/ 241
17. (1762) Lettres historiques et critiques sur les spectacles, adressées à Mlle Clairon « Lettres sur les Spectacles à Mademoiselle Clairon. — LETTRE III. » pp. 29-67

Toute censure étant une peine ecclésiastique suppose toujours un délit : Or, on péche ou contre la foi, ou dans l’ordre des mœurs ; l’Excommunication est infligée dans l’un & dans l’autre cas : les Hérétiques & les Pécheurs sont frappés d’anathême, non par le seul fait, mais lorsque les premiers ont renoncé publiquement à la foi, & les seconds, dès qu’ils sont dénoncés, selon les formes ordinaires, ou bien aussi-tôt qu’ils sont tombés en l’une de ces fautes griéves auxquelles l’Excommunication est de droit annexée. Il est donc possible de perdre la foi en demeurant uni au corps de l’Eglise, & d’être retranché de ce corps, sans que l’on ait renoncé à la foi. […]  28,) l’anathême qui vous enleve au corps de l’Eglise, ne vous ôte point le don précieux de la foi, à moins que vous n’y renonciez en vous livrant à des opinions hétérodoxes. […] veut que l’on oblige les conducteurs des chariots dans le Cirque, & les Pantomimes, de renoncer à cette infame & dangereuse profession, s’ils ont envie d’embrasser la foi, & s’ils y retournent après avoir reçu le Baptême, de les chasser du sein de l’Eglise. […] Les peines canoniques ne datent guères que du II. siécle, elles furent établies comme un frein pour préserver d’une réchute, au tems des persécutions, ceux qui ayant renoncé à la foi, vouloient rentrer dans le sein de l’Eglise1.

/ 241