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77. (1715) La critique du théâtre anglais « CHAPITRE I. L’obscénité du Théâtre Anglais dans le langage. » pp. 1-92

Quel mal y a-t-il que tout cela soit dévoilé ? […] Ne vaut-il pas mieux, par exemple, ignorer un mal que d’en acheter la connaissance aux dépens de sa santé ? […] des distinctions du bien et du mal ? […] quel honneur y a-t-il donc à être Maîtres dans l’art de mal faire sans scrupule, sans retours, sans honte ? […] Ainsi ôte-t-on le plaisir, lorsqu’on fait lever le lièvre mal à propos.

78. (1667) Traité de la comédie « Préface » pp. 452-454

Les autres siècles étaient plus simples dans le bien et dans le mal : ceux qui y faisaient profession de piété témoignaient, par leurs actions et par leurs paroles, l'horreur qu'ils avaient de ces spectacles profanes. […] La Comédie, disent-ils, est une représentation d'actions et de paroles comme présentes ; quel mal y a-t-il en cela ?

79. (1731) Discours sur la comédie « TROISIEME DISCOURS » pp. 304-351

Saint Julien Pomère dit que les Saints découvrent dans ces Histoires une image admirable des vertus qui plaisent à ceux même qui ne les pratiquent pas ; mais qu’il est à craindre que les hommes charnels ne prennent mal ces sortes d’Histoires. […] Que tout ce qu’on mêlera de galant dans les pièces les plus honnêtes soit préparé avec toute la délicatesse possible, le mal n’en est pas moins dangereux, et les Auteurs n’éviteront pas d’être mis au nombre de ceux à qui Saint Paul fait allusion, lorsqu’il dit aux Corinthiens 2 Corinth[iens]. 2. 17. 4. 2. […] avec quelle adresse trompe-t-il les hommes, et sait-il leur faire prendre pour un bien, ce qui est un mal véritable ? […] Mais enfin si l’on souffre ces sortes de personnes pour éviter de plus grands maux, comme on a toléré autrefois des choses qui paraissaient plus mauvaises ; il faut du moins qu’on fasse entendre qu’elles sont mauvaises ; et le comble des maux, est que le mal veuille se revêtir de tous les caractères du bien. […] Ne pouvant faire cesser le mal, elle fait publier par ses Ministres, que ce qu’on souffre est un mal.

80. (1675) Traité de la comédie « I. » pp. 272-274

Les autres étaient plus simples dans le bien et dans le mal. […] Quel mal y a-t-il en cela ?

81. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre I. La Rosiere de Salenci. » pp. 10-37

Il n’est qu’un mal, il n’est qu’un bien, C’est d’aimer, ou de n’aimer rien. […] Il n’est qu’un mal, il n’est qu’un bien, C’est d’aimer, ou de n’aimer rien. […] Il n’est qu’un mal, il n’est qu’un bien, C’est d’aimer, ou de n’aimer rien. […] Favart ne prévoyoit pas le procès du Seigneur, il eut mal plaidé sa cause. […] Cette assemblée doit être mal composée & tumultueuse.

82. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE VI. De l’indécence du Théatre. » pp. 114-137

On s’en embarrasse si peu que les Acteurs y sont mauvais, mal payés & en petit nombre. […] Le mal gagne du côté du Nord. […] C’est qu’après tout l’Évangile est toûjours le même, le cœur humain est toûjours foible, toûjours porté au mal, les plaisirs également séduisans, les occasions périlleuses. […] Si la comédie n’est pas un mal, pourquoi en exclurre les femmes ? Si elle est un mal, pourquoi y souffrir les hommes ?

83. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « XII. De l’autorité des Pères.  » pp. 49-51

Dites que les Pères ne blâment pas toutes ces choses, et tout cet amas de périls que les théâtres réunissent : dites qu’ils n’y blâment pas même les choses honnêtes, qui enveloppent le mal et lui servent d’introducteur ; dites que saint AugustinConf. […] Que si on veut pénétrer les principes de leur morale, quelle sévère condamnation n’y lira-t-on pas de l’esprit qui mène aux spectacles, où pour ne pas raconter ici tous les autres maux qui les accompagnent, l’on ne cherche qu’à s’étourdir et à s’oublier soi-même, pour calmer la persécution de cet inexorable ennui qui fait le fond de la vie humaine, depuis que l’homme a perdu le goût de Dieu ?

84. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « XV. La tragédie ancienne, quoique plus grave que la nôtre, condamnée par les principes de ce philosophe.  » pp. 61-63

La tragédie a donc tort, et donne au genre humain de mauvais exemples lorsqu’elle introduit les hommes et même les héros ou affligés ou en colère, pour des biens ou des maux aussi vains que sont ceux de cette vie ; n’y ayant rien, poursuit-il, qui doive véritablement toucher les âmes dont la nature est immortelle, que ce qui les regarde dans tous leurs états, c’est-à-dire, dans tous les siècles qu’elles ont à parcourir. Voilà ce que dit celui qui n’avait pas ouï les saintes promesses de la vie future, et ne connaissait les biens éternels que par des soupçons ou par des idées confuses : et néanmoins il ne souffre pas que la tragédie fasse paraître les hommes « ou heureux ou malheureux » par des biens ou des maux sensibles : « Tout cela, dit-il, n’est que corruption »De Rep. lib. 10.

85. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « XXIV. Troisième réflexion sur la doctrine de Saint Thomas : passage de ce saint docteur contre les bouffonneries. » pp. 85-87

 : « L’Apôtre, dit-il, exclut trois vices, tria vitia excludit : la saleté, turpitudinem : qui se trouve : in tactibus turpibus et amplexibus et osculis libidinosis », car c’est ainsi qu’il l’explique : « les folles paroles, stultiloquium : c’est-à-dire, continue-t-il, celles qui provoquent au mal, verba provocantia ad malum : et enfin les bouffonneries, scurrilitatem, c’est-à-dire, poursuit saint Thomas, les paroles de plaisanterie, par lesquelles on veut plaire aux autres  » : et contre lesquelles il allègue ces paroles de Jésus-Christ en Saint Matthieu : Math. […] « On rendra compte à Dieu de toute parole oiseuse : id est, verbum joculatorium per quod volunt inde placere aliis : de omni verbo otioso, etc. » Il compte donc manifestement ces trois choses parmi les vices, tria vitia, et reconnaît un vice ou une malice particulière dans les paroles, « par lesquelles on veut plaire aux autres » et les faire rire, distincte de celle des paroles qui portent au mal ; ce qui bannit manifestement la bouffonnerie, ou pour parler plus précisément la plaisanterie, du milieu des chrétiens, comme une action légère, indécente, en tout cas oisive selon Saint Thomas, et indigne de la gravité des mœurs chrétiennes.

86. (1664) Traité contre les danses et les comédies « Chapitre XVII. Que les danses sont condamnées dans l’Ecriture, et par les Pères. » pp. 119-141

Nous avons montré dans les Chapitres précédents, quels sont les maux qui accompagnent la danse, suivant le sentiment des Docteurs, même des derniers siècles. […] « Avertissez incessamment vos voisins et vos proches, dit ce saint Docteur, de s’appliquer toujours aux bonnes œuvres, et de ne s’entretenir que de discours honnêtes et Chrétiens dans leurs conversations, de peur qu’en détractant, et parlant mal de leur prochain, et dansant les jours des Fêtes des Saints, ou en chantant des chansons impudiques, ou indécentes, ils ne blessent leur conscience par ces dérèglements. […] Mais saint Chrysostome presque dans toutes ses Homélies, invective puissamment contre tous ces exercices du siècle, les appelant quelquefois la peste des villes, et quelquefois la fontaine de tous les maux. […] « Execrabile festis diebus vacare choreis, ubi visu, auditu, gustu, tactu, mentes adstantium illaqueantur et contaminantur. » Il cite en cet endroit le Canon du Concile de Tolède, que nous avons rapporté auparavant ; et ajoute, « Malheur à ceux qui contribuent à ces maux par le son de leurs instruments ; car ils rendront compte devant le juste Juge de tous les péchés auxquels ils ont donné occasion, parce que celui qui donne occasion à quelque dommage que le prochain souffre, est lui-même, suivant le Droit, la cause du dommage qu’il souffre. » « Væ iis qui sunt in causa efficaci tantorum malorum, per suos lascivos sonos ; reddent de omnibus malis, quæ occasiones pulsationis contingunt, apud justum judicem rationem. […] Et toutes les âmes qui ont quelque crainte de Dieu, et quelque sentiment solide de piété, souhaitent ardemment que cette mauvaise coutume soit détruite et anéantie ; leur désir est bien raisonnable et bien juste ; car outre les maux fréquents et ordinaires, desquels nous avons auparavant parlé, nous en pourrions rapporter d’autres qui se rencontrent plus particulièrement dans les bals ou dans les danses qui se font dans les villes ; mais qui sont si étranges que les oreilles chastes et pieuses ne sauraient le souffrir.

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