La peinture étoit si ressemblante, que le Poëte May s’en plaignit au Lieutenant de Police, mais sans succès. […] Cette idée dans une Danseuse de théatre a besoin d’explication, c’est à-dire, qu’elle étoit plus posée, plus sérieuse, moins composée que les autres ; car pour les nudités, le fard, les regards tascifs, la voix licentieuse, les airs voluptueux, les gestes impudiques, la peinture la plus vive des passions, elle n’imaginoit pas que tout cela fût contraire à la décence. […] Il faut encore expliquer cette chimere, les mœurs d’une Danseuse de théatre, & d’une Danseuse si celebre par la peinture naïve du vice. […] Peindre les choses les plus licencieuses de la maniere la plus séduisante & la plus vive, témoin la peinture du Serrail & des amours du Sultan, que nous avons rapporté d’après Cahusac dans le chap. de la Danse ; dans la religion c’est un scandale horrible ; c’est au théatre avoir des mœurs & de la décence. Attribuer à la danse la peinture des actions, des passions humaines, c’est lui donner trop d’étendue, c’est du moins une équivoque.