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23. (1744) Dissertation épistolaire sur la Comedie « Dissertation Epistolaire sur la Comedie. — Reponse à la Lettre d’une Dame de la Ville de *** au sujet de la Comedie. » pp. 6-15

« que celui, qui pique l’œil, en tire des larmes, & que celui, qui pique le cœur, y excite un sentiment de haine & de colere, qu’il verra bientôt éclater contre lui ». […] Il cite en confirmation de son sentiment un beau passage de S. […] Tel fut aussi le sentiment de tous les Peres du quatriéme siécle, qui se trouverent l’an 314. […] Tel est aussi le sentiment des Predicateurs dans la Chaire, & des Directeurs dans le Tribunal de la Penitence. Je vous pourrois en citer quelques-uns, que j’ai l’honneur de connaître, je sçai ce qu’ils jugent en ce point : & mon sentiment ne sçauroit qu’y être conforme.

24. (1758) Lettre de J. J. Rousseau à M. D’Alembert « JEAN-JACQUES ROUSSEAU. CITOYEN DE GENÈVE, A Monsieur D’ALEMBERT. » pp. 1-264

Rien sans doute : elle annonçait même un sentiment louable. […] On se dit, malgré soi, qu’un sentiment si délicieux console de tout. […] N’est-il pas plaisant qu’il faille dire pourquoi j’ai honte d’un sentiment naturel, si cette honte ne m’est pas moins naturelle que ce sentiment même ? Autant vaudrait me demander aussi pourquoi j’ai ce sentiment. […] Comment peut-on disputer la vérité de ce sentiment ?

25. (1760) Critique d’un livre contre les spectacles « DISCOURS PRELIMINAIRE. » pp. -

La vérité n’est point pour nous dans les objets extérieurs ; elle réside intérieurement dans chacun : rien n’est plus certain que ce que nous sentons, et notre sentiment est la chose la plus constante, qui existe véritablement pour nous dans l’Univers. […] Les divers sentiments, que nous avons de la nature des choses, peuvent donc n’être que des illusions, puisque ce ne sont point les objets qui nous les procurent immédiatement, que ce ne sont point eux dans leur réalité, et qu’ils ne sont pas même nécessaires. […] Le sentiment des autres, dans quelque nombre qu’ils soient, est un néant pour moi, jusqu’à ce que j’en éprouve un pareil. […] La première Comédie que j’ai vue, fut Timon Misanthrope b : quand j’entendis Arlequin lui dire : « Et que me faisait cela ; je méritais, moi, de faire de bonnes actions » : je me sentis pénétré d’une lumière qui échauffa mon cœur, qui y fit éclore une autre forme de sentiments : il semblait que j’acquérais un nouvel être : il ne s’est pas encore passé un seul jour sans que cette idée ne me soit revenue : et depuis plus de trente ans, je cherche et m’empresse à faire tout le bien qui est en mon pouvoir.

26. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « XXVI. Sentiment de Saint Antonin. » pp. 93-96

Sentiment de Saint Antonin. […] Nous pouvons tenir pour malhonnête tout ce qui flatte la concupiscence de la chair ; et si Saint Antonin n’a pas prévu le cas de nos comédies ni les sentiments de l’amour profane dont on fait le fond de ces spectacles, c’est qu’en ce temps on songeait à de toutab autres représentations, comme il paraît par les pièces qui nous en restent. […] Que si on ajoute à ces sentiments de Saint Antonin, les conditions qu’il exige dans les réjouissances qui sont d’être « excluses du temps de la pénitence et du carême, de ne faire pas négliger l’office divin » Ibid. et 2.

27. (1731) Discours sur la comédie « Préface de l'Editeur. » pp. -

Sous ce titre : Discours sur la Comédie où l’on voit la réponse au Théologien qui la défend, avec l’Histoire du Théâtre, et les sentiments des Docteurs de l’Eglise depuis le premier siècle jusqu’à présent. […] La Préface des sentiments de l’Eglise et des Pères sur la Comédie, in-12, 1694. […] La Préface des sentiments de l’Eglise et des Pères sur la Comédie, in-12, 1694.

28. (1667) Lettre sur la Comédie de l'Imposteur « Lettre sur la Comédie de l’Imposteur » pp. 1-124

De quoi le père se mettant en colère, la Suivante survient, qui dit son sentiment là-dessus comme on peut penser. […]   Au quatrième, le Frère de la Dame dit à Panulphe qu’il est bien aise de le rencontrer pour lui dire son sentiment sur tout ce qui se passe, et pour lui demander « s’il ne se croit pas obligé comme Chrétien de pardonner à Damis », bien loin de le faire déshériter. […] Or comme la Raison produit dans l’âme une joie mêlée d’estime, le Ridicule y produit une joie mêlée de mépris ; parce que toute connaissance qui arrive à l’âme produit nécessairement dans l’entendement un sentiment d’estime ou de mépris, comme dans la volonté un mouvement d’amour ou de haine. […] Que le sentiment du Ridicule soit le plus froid de tous, il paraît bien, parce que c’est un pur jugement plaisant et enjoué d’une chose proposée : or il n’est rien de plus sérieux que tout ce qui a quelque teinture de passion ; donc il n’y a rien de plus opposé au sentiment passionné d’une joie amoureuse, que le plaisir spirituel que donne le Ridicule. […] Car, comme je viens de le remarquer, il ne faut point dire que ce soient des affaires à être traitées en riant, n’y ayant rien de plus sérieux que ces sortes d’entreprises ; ce que je veux bien répéter, parce qu’il est fort important pour mon but, et rien qui soit plutôt démonté par le moindre mélange de ridicule, comme les experts le peuvent témoigner : et tout cela parce que le sentiment du Ridicule est le plus choquant, le plus rebutant, et le plus odieux de tous les sentiments de l’âme.

29. (1744) Dissertation épistolaire sur la Comedie « Approbation qui peut servir de Preface. » pp. -

Comme tout relachement ne manque jamais de patron ; on trouve à la seconde lettre les raisons, par lesquelles l’esprit du monde veut justifier ce divertissement : mais la troisiéme lettre doit convaincre l’esprit du veritable Chrêtien, que toutes ces raisons portent â faux : puisque l’Auteur y demontre, que le nom de Jesus-Christ que nous portons, & qui lui a coûté tant de sang, est deshonoré par ceux qui assistent à la Comedie ; que ces spectacles otent tout sentiment de pieté ; qu’ils sont dangereux à l’égard de tout le monde ; & que plusieurs n’y peuvent assister sans pêché mortel. […] Tel est mon sentiment, & celui de plusieurs Theologiens, de cette Dissertation.

30. (1752) Essai sur la comédie nouvelle « ESSAI SUR LA COMEDIE MODERNE. » pp. 1-160

En les examinant de plus près, on les verra n’offrir que des sentiments dangereux, surtout pour la jeunesse. […] En vain le Théâtre se glorifie-t-il d’offrir maintenant de grands sentiments. Qu’est-ce au fond que ces grands sentiments ? […] Comment ne suivraient-elles pas leur penchant, et étoufferaient-elles leurs tendres sentiments ? […] A de tels sentiments sur la Comédie, reconnaît-on un Apologiste ?

31. (1823) Instruction sur les spectacles « Chapitre IV. Les spectacles inspirent l’amour profane. » pp. 32-50

Les impressions vives et touchantes, dont nous prenons l’habitude, sont-elles bien propres à modérer nos sentiments au besoin ? […] Mais, si l’idée de l’innocence embellit quelques instants le sentiment qu’elle accompagne, bientôt les circonstances s’effacent de la mémoire ; tandis que l’impression d’une passion si douce reste gravée au fond du cœur. […] Rien sans doute, elle annonçait même un sentiment louable ; mais les chastes feux de la mère pouvaient en inspirer d’impurs à la fille. […] L’homme sans doute ne peut exister sans passions, parce qu’il ne lui est pas donné d’ôter à son âme les sentiments du plaisir et de la douleur, qui sont les principes de toutes les autres passions ; mais il doit en faire un bon usage en les rapportant à des objets légitimes ; et, lorsque pour une fin honnête on veut les exciter dans les autres, on doit le faire d’une manière qui ne soit ni vicieuse ni dangereuse. […] La force de l’intérêt, la chaleur du sentiment, le feu de l’action, les ornements de la poésie, tout l’ensemble du spectacle émeut et transporte.

32. (1697) Histoire de la Comédie et de l’Opéra « HISTOIRE ET ABREGE DES OUVRAGES LATIN, ITALIEN ET FRANCAIS, POUR ET CONTRE LA COMÉDIE ET L’OPERA — CHAPITRE II. » pp. 19-41

La cinquième Classe, est une Exposition des sentiments des Jurisconsultes, qui comparent les Comédiens à des chasseurs dangereux par leurs pièges, puisqu’ils tuent les âmes par leurs discours tendres, comme les chasseurs tuent les bêtes à la chasse ; ils sont aussi de l’avis que la Comédie est défendue, et que d’y assister est un péché mortel. La sixième Classe, contient les sentiments des savants Païens, savoir, de Platon, d’Aristote, de Sénèque, de Valère-Maxime, de Suétone, de Corneille Tacite, qui ont tous déclamé contre les Spectacles, et ont fait voir qu’il étaient contraires à l’honnêteté des mœurs. […]  » Il n’y a rien de plus scandaleux dans tous les Spectacles, que de voir avec quel soin et quel agrément les hommes et les femmes y sont parées : les expressions même de leurs sentiments conformes ou différents pour approuver ou désapprouver les choses dont ils s’entretiennent, ne servent qu’à exciter dans leurs cœurs des passions déréglées. […] Il confirme son sentiment en plusieurs endroits par celui de del Monaco : il loue l’Ouvrage de ce savant Sicilien, et la solidité de ses sentiments qui sont d’autant plus à suivre, qu’il avait écrit depuis peu contre la Comédie du siècle, en connaissant les mauvais effets dans la plupart de ceux qui y vont. […] Pour combattre une entreprise si téméraire, il examine la vie des Comédiens, la matière et le but des Comédies, les effets qu’elles produisent d’ordinaire dans l’esprit de ceux qui les représentent, ou qui les voient représenter ; et il compare ensuite tout cela avec la vie, les sentiments et les devoirs d’un véritable Chrétien.

33. (1762) Apologie du théâtre adressée à Mlle. Cl… Célébre Actrice de la Comédie Française pp. 3-143

D’ailleurs quel est le sentiment qu’elle inspire ? […] Quel ton de sentiment ! […] Le génie, le sentiment & l’intelligence, quoique très-importans, ont encore un point supérieur : c’est celui de la vérité. […] l’admiration : & ce sentiment va t-il jamais sans des égards profonds, des ménagemens scrupuleux. […] La Tragédie fourmille en traits d’élévation, la Comédie en points de délicatesse & de sentiment.

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