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92. (1684) Sixiéme discours. Des Comedies [Discours sur les sujets les plus ordinaires du monde. Premiere partie] « Sixiéme Discours. Des Comedies. » pp. 279-325

Il est certain que nous n’allons pas droit, puisque nous boitons des deux costez ; nous n’allons pas à la vertu avec la fermeté que Dieu desire, & nous ne pouvons aller au vice avec tant de foiblesse, que nous ne desobeïssions aux ordres qu’il nous donne de le fuïr comme un monstre. […] On n’apprehende point que la Comedie ne les débauche de la fidelité qu’ils doivent à Dieu, qu’elle ne les souleve contre ses ordres, qu’elle n’inspire aux peuples l’impudicité, la vengeance, l’impieté, les autres crimes, & qu’ils ne desobeïssent à des défenses qu’il n’est jamais permis de violer. […] Dieu est trop pur, Dieu aime trop la chasteté, & toutes les vertus, pour ne se pas separer d’avec une ame, qui ne considere ny les ordres, ny la satisfaction de son divin Espoux, puisqu’elle ne craint ny de luy desobeïr, ny d’estre répudiée. […] Vous reconnoissez sans doute un Dieu pour vôtre Souverain ; vous ne doutez point que la majesté des Rois ne soit un rayon & une dépendence de cette souveraineté infinie de qui le neant mesme reçoit, respecte, & accomplit les ordres. […] Que je serois heureux si ce Discours arrivoit jusqu’aux personnes capables d’apporter quelque ordre à ces abus, ou par leur autorité, ou par leurs remontrances.

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