/ 241
54. (1694) Réfutation d’un écrit favorisant la Comédie pp. 1-88

Elle a toujours été en possession de condamner les Théâtres, de tenir les Comédiens pour gens excommuniés, de les priver de la participation aux Sacrements ; de déclarer dans ses Rituels qu’on ne les doit point absoudre, même à la mort, s’ils ne promettent de renoncer à leur dangereux Métier. […] Si les Comédiens veulent embrasser la Foi Chrétienne, Nous ordonnons qu’ils renoncent auparavant à leur exercice, et qu’ensuite ils y soient admis ; de sorte qu’ils n’exercent plus leur premier Métier. […] Hé bien le voila qui a renoncé au Cirque, au Théâtre, à l’Amphithéâtre : Qu’il cherche parmi nous quelqu’autre chose à regarder, nous le lui permettons ; car notre dessein n’est pas de le laisser sans Spectacle. […] qui n’êtes rien, et qui ne vivez que pour mourir ; jusques-à quand vous amuserez-vous comme des enfants, à des songes et à des imaginations trompeuses, etc. » Ce grand Saint était si éloigné des divertissements du monde, qu’aussitôt qu’il eut trouvé jour pour renoncer aux fonctions sacrées de l’Épiscopat, il s’enfuit dans la solitude pour passer le reste de ses jours dans les exercices de la vie Érémitique ; c’est-à-dire, mortifier ses sens par les veilles, par les jeûnes et par les prières. […] Je souhaite de tout mon cœur, qu’au moins à la mort ils reconnaissent l’infamie de leur profession, et qu’ils y renoncent, afin d’être inhumés en terre sainte, et qu’on leur donne un Épitaphe où il y ait ces mots : Ci-gît honorable homme.

/ 241