L’Auteur, qui ne fait pas assez de ces deux langues pour être une Savante, mais suffisamment pour entendre parfaitement la sienne, a puisé sans scrupule dans le langage de l’ancienne Rome ; au lieu que c’est malgré elle, qu’elle s’est vue obligée de recourir au Grec ; & je sais qu’elle regarde comme autant de barbarismes, tous les termes que nous en avons empruntés. […] Beaucoup d’honnêtes-gens qui vont à pied, & qui n’ont qu’un jour ou deux dans la semaine dont ils peuvent disperser pour le Spectacle, trouveraient un avantage sensible dans le rapprochement des trois Théâtres : il en coûte peu à chacun de se rendre de bonne-heure dans un quartier déterminé, à quelque distance qu’il soit ; mais lorsqu’on y est parvenu, si la Salle est déjà remplie, il devient pénible & décourageant d’être obligé de chercher son pis-aller à une lieue, au risque de perdre encore ses pas, ou tout-au-moins d’arriver très-fatigué, pour rester trois heures debout au Parterre.
Oui, cet esprit doux, patient, humble, chaste, charitable, miséricordieux, qui fait le caractère et l’excellence des mœurs du Christianisme, a plus de convenance avec le génie et le cœur des femmes, à qui la douceur et la patience, la soumission et la pudeur, la compassion et la charité, sont des vertus presque naturelles : Au lieu que nous autres, si nous les voulons acquérir, nous sommes obligés de travailler beaucoup sur notre cœur ; qui est naturellement violent et impatient, fier et sensuel, dur et impitoyable. […] Car si la loi subsistait encore, n’y en aurait-il point aujourd’hui plusieurs que la crainte de ce châtiment obligerait de renoncer au mariage ?
Il ne m’est donc point permis, très saint Père, de garder le silence, principalement après l’exemple de saint Charles, qui sur le même sujet des danses et des spectacles, a travaillé si constamment, et si fidèlement pour arracher les coutumes opposées à l’esprit Chrétien, qui s’étaient introduites dans son Diocèse ; et pour assujettir son peuple aux règles des Saints, et à la discipline de l’Eglise : et sa pensée n’était pas, lorsqu’il agissait dans cette réformation particulière, avec tant de fermeté, de vigueur, et de force, de procurer un moyen de perfection aux fidèles, que Dieu avait soumis à sa conduite ; mais il a cru qu’il s’agissait dans cette occasion de son salut, et de celui de ses Diocésains ; et qu’il était indispensablement obligé d’employer toute son autorité pour ôter les abus qu’il combattait. […] Et ce règlement a été si fidèlement observé, que cela seul devait obliger mon peuple, sans attendre des nouvelles ordonnances, à se régler lui-même sur ce sujet, puisqu’il n’y a rien de plus juste, que de se conformer aux règlements de la ville de Rome ; qui est la capitale de la Religion ; et que l’ordre naturel demande que les membres se conforment à leur Chef, et suivent son esprit et son mouvement.
., société de pèlerins qui s’était réunie pour jouer les saints mystères, pag. 85 ; obtiennent en 1402 des lettres patentes de Charles VI, pag. 90 ; et de François 1er en 1518, pag. 94 ; sont obligés par arrêt du parlement de Paris, de 1548, de ne plus établir leurs comédies que sur des sujets profanes, pag. 101 ; succèdent entièrement aux confrères de la Passion, pag. 103 ; obtiennent des privilèges, p. 107 ; leurs pièces soumises aux procureurs du roi, pag. 108 ; ils sont admis au Louvre et protégés du roi Louis XIV, pag. 112 ; la législation change en leur faveur, pag. 114 ; jouissaient à l’exclusion des autres classes du privilège de conserver leur noblesse, pag. 116 ; leurs droits comme citoyens dans l’Etat, pag. 125 ; leur profession étant instituée et protégée par les lois civiles et les diplômes du prince, ils n’en sont plus comptables au clergé, pag. 131 ; l’abjuration que le clergé exige de leur profession, ainsi que le refus de sépulture, qu’il leur fait à leur décès, sont des délits que les procureurs du Roi doivent poursuivre devant les tribunaux, pag. 134 et 282 ; ils font l’aumône aux cordeliers, aux capucins, aux augustins, qui la leur demandent par placet, et qui promettent de prier Dieu pour leur chère compagnie, pag. 175 ; les comédiens n’étant pas excommuniés dénoncés, le clergé ne peut leur faire l’application des anathèmes, pag. 182 ; saints et saintes honorés par l’Eglise romaine, et qui ont été comediens, pag. 193 ; piété et bienfaisance de Beauchâteau comédien, pag. 365*. […] Obtiennent des lettres patentes de Charles VI, pag. 90, et de François 1er en 1518, pag. 90 ; s’associent avec le prince des sots, chef de farceurs, pag. 97 ; se retirent à l’hôtel de Bourgogne et sont obligés par arrêt du parlement de Paris de 1548 de cesser la représentation des mystères, et de ne plus établir leurs comédies que sur des sujets profanes, pag. 101, ils cèdent leurs privilèges, pag. 103.
» Au douzième siècle, les Papes se trouvèrent obligés d’interdire ces Tournois, sous peine d’excommunication. […] Cependant ce Concile est obligé d’interdire cet usage aux Clercs et à tous les Chrétiens : « Quod non oporteat sacris officiis deditos aut Clericos aut continentes se aut omnem omnino Christianum cum mulieribus Lavacra habere communia.
Notre siècle qui ne croit pas être obligé de suivre votre jugement en toutes choses, nous donne tous les jours les marques de l’estime qu’il fait de ces sortes d’Ouvrages dont vous parlez avec tant de mépris, et malgré toutes ces maximes sévères que toujours quelque passion vous inspire, il ose prendre la liberté de considérer toutes les personnes en qui l’on voit luire quelques étincelles du feu qui échauffa autrefois ces grands Génies de l’Antiquité. […] Encore, si vous nous les aviez données avec leurs grâces, le public vous serait obligé de la peine que vous avez prise.
Elles sont même comptées entre les disciplines libérales, et les jeunes enfants sont ordinairement obligés par des personnes âgées, et plus sages qu'eux de les lire et de les apprendre. » Confes. l. 3.
Qui que vous soyez, Prêtre ou Religieux, quoi qu’il en soit, Chrétien qui avez appris de Saint Paul que ces infamies ne doivent pas seulement être nommées parmi les fidèlesb, ne m’obligez pas à répéter ces discours honteux : songez seulement si vous oserez soutenir à la face du ciel, des pièces où la vertu et la piété sont toujours ridicules, la corruption toujours excusée et toujours plaisante ; et la pudeur toujours offensée, ou toujours en crainte d’être violée par les derniers attentats, je veux dire par les expressions les plus impudentes, à qui l’on ne donne que les enveloppes les plus minces.
Les uns noient leur raison dans le vin ; les autres l’ensevelissent dans leur ventre pour n’être plus obligés à lui obéir ; ils se croient plus que hommes, quand ils viennent à des excès de malice et de brutalité, où les bêtes ne peuvent arriver. […] Ce n’est pas que je veuille obliger les hommes de robe à garder la même posture dans leurs divertissements, qui s’observe sur les fleurs de lys, ou à porter partout leur habit de cérémonie et les marques de leurs offices. […] Les Païens ont permis les danses ; ce n’est pas la seule faute qu’ils ont faite ; ils ont toléré bien d’autres choses, que la raison nous oblige de condamner. […] Ne doit-on pas répondre, que c’est une folie de quelques heures : Si on me contraignait à dire, qui est le plus blâmable ; je serais obligé de donner le plus grand blâme au Danseur : Les autres ne peuvent pas quitter leur folie à tous les moments du jour. […] Qui est l’impertinent qui ait obligé son serviteur à deux commandements contraires pour être exécutes en même temps, de monter et de descendre tout à la fois ?
Pensez-y bien vous-même, et vous serez obligé d’en convenir, à moins que vous ne disiez peut-être qu’elles se passaient dans les entractes ; mais sur quel fondement avanceriez-vous cela, je n’en vois point. […] Saint Thomas dit, outre que je serai obligé de le citer dans la suite. […] Vous serez sans doute obligé de réduire le nombre de ceux qui vont à la Comédie pour délasser le corps ou l’esprit à quelques gens d’affaires, de commerce, d’étude, de barreau, ou de quelque autre profession laborieuse. […] La Grange avec tout son argent ne fut-il pas obligé de reléguer sa fille unique en Basse-Bretagne ? […] Les Comédiens semblables aux Juifs ou à des Excommuniés séparés du reste des hommes, ne sont-ils pas obligés de renfermer leurs alliances dans la race comique ?
Philippe devoit s’y attendre ; sa politique n’avoit pas été assez réfléchie ; Elisabeth ne pouvoit l’épouser sans se faire Catholique, il étoit trop zélé pour ne pas l’exiger, & trop absolu pour ne pas l’y obliger. […] Philippe obligé de se désendre, lui déclara la guerre à son tour, envoya contre elle une flotte immense à laquelle l’Angleterre n’eut pu résister, si elle fut entrée dans les ports ; mais Dieu dont les desseins sont impénétrables permit que dans le trajet, des tempêtes dispersèrent tous les vaisseaux ; un grand nombre fut englouti, une partie se brisa sur les côtes, & fut la proie des Anglois ; il en revint très-peu en Espagne. […] Ses habitans paîtris comme lui de fictions & de chimères, sont obligés pour les bien rendre, d’en être pénétrés, sont tous ce qu’ils jouent, ils ont toutes sortes de sentimens & de religions sur la scène ; ils n’en ont réellement aucun quand ils en sortent, tout est chez eux théatral & de pure décoration, conduite, personne, langage, sentimens. […] A quoi sert un Gouverneur qui ne peut obliger personne de lui obéir ni de le croire ? […] Les Ambassadeurs des Provinces-Unies étant venus lui demander du secours contre le Roi d’Espagne, & voulant l’intéresser par des vues de religion, elle répondit : Ce n’étoit pas la peine de faire tant de bruit pour une messe, voilà bien de quoi se gendarmer, si vous ne voulez pas y assister comme à un mystère, assistez-y comme à une comédie ; si toute à l’heure moi Chef de l’Église j’allois jouer cette comédie, vous croiriez vous obliger de vous enfuir.