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245. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Huitième Lettre. De la même. » pp. 100-232

C’est à ce Spectacle que non-seulement la magnificence, mais le merveilleux même sont absolument nécessaires : il faut qu’il soit tout-à-la-fois le triomphe des Arts, des Talens, & des Dons de la Nature : ainsi Peinture, Architecture, Sculpture, Machinisme, Danse, Voix, Musique, Actricisme, Poésie, tout cela doit y briller, produire l’étonnement, exciter l’admiration, enlever tous les suffrages : la seule chose qui pourrait y être médiocre, serait la Poésie, si d’ailleurs la Pièce était spectaculeuse, la Musique belle, les Décorations bien entendues, le Machinisme précis, le Jeu intelligent, & les Voix parfaites : la raison, c’est que, pourvu que le Poème soient chantant, que les paroles fournissent des situations, & que les vers aient de la douceur, cela suffit pour constituer un corps à la Musique, lui servir de texte, lui tracer les passions qu’elle doit peindre : c’est au Musicien à reveiller la pitié, à causer la terreur, à faire naître la tendresse, à porter l’étonnement dans les âmes, à les pénétrer d’admiration1. […] La Musique fait de deux fortes de peintures, de physiques, lorsqu’elle imite le chant des oiseaux, le siflement des vents, les tempêtes &c.

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