Mais, si le métier de comédien est infame, si la comédie elle-même l’est, comment le public est-il si empressé pour le théâtre & pour les suppôts du théâtre ? […] sont, dans les quatre parties du monde, parfaitement dignes les uns des autres, & sur-tout de leur métier.
Les cirques, les amphithéatres, étoient des écoles, des exercices de futeur ; l’enchantement des Syrènes introduit la volupté dans les cœurs, la fait régner dans l’univers ; elle inspire les Poëtes dramatiques, & rend le métier de Comédien infame. […] La pauvreté de la crêche, la bassesse d’un métier méchanique, une soule de malades de toute espèce, le sang & les larmes du jardin des Olives, les douleurs de la flagellation, les horreurs du Calvaire, les ténèbres d’un tombeau, sont-ce là les décorations, les jeux ou théatre ?
Ces sortes d’histrions nuisaient essentiellement à l’établissement et à la propagation du christianisme ; il suffit pour en être persuadé, de lire le soixante-deuxième canon de ce concile, où il est dit que « les cochers de cirque et les mimes qui veulent se convertir à la religion chrétienne doivent premièrement renoncer à leur métier ; et si après s’être faits chrétiens, ils venaient à exercer de nouveau leur profession, ils encourraient alors l’excommunication. » Le concile d’Arles de l’an 314 prononce également l’excommunication contre les gens de théâtre de cette époque, c’est-à-dire contre les jongleurs, les bateleurs, les histrions, tous gens obscènes, ainsi qu’on peut le voir dans les quatrième et cinquième canons de ce concile.
on dirait sûrement que l’Auteur fait le contraire de ce qu’il doit faire : qu’il ne sait pas son métier, puisqu’il va contre les règles de la raison et du bon sens : qu’il blesse les bonnes mœurs, loin de les faire respecter : qu’il mérite d’être regardé comme un séducteur qui approuve le vice, en confirmant le vicieux dans le mal par le succès, enfin qu’il faut le bannir comme un ennemi de la République.
Je reconnus bientôt que toute la science de ce métier se bornait à une assiduité servile et à l’étude d’un seul Volume, l’Ordonnance des Aides et Gabelles. […] Cet accident et l’indigne conduite de la plupart de mes Camarades me déterminèrent à revenir à Paris, sans renoncer cependant au Théâtre, parce que je n’ignorais pas que la troupe que je quittais était la plus mauvaise du Royaume, je reçus bientôt un engagement pour la Cour de Bayreuth et j’y vins me convaincre que les bonnes mœurs, la probité, la conduite se peuvent très bien accorder avec le talent et le métier de Comédien, j’avoue en même temps que je n’ai pas trouvé la même pureté dans les troupes dans lesquelles j’ai été engagé depuis, mais j’y ai cependant trouvé toujours un bon nombre de sujets capables de justifier la bonne opinion que j’ai de ma profession. […] Devais-je apprendre un métier ? […] Je réponds à cela que j’ai malheureusement l’amour propre nécessaire pour désirer de réussir dans mon métier, si c’est un malheur que de l’avoir. […] Remplir les devoirs d’un bon Chrétien, faire tout le bien dont je suis capable, cultiver mon métier dont j’ai reconnu tous les avantages et dont l’expérience me prouve l’utilité pour former le cœur et l’esprit des jeunes gens, c’est là comme j’ai résolu de vivre et les dispositions dans lesquelles je supplie la Providence de me faire persévérer.
S’il a le bonheur de trouver un métier quelqu’obscur qu’il soit, dont l’Opéra-Bouffon n’ait point encore tiré parti, il est certain de remporter tous les suffrages. […] Avant que notre Spectacle ait fait passer en revue tous les Arts & Métiers, il se sera fait de grands changemens dans le goût, dans la façon de penser des Français.
Une mine basse, des traits grossiers, une physionomie impudente & chagrine annonçoient son origine, son métier, ses mœurs & son caractere.
« Rien de plus indigne d’un Enfant de Dieu et d’un membre de Jésus-Christ, que le métier de Comédien, où des hommes et des femmes représentent des passions de haine, de colère, d’ambition, de vengeance, et principalement d’amour. […] Il leur est donc impossible d’allier avec la pureté de notre Religion, un métier que d’ailleurs les Conciles leur font une obligation de quitter, et il n’est permis à personne de contribuer à les y entretenir, ni de l’autoriser par sa présence. » « Parmi les personnes qui vont aux Spectacles, y en a-t-il beaucoup qui connaissent toute la pureté de l’Evangile, et toutes les obligations du Chrétien ? […] Desprez de Boissy 33 : « Que les Théâtres n’y sont pas ouverts pendant toute l’année, que la plupart des acteurs n’y font le métier d’histrions que pendant le temps des folies épidémiques du Carnaval : qu’au reste la tolérance, dont le Gouvernement civil use à leur égard, n’est point partagée par le ministère ecclésiastique ; puisqu’à Rome, comme ailleurs, les Prédicateurs ne cessent de tonner dans les chaires contre ces funestes amusements, et que les Confesseurs instruits n’y ont pas moins de zèle à se déclarer contre ces plaisirs si contraires à la Morale chrétienne. […] Un métier par lequel il se donne en représentation pour de l’argent, se soumet à l’ignominie et aux affronts qu’on achète le droit de lui faire, et met publiquement sa personne en vente.
Ce sage Prince a laissé dans tous les états une liberté entiere aux femmes publiques ; mais par un trait de sagesse qui a formé les gens les plus honnêtes, il n’a pas voulu qu’elles fissent leur métier dans les Villes ; il leur a abandonné la campagne ; chacune s’y bâtit une cabane, ou maison de plaisance. […] On croit, dans ce métier, que tous les biens sont communs. Le Directeur avoit, comme moi, part à ses faveurs, il avoit même le cœur de la belle : ce qui m’inspira tant de mépris pour elle & pour la troupe, que je quittai le métier du théatre pour ma vie. […] Je fus obligé d’abandonner ce métier ; il continua à l’exercer, & je le retrouvai quelques années après à Beziers, donnant des farces sur des treteaux.
Ces valets filous, si subtils de la langue et de la main sur la Scène, dans les besoins d’un métier plus dispendieux que lucratif, n’auront-ils jamais de distractions utiles ? […] L’état des Comédiens étant de paraître, c’est leur ôter le goût de leur métier de les en empêcher, et je doute que jamais bon Acteur consente à se faire Quaker. […] [NDA] Si les Anglais ont inhumé la célèbre Oldfield à côté de leurs Rois, ce n’était pas son métier, mais son talent qu’ils voulaient honorer. […] Leur métier qui les occupe beaucoup et leur donne même des sentiments d’honneur à certains égards, les éloigne d’une telle bassesse. […] Il faut aimer son métier pour le bien faire.
Mais laissons les raisonnements aussi faibles que profanes de cet auteur : quiconque voudra défendre les comédies du dimanche par ses raisonnements ou par d’autres, quels qu’ils soient, qu’il nous dise quel privilège a le métier de la comédie par-dessus les autres, pour avoir droit d’occuper le jour du Seigneur, ou de s’en approprier une partie ?
Certainement ce n’est pas sur la nature des choses : car la nature et les opérations, comme je l’ai déjà observé, doivent avoir entre elles une juste proportion : il faut que les mœurs s’accordent en tout avec la qualité du personnage qu’on représente ; ou bien il ne faut pas s’ingérer dans le métier de la poésie. […] Dryden de sa merveilleuse chanson de Paysan : ils se seraient ennuyés de ne voler qu’en prose, si on ne les avait encouragés au métier par des vers et de la musique. […] » Ces peines sont infamantes au souverain degré, et sont même capitales ; à moins que ces sortes de gens ne renoncent à leur métier. […] Ils en flétrissent le métier, et les privent de la liberté commune, des emplois, des Charges, des honneurs. […] Or le lieu ne change pas la nature des choses : les Comédiens ont dans la salle où ils jouent, la réputation qu’ils ont partout ailleurs ; ils y sont les mêmes hommes, excepté qu’alors c’est chez eux que l’on va, et qu’il y a plus de monde pour en entretenir le métier.
6.) en ces termes : « La Cour avertie que plusieurs du peuple et gens de métier s’appliquent plutôt aux jeux des bateleurs et jongleurs qu’à leur travail, et y donnent deux grands blancs plutôt qu’à la boîte des pauvres, préférant leur mondaine curiosité à la charité divine, icelle Cour a défendu et défend à tous bateleurs, jongleurs, et autres semblables, de jouer dans cette ville de Paris, quelque jour que ce soit, sous peine du fouet et bannissement du royaume ; a défendu et défend au Prévôt de Paris et à ses Lieutenants civil et criminel, de bailler permission de jouer auxdits bateleurs ; défend pareillement à tous les hauts Justiciers de cette ville, et à leurs Officiers, de bailler aucune permission de jouer, quelque jour que ce soit, sous peine de dix marcs d’argent, et autre amende arbitraire. » Il y a de pareils arrêts du 6 octobre 1584, du 10 décembre 1588. […] Peut-être est-ce le nom de quelque bouffon qui les inventa, comme le mot Histrion est dérivé d’un Hister, qui vint de la Toscane à Rome exercer le beau métier, l’utile talent de faire rire le peuple aux coins des rues ; ce qui, malgré l’établissement d’une comédie régulière, s’exécute encore dans les provinces, où les charlatans paraissent sur des tréteaux dans les places publiques.
Et il tire delà la conséquence que la profession de Comédien étoit un métier honoré à Athènes : rien n’est plus inconséquent. On exerce quelquefois divers talens, on remplit différentes fonctions, mais jamais deux métiers, ni deux professions en même tems. De même en parlant des Spectacles des Romains, la jeunesse de Rome , dit-il représentoit publiquement à la fin des grandes pieces les Attellanes ou exodes sans déshonneur ; l’opprobre tomboit moins sur la représentation même, que sur l’état où l’on en faisoit métier . […] Une troupe d’hommes faisant métier de renoncer à tous parens, à toute patrie, & de courir de ville en ville, jouant la comédie pour de l’argent, tous les jours indistinctement, devant des gens que le désœuvrement, la dissipation & le hazard y conduisent ; ces Comédiens ne jouassent-ils d’abord que des pieces les plus épurées, entraîneront nécessairement avec eux le désordre, la licence, & le relâchement des mœurs qui regne toujours au milieu de la multitude.
Les Grecs qui étaient un peuple voluptueux et oisif, passaient toute la journée à entendre des Vers et des Harangues ; les Cordonniers, les Forgerons, les Tailleurs, les Maçons, ceux qui exerçaient les métiers les plus vils, confondus avec ceux qui remplissaient les premières Charges de la République, décidaient au Sénat et à l’Amphithéâtre, de l’esprit et du mérite des Orateurs et des Poètes, et faisaient valoir par leurs suffrages, ou décréditaient une Harangue, ou une Comédie. […] On obligeait les Comédiens qui voulaient embrasser la Foi chrétienne, de renoncer à leur métier ; et si après avoir reçu le Baptême, ils reprenaient l’exercice de la Comédie, on les excommuniait, et on les retranchait du nombre et de la société des Fidèles. […] Le Concile d’Elvire déclare formellement, que si les Comédiens veulent embrasser la Foi chrétienne, il faut qu’ils renoncent auparavant à leur métier ; et s’ils le reprennent après leur Baptême, qu’ils soient chassés et retranchés de l’Eglise. Le Concile d’Arles excommunie les Comédiens, tandis qu’ils seront dans l’exercice de leur métier.
Ces choses ainsi distinguées, la question est, si ceux qui ramènent entre les Chrétiens ces jeux, et ces imitations de déguisements d’habits, de sexes, de paroles et de gestes, et qui en font métier en public, doivent être entretenus en cette façon de vivre ; et si les enfants de Dieu, obéissant à sa parole, peuvent en bonne conscience être leurs spectateurs, et auditeurs ? […] Jean appelle,22 « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’outrecuidance de la vie, ce qui n’est point du Père mais du monde », autrement, leur métier ne vaudrait rien, en la corruption du siècle : et s’ils ne disaient que de bonnes choses, ils pourraient bien fermer leur boutique. […] Que les joueurs publics et mercenaires, de Comédies et Tragédies ont été tenus pour infâmes, qui est un argument que leur métier ne vaut rien. […] Car leur félicité consiste en la méchanceté de leurs spectateurs, et adviendrait que s’ils étaient rendus meilleurs, le métier ne vaudrait plus rien. […] Ce sera un vain essai, car ils retourneront à leur premier métier, autrement leur pratique serait perdue, et leur marmite renversée.
sur les Anglais), et avec lui tous les Apologistes de Thalie, trouvent une contradiction entre la conduite du public, qui va à la comédie, et la loi qui déclare le métier de Comédien infâme.
La régence de la basse Autriche, par ordre de Sa Majesté Impériale, Royale & Apostolique, a aboli la jurande des comédiens, comme en France on a aboli les jurandes des métiers pour favoriser les arts & ce commerce. […] C’est jalousie de métier. […] Les parens ont aussi peu droit de se plaindre, si leur fille, qu’ils ont livrée pour actrice, vient à être séduite : c’est un risque attaché au métier, comme à la guerre d’être tué ou blessé, & plus encore. […] Par l’autre, ils ordonnent que, dans quinze jours, il sera fait un recensément général de toutes les femmes & filles du monde qui n’ont d’autre profession, état ou métier que de femmes publiques, & enjoignant aux commissaires de police d’y procéder chacun dans leur quartier (comme ces troupes sont nombreuses, les commissaires auront de l’occupation dans leur quinzaine). […] Un homme de cour, peu scrupuleux, qui a servi à tant de sortes de plaisirs, & qui lui-même y fut toujours livré, doit avoir par son caractere ou doit avoir acquis par son métier des manieres, une diction, un tour d’esprit qui répand les graces de la galanterie.
Les Dames Indiennes n’ont pas cette variété, qui occupe une infinité de Coëffeuses à Paris, & dans les Provinces, mais elles l’emportent pour l’arrangement des cheveux, les Françoises seront bientôt de pair avec le sérail d’Agra & de d’Eli, & même elles enchériront sur toute l’Inde, à la faveur des leçons du sieur le Gros, célébre & immortel Coëffeur des Dames ; il vient de donner un grand Traité de son art, que l’Académie des Sciences joindra aux Traités des arts & métiers, qu’elle donne à ce Traité de la coëffure des Dames, il vient de joindre un beau Supplément, car c’est un art infini, qui jamais ne sera parfait, ne fût-ce qu’un Dictionnaire des termes de toilette. […] Sénateur à la moderne, plus femme que homme, habitant de toilette, plus que citoyen Romain, & de tous ces vils esclaves, qui exerçoient à Rome le métier de Friseur, de Calamistreur, que nous honorons, ainsi que les Comédiens, qui n’étoient, la plupart, que des esclaves, & qui tous étoient infâmes, par des loix expresses. […] C’est le revenant bon de leur chaste métier ; on a partagé cette tête creuse, on en a conservé le derriere, en le perfectionnant ; ce n’est plus qu’une calote ; elle avoit autrefois des cheveux empruntés, soit en peinture, ou en plâtre, ou réellement attachés, ce qui faisoit des chevelures blondes, noires, bouclées, frisées au gré de l’acteur, aussi-bien que les sourcils & la barbe, selon son goût ; on a conservé le derriere qu’on a rendu plus commode par des perruques à reseau, qu’on porte par-tout, aulieu que les anciens masques ne pouvoient servir que sur le théatre ; ils auroient été aussi incommodes que ridicules, par ce moyen, à peu de frais, & sans embarras, le vieillard rajeunit, la laide s’embellit, l’abbé, le magistrat se déguisent, la femme se travestit en homme, & l’homme en femme, on prend comme sur le théatre, les attributs du rôle qu’on veut jouer, & ce qui est très-commode, la moitié de la toilette se fait chez le baigneur, d’où l’on porte une très-belle tête toute faite, qu’on adapte au visage qu’on vient de fabriquer, ainsi se continue la comédie ; car la vie d’un joli homme, d’une jolie femme, n’est dans l’exacte vérité, qu’une comédie perpétuelle, où l’on joue les mœurs, la Réligion & le bon sens ; ces masques mobiles de la tête, font quelquefois sur le théatre & dans les piéces, les plus ridicules, le spectacle le plus comique, César qui étoit chauve, ne trouva d’autre coëffure pour cacher ce défaut, qu’une couronne de laurier.
Tous les suppôts & manœuvres du théatre, Acteurs, Actrices, figurantes, danseuses, chanteurs, instrumens, colporteurs, graveurs, machinistes, valets, &c. depuis deux mille ans, dans les quatre parties du monde, tous parfaitement dignes les uns des autres & de leur métier, n’ont été de notoriété publique, que la lie du vice, aussi-bien que la lie du peuple. […] Pour cette foule innombrable de dramatiques aussi obscurs dans le temple des Muses que dans le sanctuaire des vertus, que dira-t-elle contre le préjugé légitime qui nous fait regarder comme l’école du vice un art & un métier où les maîtres & les élèves sont des gens sans mœurs ? […] Peu vif dans l’entretien, craintif, distrait, rêveur, Aimant sans m’asservir (célibataire libertin), jamais brune ni blonde, Peut-être pour mon bien, n’ont captivé mon cœur : Chansonnier sans chanter, passable coupletteur (métier important) Jamais dans mes chansons on n’a vû rien d’immonde ; (peut-être absolument grossier, mais par-tout du galant.)
.° C’est toujours un grand péché de faire & de vendre des masques ; il faut quitter ce métier, ou refuser l’absolution. […] Ils exécutent sur eux-mêmes leur condamnation : Clercs désordonnés, gens de bonne chère, courtisans, baladins, joueurs, chasseurs, enfin de tout autre métier que du leur, dont ils ne se servent que pour attraper de gras bénéfices, pour défrayer leurs divertissemens ; car pour le service de Dieu & l’édification du prochain, ces termes leur sont inconnus, ces choses ne sont pas à leur usage. […] & le métier de la guerre.
Ainsi c’est par son inspiration, dit saint Ambroise, que tant d’écrivains composent des Poésies lascives et criminelles, et que tant de personnes font métier de les répéter ; métier infâme, métier scandaleux, que les Romains eux-mêmes regardèrent avec indignation, et qui, malgré tous les éloges qu’on s’efforce de lui donner, n’est encore aux yeux de toute la Nation, qu’un objet de mépris et d’avilissement.
Mais quand ils vous voient tout quitter, jusqu’à votre métier, vos affaires, vos profits, pour eux, ils en sont de plus en plus animés. […] Que cherchent les misérables qui font ce métier ?
Archevêque, comme des gens qui passaient leur vie dans un métier honteux, et qui ne s’occupaient qu’à corrompre les bonnes mœurs de ceux qui les allaient voir, par des fables souvent déshonnêtes qu’il leur débitaient, « qui turpibus plerumque fabulis ad depravandos spectatorum mores accommodatis, sordidum quæstum faciunt ».
Anéantir le mérite, n’est pas le métier d’un honnête homme.
Pour aller au même but, les Italiens n’ont pas fait comme les Français : ils ne se sont pas servis de Valets, ni de suivantes pour tendre des pièges à l’innocence, ou pour seconder la débauche des amants de Théâtre ; mais ils ont substitué, aux Esclaves, des hommes et de vieilles femmes, qui font le métier de séduire la jeunesse ; et, en cela, quoique le mal soit toujours le même, du moins les mœurs du temps ont été plus régulièrement suivies par les Italiens, que par les Français : D’ailleurs, s’il se trouve quelquefois des suivantes peu délicates sur l’honneur de leurs maîtresses, ce vice, par bonheur, est assez rare ; d’où il suit qu’il est extrêmement pernicieux d’en produire des exemples qui ne peuvent qu’inspirer des idées de corruption à celles qui ne la connaissent pas.
[NDE] Jean le Rond d’Alembert, « Genève », in L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Paris, A.
Et quoiqu’ils aient quitté ce métier, que la fureur ou la possession du Démon ait cessé, l’irrégularité subsiste ; il faut une dispense (Gibert, des Censures, pag. […] Ce même canon, ainsi que bien d’autres, ordonne la déposition des Clercs, et l’excommunication des laïques, de quelque condition qu’ils soient, lorsqu’ils font le métier de Comédien, Joculatores, bouffonnes, gaillardos (ce latin, pour n’être pas de Cicéron, n’est pas moins intelligible).
N’osant toucher à la loi qui établissait l’infamie, ce qui aurait révolté tout l’Empire, il déclara qu’il fallait distinguer ceux qui jouent quelque rôle pour leur plaisir, et ceux qui font le métier de Comédien par intérêt ; que ceux-ci sont couverts d’infamie, et les autres en sont exempts : loi fort inutile, et au public à qui cette distinction ne fut jamais inconnue, et à lui-même que toutes les lois du monde ne pouvaient jamais garantir du souverain mépris que sa conduite inspirait pour lui à tous les honnêtes gens, dont même il réveillait l’attention et aiguisait la censure par des précautions si frivoles. […] qui jamais a craint la mort jusqu’à ne pas la préférer au rôle d’un mari jaloux, ou au métier d’Acteur dans la troupe de Corinthe ?
Vu cet irrésistible progrès des choses, et cette disposition générale des esprits, disposition telle qu’on ne voit presque plus que des envieux ou du métier infâme, ou des talents et de la vue des infâmes qui l’exerçent, le fait de les laisser sous l’anathême, qui contribue déjà au relâchement de cette partie de la société, est très-préjudiciable dans tous les cas à la foi et au respect dûs aux décrets de l’Eglise, et nuit par là généralement aux mœurs. […] En présence d’institutions de toute espèce et pour tout besoin, organisées avec un soin scrupuleux, suivant toutes les règles de la prudence, dont les maîtres et sous-maîtres sont choisis par des supérieurs qui ont passé par tous les grades, subi eux-mêmes toutes les épreuves, les concours, les examens sévères sur les études et la capacité, sur les principes et la moralité, épreuves qu’ils font subir aux aspirants avant de leur accorder le droit d’instruire et former les autres, droit qui encore n’est que la faculté de transmettre avec une autorité respectable à leurs élèves ou disciples soumis, obligés de les écouter, des préceptes ou des leçons dès long-temps préparées et approuvées, déclarées classiques, après avoir été épurées au creuset de la sagesse et de l’expérience ; en présence de semblables institutions, dis-je, et de tels instituteurs, je vois une confusion de professeurs, auteurs, acteurs et actrices, ou maîtres et maîtresses, d’une institution différente, isolés, éparpillés, aventuriers, errants, sans unité, obscurs ou distingués, estimables ou méprisables, licencieux, effrénés, etc., qui ont la plus grande influence sur les mœurs qu’ils font métier de corriger, sans être obligés de prouver qu’ils en ont, et trop souvent sans en avoir ; qui sont sans mission régulière, sans titre ou sans caractère (observez qu’il ne s’agit pas ici d’écrivains qui publient simplement leurs pensées, mais d’instituteurs qui ont des écoles ouvertes dans toute l’Europe, qui appliquent leurs soins presque à tous les genres d’instruction, qui se chargent de l’éducation et de la réforme des deux sexes, des trois âges et de toutes les conditions) ; sans titre, dis-je, sans guide, sous le rapport essentiel, dont la dépendance immédiate est nulle dans l’intérêt des mœurs, qui n’ont que des chefs d’entreprise, ou spéculateurs, traitants, hommes ou femmes, pieux ou impies, croyants ou athées, édifiants ou scandaleux, à qui il suffit surtout d’avoir de l’argent et de l’industrie pour diriger une troupe de comédiens, ou maîtres de cette école, choisis comme eux ; qui, étrangers au grand corps constitué centre de l’instruction et de l’éducation publiques, et sans être astreints à aucune de ses plus importantes formes de garantie, jouissent également du droit d’instruire et de former ou réformer, en transmettant, non en maîtres, avec une autorité respectable, des préceptes ou leçons dès long-temps préparées et approuvées, mais en sujets tremblants, des leçons toutes nouvelles et hasardées pour la plupart ; non à des élèves soumis et obligés de les écouter, mais à des disciples-juges auxquels ils sont obligés, au contraire, de soumettre et préceptes et leçons, et leurs personnes mêmes, qui sont tous sifflés ou applaudis, rejetés ou admis, selon le goût et le bon plaisir des écoliers. […] C’est dans cet ouvrage où, pour appuyer la nécessité du remède que j’y invoque, je prouve par des raisons et par des faits que dans un temps ordinaire, à l’âge de notre société, au degré d’avancement où en sont maintenant les arts, les métiers et le luxe (à moins qu’il ne s’agisse d’introduire chez nous quelque branche essentielle d’industrie, que nous aurions encore à envier raisonnablement à l’étranger), les établissements nouveaux, surtout les grands et ambitieux que la cupidité attache aux corps des anciens, ne sont que des superfétations voraces qui en tirent les sucs, qui détournent la sève industrielle de ses voies ordinaires, entravent la progression naturelle et la plus juste distribution de l’industrie, lesquelles s’effectuent le mieux possible par la succession constante et régulière des maîtres et des établissements particuliers de tous les genres qui, d’ailleurs, réunissent dans leurs nombreuses communautés respectives, et au plus haut degré actuellement, tous les principes, tous les motifs et moyens de l’émulation souvent prétextée dans les fréquents projets de ces accaparements d’industrie ; accaparements encore facilités, pour le malheur des dernières classes, (la déplorable situation actuelle du peuple anglais en fournit une nouvelle preuve incontestable), par la multiplication sans bornes des machines, ou bras de bois, qui paralysent funestement ceux des hommes ; ce que je crois y avoir bien démontré aussi.
Ce bruit, ce tumulte, sont une compensation nécessaire à l’inertie qui, le plus souvent, a cloué l’ouvrier sur son banc, sur son établi, auprès de son métier. […] Et vous, manufacturiers industrieux, qui variez chaque jour vos tissus et donnez la vie et l’existence à tant de familles qui vous consacrent leur intelligence et leurs bras : vous tous qui disposez et tressez ces tissus légers, dont les grâces et la beauté se couvrent et se voilent, gazes transparentes sous lesquelles se cache le tentateur, brisez vos métiers, fermez vos magasins, renoncez à ces occupations profanes, dangereuses pour vous et pour votre prochain ; cessez enfin de vous rendre des instruments de mort spirituelle et de damnation éternelle… Que deviendront nos femmes, nos enfants, nos familles, direz-vous ? […] Et toi, Talma, ton convoi tout profane, et pourtant si religieux, n’a été que la continuation des triomphes que tu as obtenus sur la scène ; les regrets, les vœux que tant de citoyens adressaient au Ciel, chacun à sa manière, ont bien valu auprès de Dieu les prières banales et dont chaque ligne est tarifiée, que les prêtres auraient, par métier, débitées sur ton cercueil.
On fesait ordinairement sur les enfans qu’on destinait à ce métier, la même cruauté, qu’un préjugé détestable autorise en Italie, pour conserver aux hommes une voix aiguë, toujours infiniment moins agréable que celle des femmes.
Mon cher Frère, Comme nous avons de l'affection et de la déférence l'un pour l'autre, il vous a plu de me demander mon sentiment sur le sujet d'un Comédien de votre Pays, qui exerce encore ce métier, et instruit la jeunesse, non pas à se bien conduire, mais à se perdre; enseignant aux autres le mal qu'il a appris, s'il doit être reçu dans notre communion: Je vous dirai, qu'il me semble, que le respect que nous devons à la majesté de Dieu, et l'ordre de la discipline Evangélique , ne peuvent souffrir que la pudeur et l'honneur de l'Eglise soient souillés par une si dangereuse contagion.
Il faut aimer son métier pour le bien faire ; l’assiette de l’État n’est bonne et solide que quand tous se sentant à leur place, les forces particulières se réunissent et concourent au bien public, au lieu de s’user l’une contre l’autre ; comme elles font dans tout État mal constitué.
Ces personnes infâmes qui font métier de corrompre le chasteté, n’ont rien en leur bouche, ni en leurs actions, qui jette la honte sur le visage, ce ne sont que civilités, que courtoisies, que protestation de fidélité, car leur dessein principal est de gagner doucement le cœur d’où dépend tout ce qu’ils prétendent.
J’avais cru que vous n’enseigniez que des sciences utiles ; je vois que vous avez des maîtres pour tous les métiers. […] On ne le tolère que rarement : permettrait-on l’assiduité au théâtre, et le métier de Comédien ?
* ; ils nommaient les Danseurs de corde, Neurobates ; & les Romains les appelaient Funambules : elle n’est point faite pour des Citoyens : c’est un métier vil, puisqu’il est dangereux.
On aurait dû, ce me semble, innocenter les conducteurs de chariots dans le Cirque : on ne leur fit point de grâce ; et dans un concile d’Elvire, qui se tint en 305, il est ordonné qu’ils quitteront cette infâme et dangereuse profession, s’ils ont dessein d’embrasser la foi, et, s’ils retournent à leur premier métier après avoir reçu le baptême, ils seront chassés du sein de l’Eglise.
non seulement il était permis à certaines femmes de sacrifier leur honneur ; il se trouvait encore des hommes assez impudents pour faire le métier infâme d’exposer en vente, si j’ose parler ainsi, la pudeur de ces malheureuses.
Ce Gacon qui avoit quitté l’Oratoire, & qui, sur la fin de ses jours, prit l’habit Ecclésiastique, valoit encore moins & par ses talens & par sa conduite ; il se convertit aussi, & abandonna le métier de Satyrique, branche du Théatre ; Nous avons souvent parlé de l’Abbé de Chaulieu, ce libertin trop célébre qui deshonora la noblesse de sa naissance & la saintete de son Etat, de ses maîtresses, de ses débauches, de ses ouvrages obscènes, de la profanation des revenus de ses riches Bénéfices, à la gloire de qui, pour quelques vers délicats, élégans & faciles, des chrétiens sacrifient la religion & les mœurs, au lieu de publier, imprimer & réimprimer ce qui n’auroit pas dû voir le jour ; la vertu demandoit que ses poésies fussent ensevelies avec lui dans le même tombeau. […] La Scène Espagnole est fort peu Ecclésiastique ; au-delà des Pirénées, le petit collet n’est pas un titre frivole & un métier de libertinage ; il ne s’y dégrade point par l’indécence. […] On se lasse du métier ; on trouve une occasion favorable de s’établir, on en profite ; on a fait un amant riche qui veut épouser & faite la fortune de sa maîtresse, on ne le manque pas ; on étoit entré dans la troupe pour avoir du pain, on a fait quelque réserve, on a obtenu quelque pension, on quitte pour s’établir ; c’est un bien sans doute de quitter un mêtier scandaleux, de contracter un mariage légitime & d’y vivre en honnête femme.
Il est donc parmi les hommes, il est parmi les Chrétiens, des métiers établis pour corrompre, comme il y a des métiers pour apprendre à tuer, des breteurs, par exemple, des ouvriers en artillerie & en poudre à canon : une toilette est une salle d’armes où l’on s’escrime avec le miroir. […] Les Coëffeurs des Dames traitent le métier des Perruquiers d’art méchanique, & mettent leur profession au rang des arts libéraux ; ils appellent leurs ouvrages des création de génie, des chef-d’œuvres d’invention & de goût.
« Si tu veux que je ne méprise point tes fonctions, ni ton caractère, conviens avec moi que tous tes confrères sont des scélérats, que ton métier n’est qu’imposture, et que tu es en ce point le plus habile Profès de tout l’Ordre ; avoue-le moi : car je te dis, Prêtre, que je veux le savoir. […] L’Eglise Anglicane (j’entends ceux qui la composent) est peut-être la seule communion dans le monde qui tolère de telles insolences : l’Auteur du Relaps se signale par-dessus tous les autres en ce métier. […] Il est à remarquer que les duretés d’Œdipe se terminent à la personne seule de Tirésias, et ne tombent point sur son ministère en général au lieu que l’Œdipe Anglais fait du Sacerdoce même un métier de Tartufe.
Mais ceux qui vont au bal et qui fréquentent la danse, ne sont pas les seuls coupables ; les hautbois, les violons, les joueurs de tambour, et toutes les autres personnes qui servent à cet exercice, pèchent aussi grièvement, parce qu’elles contribuent au mal que les autres font ; et leur métier est illicite à l’égard des bals et des danses, parce qu’il est employé pour des actions qui sont toujours accompagnées du péché.
Diverses considérations qui peuvent toutes se résumer par ce mot : la faim, donnent encore chaque jour à la vérité naissance à une foule de compositions littéraires ; mais qu’on y prenne garde, le métier se gâtera ; on aura beau manier les ciseaux avec habileté, le public finira par se lasser de ces découpures des anciens livres ; il trouvera qu’on lui fait payer trop cher des titres imprimés en caractères anglais, et des marges de quatre poucesa.
Dans le Dialogue sur les lois, obligé par l’empire de l’usage de tolérer malgré lui le spectacle, il veut du moins qu’on tâche d’en prévenir les abus, il ne permet à aucun citoyen ni à aucune personne libre, de monter sur la scène, il renvoie aux esclaves et aux étrangers ce méprisable métier. […] Non seulement le métier de Comédien est infâme et criminel, c’est encore un crime de regarder la comédie et de s’y plaire ; les plaisirs d’un esprit lascif dégénèrent en crime.
Ces mêmes Magistrats qui donnent des spectacles au peuple, dégradent un métier dont ils font tant de cas, déclarent infâme, chassent du Sénat, du barreau, de la tribune, de l'ordre équestre, privent de tous les honneurs, les Comédiens, Gladiateurs, Athlètes, qu'ils aiment éperduement, auxquels ils se livrent par des crimes qu'eux-mêmes punissent. […] il faut que le métier soit bien mauvais, les hommes les plus agréables ne sont pas épargnés.
Selon lui, pratiquer le vice en apparence pour deux heures, doit tourner en habitude, & fera sans contredit de Messieurs les Valets des filoux publics, & payer pour apprendre le métier au dépens même des volées, quel pitoyable raisonnement ! […] Oui, je me fais honneur du métier que j’exerce : Tout Homme vertueux annoblit son état. […] Vous comblez de bien les grands Hommes pendant leur vie, vous leur élevez des mausolées & des statues après leur mort ; les Actrices célèbres ont aussi leur place dans les Temples à côté des Grands Poètes. » Olfilde ainsi que Barcegirdle sont inhumées auprès des tombeaux des Rois. « Ce n’était pas le métier (dit J.J.R. en parlant des Anglais à ce sujet) mais les talens qu’ils voulaient honorer. Chez eux les grands talens annoblissent dans les moindres états, les petits avilissent dans les plus illustres. » Je doute qu’un Savetier, à quelque degré qu’il poussât son métier, je doute fort, dis-je, qu’il parvînt à cet honneur. […] c’est que cette action dégrade en elle-même celui qui l’a faite, & que les loix divines & humaines le défendent, ainsi si la Comédie, comme elle de nos jours, était infâme & dangéreuse, il serait aussi méprisable que ceux qui en font métier ; la conséquence est sûre.
Je suis Comédien, j’aime mon métier, je fais plus, je l’estime, sûr que j’ai pour moi la raison, le goût et le public ; j’entre courageusement en lice pour y parer vos bottes et riposter.
Les Comédiens que les Romains comprenaient sous les noms d’Histrions, et de Scéniques, étaient notés de l’infamie de droit à cause de leur profession : Mais ceux d’entre eux qui avaient d’ailleurs de bonnes qualités, encore qu’ils fussent notés de l’infamie de droit, à cause de leur métier, n’étaient pas notés de l’infamie de fait. […] « On a ignoré , dit-il, jusqu’à aujourd’hui l’origine des Dieux ; on ne sait s’ils ont toujours été, ni quelle forme ils ont, sinon depuis hier, pour ainsi dire : car Hésiode et Homère qui vivaient il y a environ quatre cents ans, ont été les premiers qui ont introduit parmi les Grecs la race des Dieux, et qui leur ont donné des noms, des honneurs, des métiers, et des figures. » Ce sont les paroles d’Hérodote. » Et comme la Poésie est une peinture parlante « Loquentis Picturæ nomine Poësis : Pictura tacentis poësis afficitur. » Plutarc. […] Et toutefois en ce qui regarde les Maîtres et les Précepteurs de la vertu, nous en faisons un mauvais discernement, en les prenant de toutes sortes de métiers, qu’il semble que nous ayons nous-mêmes besoin de Précepteurs.
., je ne croi pas que tous les comédiens soient damnés, car ils ne sont pas encore tous morts ; & l’on ne peut être damné qu’après sa mort : mais je les croi tous en état de damnation ; & ils courent grand risque de l’être, s’ils ne quittent pas une profession si indigne, & s’ils ont le malheur de mourir dans la résolution de continuer toujours un métier si hazardeux. […] Tel est l’emploi de nos comédiens, qui se sont de la corruption des cœurs un métier lucratif.
Pour expliquer toutes ces mervilles on a donné au public l’admirable Traité de la Chymie du goût & dé l’odorat par un Marchand de liqueurs & de parfums, qui par ses idées burlesques essaye de donner du débit à sa marchandise ; le reste de son livre a son utilité, c’est un recueil des espèces différentes de liqueurs & des parfums, de leurs bons ou mauvais effets, de leur composition, recette, manipulation, distillation, &c. ce qui se trouve dispersé dans quantité d’autres ouvrages, & qu’il a réuni dans celui-ci, y ajoutant ses propres découvertes ; ce livre peut aider ceux qui composent les Traités des Arts & des métiers que donne l’Académie des Sciences. […] Les parfums sont un remède nécessaire aux infirmités, au sexe, à l’âge, à la débauche, aux alimens, au métier.
leur métier est-il ennobli ? […] Mais ne voyant point onque dans la Comédie, Pour qui je me sentois un merveilleux génie, Je formai le dessein de faire en ce métier Ce qu’on n’avoit pas vu depuis un siecle entier ; C’est-à-dire en un mot, les fameuses merveilles Dont je charme aujourd’hui les yeux & les oreilles.
Cet homme, de son aveu, a toujours agi contre sa conscience, sentant parfaitement l’infamie & le scandale de son métier. […] Un ancien Comédien & une ancienne Comédienne seront chargés de les gouverner & de les former dans des logemens séparés, & leur donner des principes de religion & de vertu, & on leur fera apprendre un métier pour leur servir de ressource, en cas ils ne fussent pas admis ou fussent renvoyés.
Outre les Théâtres de Jeux, la Capitale offre encore un autre aliment à la curiosité : ce sont, ou des animaux étrangers, ou des Machines dont la construction savante & compliquée peut avoir un but estimable, en la tournant à l’avantage des arts & des métiers nécessaires ; des Optiques, qui présentent des Perspectives de Villes, de Ports-de-mer, de Batailles, &c. […] Ce serait après ces Exercices publics qu’on ferait un triage des Sujets qui ne seraient pas propres au Théâtre : les Garsons mis au rejet après la troisième année deviendraient Soldats ; & les Filles, Ouvrières dans des métiers utiles : on continuerait l’éducation des autres, que le sort de leurs Camarades rendra plus ardens & plus attentifs.
C’était un homme du métier, puisqu’après avoir été Conseiller et Président au Parlement de Toulouse, et ensuite Conseiller au Parlement de Paris, il mourut enfin Conseiller d’Etat. […] Qui peut voir sans pitié traiter d’héroïsme digne des panégyriques de l’Eglise les remords de conscience qu’elle fait semblant d’avoir de son métier de Comédienne, et l’irréligion réelle avec laquelle elle brave les censures de l’Eglise ?
Que ce métier doit coûter à un homme vertueux ! […] que peut y gagner, ou plutôt que n'y perd pas, l'homme d'Eglise qu'on y dégrade, le Magistrat qu'on y tourne en ridicule, le Militaire qu'on y amollit, le fils de famille, le domestique qu'on rend fripon, le petit qu'on dégoûte de son métier, qu'on apprend à mépriser ses maîtres, à supporter avec peine la dépendance, le grand dont on nourrit l'orgueil, la profusion, la dureté, à qui on inspire le goût du luxe, de la fatuité, de la débauche ?
Ce métier, appris à une si mechante école, étant secondé par les inclinations naturelles, & ne laissant que les idées d’une douceur effeminée, ce jeune homme & cette jeune fille, commencent à mettre en pratique, ce qu’on leur a si bien enseigné sur le theatre : L’innocence est attaquée, l’on aime sa foiblesse dans l’attaque, & ensuite arrivent les grandes chûtes, à qui la Comedie a donné les commencemens.
Que vos Drames soient une espèce d’Encyclopédie, où nous trouvions tout ce qui concerne l’état, le métier, & la personne des gens de la lie du Peuple.
Projet pour rendre les spectacles plus utiles à l’Etat Je suis de l’avis de ceux qui pensent que les bons citoyens dans leur belles pièces sérieuses peuvent inspirer, entretenir et fortifier l’amour pour la patrie et des sentiments de courage, de justice, et de bienfaisance ; je crois de même que dans leurs pièces comiques ils peuvent inspirer du dégoût et de l’aversion pour la mollesse, pour la poltronnerie, pour le métier de joueur, pour le luxe de la table, pour les dépenses de pure vanité, pour le caractère impatient, chicaneur, avaricieux, flatteur, indiscret, hypocrite, menteur, misanthrope, médisant, en un mot pour tous les excès qui font souffrir les autres et qui rendent les vicieux fâcheux et désagréables pour plusieurs des personnes avec qui ils ont à vivre.
Mais il a fait toutes sortes de métiers, il a été acteur, auteur, amateur. […] Il fit le métier de relieur : les livres qu’on lui donnoit à relier lui donnerent occasion de lire ; il avoit de l’esprit & de la mémoire, il goûta la lecture, & acquit des connoissances superficielles, qui, dans ce siecle d’ignorance, lui acquirent quelque réputation. […] C’est d’où nous vient en sa faveur ce monstre de coquetterie, & ce métier faux & trompeur qu’on appelle galanterie.
16, rapporte ce trait : nous avons besoin de veiller à toute heure, pour avancés que nous soyons dans la perfection, d’autant que nos passions renaissent, même quelquefois après avoir vécu long-tems en réligion, & avoir fait un grand progrès dans la vertu : comme il arriva à Silvain, Réligieux de Saint Pacôme, dans le monde il étoit comédien de profession, & s’étant converti & fait Réligieux, il passa plusieurs années dans une mortification exemplaire, sans qu’on lui vit jamais faire aucun acte de son premier métier ; vingt ans après il pensa pouvoir faire quelque badinerie, sous prétexte de récréer ses Freres, croyant que ses passions fussent tellement amorties, & qu’elles n’eussent plus le pouvoir de le faire passer au-delà d’une simple récréation ; mas le pauvre homme fut bien trompé, car la passion de la joie se réveilla tellement, que des badineries, il passa aux dissolutions, de sorte qu’on résolut de le chasser ; ce que l’on eût fait, sans un des Réligieux qui demanda grace, & se rendit sa caution, promettant qu’il se corrigeroit, ce qu’il fit, & veçut depuis très-saintement : Naturam expelles furcâ tamen usque recurret. […] Le vin de Cahors vaut bien le théatre de Moliere ; l’hiver rassembla le peuple dramatique, que l’automne avoit dispersé : pour réparer le tems perdu, on joua tous les jours, fêtes & dimanches ; la coterie n’auroit pu fournir à un si grand travail, si elle n’eût été renforcée par une troupe de tabarins, que le bon vin de Cahors, & la grande réputation de la scéne Quercinoise attirerent, au nombre de vingt-cinq gens peu faits d’ailleurs pour amuser la bonne compagnie, qui n’avoient encore que débité de l’orviatan sur des théatres ; mais reçus avec enthousiasme, ils se sont évertués, ils ont pris, l’essor, par une noble émulation, & ont essayé des piéces régulieres ; on a dit qu’ils réussissoient, & la recette a été bonne, quoique la Ville soit déserte, misérable, chargée d’impositions, qu’elle ait souffert depuis bien des années, de grandes calamités, les bourses fermées aux pauvres, se sont ouvertes pour des charlatans, qui ne savent pas même leur métier, tant l’amour du théatre est une aveugle ivresse.
Parmi vingt malheureux emprisonnés, il fut trouvé un prêtre florentin, qui se mêle de faire des operas, comme l’Abbé Pelegrin faisoit à Paris (ce qui n’est pas trop le métier d’un prêtre) & un musicien son disciple, qui l’aidoit à faire des parties & à composer les arriettes. […] Il n’a pas exercé le métier de comédien, mais il en portoit la décoration, & il en avoit le goût & les talens.
& bien loin de déroger en se faisant Fermier, & se mêlant d’un métier dont les Acteurs sont infames, il est décidé, puisque les Actionnaires sont nobles, que la qualité d’intéressé à la ferme du théatre est un titre de noblesse que Malthe, déjà déclarée pour la comédie, ne peut refuser. […] Ce sera même un titre pour les Comédiens ; qui osera méprises un métier que la Noblesse se charge & se fait honneur d’entretenir ?
On propose au Devin par hazard de deviner ce qu’il y a dans un plat qu’on lui présente ; il n’en peut venir à bout, et, dans son dépit, il prononce, en l’air, le nom d’un certain le Coq qui lui a souvent donné l’avis de ne se mêler que de son métier ; il se trouve qu’il y a un Coq dans ce plat. […] On a prétendu justifier par ce raisonnement, le théâtre en général, mais le métier de Comédien inférieur a cet inconvénient particulier, que les émolumens, à quelques exceptions prés, y sont fort modiques.
Ce n’est plus qu’un métier, qui ne peut être relevé par la noblesse d’une source qu’il a abandonnée.
Ainsi, le métier d’histrion, qui a pour but la distraction de l’homme, n’est en soi ni infâme, ni illicite, et ceux qui en usent ne se mettent pas pour cela en état de péché, pourvu qu’ils en usent modérément.
Ce Concile défend de recevoir un comédien qui veut se faire chrétien, si auparavant il n’a pas renoncé à son métier ; & s’il y retourne après sa conversion, il ordonne de l’éxcommunier. […] Un statut du chapitre 4. de la trenteneuvieme année d’Elisabeth ordonne, que les Comédiens… Seront apprèhendés, réputés fripons… Et encourront toutes les peines & punitions ordonnées à ce sujet, à moins qu’ils ne renoncent à leur métier. […] n’est-ce dont rien, dit le Rituel de Toulon &c, d’autoriser & d’approuver par sa présence, l’infame métier des Acteurs & des Actrices du Théatre ?
Cette fantaisie à dû être agréable aux Anglois, dans un homme qui a bien voulu descendre de son état, pour les amuser ; mais en eussent-ils pensé aussi favorablement, s’il eût sérieusement fait choix du métier de Comédien ?
Que les ouvriers & les marchands qui font métier de faire & de vendre des masques tels qu’on les porte au carnaval, exercent une profession mauvaise par elle-même ; & par conséquent qu’ils sont obligés d’y renoncer, s’ils veulent mériter la grace de l’absolution, puisqu’ils donnent occasion au prochain d’offenser Dieu.
Que les comédiens seroient respectables, si en effet ils convertissoient, sanctifioient, ce prodige est encore à naître : ce prodige opposé de la dépravation est le seul dont ils peuvent se vanter, ou plutôt ce n’est pas un prodige, c’est l’effet naturel ordinaire, inévitable de leur métier infâme.
Il parcourut incognito les chantiers de Hollande & d’Angleterre, & la hache ou la truelle à la main, fit long-temps l’apprentissage des métiers de charpentier & de maçon.
Un Comédien à qui l’on représente l’infamie de son métier, en convient, & se retranche sur la nécessité de gagner sa vie.
On vit alors, ce qu’on a remarqué dans tous les temps, des gens qui faisaient métier de réjouir le monde dans les festins et dans les maisons particulières, et ceux-là portaient toujours le nom de Jongleurs et d’Histrions. […] D’où vient que saint Thomas, qui compte parmi les Histrions ceux qui font comme une espèce de métier de réciter quelques pièces agréables, met pour conditions qu’on n’usera point de paroles indécentes ou nuisibles. […] Un Concile tenu à Salzburg en 1310. leur défend de faire cet indigne métier. « Ne sint joculatores seu galiardi. […] » Dans un Synode Diocésain de Chartres de l’an 1538. il est défendu aux Prêtres, et surtout aux Curés, de faire le métier d’Histrion et de Jongleur, non histriones, non joculatores. […] » Les chansons profanes leur sont aussi interdites, aussi bien que le métier de Farceur. « Cantilenas popularium more non canant, non agant facetias.
Le monde s’est épuisé pour les embellir ; le Pérou a fourni les métaux, Golconde les diamans, l’Espagne le vermillon, l’Italie la céruse : tous les arts y ont prêté leurs savantes mains, ils ont tissu les étoffes, broyé les couleurs, monté les pierres précieuses, composé les parfums, formé les boucles ; plus de trente métiers sont employés à la parure d’une femme, c’est le chef d’œuvre des Arts & des Sciences, qu’y trouverez-vous de bon ? […] Tous les jours remise sur le métier & retouchée avec soin ?
Il n’est donc pas permis de contribuer à entretenir par son argent, par sa plume, un métier, un exercice, un danger aussi pernicieux. Approuveroit-on un métier de représenter, de sentir ou faire éprouver les douleurs & les maladies, la paralysie, l’hydropisie, l’aveuglement, &c. ?
Comme ce métier est indigne du trône, je ne compose que quand je n’ai rien de mieux à faire ; j’ai toujours avec moi quelque bel esprit qui rédige mes idées. […] Nos sujets pour qui nous sommes plus séveres se sont par-là une idée avantageuse du métier.
Une décoration profane, l’état, les mœurs des Comédiens défigurent encore plus les choses saintes ; un Ministre des autels, et un Comédien ; le caractère d’un Saint, et un métier infâme ; les fonctions des Anges, et l’emploi du démon ; une Eglise, et une salle de spectacle ; qui peut soutenir l’horreur du contraste ! […] Genest, on demande pourquoi les troupes de Comédiens ne font pas célébrer une fête, comme les corps de métier ; ils auraient dans ce Saint un patron de leur corps, comme les Savetiers dans S.
Il quitta enfin cet infâme métier, et entra dans le barreau. […] Un nom à soutenir, une charge à remplir, un emploi à occuper, un métier à apprendre, réveillent l'attention des parents sur les garçons : une fille bornée à de petites fonctions, qui exigent peu de connaissances, est abandonnée à elle-même ; sa vie désoccupée se passe presque toute dans l'oisiveté ; la toilette, l'amusement, la promenade, les visites, laissent à peine un moment à un travail des mains, qui ne diffère presque pas de l'oisiveté.
Il n’y a point de comédien qui joue également bien toutes sortes de personnages, il y en a peu qui en joue plusieurs disparates : il faut dans ce métier comme dans tous les autres métiers, suivre pour réussir son talent & son goût. […] Répétition journaliere dans une actrice, un comédien qui en fait métier.
Les comédiens, pour marquer leur reconnoissance & leur regret par un trait de leur métier, formerent le convoi depuis le palais jusqu’au tombeau ; &, dans tout le chemin, ils jouerent réellement la comédie, en représentant toutes ses actions, en vrais pantomimes, contrefaisant sa voix, copiant ses manieres, imitant son style, couvert de l’habit impérial, comme Moliere joua Georges Dandin & Pourceaugnac avec leur habit.
A quoi me sert un Oreste furieux, ainsi qu'Euripide le représente, ou un autre qui vient nous entretenir du meurtre qu'Alcméon fît de sa mère, ou bien celui qui porte un masque, ou qui fait des grimaces ayant l'épée au côté, et jetant des cris, ou celui qui s'habille d'une manière indigne d'un homme; laissons les fables d'Agesilaus, et du Poète Ménandre; pourquoi perdrais-je le temps à admirer dans les fables un Joueur de flute, et pourquoi m'arrêterais-je à considérer un Antigenide Thébain, disciple de Philoxene, qui faisait ce métier ?
D’ailleurs on a vu que ce serait faire tort au public que de le priver de ces personnes, principalement quand elles excellent dans leur métier, si on les admettait à des charges où elles réussiraient moins.
Le théâtre est une république où tous les citoyens sont égaux, ou plutôt une anarchie où tout le monde est maître, Acteurs et Actrices, tous de la lie du peuple, du métier le plus bas, plus confondus encore par le vice.
C’est comme s’il disait que le métier de la guerre l’emporte sur tous les autres, parce que dans le temps des combats les hommes agissent comme des bêtes farouches, au lieu que dans la paix ils font usage de leurs lumières naturelles.
Ne voyez-vous pas, qu’un si mauvais métier n’a pu avoir d’autre maître que l’ancien dragon ? […] Qu’on ne leur donne rien, et ils quitteront bientôt le métier ; on n’entendra plus d’histoires scandaleuses sur un théâtre Chrétien, on n’ira plus déterrer les morts qui sont pourris depuis deux ou trois cents ans, pour mettre au jour leurs mauvaises actions. […] C’est pourquoi il fut résolu dans leur Conseil, que les femmes dorénavant garderaient la maison, et que le métier de la guerre ne serait plus que pour les hommes. […] Le respect qu’ils avaient pour les Apôtres, qui étaient du métier de Pécheurs, leur a fait prendre quelque plus grande estime de la Pèche que de la Chasse ; mais pour préférer l’une, ils n’ont pas condamné l’autre. […] Enfin on accuse la Chasse d’être un métier trop charmant, et que ceux qui s’y attachent négligent tout le reste, ou du moins le font servir à cette passion.
Il ajoute ensuite, que cet opprobre tombait moins sur la Représentation même, que sur l’état où l’on en fesait un métier ; puisque la Jeunesse de Rome représentait publiquement, à la fin des grandes Pièces, les Atellanes, sans deshonneur. […] Dans la suite, lorsque les Romains donnèrent les premiers combats de Gladiateurs, ce n’était pas des coupables condannés, mais des prisonniers de Guerre, postérieurement des hommes qui se vouaient à ce dangereux métier, par zèle pour le bien Public, & dans la suite, sous l’espoir d’une récompense, s’ils demeuraient vainqueurs : la République eût cru s’attirer la colère des Dieux, en leur offrant des victimes avilies par le crime. […] L’esprit, les sciences, les talens, les métiers étaient le partage des Esclaves & des Etrangers : le Citoyen Romain, brave, fier, était ignorant comme un Bernardin. […] L’Actricisme était un art libre a Athènes : il y fut honoré : c’était un métier à Rome ; il y fut avili : c’est une profession particulière parmi nous, & la condition de l’Acteur y est légalement la même que chez les Romains. […] Que le Théâtre soit l’exercice de la Jeunesse, & ne soit le métier de personne.
Il faut commencer par bannir toute honte pour l’embrasser ; il faut en avoir perdu jusqu’aux plus petites fibres, pour faire ce métier. […] Les sentinelles d’Holophernes, voyant Judith si belle & si bien parée, la prirent pour une courtisanne de Berhulie, qui faisant son métier venoit offrir ses charmes à leur Général, & la croyant digne de lui, la lui amenerent.
Dans tous les Journaux économiques, c’est une question fort longuement traitée, si les priviléges exclusifs sont utiles ou nuisibles dans le commerce, les arts & les métiers. […] Cet ami véritable ne prêche que la vertu : il préserve la femme & la fille de son ami des attaques de la galanterie & des ruses des Sigisbées, Le Sigisbeat est un métier qui fait vivre bien du monde, & quelquefois faire fortune. […] Peut-être en croira-t-on un homme du métier, à qui l’expérience a appris à donner des leçons, & à qui la vérité & le zele sans doute les arrache ?
Lors que des hommes inutiles & dangereux à l’Etat & à la Religion, n’ayans point d’autres métiers pour vivre que celuy de divertir le genre humain, ont faits des spectacles publiques pour representer la vie & les plus memorables actions des Heros & des Heroines de l’antiquité payenne, non pas tant pour reformer les mœurs des peuples, que pour tromper & divertir les faineans. […] Ah M. voilà ce qui fait ma douleur & l’opprobre du Christianisme ; ils sont donc Chrétiens disent-ils ; mais helas quels Chrétiens, qui sont de la même profession que ceux contre lesquels l’Empereur Tybere rendit un arrest de bannissement pour consacrer la septiéme année de son Empire ; quels Chrétiens qui font le métier de ceux que l’Empereur Theodose condamne par les loix de son Code à estre exposés à la fureur des tygres & des leopards, comme étant la corruption des peuples & la peste des Etats ; quels Chrétiens qui sont declarés infames par les saints-Canons, comme on le peut voir dans le troisiéme Concile de Carthage ; quel Chrétiens que S. […] ; parce que j’estime qu’il n’est point convenable ny à la majesté de Dieu, ny à la discipline de l’Evangile, que l’honneur de l’Eglise soit ainsi offencé, & sa pureté fletrie par la communication avec des gens dont la profession est si infame & le métier si contagieux.
C’est un imposteur perpétuel qui ne s’étudie qu’à faire illusion, qui s’en fait honneur, qui en fait métier, & n’obtient le prix des talens qu’à proportion qu’il sait mieux se contrefaire.
Écoutons à ce sujet un Ancien Auteur1 ; « S’il y a chose, dit-il, où l’esprit humain se donne carrière, c’est à juger d’autrui ; & notament cela est comme ordinaire à ceux qui font métier de mettre à bon escient le nez dans les Livres ».
Si l’Eglise n’exerce pas la sévérité de ses censures sur ceux qui vont à la comédie, parce que le nombre de ces coupables est trop grand, elle exclut les comédiens à la vie et à la mort de la participation des Sacrements s’ils ne promettent sincèrement de renoncer à ce métier infâme, on les passe à la table de la communion comme des pécheurs publics s’ils sont assez hardis que de s’y présenter.
à savoir un homme ayant tous les membres rompus pour faire des soubresauts, voire un homme plus dissolu et efféminé que n’est une femme, sachant bien le métier de passe-passe et de la langue et des mains, et pour un je ne sais quel, qui n’est ni mâle ni femelle, toute une Cité s’émeut entièrement pour aller voir danser, et jouer des vilénies et ordures anciennes.
Il l’attaque par jalousie de métier, sans doute.
Le premier regarde les Comédiens mercenaires, qui gagnent leur vie à jouer sur le Théâtre des pièces d’amour avec des femmes, d’une manière peu modeste ; ce qu’il accuse être une profanation du Christianisme, et un métier injuste pour gagner de l’argent.
Que voulez-vous faire de cet enfant, lui dit-on, laissez-moi faire, répondit il, je lui aurai bientôt appris son métier en perfection. […] On peut bien assurer une débutante qui entre dans la troupe, comme Apellés le disoit de son éleve, elle saura bientôt son métier en perfection.
Ce bal fut composé de cinquante de leurs enfans, petits enfans, arriere-petits-enfans, qui passerent toute la nuit à danser au son du violon dont jouoit le vieux pere, lequel exerce ce métier depuis soixante-dix ans. […] Le grand Voltaire n’aura plus à exercer son éloquence & sa verve contre le contraste tant de fois reproché entre l’infamie civile & canonique, attachée au métier de Comédien, & les honneurs infinis, dont la Cour, la ville & le royaume les comblent, & l’empressement avec lequel ils sont courus.
Elles étoient obligées de s’y rendre à dix heures du matin & d’en sortir à six heures du soir en hiver, & à neuf heures en été : défense absolue d’exercer leur métier ailleurs que dans leurs clapiers, même chez elles. […] En conclud-on que ces métiers sont aussi criminels que celui de Comédien ?
Le théâtre est une république où tous les citoyens sont égaux, tous de la lie du peuple, du même métier, de la même troupe. […] Le panégyrique qu’Arlequin fait de son métier est assurément du plus petit poids.
Ce n’est point dans quelque événement tumultueux qu’ils jurent, ni dans la chaleur d’une passion soudainement élevée ; c’est de sens rassis, avec dessein, par une occupation suivie et de métier : circonstances affreuses ! […] de ravaler Salomon au métier de Bohémien, et de diseur de bonne aventure ?
Rousseau, ne trouve à cela rien d’extraordinaire : ils ont voulu honorer, dans une actrice, non le métier, mais le talent.
On avoit annoncé une piece nouvelle analogue à l’état de la ville, le Blocus de Boston, composée par un officier de marque, par conséquent parfaite, quoique cette expédition dramatique ne soit pas trop de son métier.
Ou plutôt, plaise au ciel que rentrant en elle-même elle déteste ses voies perverses, et abandonne son infâme métier, et nous édifie autant par son repentir, qu’elle nous a scandalisés par ses désordres.
Ce n’est pas un Curé qui fait son Prône et son métier, suivant un propos assez commun, qui enseigne toute cette bonne Doctrine ; c’est un homme du monde qui sait apprécier la valeur de chaque chose, et qui se décide d’après des expériences journalières.