Ainsi donc, Madame, il faut, ou que cette personne se voie comme rejettée du Seigneur par un degoût continuel pour la devotion, qui est la nourriture de l’ame ; ou qu’elle renonce au theatre. […] Mais en renonçant au devotisme, elle n’a pas renoncé à la Religion ; & voulant être chrétienne, elle ne doit pas rougir de porter les marques du Christianisme qu’elle professe. […] « C’est vous joüer, mon frere, écrivoit saint Cyprien, d’avoir dit anatheme au demon, comme vous avez fait recevant sur les Fonts la grace de Jesus-Christ, & de rechercher maintenant les fausses joies, qu’il vous présente dans ce spectacle de vanité. » Elle a raison la Demoiselle, que du moins les Devotes s’en doivent absténir : & ce seroit à juste titre qu’elle se scandaliseroit, si quelqu’une de ces Demoiselles, qui se sont volontairement engagées à passer leur vie en priéres & en œuvres de charité, venoit se montrer dant la Comedie ; si elle veut prendre, diroit elle fort bien, part à nos plaisirs & à nos passetems, qu’elle renonce à sa vie retirée & à la profession : voila, Madame, quels seroient les justes sentimens de cette fille sur la conduite des Devotes : mais pourquoi ne s’applique-t-elle pas des regles si justes & si raisonnables ?