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159. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre II. L’Arétin, le Tasse, l’Arioste. » pp. 38-79

Les Médicis, qui, sous prétexte de Beaux-arts, prodiguoient leur bien, sans goût & sans choix, sans aucune attention à la religion & aux mœurs de leurs protégés, se l’attacherent par des bien-faits. […] Il n’y a de sagesse que la religion & la vertu. […] Plusieurs auteurs ont eu assez peu de religion pour en faire des traductions en vers & en prose. […] Cet homme de théatre mourut comme il avoit vêcu : ses plus grands panégyristes ne rapportent de lui aucun trait, aucune marque de religion. […] La Religion y seroit-elle indifférente ?

160. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre II. Charles IV & Charles V. » pp. 38-59

Il est vrai qu’il ne fut pas cruel, & ne les faisoit point décapiter sur un échaffaud, comme Henri, & qu’il ne forma point de schisme & de nouvelle religion, comme ce prétendu chef de l’Eglise Anglicane, pour se venger du Pape, & s’en arroger l’autorité. […] Il revint de ses foiblesses, s’établit à Vienne, épousa la sœur de l’Empereur, veuve du Roi de Pologne, & y mena une vie digne de sa naissance & de sa religion, avec l’approbation de tout le monde. […] Je doute fort que cet Ecrivain en ait eu une révélation précise ; je sais que la maison de Lorraine fut toujours très-attachée à la religion catholique, qu’en particulier les Guises ont été dans tous les temps ses zélés défenseurs. Je vois dans ces mémoires ce Prince donner des marques fréquentes de religion, entendre la Messe, honorer les reliques, respecter le Pape, parler décemment des choses saintes, ce qu’on ne trouve point dans les mémoires de nos jours où l’on rougit de paroître chrétien, même à la mort. […] Évremont, comme le titre le porte, ces aveux sont d’autant plus décisifs, que cet Epicutien sans religion étoit un amateur déclaré du théatre, pour lequel il a composé plusieurs pieces, & qui vraisemblablement parle d’après sa propre expérience.

161. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 3 « Chapitre VII. Est-il de la bonne politique de favoriser le Théâtre ? » pp. 109-129

Ce témoignage dit tout : un Prince du sang, qui connaissait si bien le monde et ses dangers, l’Etat et ses intérêts, la politique et ses maximes, la religion et ses lois, dont on ne peut ni suspecter les vues, ni soupçonner la vertu, ni méconnaître les lumières, ni révoquer en doute la prudence, à quel titre serait-il récusable ? […] N’est-il pas déplorable que parmi des Chrétiens, et sous un Roi qui ne voudrait pas offenser Dieu, qui le craint, qui l’aime, on ait des pratiques si contraires à tous les systèmes de la religion, et des condescendances si opposées à là vertu ? […] » Epictète, meilleur Philosophe que ceux de nos jours, puisque malgré son paganisme il enseignait et pratiquait la religion et la vertu, Epictète parle du théâtre en plusieurs endroits (Manuel, art. […] Jules-César avait le génie trop élevé pour s’amuser de bagatelles théâtrales, non par religion et par vertu, il ne fut jamais un modèle de sainteté, mais par grandeur d’âme, étendue d’esprit, vues profondes de politique ; il en méprisait jusqu’à la partie littéraire, il ne trouvait point dans les meilleures pièces connues de son temps, qu’on donne pour des chef-d’œuvres, le degré de perfection du bon comique, qu’il appelait vis comica, qui en effet est très rare, et qu’on ne trouve que très peu même dans Molière, malgré tout l’encens que brûlent sur ses autels ses vicieux adorateurs. […] Il peignit en mourant sa religion et le théâtre, dans un mot célèbre, qui ne fit honneur ni à sa sagesse ni à sa vertu.

162. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE IX. Sentiments de Tertullien. » pp. 180-200

Il l'envisage du côté de la religion, tout y est infecté d'idolâtrie, et du côté des mœurs on y enseigne tous les vices. […]  » N'est-ce pas outrager la Divinité, et profaner les choses saintes, de faire représenter des objets de religion par des gens vicieux et infames ? […] Mais quoi, disent ceux qui goûtent les sentiments des païens, Dieu s'offense-t-il des plaisirs des hommes, lorsque pris à propos ils ne blessent ni la religion ni la conscience ? […] Pour les couronnes qu'on y distribue, qu'en avez-vous à faire, vous à qui votre religion en interdit l'usage ? […] C'est donc abjurer sa religion que d'y paraître.

163. (1772) Sermon sur les spectacles. Pour le Jeudi de la III. Semaine de Caresme [Sermons pour le Carême] « Sermon sur les spectacles » pp. 174-217

Et ce sont des Chrétiens, concluoit Saint Ambroise, des Chrétiens qui adorent un Dieu crucifié, crucifiant dans sa chair tous les plaisirs du monde, ce sont des Chrétiens qui veulent les accorder avec l’esprit de leur Religion. […] si les anciens Apologistes de la Religion revivoient parmi nous, que diroient-ils à mes Freres ? […] Aussi Tertullien supposoit-il, comme un principe incontestable, que la Religion chrétienne est dure, difficile à pratiquer, qu’elle contrarie en tout la mollesse & la lâcheté de la nature : Ignava non est & mollis nostra Religio. […] aux pieds d’une idole de chair les destructeurs du Paganisme & les Martyrs de la Religion ! En vérité, quelles impressions peuvent se faire dans des cœurs, quand ils verront les inclinations les plus terrestres, les attaches les plus Charnelles autorisées par tout ce que l’Antiquité a jamais eu de plus fameux, & la Religion même de plus saint !

164. (1767) Réflexions sur le théâtre, vol 6 « Réflexions sur le théâtre, vol 6 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SIXIÈME. — CHAPITRE II. Théatres de Société. » pp. 30-56

La Religion veut, non qu’on badine du crime, mais qu’on le condamne & le fuie. […] Non : c’est pour amuser son éminence, Monseigneur le Cardinal grand Maître, pour les Baillis, les grands Croix, les Commandeurs, les Novices, la Religion entiere, qui aime fort le spectacle. […] N’en dites mot à la Commission chargée de réformer les Religieux, qui ne trouveroit peut-être pas trop bien observés les vœux de Religion que font les Chevaliers à la veille d’obtenir une Commanderie. […] Telle la tolérance politique de la diversité des religions : approuve-t-on tous les cultes que l’on tolère ? […] Mais il est bien plus noble & plus utile au public d’avoir un corps d’Actionnaires qui soit à perpétuité chargé du spectacle ; on peut espérer, au profit de la religion & des mœurs, qu’il ne manquera jamais dans la patrie.

165. (1733) Traité contre les spectacles « TRAITÉ CONTRE LES SPECTACLES. » pp. 145-246

comme nous devons l’être de ces vérités, contre l’aveuglement et les fausses opinions des païens, consultons maintenant les oracles de notre religion. […] Loin de vous une religion à laquelle préside tous les démons. […] Si je vais au cirque, ou au théâtre, à dessein d’assister aux spectacles, je trahis ma religion. […] De cette sorte il couvrit du titre de temple un ouvrage profane, et se moqua de la police sous un vain prétexte de religion. […] Or l’émulation amène la fureur, l’emportement, la colère, le chagrin, et cent autres passions semblables, qui sont incompatibles avec les devoirs de notre religion.

166. (1823) Instruction sur les spectacles « Chapitre XIV. La fréquentation des spectacles ne peut se concilier avec la vie et les sentiments d’un véritable chrétien. » pp. 118-132

Cependant des hommes qui se disent chrétiens ne se contentent pas de se déclarer pour des divertissements si contraires à la religion qu’ils professent, ils courent encore les autoriser par leur présence. […] Aussi la religion règle plutôt l’usage de nos divertissements qu’elle ne les défend. « Mais, si la religion nous permet certains divertissements, elle ne les permet que comme un remède à notre faiblesse, et pour nous préparer à de plus sérieuses occupations. […] N’est-ce pas se jouer de la sainteté de la religion et désavouer les promesses de son baptême ?

167. (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre V. Suite des Mêlanges. » pp. 146-197

Il se baigna, se fit saigner huit fois, & mourut comme il avoit vécu Dans la vérité, il ne donna aucune marque de religion. […] Il regarde avec raison les comédiens & les danseuses commes les plus dangereux ennemis de la religion & des mœurs, & la source la plus féconde des impudicités & des idolatries. […] Mais la folie a voulu se couvrir du nuage de la raison ou plutôt de la religion & de la charité, pour se jouer de l’un & de l’autre, & se procurer plus d’argent par cette voie. 3°. […] C’est un faux principe de morale & de religion, qui regarde le vice & la vertu comme des choses fort indifférentes, & n’estime que les grandeurs, les richesses, la célébrité. […] M. le Batteux, la religion & la raison ne parlent pas de même.

168. (1752) Lettre à Racine « Lettre à Racine —  LETTRE A M. RACINE, Sur le Théatre en général, & sur les Tragédies de son Père en particulier. » pp. 1-75

Délicatesse d’une part, scrupule de l’autre : voilà de grands obstacles dans l’esprit d’un homme aussi rempli que vous de modestie & de religion. […] Que ces mêmes Poësies fussent des Tragédies, seroient-elles par ce seul endroit plus contraires à la morale chrétienne, moins innocentes aux yeux de la Religion ? […] Je voudrois savoir si les effets de ces différens contrastes peuvent jamais tourner au profit de la Religion & des mœurs. […] interêt de religion, interêt d’amour, interêt de politique, interêt de Nation. […] A project for the advancement of religion, and the reformation of manners ; by Dr. 

169. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE I. Réformation de Riccoboni. » pp. 4-27

C’est assurément le plus petit objet du monde dans la République qu’une Troupe de Comédiens ; mais c’est un des plus grands dangers pour la religion & les mœurs. […] Un ancien Comédien & une ancienne Comédienne seront chargés de les gouverner & de les former dans des logemens séparés, & leur donner des principes de religion & de vertu, & on leur fera apprendre un métier pour leur servir de ressource, en cas ils ne fussent pas admis ou fussent renvoyés. […] Les principes de religion qu’auront reçu nos petits neveux, ne leur permettrons pas d’en souhaiter d’autre, ils se féliciteront de la trouver parfaite ; & quand ils voudront jeter les yeux sur les pieces de l’ancien théatre, loin de les regretter, ils auront peine à comprendre que leurs ayeux en aient pu souffrir la licence. […] Sans doute le spectacle ne fait pas partie de notre religion, nous n’adorons pas les Décesses du Paganisme ; mais on représente leurs aventures, on en fait les mêmes éloges, on leur adresse les mêmes prieres, mêmes Prêtres, mêmes cérémonies. […] La religion & la vertu n’approuvèrent jamais qu’on fît sentir à l’ame de si violens mouvemens ; cela seul a dû faire interdire le théatre.

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