N’est-ce pas là, où la decoration du theatre, la bonne grace d’un Comedien & d’une Comedienne, le luxe des habits, la nudité des bras & des gorges, la beauté des vers, la douceur de la simphonie, les concerts de voix & d’instrumens, en un mot tout ce que l’Ecriture sainte appelle, mundum muliebrem , tous les ornemens du monde feminin, ont conspirez ensemble, pour remplir vôtre veüe & vôtre oüie de mille especes lascives, pour soûlever en suite les passions de l’ame, & corrompre toutes les vertus, par les semences des vices, & par le poison du plaisir. […] Mais ne nous arrestons point en si beau chemin, ne dissimulons point les desordres de la comedie, & ne l’épargnons point, puis qu’elle n’épargne rien, & qu’elle porte la corruption dans les puissances de l’ame, aussi bien que dans les sens du corps ; n’est-t-il pas veritable que l’esprit s’y remplit des foles & dangereuses idées de tout ce que l’on a vû & oüy, & que ces idées que S. […] je me laissois entraîner au plaisir des spectacles publiques, parce que je voyois le theatre toûjours rempli des images de mes secrettes miseres, & toûjours embrasé des feux de mon amour lascif.