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2. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre XI. De l’amour & de ses impressions dans le Poéme Tragique. » pp. 165-178

Corneille en a mis dans ses piéces, mais il n’en a guére fait le fond de ses intrigues ; elle n’y occupe que la seconde place. […] Dans une scène où deux de ces personnages se rencontrent, presque toujours celui à qui la postérité a déféré le premier rang, n’occupe que le second. […] Il n’y a guére d’homme qui en allant à une piéce nouvelle, ne pût se parler ainsi. « Je vais voir un Prince malheureux en amour, & qui ménacé de la perte de ses Etats, paroîtra plus occupé de sa Maîtresse que de leur défense ; ou une Princesse, qui se refusant à celui à qui le devoir la donne, me fera de longues élegies, me débitera de brillantes maximes sur la nécessité où sont les personnes de son rang, de sacrifier leurs desirs aux raisons d’Etat. […] Faut-il s’étonner que la portion des spectateurs la plus capable de saisir les beautés d’une Tragédie, paroisse desœuvrée au Théatre, ou occupée de toute autre chose ?

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