Cet usage ne remonte pas au-delà de Salomon, qui introduisit le luxe en Judée ; ni David son pere, ni Saül le premier Roi des Juifs, n’userent de pareilles toilettes ; ni les Juges, ni Moyse dans le désert, ni les anciens Patriarches. […] Ils sont donc les premiers & les meilleurs Juges des impressions que sont leurs ouvrages, & d’en diriger plus éfficacement les agrémens. […] Philippe, son pere, appercevant un des Juges de l’aréopage, qui se fardoit les cheveux & la barbe, le dépouilla de la charge en disant on ne peut se fier à celui qui trompe par les cheveux, il tromperoit dans les affaires.
Catrou juge que c’est du romarin, & l’Abbe de Maroles que c’est de la lavande, dans leur traduction de ce vers de Virgile, Eg. 2. […] On juge seulement que c’est une aromate estimée du temps de Job, auquel il compare sa fille. […] Déguiser son visage pour ne pas donner des soupçons à ses Juges en changeant de couleur n’est pas un plus grand mal, ainsi que celui du Soldat qui veut cacher sa peur à l’ennemi.
Sans doute que si on juge de tout le reste par les Comédiens & les amateurs, on auroit de la peine à dire avec Boileau (Sat. des Femmes) : Il en est jusqu’à trois que je pourrois compter. […] Ce Juge n’est pas récusable : la vérité seule a pû lui arracher un portrait si peu favorable & si ressemblant. […] Personne de plus téméraire dans ses jugemens, de plus rigoureux dans sa censure, de plus emporté dans ses éclats, que celui qui juge, qui agit d’après le théatre.
il n’a plus de suffrages à acquérir, il est juge de ses juges, il posse de au-delà de ce qu’il peut prétendre. […] La décision des amateurs du théatre est d’un fort petit poids au tribunal du grand Juge, & le sauf-conduit de la police seroit fort mol accueilli dans l’éternité.
Tous les Tribunaux retentissent de ces indignes manœuvres, & les Juges eux-mêmes en ont souvent été coupables. […] La procédure de la séparation est même plus difficile & plus dispendieuse ; ce n’est qu’un embarras de plus pour le Code, pour les Juges, pour les parties, une multiplication & allongement de proces.
On est charmé de pénètrer les secrets des Rois, d’être, pour ainsi dire, leurs confidens & leurs juges.
J’en juge par le grand nombre, c’est sans contredit le plus grand, de ceux qui y pèchent.
juge après cela si le Théologien a raison de dire, comme il fait, « non seulement il n’y a point de péché à assister les Comédiens, mais encore, c’est une action de justice de leur donner, comme l’on y est obligé, la récompense de leur ministère ».
Un bon Juge est un Persée qui lui coupe la tête par la sagesse de ses arrêts ; mais qu’il ait un bandeau pour ne pas la voir, il seroit pétrifié lui même. […] Elle lui demanda de passer la nuit avec lui, elle obtint tout de son Juge. […] Tous les livres historiques de l’Ecriture offrent un mêlange de bien & de mal dans les discours, les actions de ceux dont on écrit l’histoire ; ce qui montre la nécessité d’un Juge, d’un Interprete infaillible dans l’Eglise qui en fasse le discernement. […] Du tems des Juges & des premiers Roïs, on conserva cette heureuse ignorance ; mais lorsque le débordement de l’idolâtrie & du vice eut perdu Israël, le fard ne put manquer de s’y répandre.
Les innocents ne sont-ils jamais sacrifiés, ou par la malice du juge, ou par la négligence de l’avocat, ou par l’irrégularité de l’information ? […] vous osez comparer le coupable avec son juge ? L’un est coupable, parce qu’il a découvert ; et l’autre est juge, parce qu’il n’y a rien qu’il ne découvre. […] la justice humaine condamne donc ces malheureux, malgré le plaisir qu’ils donnent à leurs juges ; puisqu’elle les exclut de toute dignité, et les confine souvent en des lieux horribles et déserts : combien plus rigoureuse sera contre eux la justice divine ?
Le peuple en France n’est point soumis aux juges ordinaires de la police, & a ses loix & ses juges. […] Qui peut douter qu’un si bon acteur ne soit un bon juge, un bon président, un bon pere, un bon mari ?
Mais nous n’avons pas besoin de récuser ces Juges. […] Après un portrait si hideux & si vrai, a-t-on droit de faire valoir en faveur du théatre ce que dit l’Orateur sur la possibilité de le rendre bon, l’usage qu’il en a fait, & qu’en faisoit sa Compagnie pour élever la jeunesse, prenant ainsi la thèse pour raison & le coupable pour juge ? […] Qu’en pensera-t-on à la mort, où l’on juge sainement ?
« Chez nous […] la femme la plus estimée est celle qui fait le plus de bruit ; de qui l’on parle le plus ; qu’on voit le plus dans le monde ; […] qui juge, tranche, décide etc. »eb Chez nous la femme la plus estimée des fous, c’est celle-là ; mais des sages ce n’est pas celle-là. […] Ce n’est pas m’exposer à l’épithète de Papiste que de vous citer pour garant du mérite de quelqu’un un Pontife aussi éclairé, mais aussi pieux, aussi Philosophe, aussi connaisseur dans la partie des beaux-arts, et c’est sans doute confirmer la réputation d’une personne célèbre que d’apprendre au Public qu’elle a eu le docte, le sublime, l’ingénieux Lambertini pour juge et pour approbateur. […] Afin qu’on en juge mieux je transcrirai ici un de ses Sonnets dont la poésie a paru à toute l’Italie répondre à la sublimité du sujet.
Déjà l’Auteur voit en idée le public qui justifie les éloges de ces juges sçavans ; déjà accueilli des grands, & sur-tout de la Finance, qui par la protection qu’elle offre aux jeunes Poëtes, cherche à remplir l’intervale qu’il y a entre elle & les premiers ; & ce n’est pas ce qu’elle fait de pis ; déjà, dis-je, il est enyvré & jouit d’avance des graces & des honneurs qu’il se voit prodiguer.
Thomas qui rapporte ce dernier trait, entre volontiers dans l’idée de Saint Chrysostome, il juge les Spectacles3 vicieux par le scandale qu’ils donnent ; on y reçoit des leçons de cruauté & d’incontinence.
Il y a long-tems qu’on en juge ainsi ; car c’est dans cette vue que les Athéniens accorderent aux Poëtes comiques la licence de satyriser tout le monde, sans épargner même le Gouvernement….
Jeux à Thèbes, et entre autres ceux de la Scène, et prit des Juges des plusIdem in Ant.
Il lui est bien libre, sans doute, d’avoir une opinion à cet égard, mais son opinion ne peut jamais constituer un crime, un délit ; cependant, si M. de Sénancourt était un juge, son opinion serait homicide, elle constituerait une peine, une punition plus ou moins grave.
C’est ce qui rend les comédies infâmes par les lois, et néanmoins si célèbres, par la coutume qu’elles ont les puissances et les juges de la terre pour auditeurs, qu’elles sont à leur gage et sous leur protection.
Vous avez à vôtre tête entre autres Juges, deux arbitres distingués beaucoup moins par leur Pourpre que par leur mérite personnel. […] Il confond les ruses des ennemis de l’Eglise, non par la ruse, mais par la force ouverte ; Juge d’autant plus recevable sur ce qui concerne la Foi & la Morale, qu’il merite de l’être par la simplicité de ses mœurs, & par la droiture de son cœur. Peut-on ne pas s’en rapporter à la décision de pareils Juges ? […] Juges, vous foudroyez ; l’Arrêt fatal est prononcé, on baise l’échaffaut, & l’on vous rend grace. […] Estes-vous moins qu’eux, les juges des Spectacles publics ?
Or quand le Chrétien répond à son tour, il ne le contredit point sur le fait, et tant s’en faut lui en passe aveu, seulement il lui soutient, qu’en usant ainsi, ils étaient fondés en droite raison. « Nous voulons (dit-il) qu’on juge de nous par nos mœurs, et par la pudeur. […] « Tu compares, ô homme, 1e Criminel et le Juge ; le Criminel, qui à cause qu’il voit ces Spectacles, se rend coupable de crime ; le Juge, qui à cause qu’il les voit en est le Juge ». […] Mais il ne faut point qu’ils y soient déçus les menant par leur exemple en ces lieux où l’occasion leur est présentée d’offenser Dieu, et de tomber au piège du Diable, ils leur en seront comptables devant 1e grand Juge, en la dernière journée. […] Or les combattant successivement, lorsqu’ils se prennent à l’un, en ayant même un juge particulier, ce n’est pas à dire qu’ils aient fait paix avec les autres, lesquels ils condamneront de même à leur tour, et selon que le temps aussi et l’occasion les y semondrontfd. […] Comprendre : qui intente un procès à son juge.
Les Censeurs, juges & parties, ne souffrent aucune piece réguliere & décente ; la décence & la régularité sont chez eux des titres d’exclusion. […] Heureux si un sincere repentir lui a obtenu le pardon de tous les drames & frivoles poésies dont le juste Juge, malgré leur célébrité, puniroit éternellement le scandale.
Le Révérend Père Caffaro assure dans cette Lettre, qu’il a été sensiblement affligé du scandale qu’à causé la Lettre du Théologien ; il la désavoue absolument, il reconnaît Monseigneur de Paris pour son Juge né, et d’institution divine en matière de Doctrine. […] Qu’aurait-il juge de nos Opéra, et aurait-il cru moins dangereux de voir des Comédiennes jouer si passionnément le personnage d’Amantes, avec tous les malheureux avantages de leur sexe ?
Comment ose-t-il lui proposer de visiter des Juges, c’est-à-dire, en termes honnêtes, de chercher à les corrompre ? […] Solliciter un Juge ! […] Cet exemple est sous vos yeux : je le tire de votre patrie, c’est celui du Tribunal des Maréchaux de France, établis juges suprêmes du point d’honneur. […] Il est vrai que ne pas comparaître au terme fixé par devant les Juges de l’honneur, c’était s’en confesser dépourvu, c’était se condamner soi-même. […] Nous en aurons donc d’abord de mauvais et nous serons d’abord de mauvais juges.
Après avoir apprécié, dans sa raison, ce phosphore qu’on nomme l’Esprit, ce rien qu’on appelle la Renommée, ce moment qu’on nomme la Vie, qu’il interroge la Religion qui doit lui parler comme à moi ; qu’il contemple fixement la mort ; qu’il regarde au-delà, & qu’il me juge.
La décision n’appartient qu’aux Juges dont le caractere est émané du thrône & de Dieu même ; un simple Avocat étant un homme isolé, ses avis ne sont nullement des Arrêts ni des Sentences définitives : son ministére n’a lieu que dans la justice contentieuse, il discute les différents & le Sénat prononce, déterminé seulement par la force des preuves, & n’ayant aucun égard à son autorité.
Je ne m’érige point en juge de leurs mœurs ; mais l’expérience ne fait pas leur apologie : ils sont fort heureux quand on peut au moins citer leur pénitence, comme celle de Racine, Quinault, Lafontaine.
Cette intention ne garantit pas des mauvais effets des passions qui triomphent sur le théâtre ; c’est toujours le cœur qui prend le plus de part aux spectacles ; il en est même pour cette raison le premier juge, puisque ce n’est que relativement à l’émotion qu’on y éprouve, qu’on applaudit plus ou moins à la représentation, si on se sent plus fortement ému par le vif intérêt que l’on prend à l’action ; si on se sent transporté sur le lieu de la scène, et comme dans la situation du personnage qui nous attache le plus ; si on l’entend parler, et si on le voit agir comme on parlerait et comme on agirait soi-même, étant animé de la même passion : alors le cœur prononce que le poète et les acteurs ont bien réussi à intéresser les spectateurs.
Saint Cyprien juge les spectacles incompatibles18 avec la loi chrétienne, et qu’on ne peut s’asseoir dans l’amphithéâtre, au milieu des infidèles, sans renoncer à la foi.
est-ce à eux à s’eriger en Juges, & à faire des satyres ? […] Dans les Mille & un quart d’heure, autre Roman du même goût, aussi frivole & plus ridicule que les Mille & un jour, on trouve l’esquisse d’une comédie contre l’avarice des Juges, sous le nom de Cadi, nom des Juges chez les Turcs, mais inconnu chez les Perses & dans les Indes, où l’on met la scene.
Sans doute, un bon gouvernement doit avoir des loix générales, qui protegent les propriétés et les défendent de la fraude et de l’injustice ; mais cette prévoyance si utile, si nécessaire deviendroit la plus accablante des tyrannies, si elle rendoit les magistrats juges des spéculations particulieres. […] Tout homme qui associe un autre homme à une spéculation ne le ruine pas ; ils se réunissent pour partager les bénéfices ou les pertes de l’entreprise ; ils s’enrichissent ou se ruinent ensemble : des loix qui empêcheroient ces associations, ces compagnies, jusqu’à ce que les magistrats s’en fussent rendu les juges, frapperoient d’inertie le commerce et l’industrie. […] Il avoit osé se lever sur un banc dans l’orchestre, haranguer le parterre, et le prendre pour juge du refus que les comédiens avoient fait de sa piece.
Comprenez-la, s’il vous plaît, toute entiere ; il s’agit de la conscience et du salut, et tout ce qu’il y a eu jusqu’à présent, sur ces sortes de matieres, de juges compétents, de juges reconnus et autorisés, ont décidé : mais ce n’est point ainsi qu’en jugent quelques mondains, et ce n’est qu’à eux-mêmes qu’ils veulent s’en rapporter. […] Chrétiens, soyez-en juges vous-mêmes, et concluez, tandis que je passe à un nouvel article, non moins important, ni moins commun.
Que peuvent produire des paysans, des ivrognes grossiers, médisans, républicains, qui n’ont ni loi, ni décence ; & le Dieu dont on célébroit la fête, dont l’intempérance & la folie font tout le culte, l’emportement, la débauche, la malignité, jusqu’à la plus révoltante nudité, dit Horace, bon Juge & peu scrupuleux : Mox etiam agrestes Satyros nudavit & asper jocum tentavit, & potus, & ex lex. […] C’est là le Tabarin que Madame Dacier, admiratrice de Socrate, ose admirer ; voilà l’homme qui prépara de loin le poison dont des Juges infames firent périr le Philosophe le plus vertueux de la Grèce.
Leurs vengeances étaient d’autant plus faciles à obtenir, que des juges dévoués, entraînés par l’esprit de parti, dont les opinions sont connues d’avance, séduits d’ailleurs par les faveurs, ou contenus par les menaces, condamnaient souvent à regret la tendance et les mauvaises intentions qu’ils prêtaient aux prévenus. C’est par cette manière injuste de procéder que des juges choisis et investis d’un pouvoir discrétionnaire interprétaient à leur guise des lois d’exception, des lois véritablement inquisitoriales uniquement fondées sur leurs opinions, et faisaient taire les lois équitables dont ils ne devaient être que les interprètes et non les législateurs.
Pontas dans son Dictionnaire, au lieu cité, décide que le Seigneur justicier et le Juge pèchent, s’ils souffrent les spectacles dans leur paroisse les jours de fête. […] Que le Casuiste le plus relâché juge donc si c’est là sanctifier les fêtes.
Il est vrai qu'on y voit ordinairement un petit assaisonnement de condamnation des spectacles ; mais à couvert de ce sauf-conduit, le Journaliste vogue aussitôt du meilleur cœur, sur cette mer dont il a d'abord redouté les écueils, et se livre avec autant de plaisir que de goût et d'érudition à toutes ces discussions intéressantes ; il éclaircit, approfondit, apprécie, approuve, juge communément bien et trop bien ces matières profanes. […] Qu'on juge par là s'il est difficile de rendre la tragédie innocente, et si les maîtres de la morale évangélique ont prononcé avec raison, que le théâtre le plus épuré aux yeux du monde, sera toujours incompatible avec la vraie piété, et ne servira jamais qu'à réveiller des passions d'autant plus dangereuses, que nous en portons le germe dans la corruption du cœur.
L’établir leur juge, c’est donner au moucheron le prix de la force, au préjudice de l’éléphant.
L’Auteur que je cite ici est Juge naturel en ce genre.
aller, s’il m’est permis de parler de la sorte, aller en dançant au Tribunal de Jesus-Christ, & paroître en masque devant un Juge si redoutable.
Ils ne sont supportables que dans une Pièce chrétienne ; parce qu’il est alors à supposer qu’un pouvoir divin agit sur les personnages qu’on juge à propos de faire changer.
Ce seroit donner dans la presomption de nôtre siécle, que de me dire, que ce divertissement peut être mis aux choses indifferentes puisque ces Saints, qui en sont les juges competens, ont decidé qu’on ne le pouvoir rectifier par quelque intention que ce fût, & Pont hautement qualifié de peché.
Ce ne sera ni l’injustice de nos Censeurs, ni les préjugés aveugles des passions humaines qui seront nos juges, ce sera Dieu seul, dont l’œil perce le fond des cœurs.
Des circonstances particulieres ont souvent ajouté un ridicule ; par exemple le choix du sujet, les Plaideurs de Racine, Pourceaugnac de Moliere, la Femme Juge & Partie, Grapignant Procureur, &c. On croyoit avoir rencontré fort heureusement, parce que dans ces drames il est question de procureur, de juge, d’avocat. […] Les loix de la pudeur sont-elles moins faites pour eux, & n’ont-ils pas à rendre compte au souverain Juge de leurs désirs & de leurs pensées ? […] Il vient de mourir, il a paru devant son juge : plaise au ciel qu’une sincere pénitence ait expiré le crime & le scandale de ses licences, à un tribunal qui les punit éternellement !
Le premier acteur, sans récueillir les suffrages, prend la parole, à la fin de la piéce, c’étoit dans son rôle, s’érigeant en juge souverain, il prononce sur son mérite, & la déclare digne de la plus brillante couronne, une couronne de laurer descend du Ciel, le premier acteur la reçoit, & la pose sur la tête du poëte, qui s’y étoit préparé, & l’attendoit avec humilité ; il la reçut avec joie. […] Ces loix antiques ont été renversées, le Chevalier étoit vaincu, le parterre, juge du combat, l’avoit sifflé, & sa maîtresse reçut, au lieu de donner, la couronne ; elle avoit remporté la victoire. […] Apollon toujours équitable, Juge qu’ils ont raison tous deux.
C’est pourtant un Comédien célèbre, qui pendant quarante ans a fait le métier avec applaudissement, qui déclare qu’il ne parle que d’après l’expérience, & avoue de bonne foi qu’en montant sur la scène il a toujours gémi de son indécence & désiré de la quitter, qu’il seroit à propos qu’on supprimât tout-à-fait le théatre ; mais que ne pouvant l’espérer, il faut du moins travailler à sa réformation, qu’il juge absolument nécessaire. […] Qu’on juge de l’indécence & du danger de la danse de théatre par ce trait de la Sallé, l’une des meilleures danseuses qui aient paru à l’opéra.
Vous savez qu’en toute l’action aucun ne fut vu qui représentât la personne de Dieu, comme distincte de celle de Jésus-Christ, et qu’un seulement exhiba celle de Jésus-Christ comme de Dieu et homme, juge des vivants et des morts. […] Les jésuites sont trop versés aux saintes écritures pour ignorer ce qui est en saint Jean, que le Père ne juge personne, mais a donné tout jugement à son fils, et puissance de faire jugement parce qu’il est fils de l’hommey.
Le Juge postulant se présente à la Cour ; Il a pris ses dégrés & soutenu ses theses A l’Université des coulisses Françoises De crainte que Cujas ne gâtat son cerveau, Il ne sait que Mouhi, Moncrif & Marivaux. […] Les Juges de la langue abandonnent Vaugelas pour leur Breviaire.
Qu’on en juge par ce signe de vanité & de molesse, fastus & molliciei symbolum ! […] Qu’on juge combien doit sentir mauvais la conduite, la réputation des gens de théatre qui sentent si bon, capitis odor, vitæ fœtor.
Les harangues de la place Maubert en disent cent fois d’aussi vifs, d’aussi justes, d’aussi plaisans, que Moliere même alloit écouter, qu’il a inserés dans ses pieces, dont il faisoit juge sa servante, & que personne ne traite de sublime. […] Ce grand personnage n’auroit pas donné l’éloge de Moliere pour sujet du prix, ni mis Fenelon à coté de Moliere ; il ne feroit pas dans les papiers publics l’éloge de toutes les Actrices : Elle a signalé sur la scène les talens les plus parfaits, l’Europe la nomme la premiere Actrice, les gens de lettres l’ont reconnue pour leur Juge, ceux qui ont le bonheur de la connoître la regardent comme la femme la plus aimable & l’amie la plus intéressante.
On met enfin mille autres agréments où l’on juge qu’ils auront de l’éclat et de la bonne grâce. […] Vous n’ignorez pas que l’homme ne naît que pour mourir, que le premier pas qu’il fait dans la vie, est la première démarche qui le conduit au tombeau ; il est coupable et condamné à la mort dès qu’il commence de vivre ; la sentence est déjà prononcée, mais l’exécution en est différée autant qu’il plaît au souverain Juge, sans que le criminel en ait la connaissance : voilà votre condition et la mienne, c’est pourquoi, si nous sommes sages, nous ne devons pas nous assurer d’un seul moment.
Primo, que l’on doit fuir soigneusement l’occasion et ne jamais présumer de ses forces ; secundo, que la prévention des Juges fait la perte des innocents ; tertio, que les flatteurs « sont le présent le plus funeste qu’ait jamais fait aux Rois la colère céleste »bl . […] « Vous n’avez jamais vu qu’une fois l’Auteur d’Atrée et de Catilina, et ce fut pour en recevoir un service : vous estimez son génie et vous respectez sa vieillesse ; mais quelque honneur que vous portiez à sa personne, vous ne devez que justice à ses pièces ; et vous ne savez point acquitter vos dettes au dépens du bien public et de la vérité. »cc Ne dirait-on pas que vous êtes un de nos Académiciens et que par conséquent, juge éclairé de la Littérature Française, vous ayez été forcé par état de prononcer contre les écrits de votre bienfaiteur, et que les ordres de la Cour vous aient mis dans le cas d’opter entre le ménagement que vous lui deviez et l’accomplissement de vos devoirs ?
Ces deux appels comme d’abus, dont la seule proposition devait pour tout jugement faire envoyer les appelants en prison, occupèrent le temps précieux des Avocats et des Juges, et furent terminés par deux arrêts confirmatifs des deux mariages ; et pour punition de l’attentat, on crut qu’il suffirait de condamner ces séducteurs à vivre avec ce qu’ils avaient aimé. […] Si un Comédien à l’extrémité est touché de Dieu, et demande les derniers sacrements, que nos Juges examinent avec soin si on peut se fier à lui ; et si l’Evêque l’approuve, qu’on lui accorde cette grâce.
L'Officier qui donne les ordres, le Soldat qui monte la tranchée, le Magistrat qui juge un procès, le Médecin qui visite un malade, une mère qui instruit ses enfants, sont gens très sérieux et font des actions très sérieuses. […] Qu'on juge, qu'on apprécie les choses, à quoi est bon un homme livré au théâtre ?
Un Tribunal composé de sept Juges en office, pour juger des piéces, & couronner les meilleures. 3°. […] Le sévere Sénat juge des pieces, croit-il ce poëme indigne de ses jugements ou de ses couronnes ? […] Il y a une différence infinie entre l’homme en place qui fais ses fonctions, & le particulier qui se livre à son plaisir ; entre le Juge qui prononce un Arrêt, & un libertin qui entretient une actrice : entre un Pasteur qui dans un Mandement ordonne une Fête, un jeune, une abstinence, & un voluptueux, ou un petit-maître qui ne vient point à l’Eglise ; entre Léon X. qui parle ex Cathedra contreLuther, & Jean de Medicis qui fait jouer des comédies.
Mais Mr. de Prunis est un homme d’esprit, Auteur d’une belle histoire, lié avec les Savans, nommément avec Mr. d’Alambert, Juge éclairé, qui se pique d’être impartial & véridique, honoreroit-il de sa protection une production informe ? […] Qu’on juge par ce trait qu’elle est la force du Théatre pour exciter la passion, & celle de la séduction des actrices ; par conséquent quel est son danger pour la vertu. Qu’on juge si une jeune personne, si un caractere tendre, si un libertin résistent à de si violens assauts.
Aussi peut-on dire qu’il se soucioit peu d’Aristote1 & des autres Maîtres, pourvû qu’il suivît le goût de ses Spectateurs qu’il reconnoissoit pour ses uniques Juges.
Ce n’est pas en effet, ce qui auroit fait taire toute la terre en sa présence ; ce mélange de désolation & de comédie, est à peu près comme si un juge qui a fait enfermer des prisonniers, leur menoit des arléquins dans le cachot, pour se moquer d’eux.
L’Origine de ce nom vient d’un Comus, que les Idolâtres ont jadis adoré pour le Dieu de la Gourmandise et de l’Impureté, à la louange de qui les débauchés faisaient forcea vers lascifs, qu’ils récitaient en public avec tant de licence, qu’il fallut y employer la sévérité des Juges.
Les Chevaliers n’y6 « devaient porter nulles épées, fors glaives courtois, qui étaient de Sapin ou d’If, avec courts fers sans être tranchants ne émoulus » et les Juges les faisaient jurer qu’ils n’apporteraient « amures ne bâtons affutés, ne enfonceraient leurs armes ».
Les étudiants et les clercs, (qui étaient les bons juges), pouvaient faire cette dépense : aussi n’avaient-ils alors sous les yeux que d’excellents modèles, et ne se montraient-ils tentés que du désir de s’immortaliser par des ouvrages du même genre.
Il est vray que les sages du paganisme avoient fait du theatre une école publique, pour inspirer avec plaisir l’horreur du vice, & l’amour de la vertu : & que les Poëtes qui étoient les Theologiens des Gentils avoient inventés les pieces comiques & tragiques pour une bonne fin ; en effet, ceux qui ont étés les juges plus favorables de leur intention, ont voulu nous persuader que ces autheurs n’avoient pretendus autre chose, sinon de purger la volonté de ses passions dereglées, par la representation de la tragedie, dans laquelle le theatre étoit toûjours ensanglaté par la mort des vicieux, & par le châtiment des coupables ; & de purger l’esprit des opinions erronnées, par la representation des comedies, dans lesquelles on tournoit en ridicule les autheurs de la fausse doctrine, & les maîtres des méchantes opinions : mais comme la poësie qui a été employée à ces sortes d’ouvrages s’est corrompuë parmi les Payens, elle a donné plus de force au vice pour le faire suivre, que de charme à la vertu pour la faire imiter. […] en effet M. si vous voulés estre des juges équitables, & vous defaire de toutes sortes de preventions, vous tomberés d’accord avec moy, que la comedie est un dangereux reste de l’idolatrie abbatuë, & du paganisme agonisant, de quelque côté que vous la puissiez considerer ; soit du côté de son invention & de son origine, soit du côté de sa fin & de ses representations, soit du côté de ses Acteurs & de ses personnages. […] Aprés cela que vous en semble Messieurs & mes Dames, je vous fais juges & arbitres de ce different qui est entre Jesus-Christ & les Comediens, vous avez vû & examiné les preuves que j’ay apportées pour vous faire comprendre que la comedie est effectivement atteinte & convaincuë du premier crime dont elle est accusée, sçavoir de profaner la sainteté de la Religion. […] , tous pâles & fremissans de crainte, non pas devant le tribunal de Minos, ou de Radamante, mais devant celuy de Jesus-Christ, Juge souverain, & inflexible des vivans & des morts ; autre spectacle de terreur, décendez en esprit dans les Enfers, & contemplez-y, Reges qui in cœlum recepti nuntiabantur cum ipso jove, præsides, & persecutores dominici nominis, sapientes Philosophos cum discipulis suis una conflagrantibus congemiscentes, liquescentes, erubescentes .
On jurerait qu’il est composé depuis peu, tant il a de raport avec notre façon de penser actuelle ; qu’on en juge.
Mais on ne juge pas des hommes par leur habit, ni même par leurs discours ; il faut voir leurs actions, et ces deux personnes auront à peine commencé d’agir que l’on dira d’abord : « Voilà un véritable dévot.
Le cardinal de Retz traite ces assemblées de comédies ; & ce grand acteur, si bon juge, prétend dans ses Mémoires que, par les agrémens, qu’elle répandoit sur toutes ses paroles, même dans la langueur qui lui étoit naturelle, elle eût été la meilleure actrice du monde. […] Quel spectacle de voir la mere du grand Condé & de la célebre Longueville, cette Princesse si haute & si fiere, sortir sans suite dès cinq heures du matin, de l’obscure retraite où elle se tenoit cachée, paroître au Palais la requête à la main, allant de chambre en chambre solliciter tous les juges, dans l’humble posture d’une suppliante, ses discours entre-coupés de sanglots, & d’un prévenu sur la sellette. […] Dieu est le juge ; c’est à lui seul qu’il faut tâcher de plaire.
Mais vous chercheriez en vain à détruire cette passion dans les hommes ; il ne paraît pas d’ailleurs que votre dessein soit de la leur interdire, du moins si on en juge par les descriptions intéressantes que vous en faites, et auxquelles toute l’austérité de votre Philosophie n’a pu se refuser. […] A l’égard de leur Profession de Foiad, je me borne à vous y renvoyer et à vous en faire juge ; vous avouez que vous ne l’avez pas lue, c’était peut-être le moyen le plus sûr d’en être aussi satisfait que vous me le paraissez. […] Vos Pasteurs diront qu’ils ne reconnaissent pas l’Eglise Romaine pour leur juge ; mais ils souffriront apparemment que je la regarde comme le mien.
lorsqu’il comparaît devant Æacus, ce Juge sévère le traite avec hauteur et examine par une bastonnade ses prétentions à la Divinité ; Bacchus hurle sous les coups et gâte par là son affaire. […] Cette Pièce eut le malheur d’avoir de très mauvais Juges : on la siffla avant qu’elle eût été à demi représentée. […] n’est pas toutefois sans quelque satisfaction que je vois la meilleure et la plus saine partie de mes Juges imputer ce mauvais succès à l’idée de prostitution que l’on n’a pu souffrir ; bien qu’on sût assez qu’elle n’aurait point d’effet, et que pour en exténuer l’horreur j’aie employé tout ce que l’art et l’expérience m’ont pu fournir de lumières.
Je fonde, Messieurs, ce danger sur ce que ces spectacles nous mettant devant les yeux tout ce que le monde a de plus contagieux, il est toûjours à craindre que ceux qui y trouvent tant de plaisir, ne se conforment enfin à cet esprit du siecle & du monde, que Saint Paul juge si pernicieux aux Chrétiens, qui y ont si solemnellement renoncé : ad Rom. […] Ainsi comme l’on tient un livre pour dangereux, lorsqu’à la faveur de quelques sentimens Orthodoxes, qui y sont bien touchez & répandus çà & là, on en fait couler d’autres qui sont impies ou suspects ; parce qu’on juge avec raison, que c’est un serpent caché sous des fleurs, & que le venin, sans cet artifice, en seroit sans effet ; pourquoy n’en diroit on pas le même de ces Tragedies, où le profane est confondu avec le sacré, & où les maximes les plus opposées au Christianisme sont mises en la bouche de ces Chrétiens de Theâtre, qui soutiennent si mal le personnage qu’ils representent ?
NOus avons vu bien des traits, pour & contre, qui régardent la Magistrature ; en voici quelques autres, le Palais en fournit grand nombre, depuis qu’on a pu se persuader que le goût du spectacle peut s’allier avec le goût de l’étude & du travail ; l’assiduité à la comédie avec l’assiduité au tribunal, les mœurs du théatre avec la gravité & l’intégrité des Juges. […] Un plaideur persuadé de la bonté de sa cause, refusoit toutes les propositions d’accomodement, il va voir son rapporteur, chez qui enfin, après une douzaine de visites inutiles, il fut admis dans l’antichambre, il y attendit long-tems, enfin impatienté, il s’approche de la porte de la chambre où il entendoit du bruit, regarde par quelque fente, & voit son Juge en chemise, avec un danseur de la comédie, qui lui apprenoit à cabrioler & à danser sur la corde ; il y revient plusieurs fois pour s’en bien assurer, il s’enfuit aussi-tôt, & courut chez ses parties accepter les propositions qu’il avoit refusées, & s’accomoda.
Il ne seroit jamais sorti de l’obscurité où il étoit depuis sa mort, si le plaisir de faire un roman licencieux, & de décrier le Clergé, sous le nom d’un homme célebre, ne l’avoit scandaleusement ressuscité, pour en faire l’aliment du vice ; ainsi que son Héloïse, encore plus inconnue, que le même dessein a peint des plus belles couleurs, pour donner de la vogue à ses infamies ; qu’on juge de son mérite par l’idée qu’elle donne d’elle même dans ses lettres. […] Dans le siécle passé, où le hochet des actrices n’étoit pas encore devenu un sceptre, on en eût badiné, cette imagination burlesque eût fait rire, elle eût été prise pour une scéne à ajouter aux Plaideurs de Racine, ou à la Femme juge & partie, de Montfleuri.
Si elle ne prescrit pas au peuple les amusemens, elle doit au moins lui retrancher ceux qui le perdent, lorsque réunie à l’autorité souveraine, comme dans Marc-Aurèle, elle peut tout ce qu’elle juge convenable. […] dit-elle d’un air qui attendrit tous les Juges, on m’accuse d’être capricieuse.
Je fonde, Messieurs, ce danger sur ce que ces spectacles nous mettant devant les yeux tout ce que le monde a de plus contagieux, il est toûjours à craindre que ceux qui y trouvent tant de plaisir, ne se conforment enfin à cet esprit du siecle & du monde, que Saint Paul juge si pernicieux aux Chrétiens, qui y ont si solemnellement renoncé : Nolite conformari huic sæculo. […] Ainsi comme l’on tient un livre pour dangereux, lorsqu’à la faveur de quelques sentimens Orthodoxes, qui y sont bien touchez & répandus çà & là, on en fait couler d’autres qui sont impies ou suspects ; parce qu’on juge avec raison, que c’est un serpent caché sous des fleurs, & que le venin, sans cet artifice, en seroit sans effet ; pourquoy n’en diroit on pas le même de ces Tragedies, où le profane est confondu avec le sacré, & où les maximes les plus opposées au Christianisme sont mises en la bouche de ces Chrétiens de Theâtre, qui soutiennent si mal le personnage qu’ils representent ?
Un infâme devient irrégulier, et ne peut recevoir ni ordre ni bénéfice ; il ne peut être pourvu d’aucune charge, il n’est reçu ni accusateur, ni témoin, ni juge, que contre un autre infâme comme lui ; il ne peut plaider au barreau, ni être Officier dans les armées ; on ne peut s’allier avec lui sans se déshonorer, etc. […] Un Soldat qui se fait Comédien, est indigne de servir la patrie : la loi le juge même indigne de vivre ; les Romains connaissaient et savaient conserver la gloire des armes : « Militem qui artem ludicram fecisset, capite plectendum. » (L. quadam 14.
[L’Editeur retranche l’éloge de cet honnête Paysan, Laboureur, & Juge de son Village : il intéresserait trop peu de personnes].
Et Macrobe soutient que les Histrions n'étaient point infâmes, et le prouve par l'estime que Cicéron faisait du fameux Roscius Comédien, et d'Esope excellent Tragédien, avec lesquels il avait une étroite familiarité ; et par les soins qu'il prit de défendre les intérêts du premier devant les Juges ; où le mot d'Histrions ne signifie que les Joueurs de Comédie et de Tragédie, comme il résulte assez clairement de l'exemple qu'il en tire de Roscius et d'Esope seulement, et de ce que auparavant il avait montré que les Danses malhonnêtes et désordonnées, qui étaient propres aux Bouffons et vrais Histrions, étaient condamnés par tous les sages au siècle de ces deux célèbres Acteurs.
Si l’on connaît assez Dieu pour avouer qu’il mérite qu’on le serve certains jours de l’année : quel mépris ne fait-on pas de lui, si l’on juge qu’on peut se dispenser de le servir certains autres jours ?
A la mort où l’on juge si sainement de toutes choses, trouveront-ils les spectacles innocents ?
Les rois mages, ou le jeu de la belle étoile ; encore une mascarade qui représente les trois mages allant à Bethléem, et suivant l’étoile qui les y conduit ; ils ont chacun un page, et la figure couverte d’une têtière, portant une couronne royale ; ils font des danses, jeux et contorsions parmi lesquels on distingue une mauvaise farce, qu’en patois du pays on nomme Réguigneou, elle consiste dans un mouvement vif et successif du derrière que font MM. les pages de droite à gauche et de gauche à droite, en donnant leur dernier salut ; celui qui le fait le mieux, obtient du public, juge de ces mouvements obscènes, quelques pièces de monnaie de plus ; « 30. […] Je me servirai pour faire sentir au clergé la nécessité de cette conduite, d’une seule sentence proclamée sur nos théâtres mêmes, et qui renferme la morale la plus saine dont les gens d’Eglise et du monde puissent faire usage : « L’opinion est un juge suprême Dont les arrêts doivent être écoutés, Et les premiers respectez-la vous-mêmes, Si vous voulez en être respectés. » La Mansarde, au Gymnase ou théâtre de Madame. […] Ce novice étant souvent interrogé, ne voulait rien apprendre, dans la crainte que les cordeliers ne le tuassent pour avoir diffamé l’ordre ; mais les juges l’ayant assuré qu’il ne lui serait rien fait, il divulgua tout, et étant confronté avec les cordeliers, sa déclaration fut toujours la même. Se voyant convaincus, ils récusèrent leurs juges, et voulurent s’armer de leurs privilèges.
Des Juges qui n’ont point de Code sont rarement d’accord : les chambres de ce Tribunal ne sont pas toujours assemblées. Chacun des arbitres est ordinairement intéressé dans la question : Juge et partie tout ensemble il prononce donc comme le veut son amour propre et son intérêt. […] Il est bien sûr qu’elle les jugerait avec l’équité et l’impartialité qu’on doit attendre d’un Tribunal composé de juges aussi respectables et si fort au-dessus de la corruption et de la prévention.
Desmares m’est parfaitement inconnu ; en second lieu j’éprouve une vive satisfaction à vous entretenir de la question qui s’est agitée entre nous et à vous faire juge des dires de chacun : mon plus grand bonheur serait d’obtenir votre approbation ; j’y attacherais, je vous assure, un prix infini.
D’autres les lisent, & excellens juges de Prose, ils ne portent sur la Poësie que des jugemens hasardés.
Il tremble devant lui, comme devant un Juge souverain, qui lui accorde ou refuse grace à son gré.
Qu’on compare ces hommes, d’un côté un Roi dans son camp, vêtu en soldat, buvant de l’eau, couchant sur la terre, ne regardant point de femmes, travaillant sans cesse ; & de l’autre, deux Rois plongés dans la volupté, nuit & jour à table, toujours dans l’ivresse ; & qu’on juge de quel côté doit être la victoire.
Je pourrais dire toutefois qu’il savait bien ce qu’il faisait en laissant jouer Le Festin de Pierre, qu’il ne voulait pas que les tartufes eussent plus d’autorité que lui dans son royaume, et qu’il ne croyait pas qu’ils pussent être juges équitables, puisqu’ils étaient intéressés.
Telles sont les lois qui défendent les spectacles les jours de dimanche, qui interdisent aux Comédiens les habits ecclésiastiques ou religieux, et même les habits et les parures trop riches, qui ordonnent d’ôter des lieux publics leurs portraits, qui donnent à toutes les personnes attachées au théâtre la liberté de se retirer quand elles veulent se convertir, et défendent d’administrer les derniers sacrements aux Comédiens qu’après un sérieux examen et des preuves bien certaines de leur conversion, constatées par l’information des Juges et l’approbation des Evêques.
Racine, dans la Préface de cette Tragédie, nous dit : « Que ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une Tragédie ; qu’il suffit que l’action en soit grande, que les Acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette tristesse, majestueuse qui fait tout le plaisir de la Tragédie. » Je ne crois pas que l’on puisse disconvenir de la vérité de ce principe ; mais, soit dit avec tout le respect dont je suis pénétré pour ce grand homme, ne pourrait-on pas demander si, dans sa Tragédie, on trouve tout ce qu’il juge lui-même être nécessaire dans une Pièce où il n’y a ni mort, ni sang répandu ?
C’est aussi cet esprit de société, répandu en torrent, ou sans mesure ni ménagement, qui, de l’aveu ingénu du plus éloquent panégyriste de Molière, a produit l’abus de la société et de la philosophie, qui est cause que la jeunesse a perdu toute morale à quinze ans, et toute sensibilité à vingt ; qui fait aussi qu’après avoir perdu l’honneur, on peut aujourd’hui le recouvrer rentrer dans cette île, du temps de Molière escarpée et sans bords, c’est-à-dire, jouir de la considération, de tous les avantages et priviléges de la vertu Comparez les temps et jugez, dis-je, vous verrez de plus que, malgré les cent cinquante mille pièces de théâtre environ qui nous ont passé sur le corps, ou plutôt sur l’âme, depuis la restauration des lettres, pour nous perfectionner, nous nous sommes toujours détériorés de plus en plus ; vous verrez que les rares petits coins de la terre civilisée qu’on pourrait encore proposer pour exemples d’innocence et de vertus, sont précisément ceux où il n’a jamais paru ni théâtre, ni comédie, ni beaucoup des gens qu’ils perfectionnent dans les villes ; et vous en inférerez que pour mettre le comble à la dépravation, surtout aujourd’hui que les hommes corrompus sont presque partout en grande majorité, et que jouer les vices au théâtre, c’est à peu près comme si on jouait l’anglomanie en Angleterre, il ne manquerait plus que de livrer de même à la justice précipitée du public malin, qui a besoin de rire, qui ne se rassemble que pour cela, à ce tribunal confus, incohérent et enthousiaste, composé de toutes sortes de gens, qui tient ses assises dans toutes sortes de lieux, qui passe en sections du théâtre dans les salons et dans les réduits, sur les places publiques et aux coins des rues, où il délibère d’après ses passions discordantes, propres on empruntées, qui dénature on change les actes d’accusation, qui juge cent fois in idem, dont la jurisprudence est incertaine et si versatile qu’il désavoue habituellement ses jugements, lesquels, en effet, sont cassés en grande partie, et souvent, après des années de la plus cruelle exécution, quelquefois dans un autre siècle, par le public mieux éclairé, sage et impartial, dont les arrêts méritent seulement alors toute confiance et respect ; il ne manquerait plus, dis-je, que de traduire à ce tribunal les hypocrites des autres vertus dont il reste plus de lambeaux, en ajoutant aux tartufes de religion, de mœurs, de bienfaisance, etc., les tartufes de justice, d’indulgence ou de pitié, de patience ou de modération, de modestie, de grandeur d’âme, d’amour filial ; et vous n’aurez aucun doute non plus qu’une satire en comédie dirigée contre une hypocrite de tendresse maternelle, comme il y en a effectivement, sur qui, par le jeu d’un Brunet ou d’un Potier, qui représenterait la marâtre, on livrerait à la risée publique le ton, les soins empressés, les caresses, les émotions ou les tendres élans du cœur d’une mère, ne portât une atteinte funeste à la plus précieuse des vertus, et ne détruisit en peu de temps l’ouvrage du génie supérieur qui a défendu si éloquemment la cause de l’enfance et mis à la mode, en les faisant chérir, les premiers devoirs de la maternité. […] D’où il arrive que la risée des grands corrige les petits, et que la risée des petits corrige les grands ; c’est-à-dire que les seigneurs, les milords, les barons et baronnets, les ducs, les comtes, corrigent leurs tailleurs, leurs bottiers, leurs perruquiers, leurs valets, et en reçoivent la correction, avec mesure et une égale impartialité ; et que les duchesses, les marquises, les comtesses, corrigent en riant leurs femmes, leurs marchandes de modes et leurs blanchisseuses, qui les corrigent à leur tour en riant et se moquant d’elles aussi judicieusement ; d’où il arrive que les sots corrigent les gens d’esprit ; que des Anglois corrigent sans passion des Français, et réciproquement ; que l’impie, que l’athée corrigent les croyants, que des Turcs corrigent des chrétiens, et, comme je l’ai déja exprimé, que des jeunes gens corrigent des vieillards, en se moquant d’eux, que des supérieurs, soit magistrats, juges, soit instituteurs, pères et mères de famille, sont corrigés par la moquerie de subordonnés, ou d’écoliers et d’enfants qui sont encore sous leur pouvoir, et qui saisissent avidement ces occasions de se venger impunément de ceux qui les régentent et les répriment ou contrarient habituellement.
Il ordonna aux Evêques de le publier dans les Eglises, & aux Juges d’y tenir la main, comme d’une grande conséquence pour le bonheur du peuple & le maintien de la Religion Anglicane ; deux fins justes & salutaires qu’il se propose. […] C’est l’intérêt des parties, qu’avant de monter sur le Tribunal, le Juge aille se dérider le front, & se monter sur le ton de la gaieté ; il en sera moins sévere, plus compatissant, plus indulgent, il en connoîtra mieux les loix, & s’instruira mieux les loix, & s’instruira mieux de la cause.
« L’Eternel est son nom, le monde est son ouvrage, Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage, Juge tous les mortels avec d’égales lois, Et du haut de son trône interroge les rois…t. » Quelle leçon plus éloquente, plus sage, plus hardie, a-t-on jamais adressée à ceux qui gouvernent la terre, que celle prononcée par Joad, aux pieds du jeune Joas, après avoir ceint son front du bandeau royal, et l’avoir reconnu pour son roi ? […] Promettez sur ce livre, et devant ces témoins, Que Dieu sera toujours le premier de vos soins ; Que sévère aux méchants et des bons le refuge, Entre le pauvre et vous vous prendrez Dieu pour juge ; Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin, Comme eux vous fûtes pauvre et comme eux orphelinu. » La comédie n’a pas un ton aussi imposant, aussi sévère ; mais combien elle est plus utile, et peut-elle être plus profitable pour l’universalité des citoyens !
On juge bien quels grands hommes doivent sortir de ces savantes mains, et combien doivent se féliciter du progrès de leurs classes les habiles et vigilants Professeurs qui leur développent les mystères des hautes sciences. […] Qu'on juge si les écoles furent bien fréquentées, les cahiers bien étudiés, les thèses bien soutenues, les grades bien mérités ; si la religion, les mœurs, le public y gagnèrent.
Elisabeth ajoute la dissimulation aux attentats, la fourberie à l’inhumanité, le deuil à l’assassinat ; ce n’est pas la conduite d’une femme d’esprit, on se fait mépriser quand on juge tout le monde si grossièrement dupe ; mais c’étoit son caractère, son art, son talent qu’on nomme politique, feindre, dissimuler, tromper. […] Quaud on vint le matin lui dire qu’il étoit temps de partir, elle se lève, prend son manteau, se couvre modestement de son voile, & marche vers l’échaffaud un crucifix à la main qu’elle ne cesse de regarder & de baiser avec le plus tendre respect ; quand elle y fut montée, ella adressa la parole à ses Juges & au peuple nombreux, que la curiosité y avoit attiré, elle proteste qu’elle est innocente du crime dont on l’a accusée, qu’elle meurt dans la Religion Catholique Apostolique & Romaine prête à perdre mille couronnes & mille vies pour cette sainte Religion qui fait tout son crime ; qu’elle pardonne de bon cœur tout le mal qu’on lui a fait ; qu’elle prie tous ceux qu’elle a pu avoir offensés de lui pardonner : le bourreau se jette à ses pieds pour lui demander pardon de ce que son devoir l’oblige de faire, elle lui pardonne volontiers, mais ne voulut point qu’il touchât à ses habits, se fit ôter son voile par ses filles, elle se mit à genoux, invoqua la Sainte Vierge & les Saints, pria Dieu pour le Royaume d’Écosse, de France & d’Angleterre pour le Roi son fils, la Reine Elisabeth, ses juges & ses persécuteurs, se banda les yeux, tend son cou au bourreau, récitant tout haut ses prières, & à ces paroles qu’elle répéta plusieurs fois : In manus tuas, commendo spiritum meum.
Le prêtre, le prophete, l’homme du monde, tous du plus grand au plus petit brûlerent du désir d’avoir, tous moyens d’acquérir parurent bons ; les grands furent sans foi, les militaires sans honneur, les magistrats sans équité ; la porte du juge inaccessible à la veuve & à l’orphelin, ne s’ouvrit plus qu’à l’or & aux présens ; les richesses amassées par l’injustice, on les dissipa dans la débauche, & l’on se fit honneur des plus honteux désordres. […] Mais, ajoute-t-il, si on juge à propos de faire usage de ces exercices, tout dangereux qu’ils sont, il faut 1°. oublier qu’on donne un spectacle, il ne faut agir que pour agir, non pour plaire : le soin de plaire distrait & en fait manquer les moyens . […] Ce portrait affreux des effets du spectacles, ce mépris insultant des hordes des histrions ne sont pas d’un homme suspect de morale sévere, ni en faveur d’un héros trop zélé catholique, ni hasardé sans conséquence dans un ouvrage frivole & obscur, ni approuvé par des juges prévenus contre la comédie, ni se glissant furtivement sous la main d’un écrivain peu attentif : c’est l’approbation la plus réfléchie, la plus éclatante, la plus authentique ; l’Académie la plus éclairée la confirme par un prix glorieux qui n’est destiné qu’au mérite d’un ouvrage supérieur à celui de ses concurrens.
Il la traite en Evêque, c’est-à-dire, en Docteur & en juge. […] Ce n’est point-là un jugement de connoisseur, moins encore du souverain Juge de l’art des Vers. […] Le précis de cette morale salutaire est compris dans les quatre Vers qui terminent la Tragédie : Par cette fin terrible & dûe à ses forfaits, Apprenez, Roi des Juifs, & n’oubliez jamais Que les Rois dans le ciel ont un juge sévère, L’innocence un vengeur, & l’orphelin un père.
Et pourra être vêtu d’habit de femme, un roi en son Trône, un Juge en son Siège, un Ministre en sa chaire, sans aucun blâme, avec toute honnêteté, et bienséance ; pourvu qu’ils protestent, que ce qu’ils en font, n’est pour tromper personne, mais pour user de la permission, et liberté Chrétienne ; voire il suffira, de laisser seulement le masque de femme, et montrer la face, afin qu’étant connus, un chacun voie, et juge, par charité Chrétienne, qu’ils n’usent point de fraude. […] Certes le Chrétien juge de toute action principalement par la fin, et n’estime bonnes, sinon celles, qui visent à ce but ; De dire que la fin de ces jeux, est de former la grâce à la jeunesse, lui faire acquérir dextérité, et assurance, etc.
Mais parce que tous les foudres de l’Eglise ne sont pas capables d’arrêter la fureur qu’on a pour ces sortes de divertissemens qu’elle juge si criminels, les Puissances séculieres ne sont pas excusables, si elles ne prêtent leurs bras & leurs forces à l’Eglise pour reprimer ces ennemis publics des bonnes mœurs… Quoi ! […] Car après tout, former & délasser l’esprit : est-ce là précisément un motif qui doive conduire des Chrétiens ; des Chrétiens qui savent qu’un Juge exact & rigoureux doit un jour leur demander compte d’une action, d’un geste, d’un seul mot inutile ; des Chrétiens qui savent qu’un instant peut décider, doit même décider pour eux d’une éternité de supplices ou de gloire ; des Chrétiens qui savent que toutes leurs actions, toutes leurs pensées, tous les mouvemens de leurs cœurs sont achetés par tout le Sang d’un Dieu ? […] J’en appelle à vous, ô mon Dieu, je vous en prend pour juge. […] j’en suis sûr, quelque disposé que vous soyez d’ailleurs, vous craindriez que la mort ne vous y surprît ; & un Chrétien qui fait que le glaive suspendu sur sa tête, ne tient qu’à un simple fil prêt à se rompre ; un Chrétien qui sait que son Juge l’épie comme un voleur pour le surprendre, ce Chrétien s’expose sur un endroit où il craint de mourir ? […] Ce monde, tout cet Univers enflammé, réduit en poudre, l’étonnement, l’effroi des Nations, un Juge rayonnant de gloire, porté sur les nues, les Anges qui lui font cortége : dites-nous, quelle place alors voulez-vous occuper ?
Ils s’écartaient bien quelquefois de la route ordinaire, mais ils y revenaient le plus-tôt qu’il leur étaient possible ; qu’on en juge par les Pièces d’Eschile, de Sophocle & d’Euripide.
Outre cela les Comédies, et les Tragédies expriment tout ce qu'il y a de honteux dans l'histoire de vos Dieux: vous regardez avec plaisir le Soleil plaindre le malheur de son fils qui est tombé du Ciel; vous voyez sans rougir que Cybèle soupire pour un berger qui la méprise; vous souffrez que l'on représente tous les crimes de Jupiter, et que Paris juge le différent de Junon, de Minerve, et de Venus.
« Je voudrais qu’en général, dans les bals que je propose, toute personne mariée y fût admise au nombre des spectateurs et des juges, sans qu’il fût permis à aucune de profaner la dignité conjugale en dansant elle-même : car à quelle fin honnête pourrait-elle se donner ainsi en montre au public ?
Une seule observation sur les assemblées qui ont succédé à celles-là, qui ont été la réforme de ces tribunaux de mœurs et de délicatesse, montre dans ce changement étonnant le funeste succès de ces différentes satires qui ont tout confondu, tout assimilé, innocents et coupables, punitions et délits ou fautes, travers et crimes, accusateurs, juges et exécuteurs, par lesquelles des personnes pures, seulement coupables de néologisme, ou de quelque travers, sont frappées de la même verge, subissent la même peine que des hommes pervers qui scandalisent la société par des vices honteux. […] Alors elles partageaient leurs loisirs entre les colifichets, les chiffons, les papillons, les simples ou les plantes et les fleurs ; mais les grands juges du ridicule leur en ont encore trouvé là.
Moliere, Regnard, Monfleuri, Poisson, le Théatre Italien, &c. sont pleins de Marquis, de Barons, de Gentilshommes soi-disans, de Bourgeois gentilshommes, d’Avocats, de Juges, &c. […] S’il a des foiblesses (c’est-là le vrai crime), vous n’êtes pas son juge, & il est le vôtre.
Quoique ce Poète n’ait point écrit de Comédies, nous pouvons néanmoins l’admettre pour Juge au regard de l’usage et de l’opinion générale de son siècle touchant le Sacerdoce. […] Certainement rien n’est plus blâmable ni plus ressemblant à l’Auteur du Relaps ; à cela près que ce Messire Jean a quelques bonnes qualités ; enfin c’est un homme de cœur, un brave qui fait prisonniers plusieurs rebelles : le Roi le récompense de cette action de vigueur ; et les Juges au milieu de ses autres mauvaises affaires ne laissent pas de lui marquer de la considération et de l’estime.
La manière dont il s’exprime laisse du moins entrevoir son idée ; qu’on en juge : « Ce n’est que le sang froid qui applaudit au Théâtre à la beauté des Vers. » La conséquence que j’ai tirée n’est-elle pas naturelle ?
Est que, le Roi ayant vu jouer quelque fois le Mystère de la Passion y a deux ans, et pour le rapport qui lui a été fait de l’exécution du Mystère des Actes des Apôtres, et averti qu’il ferait bon voir la représentation de l’Ancien Testament bg, un nommé Le Royer s’était retiré vers lui et lui aurait donné à entendre que, sous son bon plaisir, il entreprendrait volontiers faire représenter cet Ancien Testament par mystère, à quoi volontiers le Roi avait incliné tellement qu’il avait permis audit Le Royer faire représenter ledit Ancien Testament par mystère et, à cette fin, lui avait fait expédier ses lettres patentes adressantesbh au Prévôt de Paris, juge ordinaire.
il prétend que c’est un mal nécessaire, qu’on les a souffertes pendant quatre cent ans ; qu’elles faisoient corps, étoient imposées aux taxes, avoient leurs Juges & leurs statuts, célébroient une fête, faisoient une procession solemnelle (l’édifiante procession !) […] Mais l’Auteur ne paroît pas assez délié philosophe, ni assez équitable Juge pour faire ce discernement.
Le juge le plus compétent est le moins suspect : le théâtre lui-même prononce cet arrêt. […] L’artisan, à côté du seigneur, juge aussi bien que lui l’acteur et la pièce.