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32. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 1 « CHAPITRE IV. Des Pièces pieuses. » pp. 68-95

Les scandales des Dieux du paganisme, les intrigues, les débauches, les passions en prirent la place, et malgré tout ce que l’ancien spectacle pouvait avoir de défectueux, on voit aisément que les mœurs et la religion n’ont rien gagné au change. […] Tout le monde a blâmé, avec Boileau, dans le Tasse, l’Arioste, le Camoëns, Sannazar, Milton, ce bizarre assemblage d’Anges et de Démons, de Saints et de faux Dieux, de fictions et de mystères, d’aventures galantes et de vertus héroïques. […] Le théâtre aurait pu servir à jouer les faux Dieux, et à tourner le paganisme en ridicule ; la matière était abondante, on n’aurait fait qu’imiter le caustique Lucien, qui dans ses dialogues se moque de tous les Dieux. […] Le ridicule des Dieux du paganisme est le seul point de vue qu’il soit permis de mettre sur la scène. […] Mais il semble qu’on ait pour ces Dieux un religieux respect.

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