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215. (1756) Lettres sur les spectacles vol.1 pp. -610

D’une Vénus infame adorateurs fideles, Leurs flammes n’étoient point honteuses, crimineiles ; L’amour le plus indigne, & le plus vicieux Avoit, pour s’excuser, l’exemple de leurs Dieux. […] On sçait qu’Euripide ayant fait dire à Bellérophon : Les richesses font le souverain bonheur du genre humain, & c’est avec raison qu’elles excitent l’admiration des dieux & des hommes, tous les Spectateurs se souleverent ; & ce Poëte auroit été aussi-tôt chassé de la Ville, s’il n’avoit représenté qu’à la fin de la Piece, on verroit périr misérablement le Panégyriste des richesses. […] Aristote interdisoit les images déshonnêtes, excepté celles des Dieux. […] Toute lumiere alors n’étoit qu’obscurité ; & cette foible lumiere auroit été entiérement éteinte, si le Christianisme n’étoit venu la fortifier, l’épurer, l’étendre, mettre à la portée des esprits les plus grossiers, & ce que les Philosophes ignoroient & ce qu’ils n’osoient enseigner ; puisqu’ils avoient la lâcheté d’adorer dans les Temples les Dieux dont ils se moquoient dans leurs écoles & dans leurs écrits. […] « A quel dessein y voit-on voler tant de jeunes gens des deux sexes ; les uns presque perdus par l’indulgence cruelle des peres ; les autres, déjà instruites par une mere dans l’art funeste de trop plaire : tant de jeunes gens qui suivent les drapeaux du dieu de la Galanterie ; tant de personnes que l’hymen courroucé, où l’avarice, où l’ambition ont trop malheureusement unies ?

216. (1783) La vraie philosophie « La vraie philosophie » pp. 229-251

Un Oreste qui égorge sa mere, Rodrigue dans le Cid qui plonge le poignard dans le sein du pere de sa maîtresse ; Agamemnon qui immole sa fille à ses Dieux.

217. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 1 « CHAPITRE VIII. De la Comédie les jours de fête. » pp. 159-179

L’Epiphanie nous invite à l’adorer avec les Mages ; le théâtre nous engage à adorer avec le monde le crime dans les Dieux et dans les Héros.

218. (1684) Sixiéme discours. Des Comedies [Discours sur les sujets les plus ordinaires du monde. Premiere partie] « Sixiéme Discours. Des Comedies. » pp. 279-325

Dans les premiers siecles de l’Eglise on ne representoit rien que de criminel sur les theatres du paganisme ; on n’y representoit rien qui ne fust capable de corrompre la plus pure integrité, rien qui ne peust inspirer le mépris des peres & des meres, former les enfans & les domestiques au larcin & à l’impudicité ; allumer, ou nourrir la haine, la vengeance, la cruauté, entretenir l’idolâtrie, l’impieté, les autres crimes, par le récit des débauches, des violences, & des autres vices des Dieux. […] Les theatres se sont relevez de leurs ruines, ils renaissent, ils subsistent, ils triomphent aprés les coups & malgré les coups de foudre, & sur tout depuis que nous ne pouvons plus reprocher aux Fideles, qu’ils trahissent leur foy, & qu’ils renoncent à leur religion, en allant avec les Payens ; & en demeurant avec eux, afin de prendre des divertissemens établis aussi bien pour honorer leurs Dieux, que pour recréer les hommes.

219. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre IV. Henri IV. » pp. 121-168

Ce Théatre n’est pas fait pour des dieux & des héros ; ils n’y encore paru que pour être tournés en ridicule. […] Alexandre avec Eriphile, Rodrigue avec Chimene, Bajazet, Mahomet, Mitridate, tous ces héros amoureux perdent beaucoup de leur gloire, & les dieux Jupiter, Hercule, Neptune, Apollon, &c. de leur dignité, aux pieds d’une maîtresse.

220. (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE II. Melanie. » pp. 29-71

Achille dans Iphigenie de Racine, non seulement invective, tonne, menace, mais il court au Temple, arme ses gens, s’arme lui-même empêche le sacrifice : Croyez du moins, croyez que tant que je respire, Les Dieux auront en vain ordonné son trepas. […] Clitemnestre n’agit pas ainsi, elle met tout en mouvement, Achille, l’armée &c. elle court au Temple pour sauver Iphigenie : Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir ; Elle n’a que vous seul, vous êtes en ces lieux, Son père, son époux, son asyle & ses Dieux.

221. (1752) Lettre à Racine « Lettre à Racine —  LETTRE A M. RACINE, Sur le Théatre en général, & sur les Tragédies de son Père en particulier. » pp. 1-75

Un Poëte ordinaire qui veut exprimer énergiquement les effets d’une grande passion, met en jeu les Dieux, la nature, les Elémens pour m’apprendre qu’on sacrifie tout à l’objet aimé, qu’il tient lieu de tout, dédommage & console de tout. […] Dans Virgile, Didon livrée au plus furieux désespoir, déchirée de remords, poursuivie par l’ombre vengeresse de son époux, monte enfin sur le bûcher, & se tue en faisant d’horribles imprécations contre l’amant qui l’a trahie, & qui n’a fait cependant qu’obéir aux Dieux.

222. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE II. De la Danse. » pp. 30-51

Danses pour les cieux, des Dieux, des Héros, des Génies, des Fées ; pour les enfers, Démons, Furies, Magiciens.

223. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Sixième Lettre. De madame Des Tianges. » pp. 40-72

L’Architecture, après avoir formé ces lieux, les embellissait par le secours de la Peinture & de la Sculpture Comme les Dieux habitent dans l’Olympe, les Rois dans des Palais, le Citoyen dans sa maison, & que le Berger est assis à l’ombre des bois, c’est aux Arts qu’il appartient de représenter toutes ces choses avec goût dans les endroits destinés aux Spectacles.

224. (1705) Traité de la police « Chapitre IV. De la Comédie Française ; son origine, son progrès, et les Règlements qui ont été faits pour en permettre, corriger et discipliner les représentations, ou pour en assurer la tranquillité. » pp. 439-445

Mercure en fait l’ouverture par un prologue, où il dit que de cette Comédie il en fera une Tragicomédie, parce que des Dieux et des Rois y agiront, et qu’il y mêlera la dignité des personnes avec la bassesse des discours comiques : ce n’est point en ce sens que nous avons pris ce nom.

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