on les obligea de se répandre par-tout. […] Mais on voit bien que c’est un trait de satyre, comme c’en seroit un de dire qu’il n’est pas Déiste, qu’il croit à l’Evangile, lui qui doit en être le défenseur & l’Apôtre ; qu’il a de l’humanité, qu’il va au sermon, qu’il entend la messe, lui qui doit être embrasé de charité, annoncer la parole divine, offrir chaque jour le saint Sacrifice. […] Les paroles de l’Eglise ne sont que des prieres adressées à Dieu pour être délivrés des orages, des insectes, de la grêle, &c. […] Mais il ajoute une sortie indécente contre ceux qui reçoivent les sacremens, entendent la messe & le sermon chez les Religieux, ce qu’il appelle ridiculement friandise spirituelle, & dans leur paroisse viande solide, comme si ce n’étoit pas par-tout même sacrifice, mêmes sacremens, même parole divine. […] Les paroles de son prétendu sermon, qu’assurément cet Ecrivain n’a pas vu, ne sont point du tout de son style, plein de noblesse dans ses réponses, plein d’onction dans ses ouvrages de piété ; c’est le style de Poisson, principal Acteur de la Colonie.
Il faut qu’un Musicien vienne lustrer & embellir les paroles du Poète : on lui doit donc presqu’à chaque Pièce la connaissance d’un homme de génie & d’un Compositeur célèbre ; Eh, combien ne nous en fait-il pas passer en revue !
Je crois donc avoir écrit avec soin tout ce qui concerne les paroles des Poèmes du nouvel Opéra.
Les gens de bien qui considèrent qu'on ne connaît point avec certitude le degré de sa cupidité, et de sa malice, tremblent à cette parole du Sage, que « celui qui méprise les petites choses tombe peu à peu ».
Pour ce qui est de la relation, on a cru qu’il était à propos d’avertir ici que l’auteur n’a vu la pièce qu’il rapporte que la seule fois qu’elle a été représentée en public, et sans aucun dessein d’en rien retenir, ne prévoyant pas l’occasion qui l’a engagé à faire ce petit ouvrage : ce qu’on ne dit point pour le louer de bonne mémoire, qui est une qualité pour qui il a tout le mépris imaginable, mais bien pour aller au-devant de ceux qui ne seront pas contents de ce qui est inséré des paroles de la Comédie dans cette Relation, parce qu’ils voudraient voir la pièce entière, et qui ne seront pas assez raisonnables pour considérer la difficulté qu’il y a eu à en retenir seulement ce qu’on en donne ici.
Basile sur ces paroles du Prophète : « On voit encore maintenant, dit-il, que les femmes Juives font de la Danse leur principal divertissement. » Saint Augustin encore, lorsqu’il dit, « que les femmes Juives feraient beaucoup mieux de s’occuper au Sacrifice le jour du Sabbat, que de le passer comme elles font dans l’exercice de la Danse ».
, le serment est le plus grand lien qui puisse obliger une bonne ame, vous avez promis d’être homme de bien, dit ce Philosophe, souvenez-vous que vous étes lié par serment, & que vous ne pouvez sans sacrilege manquer à vôtre parole. […] Remarquez cette parole, iterum relinquoIdem. c. 16. […] Cette parole, M. vous doit paroître dure, mais à la verité, elle vous doit faire trembler : car si selon la doctrine de S. […] Je crois M. que si vous faites une serieuse reflexion sur ces paroles de S. […] Car n’est-il pas veritable que tandis qu’un Comedien, ou qu’une Comedienne exprime sur son visage, dans ses yeux, dans son geste, dans sa parole & dans sa voix, une passion feinte, d’amour ou de colere, il en fait naître de veritables dans l’ame de ses auditeursL. 6. div. iustit. c. 20.
Il se plaint des irrévérences dans les Eglises & du peu de fruit qu’on tire de la parole de Dieu. […] Nous avons beau vous instruire, vous exhorter, vous purifier de vos vices, vous laver de vos iniquités, pour peu que vous retourniez au spectacle, vous y contractez de nouvelles souillures, & plus grandes encore dans vos mœurs, vos paroles, vos ris, votre parure.
Car en supposant que quelques jeunes spectateurs en abusent comme ils abuseraient des meilleures choses, et qu’au lieu d’écouter Zaïre ils ne fassent qu’une attention luxurieuse à ses charmes, ils ne pécheront au moins que par pensées ; mais dans vos Cercles on est exposé à pécher par pensées, par paroles, par actions et par omission. […] Par paroles, parce que les gens ivres ne sont pas délicats sur le choix des termes : les plus durs, les plus impolis, les plus grossiers, les plus impurs, et les blasphèmes même leur sont très familiers.
Les mères, craignant l’efficace de ses paroles, enfermaient leurs filles quand il prêchait, ne doutant pas qu’il ne les dégoûtât du mariage. […] Gardez-vous, dit-il, de fixer vos regards sur la beauté, sur la parure des femmes ; le désir suivrait de près, et le crime serait commis dans le cœur : « Jam mœchatus est in corde. » Gardez-vous d’écouter les douces paroles ni de souffrir les caresses empoisonnées d’un femme de mauvaise vie ; elle porterait le poison et la mort dans votre cœur, bouchez vos oreilles avec des épines, pour échapper à ses pièges : « Aures spinis sapiendæ, ut illecebras sermonis excludas. » Ce détail suffirait pour anéantir les spectacles, où sont réunis tous les dangers du vice.
Auxquels jours nous n’oublions rien de tous jeux et ébats séculiers jadis inventés par les Gentils : de bouffons mathassinse, mômeries, mascarades, toutes sortes de danses, comédies, fables ou farces, comme nous disons, par lesquelles on représente comme ès Florales, sinon de fait au moins de paroles, de signes, gestes, et de substance choses vilaines, et déshonnêtes qui ne peuvent qu’aviser, induire, et inciter les personnes à ce faire, à la première occasion qui s’y offre. […] Dieu nous dit aussi assez cela aujourd’hui par les Prédicateurs qui nous réfèrent tous les jours les mêmes paroles des Prophètes.
On doit se garder de conclure des sages paroles de ce Roi, qu’il est inutile d’aller à l’Opéra-Bouffon, contempler la peinture d’un Maréchal-ferrant, d’un Savetier, &c. puisque chaque jour nous pouvons voir les originaux.
Celui qui ne contient que des Ariettes, dont le sujet est extrêmement gai, dans lequel il y a plus d’action que de paroles, & qui offre une intrigue basse, ainsi que des caractères communs ; doit être appellé Opéra-Bouffon.
Selon les paroles du prophète le sang des pauvres s’est trouvé dans les plis de leur robe, in alis inventus est sanguis pauperum . […] On traduit communément ces paroles, point d’acceptation de personne, n’agissez point par respect humain ; que la présence d’un homme puissant ne vous impose point, ne vous fasse pas changer de visage, & Fagnan applique ces paroles au fard, espèce de masque qui forme un second visage sur votre visage ; c’est un mensonge contre votre ame, faciem adversùs faciem . 2.° Ces paroles de Joel 11. 6.
Le nouveau Cesar déploya ses grandes vues ; à force de violence, de surprises, de traités faits & rompus, de paroles données & manquées, il a trouvé le moyen d’envahir la Silesie deux fois, la Saxe, la Boheme, une partie de la Pologne, le commerce de Dantzic ; il a fallu rendre la Saxe & la Boheme, le reste lui a été abandonné ; il s’est fait aider par Czarine Philosophe aussi bien que lui, qui, sous prétexte de religion, a ravagé la Pologne, lui a donné un Roi de sa main, & s’est emparé, comme lui, de plusieurs provinces. […] Cette Princesse connoissant le peu de fonds qu’on peut faire sur ses paroles, refuse ses offres insultantes, dont son invasion fait sentir le faux & démasque l’artifice ; elle voit qu’après lui avoir accordé tout ce qu’il demande, elle n’en sera que plus exposée aux entreprises d’un ennemi qu’elle aura rendu plus fort : ce qui occasionna une guerre où il a péri un million d’hommes, pour en revenir enfin à cette même Pragmatique, de toutes parts attaquée, à l’exception de l’usurpation du Philosophe, qu’on lui a abandonnée pour acheter son suffrage dans l’élection de l’Empereur Machiavel ou veut-il davantage ? […] Je ne sai qui est le plus étonnant, un Prince si peu fidele à ses engagemens, ou des Princes assez crédules pour traiter avec un homme qui leur a tant de fois manqué de parole, & causé tant de préjudice. […] Consultez les Mémoires de la Marquise de Pompadour, écho des Ministres d’une Cour dont tous les secrets lui étoient connus, toutes les Cours de l’Europe qui avoient des intérêts avec la France, pendant la guerre où la Prusse joua le rôle très-peu philosophe de l’infidélité à ses paroles, de la violation de ses traité & de ses alliances, en déclarant la guerre, tantôt à l’un, tantôt à l’autre, selon ses intérêts, où il perdit & gagna des villes, de batailles, des provinces.
» Voilà le corps réduit en poussière, comme l'Auteur en avertit : précaution fort inutile, la chose est claire ; mais elle sert à détourner l'attention aux paroles qui suivent, où est le venin. […] Je n'entends rien à ces belles paroles. […] Le Religieux hypocrite qui paraît sur la scène, toujours enivré de son fol amour, est un vrai forcené dans ses sentiments, dans ses paroles, dans ses convulsions ; il court en furieux, il s'évanouit, il crie, il pleure, il dit cent folies, il vomit cent blasphèmes. […] [NDE] Des mots et des paroles, rien de plus, proverbe, citation d'Ovide.
» Qu'y trouve-t-on, qu'indécence dans les paroles, les gestes, les chansons ? […] Il tint parole, et peu de jours après il requit respectueusement d'être entendu et de porter à nos très sages Maîtresles excuses des Acteurs, la reconnaissance des Actrices, et les promesses d'être plus dociles et plus traitables. […] Pour s'étayer, dans une entreprise aussi critique, du suffrage des Ecclésiastiques et des Religieux, Madame de Maintenon fit une représentation exprès pour eux, et l'annonça par ces paroles : « Aujourd'hui on ne jouera que pour les Saints. […] Il y a quelque temps (en 1763), comme l'ont rapporté le Mercure et toutes ses gazettes, qu'on représenta à la Cour de Dresde un Opéra Italien (Thalestris, Reine des Amazones) dont la musique et les paroles sont de la composition du Prince Electoral, aujourd’hui Electeur.
Elle se montra avec une frinte tristesse, demi nue, les cheveux épars, se jetta à ses pieds, & par des paroles étudiées & touchantes, lui demanda justice contre son frere. Ses paroles auroient été peu efficaces ; mais elle fit parler ses graces. […] Mais pour sa personne & celles de ses compagnes, leurs nudités, leurs attitudes, leurs fards, leurs gestes, leurs ton de voix, leurs chants, leurs danses, leurs paroles, leurs regards, la corruption de leurs cœurs, tout ce qui montre & inspire la passion, c’est Venus elle-même sortant de l’onde. […] La conduire & les paroles de Judith sont un tissu de traits contraires aux loix de l’Evangile. […] C’est une autre erreur de canoniser toutes les paroles & toutes les actions de ceux mêmes dont Dieu a employé le bras & béni les entreprises.
Il s’est peint lui-même dans ces paroles : Je n’ai jamais pardonné à aucun homme dans ma colere, ni épargné aucune femme dans mes amours. […] Elle savoit parfaitemens le Latin, s’il faut en croire ses panégyristes sur leur parole ; & même le Grec. […] Ces paroles Italiennes peuvent avoir deux sens. […] La grace ne fut pas demandée, la bague ne parut pas, il lâcha quelques paroles insultantes, on se crut méprisée, on l’abandonna au bourreau. […] Ces paroles étant rapportées à Elizabeth, elle lui fit grace, & traita ses Juges de coquins.
Or, nous aurions ajouté plus de foi à ses paroles.
Mais c’était assez pour moi, qui ne voulais que prémunir mes Lecteurs contre le danger de n’attacher d’importance et de prix qu’aux choses de pur agrément, et de flétrir souvent d’une sorte de mépris ce qui vraiment est le plus utile à la société ; c’était, dis-je, assez pour moi d’examiner l’influence de cet art si beau, si puissant de la parole dans l’état civil, afin de montrer le grand intérêt que nous avons tous au succès comme au rétablissement de l’éloquence de la Chaire et du Barreau.
Un Mutius Scévola, qui ayant manqué à frapper un Roi, eût été cruellement meurtri, s’il n’eût laissé brûler sa main ; Et combien y en a-t-il parmi nous, qui sans donner aucune marque de crainte, ont vu brûler tous leurs membres pouvant se délivrer d’une parole ?
Une remarque suffit : si les dehors sont plus décents, et l’extravagance plus cachée, si les impressions religieuses sont plus souvent au fond de l’âme, au lieu de s’exhaler en simagrées, cessez de reprocher à notre siècle les travers qu’il n’a pas, ou de le féliciter insidieusement de ceux auxquels il se livre encore ; cessez de calomnier vos contemporains selon l’usage immémorial de ceux qui profèrent de vaines paroles.
» : « qu’on n’entende jamais parmi vous des paroles déshonnêtes, ni de bouffonneries, ce qui ne convient pas à votre vocation ; mais plutôt des paroles d’actions de grâces. […] Homélie sur le second chapitre de saint Matthieu, que saint Paul a défendu aux Chrétiens les paroles vaines et bouffonnes, qui ne tendent qu’à un vain divertissement. […] Et faut-il beaucoup méditer pour y découvrir des paroles et des maximes illicites et nuisibles ? […] Lorsque, dit-on, un bouffon ou un jongleur récite des paroles folâtres ou obscènes. « Scurrilitas quarta species gulæ est, quando scurra vel joculator dicit verba jocosa aut immunda. […] Eustache envers Floridor fameux Comédien, qui fut fidèle à garder sa parole après avoir recouvré la Santé.
Mais l’on peut dire avec vérité que l’Ecriture toute entiere est une condamnation implicite & continuelle des spectacles, puisqu’elle condamne jusqu’à un geste, un clin-d’œil, une parole inutile, & qu’elle ne parle par-tout que de gêne, de contrainte, de violence, de renoncement au monde & à toutes les choses du monde, de sacrifices, de pénitence, de mort à soi-même, de modestie, de recueillement, de retraite, de silence, de suite des occasions du péché & des passions. […] 4, 5, ne défend-il pas les théâtres, lorsqu’il interdit aux Chrétiens jusqu’à la moindre parole indécente ou boufonne ?
Ce même Auteur suivant la disposition dans laquelle il était d’élargir la voie du salut, contre la parole expresse de l’Evangile, excepte encore le cas de la coutume ; permettant la danse aux jours de quelques fêtes particulières, lorsque l’usage en est déjà établi : Mais ceux qui seront véritablement entrés dans les sentiments de l’Eglise, et qui seront animés de l’Esprit qui l’a conduite dans l’institution de ces solennités, souffriront encore moins cette exception, que les autres ; Car ils seront persuadés que les témoignages de la joie Chrétienne, qui est une joie toute spirituelle, et toute en Dieu, ne sauraient s’accorder avec ces danses mondaines.
Mais comme ces choses sont si claires et si évidentes qu'elles n'ont pas besoin de preuves; et que le dessein de cet ouvrage a été principalement de montrer que la Comédie moderne, revêtue même de toute son honnêteté prétendue, est un mal, et que les Pères l'ont condamnée par les endroits qui paraissent les plus innocents à ceux qui ne savent pas assez quelle est la sainteté de la morale chrétienne, il faut faire voir dans cet avertissement les sentiments de ces grands hommes sur ce sujet, recueillis en peu de paroles, afin que ceux qui liront les traductions suivantes aient moins de peine à les remarquer lorsqu'ils les trouveront répandus dans leurs Ouvrages.
Quoique les paroles de cet homme vain, libertin, caustique, ambitieux, désespéré d’un exil de dix-sept ans, ne soient pas d’un grand poids, l’intérêt des bonnes mœurs dans un auteur qui a un nom, demande quelques réflexions. […] L’opéra réunit tout au moyen de trois grands hommes, qui enfantent les paroles, les airs & les pas. Les ballets ne veulent point de paroles, on n’y parle que par les bras & les jambes : mais il faut un génie poëtique pour l’inventer, être peintre pour le dessiner, être musicien pour l’animer & l’approprier à ce qu’on doit représenter. […] La gasette ajoute, on a repris à l’opéra Adelle de Ponthieu, paroles de Saint-Marc, musique de la Borde.
Il tint parole ; & après avoir montré cette curiosité à tout le monde, il le vendit cherement à un libertin qui en fit l’objet de sa dévotion. […] Il n’est pas plus permis de présenter l’impureté par les mouvemens & les gestes, que par les paroles & les tableaux ; il n’est pas plus permis de la regarder sous ces traits que sous d’autres : c’est un vrai scandale. […] La danse est le geste qui peint le sens des paroles, l’air est le langage du cœu qui ordonne les mouvemens du corps. […] Je ne considere point ici les Spectacles d’un œil de religion, mais d’un œil philosophique ; car autrement je dirois qu’il n’y a que l’ignorance ou la folie qui puisse s’autoriser de la Religion pour les soutenir ou même pour les excuser ; je dirois que s’il y un livre qui les proscrive, c’est l’Evangile qui nous recommande de prier sans cesse, de porter notre croix ; que s’il y a un lieu où soient étalées les maximes, les pompes du monde, auxquelles nous avons solemnellement renoncé, c’est sur le Théatre ; je dirois que la vie des comédiens, leurs danses lascives, leurs passions embellies, leurs paroles tendres, équivoques, licencieuses, ne peuvent qu’embraser les jeunes cœurs, déjà trop prompts à s’enflammer ; je dirois enfin que la correction des théatres les rend encore plus dangereux ; car plus les passions sont finement voilées, & les sentimens délicats, plus l’amour profane nous pénetre & nous enchante, cet amour dont on a bien de la peine à se défendre, dans les lieux même consacrés à la vertu.
On la place à la boutonniere, au bras, au manteau, mais toujours avec ces paroles galantes en broderie, qui sont le cri de guerre, l’ame, la dévise : Honni soit qui mal y pense. […] quelle pensée de religion inspirent ces paroles : Honni soit qui mal y pense ? […] L’Eglise ajoute ces paroles : Que le Seigneur par cette sainte onction & son infinie misericorde vous pardonne les péchés que vous avez commis par tous vos pas.
Ecoutons maintenant M. de Voltaire ; & songeons à ce que répondit certain Prédicateur à qui l’on reprochait que sa conduite démentait ses discours ; réglez-vous, dit-il, sur mes paroles & non pas sur mes actions. […] Dupré adresse à dame Gertrude, qui prétend que l’amour soit intellectuel, ces paroles dont le sens est assez clair ; (notez bien qu’il est minuit, & que c’est toujours l’heure ordinaire de leur innocent tête-à-tête.) […] Ensuite elle soupire en ôtant nonchalamment sa coèffe ; un instant après sa fille l’entend soupirer & prononcer ces paroles ; « Dupré !
Sa fureur ridicule pour le théâtre parut avec éclat dans la composition des pièces dramatiques, dans la persécution qu’il suscita au Cid, dans la construction d’une salle de spectacle dans sa propre maison, et, ce qui est encore plus, il trouva le théâtre fort licencieux en actions et en paroles, et l’y laissa. […] « La cane s’humecter de la bourbe de l’eau, D’une voix enrouée et d’un battement d’aile, Animer le canard qui languit auprès d’elle. » Et après avoir écouté tout le reste, il lui donna de sa propre main six cents livres, avec ces paroles obligeantes, « que c’était seulement pour ces trois vers qu’il avait trouvés si beaux que le Roi n’était pas assez riche pour les payer » (on juge bien que toutes ces largesses étaient de l’argent du Roi). […] « Enfin on obtint de lui une espèce de consentement, qu’il ne donna qu’à la crainte de déplaire au Ministre, et qu’il donna pourtant avec assez de fierté. » Lassé, intimidé, craignant pour sa pension, il laissa échapper ces paroles dans une lettre : L’« Académie peut faire ce qui lui plaira ; puisque Monseigneur est bien aise de voir ce jugement, et que cela doit divertir Son Eminence, je n’ai rien à dire. » Cet acquiescement était bien équivoque et bien faible.
Cette maturité de raison paraît dans les paroles vraies, justes, précises, décentes, sans exagération, sans déguisement, dictées par la droiture et le bon sens d'un style simple et naturel, éloigné de l'affectation, des pointes, des jeux de mots, soit singulièrement assortis, soit détournés de leur signification ordinaire ; dans l'air, le ton grave dont on parle, qui donne du poids au discours et de la dignité à la personne, fait écouter et respecter. […] Le visage, les gestes, les paroles, tout devient comique. […] La mauvaise vie et la manière de débiter rendent inefficace la parole divine dans la bouche d'un Prédicateur.
Renonce, renonce âme dévote aux plaisirs de la terre, choisis des plaisirs spirituels : Que les saintes lectures te charment, comme les mondains sont charmés par leurs mauvais livres ; Que les saintes assemblées et la prédication de la parole te divertissent, comme ils se divertissent à leurs criminels spectacles : Que les œuvres de miséricorde envers les pauvres et les affligés, te soient ce que sont aux gens du monde, leurs vaines courses, leurs jeux, et leurs conversations emportées, et si tu prends des relâches, que l’honnêteté et la sévère vertu soient les modératrices de tous tes plaisirs.
Il ne fallait pas qu’il les redonnât au public, s’il avait envie de les faire passer pour bonnes ; il eût parlé de loin, et on l’aurait pu croire sur sa parole.
Nous défendons aussi de mêler des paroles profanes et qui sentent le libertinage du siècle, dans la Symphonie si on en emploie, et dans les Programmes qui restant dans les mains du public peuvent faire un mauvais effet s’ils ne sont exacts.
Il est des vices contre lesquels les Loix n’ont point sévi ; l’ingratitude, l’infidélité au secret & à sa parole, l’usurpation tacite & artificieuse du mérite d’autrui, l’intérêt personnel dans les affaires publiques, échappent a la sévérité des Loix : la Comédie satyrique y attachait une peine d’autant plus terrible, qu’il falait la subir en plein Théâtre : le coupable y était traduit, & le Public se fesait justice. […] Quelque critique, pour condanner ce genre, a osé dire qu’il était nouveau ; on l’en a cru sur sa parole, tant la légèreté & l’indifférence d’un certain Public, sur les opinions littéraires, donne beau jeu à l’ignorance & à l’effronterie.
J’ai été d’avis en peu de paroles, non de vous instruire, mais admonester, de peur que si les plaies ne sont bien liées, et serrées, elles viennent à s’engregerg, et causer une plus dangereuse maladieh. […] Car c’est détourner les paroles et exemples, qui nous sont proposés pour nous exhorter à la vertu Evangélique, à soutenir et défendre les vices : pour ce que ces choses-là ne sont pas écrites, afin de les aller voir ès spectacles, ains pour exciter de plus en plus nos esprits et entendements, d’être plus diligents ès choses profitables, puisque les Ethniquesl le sont tant ès choses qui ne leur apportent aucune utilité.
Or, si le comédien, saisi d’une mort subite, n’a pas eu le temps de demander un confesseur, mais qu’il ait pu adresser à l’être suprême son acte de contrition, et que Dieu dans sa toute puissance miséricordieuse, ait écouté les paroles de repentir du moribond et en ait appelé l’âme à lui ; ce comédien, dis-je, verra donc du haut des cieux, où il jouirait de la béatitude éternelle, son corps profané sur la terre, par le ministre du Dieu même qui lui aurait pardonné ! […] « C’est à vous, jésuite hydrophobe et lycanthrope, que j’adresse la parole.
Vous qui voyez une courtisane, revêtue d’habillements magnifiques, se montrer la tête découverte avec effronterie, avec un air et des gestes languissants et voluptueux, faisant entendre des chants lascifs, débitant des vers lubriques, prononçant des paroles obscènes, se permettant des indécences que vous regardez d’un œil attentif, et qui font sur vous une trop forte impression, vous osez dire que vous n’éprouvez aucune faiblesse ? […] Le spectacle agit encore sur vous-même après qu’il est fini : l’image de la courtisane, ses paroles, ses regards, ses gestes, ses postures, sa démarche, ses grâces affectées, toute sa personne en un mot reste gravée dans votre imagination, et vous ne vous retirez qu’avec mille blessures mortelles.
(Paroles de Solon à Thespis) Inspiré sans doute par cette pensée, l’Athénée des sciences, des lettres et des arts, demande : Quelle est l’influence de la scène sur les mœurs en France ? […] Quoique en arrière des auteurs dramatiques de nos jours dans la carrière licencieuse ouverte par Cratinus, ils y furent arrêtés par les deux derniers décrets, et par le sort d’Anexandride condamné à mourir de faim pour les avoir transgressés en parodiant au théâtre ces paroles d’une pièce d’Euripide : « La nature donne ses ordres, et s’inquiète peu de nos lois », substituant au mot de nature celui de ville.