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246. (1671) La défense du traité du Prince de Conti pp. -

C’est néanmoins tout le contraire ; Car c’était le petit peuple ignorant et grossier qui croyait que les Dieux étaient honorés par les Comédies qui représentaient leurs adultères et leurs autres actions honteuses ; comme il croyait aussi qu’ils étaient honorés par les peintures de ces mêmes choses dont ils ornaient leurs temples selon le témoignage de Sénèque : « Les adultères des Dieux, dit-il « Deorum adulteria picta sunt in templis : positæ sunt picturæ Herculis liberos occidentis. » Seneca lib. 10. controver. […] « Comme nous avons défendu toutes sortes de paroles déshonnêtes, il est évident que nous défendons aussi de regarder des peintures, ou des actions déshonnêtes, et honteuses. Que les Magistrats aient donc soin qu’on ne fasse point de peintures, ni de statues qui représentent ces impuretés ; si ce n’est pour le culte de quelques Dieux, s’il y en a de tels, dont les lois autorisent l’impudicité. » Sur quoi un savant Interprète d’Aristote a fait cette excellente remarque « Quod subjungit Aristoteles, nisi apud quosdam Deos tales ironice est intelligendum : hac tamen cautela vitabat Areopagum. […] « On a ignoré , dit-il, jusqu’à aujourd’hui l’origine des Dieux ; on ne sait s’ils ont toujours été, ni quelle forme ils ont, sinon depuis hier, pour ainsi dire : car Hésiode et Homère qui vivaient il y a environ quatre cents ans, ont été les premiers qui ont introduit parmi les Grecs la race des Dieux, et qui leur ont donné des noms, des honneurs, des métiers, et des figures. » Ce sont les paroles d’Hérodote. » Et comme la Poésie est une peinture parlante « Loquentis Picturæ nomine Poësis : Pictura tacentis poësis afficitur. » Plutarc. […] , de même que la peinture est une Poésie muette ; Aussi Aristote ne condamne pas moins les infâmes représentations de la Poésie, que celles de la Peinture : car dans le chapitre 25. de sa Poétique, après avoir parlé des Poèmes Dramatiques qui représentent les choses ou telles qu’elles sont, ou telles qu’elles doivent être ; Il dit « Quod si neutro modo quales esse dicuntur, sicut quæ de Diis dicuntur.

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