15. « Cohibeat se a ludis et a spectaculis sæculi, qui perfectam vult consequi remissionis gratiam, Dina si se cohibuisset, et si inter suos remansisset, ab extraneo raptore corrupta non fuisset. » , dit que pour obtenir le pardon entier de ses péchés, on doit s’abstenir des spectacles ; car si Dina ne s’était point exposée à voir ce qu’elle ne devait point voir, si elle eût demeuré parmi ses parents sans s’exposer au milieu du monde, elle n’aurait point été corrompue par un ravisseur. […] Il faut que les passions qu’on y représente aient quelque chose de fort, de vif et de touchant, afin qu’elles puissent exciter dans l’âme l’effet que l’on prétend : afin que les sujets que l’on choisit puissent plaire, ils doivent être conformes à la disposition de la plupart des spectateurs, qui sont des personnes du monde, qui en ont les maximes et l’esprit. […] Secondement, si l’on regarde les circonstances qui accompagnent les Comédies, elles sont ordinairement mauvaises, quelque honnête qu’en soit le sujet ; l’on n’y voit que des femmes parées qui ne s’étudient qu’à plaire à ceux aux yeux desquels elles s’exposent, qui dans leurs ajustements, dans leurs gestes, dans leurs actions, dans leurs regards, dans leurs paroles, n’ont rien qui ne blesse la modestie de leur sexe, qui ne respire que la vanité et l’esprit du monde. Si la chaussure de Judith fut capable de ravir les yeux et le cœur d’un homme guerrier, que fera le visage, la taille, la bonne grâce, la danse, le chant d’une femme qui n’a point d’autre dessein que de paraître belle, et de plaire pour attirer plus de monde à la Comédie. […] L’on peut dire pour réponse générale à ces trois moyens, que comme il n’y a point de divertissement plus agréable aux yeux du monde que la Comédie, il leur était fort important de chercher les moyens pour s’en assurer une jouissance douce et tranquille, et de faire en sorte que la conscience s’accommodant avec la passion, elle ne la vint point troubler par ces remords.