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23. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE VI. Suite de la Danse. » pp. 140-167

Le sombre, le majestueux, le terrible de ces grands événemens, comporte-t-il bien la puérile & licencieuse agitation des pieds & des mains d’une danseuse ? […] Le mouvement des pieds, la mollesse du chant, le mélange des scènes ; voilà les ennemis de la pudeur, les amis du crime, les attraits de l’impudicité, les sceaux de la licence : Hestes pudicitiæ, amici libidinum, stimuli scelerum, sacramenta licentiæ. […] Les Chrétiens, bien plus coupables, y détruisent l’œuvre de leur rédemption, & foulent les sacremens aux pieds. […] Ses pieds sont cloués à la croix ; ceux des danseurs s’agitent, courent, voltigent : ses mains sont ouvertes pour répandre des graces, ses bras étendus pour embrasser le pécheur ; que font ces mains, quels embrassemens cherchent ces bras étendus en croix sur le théatre ? […] C’est le parterre même de l’opéra, que par une machine ingénieuse on élève tout à la fois à la hauteur du théatre, pour ne faire qu’une piece de plein pied, & qu’en suite la même machine remet à sa place.

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