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37. (1765) De l’éducation civile « De l’éducation civile » pp. 76-113

Mais un démon, envieux du bonheur de la France, & la légereté, si souvent reprochée à notre Nation, vinrent troubler un si bel ordre ; les guerres sanglantes de Religion, absorberent les esprits pendant environ un siecle, & ne semblerent s’amortir que pour faire place au délire de l’imagination. […] Les autres iroient un peu plus loin ; & aux qualités qui forment l’homme de probité, ils joindroient assez de connoissances sur les liens de la Société, pour s’acquitter convenablement des Charges du second Ordre, soit dans la Magistrature, soit dans l’Administration. […] Les gens en place trouveront à leur tour, dans le second ordre des Citoyens, des premiers Commis, des Secrétaires, des hommes de confiance, propres à les soulager dans le détail des affaires. […] Fixez le goût du Public sur des objets vraiment intéressans, & tout rentrera dans l’ordre : bientôt nos Ecrivains, jaloux d’occuper l’attention publique, changeront de batterie, & chercheront à se surpasser mutuellement, non plus par la légereté & les graces, du style, mais par la profondeur & la vérité de leurs recherches. […] Si ce nouvel ordre de choses venoit à s’introduire, bientôt on concevroit du dégoût pour les Auteurs qui ne cherchent à se rendre recommandables que par des gentillesses & le coloris ; on leur diroit, avec dédain : Nîl sacri es.

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