Ces expressions où l’on emploie les deux sens plus familiers de l’esprit, où la parole est animée de l’exemple, où l’on voit ce qu’elle enseigne seraient extrêmement efficaces pour porter les hommes à la vertu, et les théâtres feraient en cela plus que les prédications, si l’on n’y représentait, comme autrefois, que les choses saintes. […] Je ne dis rien de la farce, dont le sujet, les gestes, les paroles, les rencontres sont toujours dans une effrontée lasciveté ; où les prostitutions, les rapts, les adultères, ces crimes qui noircissent les maisons, qui perdent les âmes, et offensent Dieu, passent pour des gentillesses, enfin où l’on pèche par les yeux et par les affections de tout un peuple. […] Ne dites point des Romans, comme des théâtres, que les discours y sont honnêtes, et qu’il ne s’y rencontre aucune parole lascive ; car ces discours ne laissent pas de porter l’impureté dans le cœur ; ce sont des brûlots qui les enflamment, sous prétexte de les venir soulager.
Il n’y a rien qui gâte plus les bonnes mœurs, la simplicité et la bonté naturelle du peuple, et qui a d’autant plus d’effet que leurs paroles, gestes, mouvements, actions, sont conduits avec tout l’artifice possible, et laissent une vive impression dans l’âme. […] Voici quelques-unes de ses paroles. […] Il n’en est pas de même du reste des spectateurs, il est impossible qu’il n’y en ait de sensibles à ces paroles pleines d’une morale qui fait consister le bonheur dans le plaisir, car mettez à l’alambic tous les opéra, vous n’en tirerez jamais que cette maxime retournée en mille façons. […] Le Roi craint que les plus beaux airs n’ennuyassent, dès que les paroles seraient pures. […] Il décrit au long les différentes espèces de spectacles, qu’il condamne d’une manière très pathétique ; il les compare aux enfers, et leur applique ces paroles de l’Enéide (L.
Il n’y a aucune certitude dans les paroles, aucune sûreté dans le commerce d’un homme qui a le goût & l’esprit de la comédie. […] Le rouge qui défigure son visage, n’est pas le plus grand fard ; l’air, le geste, le ton, les paroles, le silence, les allures, les langueurs, les transports, tout est masqué, tout est faux en lui. […] La Cour est un théatre où tout est emprunté, joie, tristesse, fierté, soumission, haine, amour, on ne paye que de fictions, on ne voit que des apparences, tout y est à deux visages, toutes les paroles à double entente, tous les sentimens affectés. […] Dans les principes, c’est la haine, la malignité, l’envie, l’ambition, l’impureté, & toutes les passions qui font la guerre à la vérité ; dans les effets, par le scandale qu’il donne, le tort qu’il fait, selon les circonstances & les personnes ; dans les espèces, joyeux quand il amuse, officieux quand il sert, pernicieux quand il nuit, soit par des paroles, soit par des actions, par des signes trompeurs. Tout est réuni au théatre ; on ment par les paroles, les actions, les rôles, les habits, les gestes, par toute la personne ; on amuse, mais en amusant on nuit à la religion & aux mœurs par les plus mauvais exemples & la plus pernicieuse morale, par l’esprit & le goût faux qu’on inspire.
Je sais, mes Frères, que la plupart des pièces de théâtre sont exemptes de ces grossières équivoques, de ces paroles licentieuses qu’on y entendoit autrefois ; les mœurs de notre siècle devenues plus décentes, sans être, en effet, plus pures, ont exigé qu’on donnât un frein à l’impudence, & qu’on retranchât ce qui choquoit trop ouvertement l’honnêteté. […] Qu’importe qu’on ne voie, qu’on n’entende plus directement dans les Spectacles rien qui puisse alarmer la pudeur & salir l’imagination, si tout y est d’ailleurs destiné à séduire l’esprit & à corrompre le cœur ; si le voile qu’on y jette sur des objets honteux en eux-mêmes, n’est qu’un artifice pour insinuer plus sûrement dans les ames le poison d’un amour profane & criminel, & percer de ses traits envénimés ceux que la grossièreté & l’indécence des paroles seroient capables de révolter ? […] Et cependant, on ne rougit point de mettre un tel homme au nombre de ceux qui ont le plus illustré leur siècle ; on porte la prévention & le blasphême jusqu’à dire qu’il a plus corrigé de défauts que les Ministres mêmes de la parole de Dieu. Seigneur, à quel degré d’avilissement & de mépris votre divine parole est-elle donc aujourd’hui réduite ! […] Je finis, mes Frères, par ces paroles de l’Apôtre qui, bien méditées, renferment toutes les instructions que j’ai voulu vous donner dans ce discours : Qu’on n’entende pas même parler parmi vous de fornication, ni de quelqu’impureté que ce soit ; qu’on n’y entende point de paroles déshonnêtes, ni de folles, ni de bouffonnes, qui ne conviennent point à votre vocation : Fornicatio & omnis immunditia nec nominetur in vobis ; aut turpitudo, aut stultiloquium, aut scurrilitas quæ ad rem non pertinet.
) à toutes les filles des Comédiennes, qui bien différentes de leurs mères, voudraient par vertu quitter le théâtre, et mener une vie honnête, de se retirer, pourvu qu’elles en donnassent de bonnes preuves par leur conduite ; car quel fond peut-on faire sur leurs paroles ? […] Pour la Troupe qui joue à la Cour, il peut se faire que quand quelque Acteur excellent a voulu quitter, on lui ait témoigné du regret, et le Roi lui ait dit quelque parole obligeante pour le retenir. […] On ne le souffre qu’à condition pour eux impossible qu’on n’y représentera jamais aucune action malhonnête, et qu’on n’usera point de paroles lascives et même à double entente, condition bien mal observée. […] Il y a bien peu de pièces où dans le fond, l’intrigue, le dénouement, il n’y ait quelque action méchante, et des paroles lascives et à doublé entente, et souvent obscures et grossières : témoin Scarron, Monfleury, Poisson, Molière, Dancourt, Gherardi, Vadé, et cent autres dont la plupart des pièces en sont semées, et méritent qu’on les chassât. […] Quelqu’un a voulu conclure de ces paroles qu’ils ne le sont donc pas ; et au contraire il faut conclure qu’ils le sont.
Son silence, dicté par la sagesse, en dit plus que les paroles : « Verecundiam passa plus dicit quia tacuit. » S’avilir par ce détail, ce serait marquer une défiance injurieuse aux fidèles, et la sincérité de la vertu renferme tous les préceptes. […] La vérité les dirige, la grâce les garde, la paix les protège, la sagesse les enseigne, la parole divine les conduit, Dieu seul les gouverne, Jésus-Christ, la vraie vie, règne en eux. […] Voici ses paroles. […] Il leur adresse ces paroles sur les spectacles, comme un devoir des plus importants (1. […] Cependant s’il n’y avait point de paroles unies au chant, il y aurait moins de risque.
Le Comédien ne respire que la licence et le plaisir ; le Pasteur des âmes, et le défenseur de la veuve, se réservent la justice et la piété : le langage comique répand partout le sel de la satire, l’amertume de la malignité ; le langage évangélique ne fait couler que le lait et le miel de la charité : les regards, les paroles, les démarches annoncent la dissolution et la frivolité des acteurs et des spectateurs ; et d’un autre côté peignent le recueillement et la religion de l’orateur et de l’auditeur chrétien, l’équité, la fermeté, la sagesse de l’oracle des lois. […] Toutes ces paroles sont remarquables. […] En effet peut-on acquérir à cette école profane ces grâces extérieures, qui font des sermons un spectacle, que le monde Chrétien réprouve parce qu’il respecte la divine parole, et que le monde profane désire parce qu’il se fait un amusement de la religion, comme de tout le reste ? […] Voici ses paroles, qui sont également la condamnation du théâtre public, et de celui des collèges, tel qu’il est aujourd’hui. […] Au défaut de paroles, elle s’exprime par l’énergie de ses pas ; son air enjoué et modeste, vif et réglé, fait entendre le reste.
Sous Henri III en 1581, les nôces du Duc de Joyeuse & de Marguerite de Lorraine belle-sœur du Roi, furent célébrées par des fêtes, festins, mascarades, courses, combats en armes, tant à la barriere comme en lice, & des ballets à pied & à cheval ; les paroles composées par Ronsard, & la Musique de Baïf. On donna dans le Louvre le ballet de Circé, dont la Musique est de Beaulieu musicien de la Reine, & les paroles de M. […] Comme il étoit pauvre, il s’engagea par un acte de sociétè de fournir à sa troupe autant de pieces qu’elle en auroit besoin, & leur tint parole. […] C’est d’eux que nous tenons l’usage, à chaque reprise des différens opéra, de faire imprimer les paroles pour le spectateur qui doit les avoir à la main, non pour aider à la prononciation de l’acteur, qui, si elle n’est pas toujours distincte, ne doit point être supposée telle, mais pour expliquer la scène, le lieu où elle se passe, les noms des personnages & le sujet qui les amene. […] L’une représente une intrigue conduite à sa fin par toutes les nuances, les finesses & l’art du dialogue : l’autre, en s’exprimant dans un degré d’éloignement qui suppose dans le spectateur l’impossibilité d’entendre les interlocuteurs, ne lui devient intelligible que par les situations & par des intérêts assez grands & assez vifs, pour que les gestes puissent suppléer au défaut des paroles.
Leurs sentimens sont ainsi que leurs mœurs les principes de leurs actions, & en agissant ils expriment leurs sentimens : ce sont ces Sentimens exprimés par leurs paroles, qui font la troisieme Partie. Ils expriment leurs sentimens, dans un tel style, dans un tel arrangement de paroles : c’est la Diction. […] Si elles chantoient ces paroles, je frissonne, courons, fuyons, la Musique seroit mal placée. […] L’habile Musicien quand il met des paroles en chant, cherche les tons que prendroit un habile Déclamateur, & y ajoute ses Modulations. […] C’est le son de la voix que nous entendons qui nous fait impression, & non les paroles chantées dont nous perdons souvent une partie.
autre parole d’heureux présage ! […] » Le sens naturel de ces paroles, c’est que nos âmes, à ce que croit M. […] Il va d’un crime à un autre ; de la censure des ouvrages de Dieu à la profanation de sa sainte parole. […] Jésus-Christ nous dit qu’il est la voie, la vérité, la vie ; qu’il est venu pour rendre témoignage à la vérité ; que sa parole est vérité. […] Hillus accuse les Dieux de négligence pour n’avoir point secouru Hercule dans ses malheurs, et insinue au même temps quelque parole contre Jupiter.