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84. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre IV. Henri IV. » pp. 121-168

Si, au milieu des combats & des victoires, vous le faites chanter, danser, boire rasade, placer une cocarde, caresser une paysanne, vous en faites un imbécile : c’est un général à la tête de ses troupes, en bonnet de nuit & en robe de chambre. […] Il eut des échecs terribles, & se vit souvent au moment de tout perdre ; obligé de fuir, de lever le siége de Rouen, de Paris, devant Farnese qui se jouoit de lui, manquant de tout, ne sachant où donner de la tête, plus occupé de ses amours que de ses troupes, abandonnant son armée dans les temps les plus critiques, pour courir après sa maitresse. […] Deux erreurs : dans la bataille de Coutras, ce n’est point la Ligue, c’est le Roi Henri III. qui combattit Henri IV, alors à la tête des Huguenots ; la Ligue n’appelloit ses assemblées des Etats que dans une occasion où l’on avoit convoqué des députés de toutes les provinces, long-temps après la bataille de Coutras dont il ne fut point question. […] Je suis donc votre téte, répondit-il, & c’est au bras à obéir à la tête. […] Il passa une grande partie de sa vie à la tête des troupes protestantes toutes composée de gascons : la Cour de France où il vint enfin ne le corrigea pas, il y porta son humeur & son jargon.

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