DU THEATRE Sans doute, il est bien loin ce temps où la simplicité des mœurs antiques attachait scrupuleusement tous les Français aux maximes d’une religion austère ; ce temps heureux où les liens du sang et de l’amitié étaient assez puissants pour les retenir presque tous au sein d’une famille vertueuse et paisible ; ce temps où le bonheur domestique ne forçait point à se répandre au-dehors, pour y goûter le repos, et chercher des jouissances factices ou dangereuses ; ce temps enfin dont l’illustre rival d’Horace entendait parler, lorsqu’il disait : « Chez nos dévots aïeux le théâtre abhorré, Fut longtemps dans la France un plaisir ignoré. » Grâces à la fureur qui nous possède aujourd’hui pour ce genre d’amusement, bientôt nous égalerons Athènes en frivolité. […] Courez et servez bien le Dieu des nations, Je répands sur vous tous ses bénédictions.