PAR un ancien usage, la ville de Toulouse fait un feu d’artifice pour chaque nouveau premier Président du Parlement. […] Bien loin d’exiger à son entrée, ce feu d’artifice, ce bal, ce festin, il le désendit ; & préférant le plaisir d’être utile à la Gloriole d’une fête, qu’une nuit auroit terminée, il voulut que les sommes qui y étoient destinées, fussent employées à marier des pauvres filles. […] Il y eut d’abord sur le tard un très-bon soupé, où les principaux paroissiens furent invités ; après le repas, les convives se rendirent sur la terrasse du presbitere, & ceux de la campagne dans la cour, & aux environs, pour voir tirer un fort beau feu d’artifice, dont ces bonnes gens n’avoient aucune idée ; il réussit parfaitement, surtout un grand arbre Chinois, & un soleil dont les feux également vifs & variés, firent (qui en doute) l’admiration des spectateurs, qui, jusqu’alors pour tout feu de la Saint Jean avoient brûlé quelques bottes de paille, ou quelques sarmens. […] Après le soupé, un beau feu d’artifice, suivi d’un bal paré, où se réunirent les graces & le plaisirs : qui sait mieux les réunir que les élégants Magistrats du dix-huitieme siécle. […] Le théatre fut la premiere étincelle qui alluma ce grand feu.